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Semaine du 2 au 8 juin 2003
Un implant
cosmétique (J.
Cat. Refract. Surg. 2003 ; 29(4) : 839-41, R.H. Osher et al.) www.sciencedirect.com
Certains yeux non fonctionnels posent en plus des problèmes d'ordre esthétique.
C'est le cas par exemple s'il existe une leucocorie ou des opacités cornéennes.
Si ces soucis peuvent être réglés par la mise en place d'une
lentille peinte, on peut également avoir recours à un implant
intra-oculaire, comme en témoigne le cas de cette patiente monophtalme.
L'oeil équipé avait un décollement de rétine total,
responsable d'une hypotonie, et une cataracte blanche régressive. Une
prothèse de couleur noire en PMMA a donc été mise en place
en chambre postérieure et suturée dans le sulcus, sans qu'il soit
nécessaire d'intervenir sur le cristallin. Suite à l'intervention
l'aspect de l'oeil s'est nettement amélioré, ce qui a permis à
l'opérée de retrouver une meilleure image de soi.
Du rtPA
pour traiter les caillots de fibrine en chambre antérieure (J.
Cat. Refract. Surg. 2003 ; 29(4) : 729-32, N. Georgiadis et al.) www.sciencedirect.com
Le rTPA, ou altéplase est une glycoprotéine qui active la biotransformation
du plasminogène en plasmine et permet la dissolution du caillot de fibrine.
Il est habituellement utilisé par voie intraveineuse à la phase
aiguë de l'infarctus du myocarde et après une embolie pulmonaire
aiguë massive avec instabilité hémodynamique. Toutefois il
peut aussi être utile en intra-camérulaire pour venir à
bout des amas de fibrine en chambre antérieure, comme on peut en observer
par exemple après certaines interventions, s'ils résistent aux
traitements habituels. Les auteurs rapportent leur expérience de cette
méthode à propos de 25 opérés (13 cataractes, 5
trabéculectomies, 5 interventions combinées et 2 kératoplasties
transfixiantes). Selon les résultats obtenus dans cette série
il semble que le rtPA à faible dose soit efficace dans ces indications,
bien toléré et source de peu de complications.
Comment
évolue la DMLA après chirurgie de la cataracte ? (J.
Cat. Refract. Surg. 2003 ; 29(4) : 686-93, AM Ambrecht et al.) www.sciencedirect.com
Selon certaines études l'extraction du cristallin pourrait aggraver une
DMLA pré-existante. Pour tester cette hypothèse les auteurs ont
comparé deux groupes de patients porteurs d'une dégénérescence
maculaire, parmi lesquels 40 ont été opérés de cataracte
et 43 ont servi de témoins. L'évaluation, réalisée
avant l'intervention puis 4 et 12 mois après, a porté sur les
performances visuelles et la qualité de vie. Aucune différence
significative n'ayant été constatée entre les deux groupes,
les auteurs concluent qu'une phaco-exérèse ne semble pas avoir
d'effet sur l'évolution de la maculopathie lorsque cette dernière
est peu ou moyennement évoluée. Ils précisent toutefois
que des études à plus grande échelle et à plus long
terme sont indispensables pour vérifier ces résultats.
Un effet
secondaire intéressant de la toxine botulique (Am.
J. Ophthalmol. 2003 ; 135(4) : 427-31, DO Kikkawa et al.) www.sciencedirect.com
dkikkawa@ucsd.edu
Certaines ophtalmopathies basedowiennes ont pour conséquence une augmentation
de la pression intra-oculaire (PIO). Ce phénomène peut être
attribué à un mécanisme compressif, par augmentation du
volume du contenu orbitaire extra-oculaire (muscles, graisse, impliqués
également dans l'apparition de l'exophtalmie). Ce travail rétrospectif
analyse l'effet de la toxine botulique A sur la valeur de la PIO. Les dossiers
de huit patients qui en avaient reçu des injections, du fait de troubles
oculomoteurs liés à la myopathie dysthroïdienne, ont été
revus. Six d'entre eux ont vu leur strabisme diminuer après le traitement
et en parallèle leur PIO chuter de façon significative. Les deux
autres malades n'ont perçu aucun bénéfice, qu'il s'agisse
de l'oculomotricité ou de la tension oculaire. Cet effet secondaire de
la toxine botulique pourrait être intéressant dans certains cas.
