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Semaine du 8 au 14 septembre 2003
Chirurgie
réfractive : les lasers en progrès (Curr.
Opin. Ophthalmol. 2003 ; 14(4) : 213-9, D.R. Hardten et al.) www.co-ophtalmology.com
Du fait de la multiplication des interventions et d'une quasi obligation de
résultats, les technologies et l'instrumentation de chirurgie réfractive
se doivent de progresser rapidement. C'est ainsi que sont apparus sur le marché,
et se sont perfectionnés, différents modèles de lasers,
laissant l'embarras du choix aux ophtalmologistes qui souhaitent en faire l'acquisition.
L'absence d'études randomisées fondées sur des critères
identiques (tant pour les chirurgiens que pour les patients) interdit la comparaison
directe des résultats réfractifs des différents modèles.
Les auteurs proposent toutefois une confrontation des appareils entre eux. Rappelant
que, pour obtenir les meilleurs résultats, le chirurgien doit bien connaître
les paramètres de son laser, ils soulignent que les résultats
réfractifs publiés depuis février 2002 sont en progression
par rapport à ceux des années précédentes, quel
que soit le laser utilisé.
Regain
d'intérêt pour la photo-ablation sous-épithéliale
(Curr. Opin. Ophthalmol. 2003 ; 14(4) : 207-12, I.G. Pallikaris et
al.) www.co-ophtalmology.com
Le Lasik représente 90% des indications de chirurgie réfractive.
Cependant, et comme toute méthode chirurgicale, il peut être à
l'origine d'effets indésirables et certaines complications potentielles
sont une source d'inquiétudes. C'est le cas des ectasies cornéennes
iatrogènes, dont l'incidence augmente, et du risque de modifications
biomécaniques de la cornée, qui est imprévisible. Combinés
aux renseignements que nous apporte l'aberrométrie, ces inconvénients
conduisent à reconsidérer l'intérêt des traitements
de surface et à réfléchir sur de nouvelles modalités
de photo-ablation. En théorie l'avantage du Lasek réside en son
volet épithélial qui, une fois remis en place sur la zone traitée,
diminue la douleur et le risque de "haze". L'épi-Lasik offre
quant à lui une alternative technique au décollement épithélial,
du fait de l'utilisation d'une lame mousse qui permet d'éviter l'application
d'alcool.
Ruboxistaurine
mésilate contre l'oedème maculaire diabétique (http://www.companynews.fr/
- 25 août 2003)
Les résultats de l'étude PKC-DMES, essai multicentrique international
contrôlé contre placebo qui a inclus 686 patients, présentés
le 25 août au 18ème congrès de l'International Diabetes
Federation, montrent qu'à forte dose le mésylate de ruboxistaurine,
un inhibiteur de bêta PKC, peut retarder la progression de l'oedème
maculaire diabétique (OMD) chez les patients affectés d'une rétinopathie
diabétique non proliférative légère à modérée.
Le suivi des patients a pu durer jusqu'à 52 mois. A la dose de 32 mg
le mésylate de ruboxistaurine induisait une tendance (p = 0,041) vers
un effet positif sur la survenue d'un OMD impliquant ou menaçant immédiatement
le centre de la macula. Quand les patients présentant un faible contrôle
glycémique au début de l'étude (HbA1C supérieure
ou égale à 10%) étaient exclus, le mésylate de ruboxistaurine
montrait un effet positif latéral (p=0,019) sur la survenue d'un OMD
impliquant ou menaçant immédiatement le centre de la macula.
Dystrophies
cornéennes : des gestes chirurgicaux à prescrire et à proscrire
(Curr. Opin. Ophthalmol. 2003 ; 14(4) : 186-91, E.S. Lee et al.)s www.co-ophtalmology.com
On compte de nombreuses formes de dystrophies cornéennes, dont la classification
repose habituellement sur la distribution, l'aspect et la nature des lésions,
ainsi que sur le risque de récidive après kératoplastie.
Les auteurs se sont intéressés à la prise en charge chirurgicale
de ces pathologies, mettant l'accent non seulement sur les indications, mais
aussi sur les contre-indications. C'est ainsi par exemple que la PKT (Photo-Kératectomie
Thérapeutique) améliore la vision dans certains cas d'opacités
cornéennes, peut prévenir les épisodes de kératalgie
récidivante ou encore retarder l'heure de la greffe pour d'autres dystrophies.
