Retour à la page d'accueil du site snof.org
Semaine du 14 au 20 juillet 2003
La Thermothérapie
Trans-Pupillaire pour certaines DMLA (Arch.
Ophthalmol. 2003 ; 121(6) : 817-20, A.B. Thach et al.) http://archopht.ama-assn.org
A travers cette étude prospective non randomisée, les auteurs
présentent des résultats qu'ils jugent encourageants. Soixante
neuf patients qui avaient développé des néo-vaisseaux à
prédominance occulte sur une DMLA et dont l'acuité visuelle avant
traitement était supérieure ou égale à 20/400, ont
accepté d'être traités par Thermothérapie Trans-Pupillaire
(TTP). Le laser diode a été délivré par l'intermédiaire
d'un spot de 3 à 6 mm de diamètre, sur une durée de 60
secondes et à une puissance de 0,6 à 1 Watt, puis une surveillance
a été assurée pendant six à douze mois. Au cours
de cette période de suivi, plus de sept patients sur dix ont pu améliorer
ou stabiliser leur acuité visuelle, alors que les autres perdaient deux
lignes ou plus sur l'échelle de Snellen. Selon ces données, il
semble que la TTP à large spot puisse stabiliser la vision de certains
malades en cas de néo-vascularisation occulte sur DMLA.
Une alternative
thérapeutique pour les hémangiomes orbitaires infantiles (Ophthalmology
2003 ; 110(6) : 1255-9, D.K. Coats et al.) www.aaojournal.org
Les hémangiomes capillaires sont les tumeurs orbitaires les plus fréquentes
de l'enfant. La plupart d'entre eux sont de bon pronostic et régressent
spontanément, élément dont il convient de tenir compte
avant de décider d'un traitement. Ce dernier est en effet réservé
aux tumeurs qui infiltrent le pourtour de l'orbite et les paupières,
qui obstruent l'axe visuel ou compriment le nerf optique, ou encore en cas d'exposition
cornéenne (exophtalmie). Différentes options peuvent alors être
discutées et être utilisées seules ou en associations. Il
s'agit notamment de la chirurgie, de la radiothérapie, de la corticothérapie
systémique ou encore des injections intra-lésionnelles de corticoïdes,
technique souvent utilisée en première intention. A partir d'une
série de sept enfants, les auteurs font part de leur expérience
des injections sous ténoniennes postérieures de corticoïdes,
méthode qu'ils considèrent comme prometteuse.
Récentes
avances et futures frontières dans le traitement des cataractes liées
à l'âge (JAMA
290 : 248-251, R. Solomon et E.D. Donnenfeld - 9 juillet 2003)
A noter : ce numéro du JAMA présente une revue médicale
de 4 pages consacrée à la cataracte où sont abordés
l'évaluation pré-opératoire et les indications de la chirurgie,
les stratégies chirurgicales contemporaines, les soins post-opératoires,
les risques et bénéfices de la chirurgie de la cataracte et les
futures directions.
Les facteurs
de risques de la maculopathie d'hypotonie (Ophthalmology 2003 ; 110(6)
: 1185-91, L.A. Fannin et al.) www.aaojournal.org
Peut-on, en présence d'une hypotonie oculaire, repérer les patients
dont le risque d'évoluer vers une maculopathie est plus élevé
? C'est en partie possible, si l'on en croît les résultats de cette
étude rétrospective, dans laquelle 228 cas d'hypotonie ont été
inclus. Ont été considérés comme hypotones, les
sujets dont la pression intra-oculaire (PIO) était inférieure
ou égale à 5 mmHg. La maculopathie était quant à
elle définie par la présence de plis rétiniens ou choroïdiens
au niveau du pôle postérieur (à l'intérieur des arcades
vasculaires temporales). Après analyse des différents facteurs
susceptibles d'intervenir (chirurgie filtrante avec ou sans anti-mitotiques...),
trois éléments sont apparus significativement corrélés
au risque de maculopathie. Il s'agissait du jeune âge, du sexe masculin
et de la myopie. Les antécédents de diabète et la présence
d'un décollement choroïdien auraient quant à eux, un effet
protecteur.
Un moyen
pour éviter la bilatéralisation des déchirures géantes
(Ophthalmology 2003 ; 110(6) : 1175-7, T.J. Wolfensberger et al.) thomas.wolfenberger@ophtal.vd.ch
www.aaojournal.org
Afin d'évaluer si une cryopexie effectuée sur 360° pourrait
prévenir la survenue d'une déchirure géante sur le deuxième
oeil, les auteurs ont revu les dossiers de 48 patients. Tous avaient bénéficié
d'une vitrectomie-silicone pour décollement de rétine (DR) unilatéral
sur déchirure géante et dans le même temps d'une cryoapplication
prophylactique sur l'ensemble de la périphérie rétinienne
controlatérale. Au cours du suivi post-opératoire, qui a pu être
assuré sur une moyenne de 7 ans, un cas de déchirure sans DR et
trois cas de DR ont été observés sur les yeux qui avaient
reçu la cryothérapie. Dans cette série, le faible taux
de bilatéralisation des DR par rapport aux taux de référence
de la littérature (qui reflète l'histoire naturelle de la maladie)
semble pouvoir être attribué à la cryo. Pour le prouver,
il faudrait toutefois mettre en place des études prospectives randomisées
de grande ampleur.
