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Semaine du 16 au 22 juin 2003
Le point
sur la photothérapie dynamique (PDT) (Curr.
Opin. Ophthalmol. 2003 ; 14(3) : 163-8, J Landy et al.) www.co-ophthalmology.com
La photothérapie dynamique (vertéporphine) a des effets positifs
démontrés en cas de DMLA dont les néovaisseaux choroïdiens
(NVC) rétro-fovéolaires sont à prédominance classique
(soit plus de 50% de la membrane néovasculaire) et en cas de NVC rétro-fovéolaires
du myope fort. Au moment où cet article a été rédigé
la FDA (Food and Drug Administration) avait demandé des études
complémentaires avant de valider l'indication de la PDT pour les NVC
rétro-fovéolaires occultes de la DMLA. S'il existe d'autres applications
potentielles pour cette technique, comme les stries angioïdes, l'histoplasmose
ou d'autres causes de NVC, celles ci n'ont encore fait l'objet d'aucun essai
clinique randomisé. Les auteurs font le point sur la question en précisant
que la PDT n'a pas démontré son efficacité pour les membranes
qui comportent moins de 50% de NVC classiques.
DMLA
: à qui recommander des compléments alimentaires ? (Curr.
Opin. Ophthalmol. 2003 ; 14(3) : 159-62, W.L. McBee et al.) www.co-ophthalmology.com
Parmi les facteurs qui pourraient expliquer la dégénérescence
liée à l'âge (DMLA) figurent les processus oxydatifs. L'AREDS
(Age-Related Eye Disease Study), essai clinique contrôlé, multicentrique
et randomisé, a mis en évidence le rôle protecteur de fortes
doses de compléments alimentaires (anti-oxydants et zinc) dans certains
cas de DMLA. Ces traitements, pris pendant plusieurs années, permettraient
en effet de ralentir la progression et l'aggravation des stades intermédiaires
de DMLA, sans modifier la prévalence ni l'incidence des stades débutants
(Au cours de l'AREDS, leur effet n'a pas pu être étudié
sur les DMLA évoluées du fait d'un nombre de cas insuffisant).
Au total il semble que l'on doive proposer une supplémentation en anti-oxydants
et en zinc (à doses pharmacologiques) aux personnes qui présentent
un stade intermédiaire de DMLA, en l'absence bien sûr de contre-indication.
Normalisation
des potentiels évoqués visuels après une névrite
optique (Doc.
Ophtalmol. 2003 ; 106(3) : 305-309, Hidajat R.R.)
Il est très rare d'assister à la normalisation des potentiels
évoqués visuels (PEV) après une névrite optique
(NO) et les auteurs qui l'ont signalée n'ont pas suivi l'évolution
ultérieure de la latence des PEV de l'oeil atteint. 18 patients ayant
eu une NO unilatérale ont eu un suivi des PEV sur 5 ans. Dans les cas
de normalisation, la durée de cette normalisation a également
été notée. La limite supérieure de latence normale
de P2 a été déterminée par 18 mesures sur témoins
sains de même tranche d'âge. Le chiffre de 115.9 ms a été
ainsi établi. A l'inclusion, la latence moyenne de P2 de l'oeil atteint
était 140 ms avec une déviation standard de 16 ms. La latence
de P2 est restée stable sur toute la période d'observation en
dehors de 2 cas. Le retour à la normale a été temporaire
et la latence est redevenue allongée au bout de 2 ans. Cette re-détérioration
semble le résultat de nouveaux épisodes de NO.
Télé-médecine
et ophtalmologie (Acta. Ophthalmol. Scand. 2003 ; 81(2) : 105-109,
H. Lamminen et al.) www.blackwell-synergy.com
Les technologies modernes nous permettent maintenant de pratiquer la médecine
à distance. A partir d'une revue de la littérature les auteurs
proposent une synthèse des applications potentielles de la télé-médecine
à l'ophtalmologie. Bien qu'elle ait des avantages pédagogiques
et que les patients se montrent satisfaits de pouvoir consulter un spécialiste
sans se déplacer, la télé-médecine reste une médecine
de seconde intention. La plupart des études sur le sujet sont des études
pilotes et le rapport coût / efficacité de cette méthode
n'a pas été déterminé pour l'ophtalmologie. Ce ne
sont semble-t-il pas tant les problèmes techniques qui agissent comme
facteurs limitants, mais plutôt des problèmes qui concernent l'organisation
et le fonctionnement. Des études complémentaires pourraient permettre
de les résoudre.
