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Semaine du 14 au 20 avril 2003
Atteinte
oculaire après vaccination contre la varicelle (Am.
J. Ophthalmol. 2003 ; 135(3) : 415-7, A. Naseri et al.) www.sciencedirect.com
Les auteurs rapportent et discutent le cas d'un garçon de neuf ans qui,
trois jours après une vaccination contre la varicelle (vaccin vivant
atténué), a développé un zona ophtalmique. Il existait
une conjonctivite folliculaire modérée, une diminution de la sensibilité
cornéenne, une discrète élévation de la pression
intra-oculaire, une sclérite antérieure diffuse, des lésions
de kératite et une uvéite antérieure d'intensité
moyenne. L'analyse de l'ADN contenu dans le prélèvement d'une
vésicule cutanée a permis de mettre en évidence une espèce
de VZV (Virus de la Varicelle et du Zona) différente de celle utilisée
pour le vaccin. Ce cas clinique incite à évoquer une infection
à VZV devant tout tableau qui associe une sclérite, une kératite
et une uvéite antérieure, quel que soit par ailleurs l'état
vaccinal du patient.
Influence
de la couleur de l'iris sur la pression intra-oculaire (Am.
J. Ophthalmol. 2003 ; 135(3) : 384-6, R. Mitchell et al.) www.sciencedirect.com
Ces résultats sont issus de la Blue Mountain Eye Study, étude
au cours de laquelle plus de 3600 personnes, pour la plupart de type caucasien,
ont été examinées. Le recueil des données a porté
sur les facteurs de risque de glaucome et la mesure de la pression intraoculaire
(PIO), par tonométrie à l'aplanation. Les sujets qui avaient été
opérés de glaucome ou de cataracte et ceux qui utilisaient des
traitements anti-glaucomateux ont été exclus de ce travail. Les
observateurs ont ainsi constaté que plus l'iris était pigmenté
plus la PIO moyenne était élevée, s'échelonnant
de 15,92 mmHg sur les yeux bleus à 16,49 mmHg sur les yeux noirs. Cet
accroissement de la PIO avec la couleur de l'iris était certes modéré,
mais en tous cas significatif. Un facteur de risque supplémentaire dont
il convient peut-être de tenir compte au cours de nos consultations.
Maladie
de Kawasaki : mesure de la protéine S100A12 (The
Lancet 361 : 1270-1272, D. Foell et al. - 12 avril 2003) http://www.thelancet.com/journal/vol361/iss9365/abs/llan.361.9365.original_research.25238.1
La protéine S100A12 (calgranuline C) est un ligand du récepteur
RAGE (récepteur des produits de glycation avancée) exprimée
sur les macrophages, l'endothélium, et les lymphocytes. Elle semble avoir
un rôle central de médiateur de l'inflammation chez la souris,
mais son rôle chez l'homme n'est pas connu. Les auteurs ont étudié
les concentrations sériques en S100A12 chez 31 enfants atteints de maladie
de Kawasaki, ainsi que leurs réponses à un traitement par gammaglobulines
i.v. Avant traitement, 94% des patients présentaient une augmentation
de la concentration en S100A12. Chez les 28 patients répondant au traitement,
ces concentrations ont rapidement diminué (de 463 µg/L à
184 µg/L en 24 heures). Ces résultats suggèrent que S100A12
pourrait être utilisée comme marqueur sérique additionnel
de la maladie de Kawasaki, et suggèrent que cette protéine pourrait
constituer une nouvelle cible thérapeutique dans des pathologies inflammatoires.
Décollement
maculaire sans trou sur myopie forte (Am.
J. Ophthalmol. 2003 ; 135(3) : 338-42, T. Baba et al.) www.sciencedirect.com
En médecine les nouvelles méthodes d'imagerie permettent souvent
de découvrir des lésions qui auparavant passaient inaperçues.
En voici un nouvel exemple. Chez 78 myopes forts dont aucun ne présentait
de trou maculaire (134 yeux dont la correction étaient d'au moins -8
Dioptries), des images de la macula ont été réalisées
par OCT (Optical Coherence Tomography). Parmi les 78 yeux qui avaient un staphylome
myopique, sept avaient un soulèvement de la fovéa, objectivé
par OCT. Tous les sept avaient par ailleurs de sévères lésions
dégénératives d'origine myopique, mais aucun ne se plaignait
de baisse d'acuité visuelle récente (celle-ci variant de 20/40
à 20/200). Afin de ne pas méconnaître de tels décollements
les auteurs conseillent de demander régulièrement un OCT maculaire
chez les myopes forts en présence d'un staphylome et d'importantes modifications
du pôle postérieur.
Phacoémulsification
et vitrectomie combinées (Am.
J. Ophthalmol. 2003 ; 135(3) : 291-6, A.M. Demetriades et al.) www.sciencedirect.com
Cette étude a porté sur 122 yeux, suite à une intervention
combinée pour cataracte et pathologie vitréo-rétinienne
de causes variées : rétinopathies diabétiques (hémorragies
intravitréenes ou HIV), trous maculaires, membranes épimaculaires,
décollement de rétine (DR), néovaisseaux choroïdiens.
