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Semaine du 15 au 21 septembre 2003
Les aberrations
induites par le Lasik (Am.
J. Ophthalmol. 2003 ; 136(2) : 327-37, J. Porter et al.) http://linkinghub.elsevier.com
Le but des traitements personnalisés de chirurgie réfractive est
d'ajouter la correction des aberrations optiques d'ordre supérieur à
celle des anomalies sphéro-cylindriques. Cependant, le Lasik induit lui-même
des aberrations. Pour préciser ce phénomène, les auteurs
ont analysé les aberrations de 17 yeux myopes opérés (étude
prospective randomisée). Sur l'oeil étudié, la photo-ablation
a été réalisée 2 mois après la découpe
du capot et l'oeil témoin (controlatéral) a été
traité en un temps. Dans cette série, la découpe cornéenne
a induit une augmentation significative, mais modérée, des aberrations
d'ordre supérieur, avec d'importantes variations inter-individuelles.
La plupart des aberrations sphériques induites ont semblé provenir
de la photo-ablation et non du capot. Trois mois après l'intervention,
l'ensemble des aberrations des yeux étudiés et des yeux témoins
étaient presque identiques.
Vert
d'indocyanine et chirurgie du segment postérieur : quelle concentration
utiliser ? (Am.
J. Ophthalmol. 2003 ; 136(2) : 223-30, A.K. Kwok et al.) http://linkinghub.elsevier.com
kwokhk@ha.org.hk
Cette étude visait à déterminer la concentration optimale
de vert d'indocyanine à utiliser pour colorer la membrane limitante interne
(MLI) au cours de la chirurgie vitréo-rétinienne. Vingt-huit opérés
ont été inclus (11 membranes épi-rétiniennes (MER),
17 trous maculaires) et la concentration (0,25 - 0,50 ou 1,25 mg/ml) a été
choisie par randomisation. Au total, la coloration per-opératoire était
de meilleure qualité pour une concentration de 1,25 mg/ml. Comparée
aux plus faibles concentrations, celle-ci n'a toutefois pas permis de diminuer
le temps moyen nécessaire au chirurgien pour enlever la MLI. En microscopie
électronique, aucun des fragments de MLI prélevés ne comportait
de composant rétinien. L'apparition d'une MER (au niveau de la limite
d'exérèse de la MLI) chez un patient fut la seule complication
observée. L'innocuité de cette méthode devra être
vérifiée par des études complémentaires.
Un lymphome
de Burkitt révélé par un syndrome de Tolosa-Hunt chez un
patient VIH (La
Presse Médicale 2003 ; 32 : 1319-22, J. Ghosn et coll.)
La Presse Médicale rapporte le cas d'un patient de 39 ans, séropositif
pour le VIH, chez lequel une ophtalmoplégie douloureuse évoquant
un syndrome de Tolosa-Hunt a révélé un lymphome de Burkitt
généralisé, diagnostic initialement méconnu en faveur
de celui de syndrome de Tolosa-Hunt. L'évolution a été
fatale. Les experts de l'International headache society proposent ainsi un bilan
exhaustif pour éliminer une localisation d'un lymphome ou d'un méningiome
devant un ensemble clinique évocateur de syndrome de Tolosa-Hunt. Son
diagnostic devrait être un diagnostic d'exclusion.
Rétinite
à CMV sous FK-506 (Am.
J. Ophthalmol. 2003 ; 136(2) : 386-9, A.P. Ciardella et al.) http://linkinghub.elsevier.com
aciardella@yahoo.com
Le tacrolimus (FK-506) est un macrolide immunosuppresseur sélectif très
puissant. Par voie générale, il est indiqué en prévention
du rejet après transplantation rénale ou hépatique et pour
traiter les rejets rebelles cortico-résistants après transplantation
d'organes. Si les rétinites à CMV sont essentiellement connues
comme l'une des manifestations du Sida, elles peuvent également se développer
sur d'autres terrains immunodéprimés, comme en témoigne
le cas clinique suivant. Alors qu'il était sous tacrolimus, un patient
s'est présenté avec une infection rétinienne bilatérale
à CMV. Grâce au ganciclovir, administré par voies systémique
et intra-vitréennes et à une réduction de la posologie
du FK-506, le foyer infectieux a cicatrisé. L'acuité visuelle,
qui était de 20/20 (OD) et 20/50 (OG) à la phase aiguë, ne
s'est quant à elle pas améliorée, rappelant le caractère
potentiellement cécitant de cette infection.