Une indication
de PKR chez l'enfant ? (J. Cat. Refract Surg. 2003 ; 29(4) : 694-702,
R. Autrara et al.) www.sciencedirect.com
Chez le sujet jeune une chirurgie réfractive ne s'envisage habituellement
qu'après s'être assuré de la stabilisation de la myopie.
Toutefois il peut exister des exceptions. Les auteurs ont en effet traité
21 enfants par PKR (PhotoKeratectomie Réfractive), du fait d'une anisométropie
myopique forte et d'une intolérance aux lentilles de contact. Les réfractions
s'échelonnaient en pré-opératoire de -6,75 à -11,75
dioptries et ont atteint des valeurs situées entre -0,50 et -2,75 D.
en post-opératoire. Au cours d'un suivi de quatre ans, l'évaluation
des résultats a porté sur de nombreux paramètres parmi
lesquels la réfraction sous cycloplégiques, l'acuité visuelle
(non corrigée et avec correction), la transparence, l'épaisseur
et la topographie cornéennes, la biométrie, l'examen orthoptique
et ophtalmologique complet. Dans cette série, et pour cette indication
précise, la PKR a paru efficace. Aucune complication sérieuse
n'a été constatée.
Myopie
faible à moyenne : PKR ou Lasek ? (J. Cat. Refract Surg. 2003
; 29(4) : 661-8, R Autrata et al.) www.sciencedirect.com
Les auteurs exposent les résultats d'une étude comparative qui
a porté sur l'efficacité, la stabilité, le taux de complications
et la tolérance de la PKR et du Lasek (Laser-Assisted SubEpithelial Keratectomy).
Pour ce faire, 92 patients ont été enrôlés. Pour
chacun d'entre eux un oeil a été traité par PKR et l'autre
par Lasek (opérés par le même chirurgien), le choix ayant
été effectué par randomisation. Si à l'issue d'un
suivi de 24 mois les deux méthodes se sont révélées
aussi efficaces l'une que l'autre sur les plans réfractif et fonctionnel,
des différences significatives ont toutefois été notées.
En effet, après Lasek les douleurs étaient moins marquées
(à 1 et 3 jours post-opératoires), les opacités cornéennes
à type de haze étaient moins prononcées et la récupération
visuelle a été plus rapide. Par ailleurs, une forte majorité
d'opérés a déclaré préférer le Lasek.
Aucune complication notable n'est survenue.
Comprendre
l'oxygénation rétinienne (Arch. Ophthalmol. 2003 ; 121(4)
: 547-57, N.D. Wangsa-Wirawan et al.) http://archopht.ama-assn.org
Une meilleure connaissance des mécanismes qui régulent les apports
chorio-rétiniens en oxygène devrait faciliter le traitement de
certaines pathologies. Les auteurs proposent une synthèse des connaissances
actuelles sur le sujet, issues notamment des expérimentations animales.
Ils précisent que la rétine externe et la rétine interne
ne se comportent pas de la même façon. Chez les animaux en bonne
santé l'autorégulation permet en effet de faire en sorte que les
variations de la pression en oxygène et celles de la pression intraoculaire
ne provoquent pas d'hypercapnie au niveau de la rétine interne. Il n'en
va pas de même pour la circulation choroïdienne qui ne possède
pas de système de régulation métabolique. Ces données
peuvent avoir des conséquences thérapeutiques en cas de rétinopathie
diabétique, de rétinopathie des prématurés, d'occlusion
vasculaire rétinienne ou de décollement de rétine.
Evolution
naturelle de la dégénérescence maculaire liée à
l'âge (DMLA) (Arch. Ophthalmol. 2003 ; 121(4) : 519-26, R. van
Leeuwen et al.) http://archopht.ama-assn.org
A partir des cas de 6418 personnes de plus de 55 ans inclues dans la "Rotterdam
Study", étude prospective, les auteurs ont analysé l'incidence
et l'évolution naturelle de la maculopathie liée à l'âge
et son risque d'évoluer vers le stade terminal de dégénérescence
maculaire. Un examen ophtalmologique et des photographies stéréoscopiques
du fond d'oeil a été effectué au début de l'étude
puis après un suivi de deux ans et de six ans et demi. L'analyse s'est
fondée sur la classification en 5 stades de la maculopathie. Au cours
de la période d'observation, 47 nouveaux cas de DMLA ont été
observés, avec une proportion relative de 1,4 formes exsudatives pour
une forme atrophique. Le risque d'apparition et de progression de la DMLA était
associé à l'âge, ainsi qu'à la présence de
plus de dix drusen de grande taille (à partir de 125 microns) et à
la surface occupée par les drusen.