Les applications locales de mitomycine C ou d'anticorps anti-TGF-bêta
peuvent quant à elles contribuer à éviter la réapparition
des opacités après une PKT ou une kératoplastie lamellaire.
A l'avenir, les traitements devront aussi tenir compte de l'origine génétique
des dystrophies.
Métastases
uvéales du cancer du sein : un pronostic réservé (Am.
J. Ophthalmol. 2003 ; 136(2) : 264-71, H. Demirci et al.) http://linkinghub.elsevier.com
Le cancer du sein, grave problème de santé publique dont l'ampleur
va croissante, est la tumeur qui dissémine le plus volontiers à
l'uvée. Les auteurs présentent une étude rétrospective
réalisée à partir de 264 cas de métastases uvéales
de cancer du sein. Si plus de 9 femmes sur 10 se sont présentées
avec des symptômes ophtalmologiques, il s'agissait dans cette série
essentiellement de vision trouble, et accessoirement de myodésopsies
ou de phosphènes. Dans 3% des cas, la tumeur oculaire a permis de découvrir
la maladie primitive et des cas de localisations papillaires, palpébrales
et/ou ciliaires associées ont été observés. Près
de 4 fois sur dix, l'atteinte de l'uvée était bilatérale
(le deuxième oeil était parfois asymptomatique, justifiant un
examen comparatif). Avec moins d'un quart des malades encore en vie à
5 ans, et malgré l'efficacité de la radiothérapie locale,
le pronostic vital reste sombre.
Névrite
optique auto immune para néoplasique avec rétinite définie
par la présence de CRMP-5-IgG (Ann. Neurol. 2003 ; 54(1)
: 38-50, Cross S.A.)
La présence d'auto anticorps a permis de définir 2 troubles visuels
para néoplasiques liés a un carcinome pulmonaire à petites
cellules : une rétinopathie à « CAR »-IgG
(23 kDa, recoverin) et une névrite optique à « collapsin
response-mediated protein 5 » (CRMP-5-IgG [62 kDa]). Parmi 16 patients
avec CRMP-5-IgG et névrite optique (7 hommes et 9 femmes, âgés
de 52 à 74 ans, tous fumeurs), 5 avaient une rétinite associée
documentée. Aucun n'avaient de « CAR »-IgG. Le
tableau comportait chez 15 patients une baisse visuelle subaiguë, un oedème
papillaire, des déficits du champ visuel. Des exsudats vasculaires étaient
retrouvés à distance de la papille. 5 électrorétinogrammes
sur 5 étaient pathologiques. 9 patients avaient des cellules vitréennes.
La vitrectomie a montré une lymphocytose réactionnelle (4), principalement
à CD4 + (1/1). La ponction lombaire montrait une hyper lymphocytose (7-32),
une hyper protéinorachie avec bandes oligo-clonales multiples et CRMP-5-IgG.
3 patients avaient un tableau clinique proche du Devic. L'un d'entre eux, autopsié,
avait une infiltration lymphocytaire T à prédominance CD8 + du
nerf optique et de la moelle épinière. 11 des patients avaient
un carcinome pulmonaire à petites cellules, 1, une image radiologique
de cancer du poumon, 3, un carcinome rénal ou thyroïdien. La protéine
CRMP-5 a été identifiée par Western blot dans la rétine
normale et le nerf optique. Les cellules photo réceptrices, les cellules
ganglionnaires de la rétine les fibres optiques démontraient une
immuno-réactivité spécifique du CRMP-5. Cette entité
paranéoplasique associant névrite optique et rétinite avec
cellules inflammatoires du vitré est l'indication d'une biopsie du vitré
et d'une enquête carcinologique.
Où
en est-on de la "Super-Vision" ? (Curr. Opin. Ophthalmol.
2003 ; 14(4) : 198-202, S. Waheed et al.) www.co-ophtalmology.com
L'apparition de l'aberrométrie (technologie du front d'onde) est à
l'origine des notions de traitement personnalisé et de Super-vision.
En chirurgie réfractive, il s'agit de corriger par photo-ablation les
aberrations optiques d'ordre supérieur (en plus des troubles réfractifs
sphéro-cylindriques), dans l'espoir d'obtenir des performances en matière
d'acuité visuelle et de sensibilité aux contrastes. Les applications
et répercussions cliniques de ces concepts, relativement nouveaux, nécessitent
toutefois d'être analysées. A travers une revue de la littérature
récente, les auteurs discutent les progrès, l'intérêt
et les limites de ces techniques. Ils développent notamment les facteurs
limitant le traitement personnalisé tels l'accommodation, le vieillissement
et la découpe du volet cornéen (qui influencent le relevé
des aberrations). L'instrumentation laser nécessaire et les résultats
chirurgicaux sont eux aussi détaillés.