Neuropathie
optique : la douleur liée au siège des lésions (Ophthalmology
2003 ; 110(8) : 1646-9, H.E. Fazzone et al.) www.aaojournal.org
Au cours des névrites optiques, existe-t-il des corrélations anatomo-cliniques
entre le siège de l'inflammation, les déficits campimétriques
et la douleur ? Pour le savoir, les auteurs ont étudié l'aspect
des lésions de 96 malades en IRM. Les hypersignaux anormaux étaient
classés comme intra-orbitaires, intra-canalaires et/ou intra-crâniens.
Les anomalies du champ visuel pouvaient quant à elles être diffuses,
centrales, arciformes, nasales ou temporales. Enfin la douleur pouvait être
oculaire pure, périorbitaire ou liée aux mouvements des yeux.
Dans cette série, l'analyse neuroradiologique a montré une association
significative entre le siège intra-orbitaire de l'inflammation du nerf
optique et la présence d'une douleur, quelle qu'en soit le type. Aucune
corrélation n'a en revanche été établie entre les
hypersignaux et les déficits campimétriques (excepté pour
les déficits temporaux des lésions intra-crâniennes).
Incidence
d'une baisse de l'acuité visuelle chez le sujet diabétique de
type 1 liée à une rétinopathie sévère lors
d'un programme de dépistage systématique (Diabet. Med.
2003 ; 20(9) : 758-65, Younis N.)
501 sujets diabétiques de type 1 ont été suivis plusieurs
années sur le plan du risque de rétinopathie avec baisse de l'acuité
visuelle (BAV). L'incidence de la BAV chez les sujets indemnes de rétinopathie
diabétique (RD) de base était de 0.3 % par an, augmentant jusqu'à
2.9 % à 5 ans. L'incidence de BAV chez les sujets ayant une RD modérée
et une RD préproliférante était de 3.6 à 13.5 %
à 1 an respectivement. La progression vers une BAV était plus
importante chez les sujets ayant une RD sévère et en cas de longue
durée de la maladie. (p = 0.003). Les intervalles de temps entre deux
examens ophtalmologiques pendant lesquels les risques de survenue de BAV étaient
faibles étaient de 5.7 ans en cas d'absence de RD au départ, de
1.3 an en cas de RD débutante au départ et 0.4 an en cas de RD
préproliférante.
Prématurité
: recul de la mortalité mais risque accru de cécité (Ophthalmology
2003 ; 110(8) : 1639-45, S.L. Rudanko et al.) www.aaojournal.org
Les auteurs ont passé en revue les registres finlandais pour en extraire
les dossiers de 556 enfants répertoriés pour mauvaise vision.
Les trois principales causes d'atteinte visuelle étaient, par ordre d'importance,
la rétinopathie des prématurés, les atrophies optiques
et les amblyopies d'origine cérébrale. Parmi les 125 enfants nés
prématurément (avant 37 semaines d'aménorrhée),
sept sur dix étaient aveugles. En plus des problèmes visuels,
les deux tiers d'entre eux souffraient d'autres handicaps : moteur, mental et/ou
auditif. Dans ce groupe, certains facteurs ont été identifiés
comme de mauvais pronostic visuel : poids de naissance inférieur à
1500 g, âge gestationnel inférieur à 30 semaines, infection
in utero, hyper-bilirubinémie, troubles respiratoires et ventilation
assistée au long cours. La survie de plus en plus fréquente des
nouveaux nés de moins de 1500 g paraît augmenter l'incidence de
la cécité.