Les indications
de la thermothérapie trans-pupillaire (Curr. Opin. Ophthalmol.
2003 ; 14(3) : 155-8, M.L. Subramnia et al.) www.co-ophthalmology.com
La thermothérapie transpupillaire est une technique d'apparition récente
qui peut être indiquée pour traiter différentes lésions
du segment postérieur. Au cours des dix dernières années
elle a été utilisée contre des tumeurs bénignes
ou malignes, seule ou en association avec d'autres traitements comme la radiothérapie
par plaque. De façon plus récente elle a pu être expérimentée
pour venir à bout de membranes néovasculaires choroïdiennes
au cours de la dégénérescence maculaire liée à
l'âge. Une étude multicentrique (prospective, randomisée,
contrôlée) est actuellement en cours afin d'évaluer l'efficacité
de la thermo-thérapie trans-pupillaire vis à vis des néovaisseaux
choroïdiens. Les auteurs développent ces différents points.
Neuropathie
optique ischémique comme manifestation révélatrice d'une
hyper cholestérolémie chez les patients jeunes (Ophthalmology
2003 ; 110(5) : 1041-1046, Deramo V.A.)
L'étude de type cas-témoin a porté sur 37 patients de moins
de 50 ans ayant eu une neuropathie optique ischémique non artéritique
(NOINA) et 74 sujets appariés pour l'âge et le sexe. Les bilans
lipidiques ont été comparés. Le taux de cholestérol
total moyen était significativement plus élevé dans le
groupe NOINA (235.4 vs 204.0 mg/dl, P<0.001). L'odds ratio d'avoir un cholestérol
élevé ( supérieur ou égal à 240 mg/dl) était
3.3 (95%CI, 1.4-7.8) pour NOINA et la probabilité était encore
plus forte pour les patients non diabétiques. Le diabète était
plus fréquent chez les patients que les témoins (P=0.027). L'hypertension
artérielle n'était par contre pas plus fréquente (P=0.63).
Aucun des 24 patients ayant eu une IRM n'avait d'aspect inflammatoire des nerfs
optiques ou d'images de démyélinisation. L'amélioration
visuelle a été rare. L'hyper cholestérolémie s'associe
à la NOINA chez les sujets les plus jeunes et la NOINA peut en être
la manifestation révélatrice. Il s'agit d'une atteinte micro-vasculaire
focale du système nerveux central survenant à un âge jeune
et qui justifie un traitement efficace des anomalies lipidiques.
Opérer
la cataracte après une vitrectomie (Curr. Opin. Ophthalmol.
2003 ; 14(3) : 150-4, R.E. Braunstein et al.) www.co-ophthalmology.com
La vitrectomie est une technique chirurgicale qui s'est nettement perfectionnée
et qui est maintenant bien codifiée. Elle permet de ce fait de traiter
un nombre croissant de maladies vitréo-rétiniennes. Ceci ne va
pas sans une augmentation des cataractes induites, qui en sont une des principales
complications, qui doivent à leur tout être opérées.
On a coutume de dire que l'extraction du cristallin sur un oeil vitrectomisé
nécessite plus de précautions que lorsque le vitré est
présent, que ce soit avant, pendant ou après l'intervention. Néanmoins
certains auteurs ont décrit la phaco-émulsification avec mise
en place d'un implant de chambre postérieure après vitrectomie
comme un traitement qui peut améliorer l'acuité visuelle et la
qualité de vie, sans pour autant faire courir trop de risques aux opérés.
Toutefois le résultat visuel dépend bien sûr de l'état
de la rétine sous-jacente.