Les biotechnologies
au secours de la cornée (Curr. Opin. Ophthalmol. 2003 ; 14(4)
: 192-7, D.J. Carlsson et al.) www.co-ophtalmology.com
En matière de substituts cornéens qui pourraient représenter
une alternative à l'utilisation de tissus d'origine humaine, la recherche
est active, comme le démontre cet article. Ces dispositifs, destinés
à remplacer une partie ou la totalité de la cornée, vont
du système prothétique conçu pour restaurer la fonction
cornéenne aux hydrogels qui autorisent une certaine régénération
des tissus de l'hôte (supports bio-synthétiques), en passant par
des implants réfractifs intra-cornéens. Grâce aux avancées
de la biotechnologie, ces dernières années ont vu se développer
certains de ces systèmes. Les auteurs résument l'ensemble des
connaissances actuelles, tant en matière de cornées artificielles,
que de biomatériaux ou de futures méthodes de chirurgie réfractive.
Ils nous font également entrevoir ce que pourrait réserver l'avenir
dans ce domaine.
Développement
de verres de contact traitant les allergies (Radio-Canada.ca - 4 septembre
2003) http://radio-canada.ca/nouvelles/Santeeducation/nouvelles/200309/04/004-verrescontacts-allergies.shtml
Un chercheur japonais a conçu, à l'aide d'un gel polymère
spécial, des verres de contact jetables qui, en plus de corriger la vue,
traitent des problèmes de picotements des yeux provoqués par les
allergies et le rhume des foins. Ces lentilles sont fortement élastiques
et contiennent beaucoup d'eau. Elles « diffusent dans les yeux des
substances médicamenteuses réagissant avec les substances contenues
dans les larmes ». Les chercheurs envisageraient même l'utilisation
de ces verres de contact pour accélérer la guérison des
patients opérés de la cataracte. Le produit pourrait être
commercialisé d'ici à 5 ans.
Les injections
intra-vitréennes de vert d'indocyanine sont-elles toxiques ? (Am.
J. Ophthalmol. 2003 ; 136(2) : 252-7, A. Uemura et al.) http://linkinghub.elsevier.com
akiu@ml.kch.kagoshima.jp
La littérature s'enrichit régulièrement d'articles traitant
des indications du vert d'indocyanine au cours de la chirurgie vitréo-rétinienne.
Comme pour toute technique relativement nouvelle, il convient toutefois de s'assurer
de son innocuité, d'autant que certains auteurs ont décrit des
effets indésirables. Cet exemple est issu de l'analyse des dossiers de
seize patients, dont la membrane épi-rétinienne idiopathique avait
été opérée. Pour sept d'entre eux, et afin d'améliorer
la visualisation per-opératoire, le pelage de la membrane limitante interne
a été effectué sous vert d'indocyanine. Cependant plus
de la moitié des opérés de ce sous-groupe ont ensuite développé
des déficits du champ visuel périphérique, ce qui n'a été
le cas pour aucun des neuf autres patients. Bien que la cause de ces déficits
reste incertaine, l'hypothèse d'une toxicité liée au colorant
suffit à justifier la mise en place d'études complémentaires.
Des inégalités
rétiniennes (Am. J. Ophthalmol. 2003 ; 136(2) : 272-6, E.J.
Hilton et al.) http://linkinghub.elsevier.com
Comme l'ont montré certaines études chez des personnes en bonne
santé, l'inhalation excessive de CO2 exerce une inhibition relative sur
l'autorégulation vasculaire de la rétine inférieure. Partant
de cette notion, les auteurs ont voulu savoir si la sensibilité de la
région correspondante du champ visuel (l'hémi-champ supérieur)
diminuait au cours de l'hypercapnie. Vingt-deux sujets jeunes ont été
inclus par randomisation dans cette étude. Le relevé de leur champ
visuel (SITA standard 24-2) a été effectué en air ambiant
puis en hypercapnie et les résultats ont été comparés.
Seule la sensibilité moyenne de l'hémi-champ supérieur
a diminué de façon significative, témoignant d'une (probable)
susceptibilité accrue de l'hémi-rétine inférieure
à l'hypercapnie. Une vulnérabilité qui pourrait expliquer
l'atteinte préférentielle des fibres inférieures au cours
de la neuropathie optique glaucomateuse.