Amblyopie
: occlusion ou atropine ? (Ophthalmology 2003 ; 110(8) : 1632-8, Pediatric
Eye Disease Investigator Group) www.aaojournal.org
Si les grands principes de la rééducation de l'amblyopie sont
invariables, ses modalités pratiques diffèrent en fonction des
préférences de chaque médecin et des caractéristiques
de l'enfant traité. Afin de comparer l'efficacité de l'occlusion
et de l'atropine vis-à-vis des amblyopies moyennes (comprises entre 20/40
et 20/100), 419 enfants de moins de sept ans ont été inclus dans
cette étude multicentrique. Le mode de pénalisation a été
choisi par randomisation et le suivi a duré six mois. Quels que soient
l'âge, l'acuité visuelle de départ et la cause de l'amblyopie,
le gain d'acuité de l'oeil amblyope n'était que discrètement
supérieur dans le groupe "occlusion", témoignant de
l'efficacité des deux méthodes. Si les amblyopies les plus profondes
ont régressé plus rapidement pour des durées d'occlusion
minimales de dix heures par jour, aucune différence significative ne
persistait au moment de l'évaluation finale.
Association
d'immunoglobulines intra veineuses à fortes doses et d'itraconazole en
traitement des névrites optiques démyélinisantes mycosiques
(Scientific World Journal 2003 ; 3(8) : 640-646, Campbell
A.W.)
Les névrites optiques démyélinisantes mycosiques sont des
affections des voies visuelles dues à la libération de toxines
mycosiques par des moisissures d'intérieur. Les conséquences sanitaires
de ces moisissures font actuellement partie des affections mondiales émergentes
mais leur implication dans les névrites optiques chroniques démyélinisantes
n'a pas encore été rapportée. Les anomalies neurologiques
et immunologiques associées aux mycotoxines sont de traitement difficile,
en particulier les déterminations démyélinisantes du système
nerveux centrale ou périphérique. L'observation d'une femme de
42 ans est présentée. Elle souffrait depuis 8 ans d'une névrite
optique démyélinisante chronique avec trouble visuel persistant
lié à l'exposition chronique à des moisissures toxiques.
En dépit de tous les traitements essayés depuis 8 ans, la maladie
continuait à évoluer. Une combinaison d'immunoglobulines intra
veineuses (IGIV) et d'itraconazole a permis une amélioration. Ce succès
thérapeutique semble le premier rapporté au cours de manifestations
neurologiques et immunologiques chroniques induites par les moisissures.
Alternative
anesthésique pour plaies du globe (Ophthalmology 2003 ; 110(8)
: 1555-9, F. Boscia et al.) www.aaojournal.org
A propos de dix patients reçus pour des plaies du globe de gravité
modérée, les auteurs décrivent et discutent un protocole
anesthésique. Les gestes opératoires ont inclus 9 sutures cornéo-sclérales,
4 vitrectomies, 4 exérèses ou ré-intégrations de
tissu uvéal, 3 ablations de corps étrangers intra-oculaires, 2
extractions de cataracte et une réparation de cicatrice de greffon cornéen.
L'anesthésie a été assurée par une association topique
(oxybuprocaïne) et intra-veineuse : propofol (anesthésique général
d'action rapide et de courte durée), midazolam (hypnotique et sédatif
dérivé des benzodiazépines et fentanyl (analgésique
morphinique). Selon les résultats obtenus dans cette série, il
semble qu'entre les mains de praticiens expérimentés, cette méthode
d'anesthésie soit une bonne alternative, sous réserve de sélectionner
et de préparer correctement les opérés.
Paralysies
oculomotrices et rétinopathie diabétique (Ophthalmology
2003 ; 110(8) : 1545-50, L. Triger et al.) www.aaojournal.org
Le diabète peut induire différentes complications oculaires. Parmi
celles-ci, les auteurs se sont interrogés sur les relations qui pourraient
exister entre les paralysies oculomotrices (POM) et la rétinopathie.