Les progrès
de la vision artificielle (Curr. Opin. Ophthalmol. 2003 ; 14(3) : 122-7,
R.R. Lakhampal et al.) www.co-ophthalmology.com
Le principe de la vision artificielle est de provoquer des stimulations électriques
à différents niveaux des voies visuelles : cortex, nerf optique,
zone épi- ou sous-rétinienne. Les avancées de la microtechnologie
ont permis de mettre au point des dispositifs sophistiqués et miniaturisés,
susceptibles d'être implantés dans l'espace sous-rétinien
ou en sus-rétinien. Ils s'apparentent aux implants cochléaires
que l'on utilise dans certains cas de surdité. Au cours de maladies telles
que les rétinopathies pigmentaires ou la DMLA, ils convertissent l'information
visuelle en un signal électrique destiné à stimuler les
neurones rétiniens encore fonctionnels. Ils peuvent ainsi dans certains
cas restituer aux patients une vision utile. Les auteurs reviennent sur les
différents types d'implants et sur les résultats récents.
Relation
entre le taux de 3-déoxyglucosone et le développement d'une rétinopathie
chez les sujets diabétiques (Diabetes Care 2003 ; 26(6) :
1889-94, Kusunoki H.)
110 sujets diabétiques ayant des degrés différents de microangiopathie
et 57 sujets contrôles appariés sur l'âge ont été
comparés sur leur taux de 3 déoxyglucosone (3-DG), produit intermédiaire
de la glycation, associé dans certaines études au développement
des complications du diabète. Le taux de 3-DG à jeun était
plus élevé chez les sujets diabétiques que chez les sujets
contrôles (353 plus ou moins 110 vs 199 plus ou moins 53 nmol / l), même
chez les sujets normo-albuminuriques. Le taux de 3-DG était plus élevé
chez les sujets micro-albuminuriques (N = 30, 383 plus ou moins 146 nmol / l)
et protéinuriques (N = 18, 410 plus ou moins 100 nmol / l), p = 0.027
et p < 0.001 respectivement.
Prise
en charge des occlusions artérielles rétiniennes (Curr.
Opin. Ophthalmol. 2003 ; 14(3) : 139-41, S. Rumelt et al.) www.co-ophthalmology.com
L'incidence des occlusions artérielles rétiniennes est faible.
Ceci explique que les cas publiés soient peu nombreux. Pourtant il s'agit
de maladies difficiles à prendre en charge. Afin d'aider les ophtalmologistes
en pratique, les auteurs proposent un état des lieux des connaissances
actuelles. Ils passent notamment en revue les différentes options thérapeutiques
qui existent, et qu'ils classent en fonction de leur caractère invasif
ou non. Parmi les méthodes non invasives ils retiennent les massages
oculaires, les traitements médicaux et la ponction de chambre antérieure.
Ils les opposent à la technique invasive par excellence : l'administration
in situ d'agents thrombolytiques par cathétérisme sélectif
de l'artère ophtalmique et voie d'abord fémorale.
Hémangiome
circonscrit de la choroïde (Curr. Opin. Ophthalmol. 2003 ; 14(3)
: 142-9, A. Mashayekhi et al.) www.co-ophthalmology.com
L'hémangiome circonscrit de la choroïde est une tumeur bénigne
rare qui prend l'aspect d'une masse rouge-orangée du pôle postérieur.
La baisse d'acuité visuelle (BAV) est habituellement due à un
décollement séreux rétinien (DSR) et le premier diagnostic
évoqué est souvent celui de mélanome ou de métastase.
Toutefois l'échographie, les angiographies rétiniennes et l'IRM
sont là pour rectifier les choses. La lésion peut être asymptomatique
mais un traitement s'impose si la fonction visuelle est atteinte ou menacée.
En première intention on dispose de la photothérapie dynamique,
de la photo-coagulation et de la thermothérapie trans-pupillaire. En
cas d'inefficacité et si le DSR est étendu, une radiothérapie
peut être envisagée. Un long intervalle libre entre les premiers
symptômes et le traitement, une BAV initiale importante et des lésions
chroniques de la rétine ou de l'épithélium pigmentaire
altèrent le pronostic visuel.