Incidence
des manifestations oculaires chez les patients ayant une sarcoïdose systémique
prouvée histologiquement (Klein Monatsbl. Augenheilkd 2003 ;
220(6) : 414-417, Hassenstein A.)
Des études antérieures ont fait état de 35% d'uvéites
antérieures, 25% d'uvéites postérieures, au cours de la
sarcoïdose. Les données ophtalmologiques de 38 patients examinés
entre 1987 et 1997 et ayant eu des complications oculaires au cours de sarcoïdoses
histologiquement confirmées sont rapportées de façon rétrospective.
L'âge moyen était 42.7 ans (11 à 58 ans). 15 patients (22
yeux = 32.4%) avaient une uvéite antérieure : kérato-uvéite
granulomateuse (10 yeux), granulomes de l'iris (6), granulomes trabéculaires
(3). 22 patients (42 yeux = 61.8%) avaient une uvéite intermédiaire
et postérieure : péri vasculite granulomateuse (18 yeux),
maculopathie cystoïde (8), pars planite (6), neurorétinite (4),
névrite optique (3), choroïdite (3). Des complications tardives
ont été rencontrées chez 22 patients (39 yeux = 57.4%) :
synéchies postérieures (14 fois), glaucome secondaire (10 fois),
cataracte (8 fois), atrophie optique (6 fois), calcification oculaire (1 fois).
Contrairement aux études antérieures, l'atteinte du segment postérieur
a été plus fréquente (plus de 60%). En cas d'atteinte oculaire
évocatrice de sarcoïdose, le traitement devrait être débuté
sans délai avant confirmation histologique. En effet, dans certains cas,
cette confirmation n'est intervenue que 8 ans après la première
consultation.
Le pronostic
à long terme des strabismes sur nanophtalmie (Ophthalmology
2003 ; 110(6) : 1230-6, E.C. Sener et al.) www.aaojournal.org
La nanophtalmie comporte, en plus d'une microphtalmie, une chambre antérieure
étroite, un épaississement du cristallin, de la choroïde
et de la sclère, ainsi qu'une forte hypermétropie. Elle se complique
volontiers de glaucome par fermeture de l'angle ou d'hématomes choroïdiens.
Au cours d'un suivi moyen de sept ans, les auteurs ont étudié
l'évolution de 15 enfants strabiques, porteurs d'une nanophtalmie bilatérale.
Selon les observations recueillies dans cette série, il semble que le
plus souvent les strabismes sur nanophtalmie sont non ou partiellement accommodatifs
et que l'amblyopie uni ou bilatérale est fréquente, même
si une occlusion a été effectuée. Lorsqu'elle est indiquée,
la chirurgie des muscles horizontaux doit être prudente du fait de la
petite taille de l'oeil (pour éviter l'inversion de la déviation
oculaire) mais elle ne doit pas être "sous-dosée" sous
peine de sous-corriger le strabisme.
Chirurgie
du trou maculaire idiopathique : gaz ou silicone ? (Ophthalmology 2003
; 110(6) : 1170-4, J.C. Lai et al.) www.aaojournal.org
Le traitement des trous maculaires idiopathiques (TMI) comporte l'injection
intra-vitréenne d'un mélange de gaz de longue durée d'action
en fin d'intervention. La bulle ainsi formée assure un tamponnement transitoire
du trou au cours du positionnement post-opératoire (10 à 15 jours,
visage parallèle au sol) et les succès thérapeutiques avoisinent
les 90%. Pour évaluer l'effet d'un tamponnement par huile de silicone,
les auteurs ont comparé rétrospectivement les suites opératoires
de 31 yeux sous silicone à celles de 23 yeux sous gaz (C3F8). Dans cette
série, le C3F8 s'est montré significativement plus efficace pour
obtenir une fermeture du TMI dès la première intervention (soit
91% contre 65% des cas), mais après ré-intervention, le taux de
fermeture était le même dans les deux groupes. Toutefois, l'acuité
visuelle finale était significativement meilleure dans le groupe "gaz".
Il semble donc que le gaz reste la meilleure option.
Neurorétinite
de la maladie des griffes du chat confirmée par PCR (Jpn J.
Ophtalmol. 2003 ; 47(4) : 405-408, Fukushima A.)
La neurorétinite de la maladie des griffes du chat est causée
par une infection à Bartonella Henselae. Le diagnostic sérologique
peut se trouver en défaut. Une femme de 55 ans a développé
un tableau de méningite, névrite optique et rétinite, dans
un contexte fébrile. Un traitement par prednisolone a été
institué. L'interrogatoire ayant révélé un antécédent
de griffure par un chat, des recherches d'immunoglobulines spécifiques
de B. Henselae ont été réalisées dans le sérum
et le LCR. Elles ont été positives en IgG mais négatives
en IgM. Une PCR sur le LCR a retrouvé l'ADN spécifique de B. Henselae
et a permis d'affirmer le diagnostic. Un traitement par minocycline a été
adjoint à la prednisolone. Une récupération de 1/100 à
60/100 du meilleur oeil a été obtenue au bout de 5 mois. La PCR
peut s'avérer utile au diagnostic lorsque la sérologie n'apporte
pas de certitude suffisante.