Leur enquête les a conduit à analyser 2 229 cas de POM pour sélectionner
les 306 (soit environ 14%) dont l'origine était diabétique. La
population témoin était issue de l'étude WESDR (Wisconsin
Epidemiologic Study of Diabetic Retinopathy). Par ordre de fréquence,
les atteintes concernaient la sixième, la troisième et beaucoup
plus rarement, la quatrième paire crânienne (avec des associations,
simultanées ou non chez certains patients). L'incidence de la rétinopathie
diabétique était significativement plus faible chez les diabétiques
de type 2 qui avaient développé des troubles oculomoteurs que
chez les sujets contrôles. Ces deux complications pourraient donc ne pas
partager le même mécanisme.
Hallucinations
visuelles et syndrome de Charles Bonnet après traitement par laser de
la dégénérescence maculaire liée à l'âge
(DMLA) (Br. J. Ophthalmol. 2003 ; 87 : 977-979, SY Cohen)
100 patients consécutifs souffrant de DMLA avec néovascularisation
choroïdienne ont répondu à un questionnaire concernant la
survenue d'hallucinations visuelles après un traitement par laser en
association avec le verteporfin. Trois groupes de patients ont été
individualisés: ceux qui n'ont pas eu d'hallucinations, ceux qui ont
eu des hallucinations non structurées et ceux avec hallucinations élaborées.
5 patients (5%) ont rapporté avoir eu des hallucinations élaborées
transitoires incluant des visages connus ou inconnus et des motifs géométriques.
15 patients (15%) ont rapporté des photopsies et des flashs colorés
de couleurs variées. Ces symptômes survenaient habituellement quelques
jours après la photo-coagulation au laser. Il n'y avait pas de différence
significative entre le groupe de patients avec des hallucinations élaborées
et les deux autres groupes de patients que ce soit pour l'âge (p = 0,435),
le sexe (p = 0,406) ou l'acuité visuelle (p = 0,835). Les hallucinations
visuelles et le syndrome de Charles Bonnet peuvent donc être un effet
secondaire précoce de la photo-coagulation au laser des DMLA.
GDx et
compensation des phénomènes de biréfringence (Ophthalmology
2003 ; 110(8) : 1512-6, N.J. Reus et al.) www.aaojournal.org
Le GDx, laser polarimètre, évalue l'épaisseur de la couche
des fibres rétiniennes. Depuis la première version de l'appareil
(NFA, Nerve Fiber Analyser), et dans le but de la perfectionner, d'autres versions
se sont succédées. Le GDx reconnaît les déficits
acquis des cellules ganglionnaires caractéristiques des glaucomes, mais
l'obtention des images implique le passage à travers des tissus biréfringents,
tels que la cornée. Un système compensateur destiné à
éliminer le phénomène de biréfringence cornéenne
a donc été conçu. Dans une série de 8 yeux atteints
de glaucome (documentée par photos de fond d'oeil et champs visuels),
les auteurs ont comparé l'analyse des fibres réalisée en
utilisant un système compensateur standard et le système personnalisé
(VCC, Variable Corneal Compensator). Ils concluent que le système de
compensation personnalisé de la biréfringence cornéenne
améliore la détection des lésions.
Plaies
du globe : influence de la contamination bactérienne (Ophthalmology
2003 ; 110(8) : 1560-6, D.F. Lieb et al.) www.aaojournal.org
La gravité potentielle des plaies perforantes du globe dépend
à la fois de la nature des lésions et du risque infectieux. A
travers cette étude rétrospective, les auteurs ont cherché
à préciser les facteurs qui conditionnent le pronostic visuel
en cas de contamination bactérienne (culture positive). Ils ont pour
cela tenu compte de la présence de signes cliniques d'endophtalmie, de
corps étrangers intra-oculaires, d'un décollement de rétine
ou d'une hémorragie intravitréenne, ainsi que de la virulence
des germes retrouvés, du délai entre le traumatisme et son traitement
chirurgical, de l'acuité visuelle initiale, de la situation anatomique
et de la taille de la plaie. Selon cette étude (37 yeux traumatisés),
le pronostic visuel reste réservé mais paraît meilleur si
l'acuité de départ est plus élevée, si la virulence
de la bactérie isolée est faible, si la rétine reste à
plat, si la plaie est de petite taille et en l'absence de signes cliniques d'endophtalmie.