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Semaine du 21 au 27 avril 2003
Glaucome
aigu et niveau de connaissance des patients (Br.
J. Ophthalmol. 2003 ; 87(4) : 446-9, S.M. Saw et al.) http://bjo.bmjjournals.com
cofsawsm@nus.edu.sg
A partir d'un groupe de 105 patients qui avaient consulté à l'hôpital
pour un premier épisode de glaucome aigu par fermeture de l'angle, les
auteurs ont enquêté sur le degré d'information des malades
vis à vis de cette maladie. Des données concernant notamment leur
niveau d'étude, les notions qu'ils avaient des glaucomes, leur profession
et leur situation personnelle ont donc été recueillies. Les patients
sont apparus dans l'ensemble mal informés, ce d'autant qu'ils étaient
âgés, que leur niveau d'éducation était faible et
qu'ils n'exerçaient aucune activité professionnelle. Les problèmes
liés à la langue, à l'absence de motorisation ou d'accompagnant,
ont retardé la demande de soins. Si ces observations, qui justifient
la mise en place de programmes d'éducation du public, ont été
effectuées à Singapour, on peut se demander si certaines d'entre
elles ne pourraient pas se vérifier sous nos climats.
Fermeture
des angles étroits (Br.
J. Ophthalmol. 2003 ; 87(4) : 450-4, R. Thomas et al.) http://bjo.bmjjournals.com
Les ophtalmologistes savent bien que l'angle irido-cornéen se modifie
avec le temps et que, notamment chez les patients qui sont suivis pour un glaucome
ou une hypertonie oculaire, la gonioscopie doit être contrôlée
régulièrement. Pour préciser le risque de fermeture à
moyen terme chez des patients dont l'angle est étroit, les auteurs ont
suivi 50 patients pendant 5 ans. En parallèle 110 sujets témoins,
sélectionnés par randomisation, ont été examinés.
Dans le premier groupe 11 personnes ont développé une fermeture
de l'angle (par apposition de l'iris ou formation de synéchies). Chacune
d'entre elles avait lors de l'examen initial un angle étroit bilatéral,
mais aucune n'avait de neuropathie optique glaucomateuse à l'issue de
l'étude. Dans le second groupe en revanche un cas unique de fermeture
de l'angle a été observé. Voilà qui confirme le
risque qu'ont les angles étroits d'évoluer vers une fermeture
avérée.
Taux intraoculaires
en facteur antiangiogénique PEDF et rétinopathie diabétique
(Diabetologia
2003 ; 46: 394-400, B.O. Boehm)
Il existe des facteurs pro-angiogéniques et anti-angiogéniques
contribuant à la physiopathologie de la rétinopathie diabétique.
Cette étude a porté sur 32 patients diabétiques, atteints
de rétinopathie très modérée ou absente, et chez
qui l'humeur aqueuse a été prélevée lors d'une chirurgie
de cataracte. On observe une élévation du contenu en VEGF proangiogénique,
et une réduction du contenu en pigment epithelium-derived factor anti-angiogénique,
chez le diabétique par rapport au témoin. Dix des patients se
sont aggravés lors du suivi ; dans ce sous-groupe, on trouve les
taux les plus bas de PEDF, qui sont prédicteurs de la progression de
la rétinopathie.
Signes
échographiques des kystes hydatiques orbitaires (Am.
J. Ophthalmol. 2003 ; 135(4) : 568-70, S.M. Betharian et al.) www.sciencedirect.com
subhash_bethria@yahoo.co.in
Il est habituellement difficile de diagnostiquer les kystes hydatiques orbitaires.
Pourtant, à partir d'une série de neuf malades, les auteurs pourraient
bien avoir trouvé le moyen de les reconnaître, avant que l'analyse
anatomo-pathologique post-opératoire ne le fasse. Pour chacun de ces
patients, des examens d'imagerie, associant échographie et scanner, ont
été effectués. Au cours de cette étude, l'échographie
a semblé être l'examen qui pouvait apporter le plus de renseignements.
En effet dans tous les cas, confirmés histologiquement par la suite,
un aspect en double contour du kyste a été observé. Ce
signe, qui n'avait semble-t-il jamais été décrit auparavant
dans les cas de kystes hydatiques orbitaires, pourrait permettre de poser le
diagnostic avant d'opérer. Toutefois, il faut préciser que, pour
ne pas passer inaperçu, il nécessite un examen échographique
attentif.
Drépanocytose
à révélation ophtalmologique (Am.
J. Ophthalmol. 2003 ; 135(4) : 561-3, A. Sharma et al.) www.sciencedirect.com
A travers cet article, une observation peu commune est rapportée. Un
patient pseudo-phake d'origine cubaine était suivi depuis quelques années
pour des myodésopsies et des troubles visuels. L'examen clinique avait
retrouvé une subluxation de l'implant de chambre postérieur et
des hyphémas minimes récidivants, dont chaque épisode s'accompagnait
d'une élévation significative de la pression intra-oculaire (mesurée
entre 29 et 46 mmHg). Une ponction de chambre antérieure a finalement
été effectuée. L'examen cytopathologique du prélèvement
a permis de découvrir des hématies anormales, témoignant
d'une drépanocytose. Et les auteurs de conclure que l'analyse de l'humeur
aqueuse peut être, dans certains cas, un bon moyen pour poser le diagnostic
d'une maladie systémique à expression oculaire.