Le syndrome
de l'oeil fantôme : prévalence, phénoménologie
et mécanismes possibles (Neurology 2003 ; 60 : 1542-1543.
P. Sörös)
Les auteurs rapportent les caractéristiques cliniques et les mécanismes
possibles du syndrome de l'oeil fantôme chez 112 patients qui ont subi
l'exérèse d'un oeil. La prévalence de la douleur de l'oeil
fantôme était de 26%, celle de sensations fantômes non douloureuses
de 29% et celle des hallucinations visuelles de 31%. Les céphalées
et les douleurs oculaires préopératoires étaient
associées à la survenue du syndrome de l'oeil fantôme. Ces
résultats suggèrent que la douleur est un co-facteur important
de la survenue du syndrome de l'oeil fantôme.
Dépistage
des anomalies ophtalmologiques chez l'enfant (Ophthalmology 2003 ;
110(4) : 860-5, no autors listed) www.aaojournal.org
En France l'Anaes a publié ses recommandations au sujet du dépistage
des troubles visuels chez l'enfant et de la prévention de l'amblyopie.
De la même façon des recommandations de bonne pratique ont été
mises en place aux Etats Unis où elles ont été approuvées
par différents organismes de référence comme l'académie
américaine de pédiatrie, l'académie américaine d'ophtalmologie
et l'association américaine d'ophtalmologie pédiatrique et de
strabologie. Elles se fondent sur le fait que le traitement précoce des
anomalies oculaires permet d'éviter bon nombre d'amblyopies définitives.
Elles préconisent un examen ophtalmologique systématique chez
les nouveau-nés, à la recherche notamment d'une cataracte, d'opacités
cornéennes ou d'un ptosis, et lors de chacune des visites obligatoires.
Elles précisent qu'en cas de problème les enfants doivent être
adressés à des spécialistes entraînés.
Effet
des implants phakes de chambre postérieure sur le cristallin (Ophthalmology
2003 ; 110(4) : 781-5, C.A. Sanchez-Galeana et al.) www.aaojournal.org
Sur une série de 170 yeux traités pour de fortes amétropies
par la mise en place d'un implant phake de chambre postérieure, les auteurs
se sont intéressés aux 14 cas d'opacités cristalliniennes
post-opératoires. Dans tous les cas il existait des opacités sous-capsulaires
antérieures et deux yeux ont développé une cataracte nucléaire.
La majorité de ces complications ont été constatées
au cours des 7 premiers mois post-opératoires. Attribuées à
des microtraumatismes per-opératoires elles ont paru corrélées
au manque d'expérience du chirurgien. Au cours d'un suivi moyen de 9
mois les opacités sous capsulaires antérieures ont semblé
fréquentes et sont restées plutôt stables. Les opacités
nucléaires en revanche étaient plus rares et plus évolutives.
Deux phacoémulsifications se sont imposées. Des études
à plus long terme sont nécessaires pour préciser le taux
et le profil évolutif de ces cataractes induites.
Nantes :
le directeur de la CPAM vise encore un ophtalmologiste (Le Quotidien
du Médecin - 5 juin 2003)
Après le dé- puis reconventionnement du Dr Yann Hamard pour dépassements
honoraires abusifs, Claude Frémont déterre la hache de guerre.
Le Dr Jean-Michel Muratet, ophtalmologiste installé dans l'Ariège
et webmaster du site officiel du SNOF (Syndicat national des ophtalmologistes
de France), est cette fois en ligne de mire, à cause d'un communiqué
du président du SNOF, mis en ligne le 15 mai. Dans ce texte, le Dr Frémont
est décrit comme « un directeur de caisse dont la personnalité
perturbée est de notoriété publique » et ses
initiatives sont qualifiées d' « extravagantes ».
Selon ce dernier, ces mots « mettent en cause publiquement mon intégrité
mentale et mon équilibre psychique ». Il assigne donc en référé,
devant le tribunal de grande instance (TGI) de Nantes, le webmaster qui commente
d'ailleurs la situation sur le site Internet Medito.com ( http://www.medito.com/article423.html).
Les ophtalmologistes, soutenus par la Coordination nationale des médecins
spécialistes (CNMS), dénoncent le procédé « inqualifiable ».
Cet épisode serait la énième manifestation du « harcèlement
dont sont victimes les médecins spécialistes de la part des caisses
d'assurance-maladie ». La guerre est une nouvelle fois bel et bien
ouverte.