THS et
cataracte ( http://pslgroup.com - 11 juin 2003)
Une étude présentée au congrès de l'European Society
of Ophtalmology montre que le THS réduirait le risque de cataracte. Les
femmes ménopausées n'utilisant pas de THS seraient 2 fois plus
à risque de développer des opacités du cristallin et des
cataractes que celles sous THS à base d'estrogènes. De plus les
femmes ménopausées de façon précoce et souffrant
de symptômes de la ménopause seraient aussi plus à risque
de cataracte. Les auteurs soulignent que les différences observées
sont déjà visibles après un an de THS, et chez des femmes
d'un âge aussi jeune que 50 ans. L'étude a inclus 300 femmes, dont
la moitié sous THS, d'âge moyen 57 à 58 ans, indemnes de
facteurs de prédisposition à la cataracte. Après un an,
une cataracte, quel que soit son type, a été observée chez
48,7% des contrôles et 20,7% des femmes sous THS, une cataracte subcapsulaire
chez 8,3% des contrôles et 0% des femmes sous THS, et des opacités
du cristallin chez 39,8% des contrôles et 15% des femmes sous THS. L'utilisation
d'un THS était le facteur prédictif le plus significatif du développement
d'une cataracte ou d'une opacité du cristallin (p = 0,0001), puis venait
l'âge, avec un risque augmenté après 50 ans (p = 0,0002).
La sévérité des symptômes de la ménopause
était aussi associée au développement d'une cataracte ou
d'une opacité du cristallin (p = 0,0044).
Intérêt
du bleu trypan pour traiter les trous maculaires (Am. J. Ophthalmol.
2003 ; 135(6) : 903-5, M. Perrier et al.) www.sciencedirect.com
A travers une étude rétrospective dans laquelle 18 patients ont
été inclus, cet article présente l'intérêt
du bleu trypan (0,06%) lorsqu'il est utilisé au cours de la chirurgie
des trous maculaires. Le colorant était destiné à améliorer
la visualisation et donc à faciliter le pelage de la membrane limitante
interne. Dans cette série l'acuité visuelle (AV) moyenne est passée
de 20/200 en pré-opératoire à 20/70 en post-opératoire
et plus de neuf trous maculaires sur dix se sont refermés suite à
l'intervention. Lors du dernier contrôle plus d'un patient sur deux avait
augmenté son AV d'au mois deux lignes. Aucun effet indésirable
attribuable au bleu trypan n'a été constaté pendant l'année
qui a suivi la chirurgie. Les auteurs attribuent en partie ces résultats,
jugés satisfaisants, à l'utilisation du colorant.
Pseudo-disparition
de sondes lacrymo-nasales (Am. J. Ophthalmol. 2003 ; 135(6) : 905-7,
M.A. Hussein et al.) www.sciencedirect.com
Les auteurs rapportent deux cas cliniques inhabituels qui incitent à
examiner très attentivement les patients dont on ne parvient plus à
repérer la sonde lacrymo-nasale. Suite à une intervention de reperméabilisation
les voies lacrymales, deux patients se sont présentés avec une
apparente disparition de leur sonde lacrymo-nasale. Un examen détaillé
a permis de constater que le matériel d'intubation s'était en
réalité déplacé vers le nez et que le canal avait
cicatrisé en amont, d'où l'intériorisation complète
de la sonde qui n'était plus visible. Il convient donc de bien examiner
le canthus interne lorsque l'on suspecte une extériorisation du matériel
et de ne pas hésiter à pratiquer une endoscopie nasale sous anesthésie
afin de le localiser si l'on pense qu'il a pu migrer en nasal.
Prévalence
des facteurs associés à la présence d'une rétinopathie
diabétique (RD) dans une population australienne (Diabetes Care
2003 ; 26(6) : 1731-1737, Tapp RJ.)
Parmi les 2177 sujets de cette étude australienne (42 centres recrutés
après randomisation), 15.3 % avaient une RD, dont 21.9 % chez les sujets
diabétiques connus et 6.2 % chez des sujets dont le diabète était
méconnu. La prévalence de la RD proliférante était
de 2.1 % chez les diabétiques connus contre 0 % chez les diabétiques
méconnus. Une baisse de l'acuité visuelle liée à
un oedème maculaire était retrouvée dans 1.2 % des cas.
Les facteurs associés à la RD étaient la durée du
diabète, le taux d'HbA1C et la pression artérielle. Ces résultats
sont donc similaires aux résultats retrouvés dans les pays occidentaux.