Décollement
de rétine postérieur chez le myope fort (Am.
J. Ophthalmol. 2003 ; 135(4) : 547-9, F. Kuhn.) www.sciencedirect.com fkuhn@mindspring.com
A partir d'une expérience pratique qu'il rapporte, un chirurgien expose
son point de vue au sujet des décollements de rétine (DR) maculaires
qui se développent sur myopie forte et staphylome postérieur.
Ayant obtenu une ré-application rétinienne et une nette amélioration
visuelle après une vitrectomie par la pars plana avec ablation de la
membrane limitante interne (MLI) et tamponnement interne par gaz (sans rétinopexie
laser), il détaille le rôle de la MLI. Le caractère rigide
de cette membrane pourrait en effet expliquer l'incapacité de la rétine
à se "mouler" sur le fond du staphylome et dans certains cas
aussi favoriser la constitution d'un trou maculaire. L'auteur conseille donc
de discuter l'ablation de la MLI dans tous les cas de DR sur staphylome postérieur,
même en l'absence de trou maculaire.
Chirurgie
vitréo-rétinienne et désépithélialisation
cornéenne chez les diabétiques (Am.
J. Ophthalmol. 2003 ; 135(4) : 553-4, TR Friberg et al.) www.sciencedirect.com
Friberg@pitt.edu
Au cours de certaines interventions sur le segment postérieur, il faut
parfois désépithélialiser la cornée afin d'améliorer
la visibilité de l'opérateur. Pour en connaître la fréquence
et les facteurs favorisants, 55 chirurgiens ont fait part de leur expérience.
Parmi plus de 8000 diabétiques opérés sur une période
de un an, une désépithélialisation cornéenne a dû
être réalisée dans 17,4% des cas. En comparant trois types
de supports utilisés pour les lentilles de vitrectomie, les auteurs ont
constaté qu'ils n'étaient pas équivalents. Dans cette série
en effet, le taux de désépithélialisation approchait les
24% lorsque le chirurgien posait des anneaux avec irrigation, alors que pour
les anneaux suturés (de type Landers), ce taux n'était que de
13%. Ce dernier système et l'utilisation associée d'une substance
visco-élastique, sont apparus comme les meilleurs moyens d'assurer la
protection cornéenne.
Glaucome
primitif par fermeture de l'angle : faut-il extraire le cristallin ?
(Am.
J. Ophthalmol. 2003 ; 135(4) : 534-6, Z. Ming Zhi et al.) www.sciencedirect.com
Voici les résultats d'une étude prospective pilote qui a inclus
18 patients d'origine chinoise. Tous avaient consulté pour un glaucome
aigu par fermeture de l'angle. En urgence, un traitement médical maximal
a été instauré, immédiatement suivi d'une phaco-émulsification
sous anesthésie topique, avec mise en place d'un implant de chambre postérieure.
Dans cette série, la pression intra-oculaire a nettement diminué
en post-opératoire. Mesurée en moyenne à près de
23 mmHg en pré-opératoire immédiat, elle n'était
plus que d'environ 14 mmHg 24 heures après l'intervention et de 13 mmHg
une semaine plus tard. Selon ces premières données, il semble
que l'extraction du cristallin puisse être une bonne option à la
suite d'une crise de fermeture de l'angle. Les auteurs sont toutefois conscients
de la nécessité d'études complémentaires, incluant
notamment une surveillance post-opératoire prolongée.
Le champ
visuel des glaucomes à pression normale avec hémorragie papillaire
(Am.
J. Ophthalmol. 2003 ; 135(4) : 499-503, Y. Kono et al.) www.sciencedirect.com
gif@umin.ac.jp
Au cours de l'évolution de certains glaucomes, des hémorragies
papillaires peuvent apparaître. Les auteurs ont cherché à
savoir si celles-ci s'accompagnaient d'un profil campimétrique particulier.
Ils ont pour cela enrôlé 58 sujets (58 yeux) porteurs d'un glaucome
à pression normale non traité, pour lesquels ont disposait d'au
moins cinq relevés de champ visuel automatisé (Humphrey 30-2)
et d'un suivi d'au moins deux ans. L'histoire de la maladie était comparable
pour chacun d'entre eux. Parmi ces patients, 27 ont développé
une hémorragie papillaire. Ayant scindé le tracé du champ
visuel en trois zones distinctes (10 degrés centraux, de 10 à
20 degrés et de 20 à 30 degrés), les auteurs ont pu constater
qu'en présence d'une hémorragie, le nombre de points dont le déficit
s'accentuait était significativement plus élevé dans les
10 degrés centraux. Des résultats qui peuvent avoir des implications
pratiques.
Pigment
epithelium-derived factor, MCP-1 et rétinopathie diabétique (Diabetologia
2003 ; 46 : 284-287, Y. Inagaki)
Les monocytes et macrophages s'accumulent dans les lésions de la rétine
diabétique. Il y a une relation entre le niveau de la chemokine MCP-1
dans l'humeur aqueuse et la sévérité de la rétinopathie
proliférante. Le PEDF participe à la pathogenèse de la
rétinopathie. Cette étude montre que le PEDF inhibe la production
de radicaux libres induite par les produits avancés de glycation, et
inhibe en conséquence la production de MCP-1 par les cellules endothéliales.
Le PEDF pourrait prévenir la progression de la rétinopathie en
atténuant les effets délétères des produits de glycation.