Intérêt
du dépistage ciblé du diabète de type 2 : résultats
de la Hoorn Screening Study (Diabetes Care 2003 ; 26(9) :
2604-2608, Spijkerman A.M.)
195 sujets diabétiques de type 2 diagnostiqués lors d'une campagne
de dépistage ciblée par questionnaire préalable (groupe
1) et 60 sujets diabétiques de type 2 nouvellement diagnostiqués
par leur praticien habituel (groupe 2) ont été comparés
sur la prévalence des complications micro-angiopathiques. La prévalence
de la rétinopathie était semblable dans les deux groupes (7.6
vs 1.9 %, NS dans les groupes 1 et 2 respectivement). La prévalence de
la neuropathie périphérique sensitive était également
similaire dans les deux groupes (48 % environ). La prévalence de la micro-albuminurie
était de 17.2 et 26 % dans les groupes 1 et 2 respectivement. Le dépistage
ciblé du diabète de type 2 permettrait donc la prise en charge
précoce des complications du diabète.
Syndrome
de Münchausen par procuration et ophtalmologie (Ophthalmology
2003 ; 110(8) : 1582-4, D.E. Baskin et al.) www.aaojournal.org
Le syndrome de Münchausen par procuration est une forme de maltraitance.
Exercés à l'insu de tous par des mères dont le comportement
vis-à-vis de leur enfant semble par ailleurs irréprochable, les
sévices infligés peuvent conduire à la mort. Dans un premier
temps, les tableaux cliniques qui en résultent peuvent dérouter
les médecins. Si les pédiatres paraissent les plus concernés,
les ophtalmologistes ne sont pas épargnés, comme en témoigne
le cas clinique suivant. Une petite fille suivie pour des épisodes récurrents
et inexpliqués de kérato-conjonctivite, a subi de très
nombreux examens complémentaires, à visée ophtalmologique
et générale. Plus ou moins invasifs, ceux-ci ont été
multipliés jusqu'à ce qu'une biopsie cutanée fasse suspecter
la nature exogène des lésions. Le PH des larmes étant alcalin,
les kérato-conjonctivites ont finalement pu être attribuées
à l'exposition à un produit caustique.
Fragments
de cristallin dans le vitré : quels résultats pour la chirurgie
? (Ophthalmology 2003 ; 110(8) : 1576-72, IU Scott et al) www.aaojournal.org
Cette étude rétrospective a permis d'analyser l'évolution
de 343 yeux (343 patients d'âge moyen 76 ans) qui, du fait de la présence
de fragments de cristallin dans le vitré, ont été traités
par vitrectomie entre 1990 et 2001. L'intervention sur le segment postérieur
a été effectuée en moyenne 12 jours après l'extraction
compliquée de la cataracte, puis un suivi a été assuré
sur une période moyenne de 8 mois. Les mauvais résultats en matière
d'acuité visuelle finale ont été attribués, par
ordre de fréquence, à la présence d'un oedème maculaire
cystoïde, d'une maladie oculaire pré-existante, d'un oedème
cornéen, à des antécédents de décollement
de rétine ou à une membrane épi-rétinienne. Le pronostic
visuel s'est révélé inversement corrélé au
nombre des complications. Dans cette série, le délai qui a précédé
la vitrectomie n'a eu, au final, aucune influence sur l'acuité visuelle
ou la pression intra-oculaire.
Lentilles
en silicone hydrogel : un risque de kératites microbiennes
(Acuité.fr - 2 septembre 2003) http://www.acuite.fr/articles.asp?REF=1609
Une étude est actuellement en cours en Australie et en Nouvelle-Zélande,
selon Acuité.fr, afin de mettre à jour le lien de causalité
possible entre kératite microbienne et le port de lentilles en silicone
hydrogel, mais aussi d'autres lentilles de contact. Près de 900 000 personnes
dans le monde sont porteuses de lentilles en silicone hydrogel, de plus en plus
utilisées. Or, le port prolongé de ce type de lentilles pourrait
également provoquer des pertes de vision, irrémédiables
dans 10 à 15% des cas. L'étude permettra en outre d'évaluer
la part des infections qui peut être attribuée aux mauvaises habitudes
des porteurs de lentilles de contact. Les premiers résultats indiquent
que 53% d'entre eux conservent leurs lentilles au-delà de la période
prescrite, 46% les réutilisent, 25% ne se lavent pas toujours les mains
pour les manipuler et 12% ne le font jamais.