Cent cinq yeux ont amélioré leur acuité visuelle, 7 l'ont
stabilisée et 10 l'ont dégradée. Pour simplifier le geste
et éviter les complications (cataracte secondaire, hypertonie oculaire,
érosion cornéenne, HIV, DR, capture irienne par l'implant...)
les auteurs conseillent de réaliser un rhexis prudent, de choisir des
implants avec optique de grande taille et de les insérer dans le sac,
de suturer la voie d'abord de phaco avant d'effectuer la vitrectomie, d'utiliser
des myotiques, d'éviter les mydriatiques d'action prolongée s'il
y a du gaz dans le segment postérieur et d'examiner la rétine
avec des systèmes « grand-champ ».
Ophtalmopathie
basedowienne : corticoïdes avec ou sans radiothérapie ?
(Am.
J. Ophthalmol. 2003 ; 135(3) : 285-90, K. Ohtsuka et al.) www.sciencedirect.com
Parmi les traitements qui peuvent être discutés devant une ophtalmopathie
basedowienne figure la radiothérapie. Cette irradiation est-elle indiqué
si les malades reçoivent des flashes de corticoïdes ? Pour
essayer de le savoir les auteurs ont revu les dossiers de 39 patients dont l'ophtalmopathie
était évolutive. Vingt d'entre eux ont reçu des bolus intra-veineux
de methylprednisolone (1 g. par jour, 3 jours de suite, répétés
3 fois sur une période de 3 semaines) suivis d'une radiothérapie
(24 Grays). Les 19 autres patients n'ont reçu que les corticoïdes.
La surveillance a porté sur le scanner orbitaire et l'exophtalmométrie,
avant le traitement puis 1 et 6 mois après. Dans cette série,
les résultats des deux groupes n'étaient pas significativement
différents. Il semble donc que la radiothérapie n'ait pas d'intérêt
en complément des corticoïdes, au moins pendant les six mois qui
suivent.
Une solution
pour les lésions palpébrales atopiques rebelles ? (Am.
J. Ophthalmol. 2003 ; 135(3) : 297-302, S.M. Rikkers et al.) www.sciencedirect.com
Le tacrolimus est un macrolide immunosuppresseur très puissant. Par voie
générale il trouve ses indications dans la prévention du
rejet après transplantation rénale et hépatique et au cours
de certains rejets avérés (il inhibe la formation des lymphocytes
cytotoxiques qui sont principalement responsables du rejet du greffon). Par
voie locale il est indiqué dans certaines dermatites atopiques, en cas
de réponse inadéquate ou d'intolérance aux traitements
conventionnels. Les auteurs l'ont expérimenté dans 5 cas de dermatite
atopique des paupières, qui résistaient aux corticoïdes locaux.
Tous les patients ont vu leurs signes régresser dans les 7 à 21
jours qui ont suivi le début des applications bi-quotidiennes de pommade
à 0,03%. Si aucun effet indésirable n'a été noté
pendant les 5 à 14 mois de traitement, les auteurs soulignent qu'il ne
s'agit que d'une série de petite taille.
Dépôts
de peptide bêta-amyloïde dans le cristallin des patients atteints
de maladie d'Alzheimer (The
Lancet 361 : 1258-1265, L.E. Goldstein et al. - 12 avril 2003) http://www.thelancet.com/journal/vol361/iss9365/abs/llan.361.9365.original_research.25234.1
Cette étude, réalisée à partir d'échantillons
post-mortem de 9 individus atteints de maladie d'Alzheimer et 8 contrôles,
montre une accumulation de peptide bêta-amyloïde au niveau du cristallin
des patients atteints de maladie d'Alzheimer. Le peptide bêta amyloïde
du cristallin pourrait entraîner une accumulation de protéines
du cristallin dans certaines régions, la formation de plaques amyloïdes
extra-cérébrales, et l'apparition de cataracte supranucléaire.
Les auteurs ont identifié, chez les patients et les contrôles,
la présence des isoformes 1-42 et 1-40 du peptide bêta-amyloïde
au niveau du cristallin, et celle de l'isoforme 1-40 dans l'humeur vitreuse,
à des concentrations comparables à celle trouvées chez
le sujet âgé respectivement dans le cortex cérébral
et le liquide céphalo-rachidien. Ils ont aussi observé, chez les
patients atteints de maladie d'Alzheimer uniquement, des dépôts
d'aggrégats de peptide bêta amyloïde dans le cytoplasme des
cellules fibreuses du cristallin, et des cataractes supranucléaires du
cristallin colocalisant avec une augmentation de l'immunoréactivité
du peptide bêta-amyloïde.
Amiodarone
et oeil (Br.
J. Ophthalmol. 2003 ; 87(4) : 420-2, P.K. Nagra et al.) http://bjo.bmjjournals.com
L'amiodarone, indiquée pour prévenir les récidives de certains
troubles du rythme cardiaque, peut être à l'origine d'effets indésirables
ophtalmologiques. Il peut s'agir des micro-dépôts cornéens,
qui ne contre-indiquent pas la poursuite du traitement mais qui sont réversibles
à l'arrêt de celui-ci, ou d'une neuropathie optique dont quelques
observations ont été rapportées. Dans cette dernière
éventualité, et bien que la relation de cause à effet ne
paraisse pas formellement établie, il est recommandé de suspendre
le traitement, en l'absence d'autre étiologie évidente. Les auteurs
en rapportent 3 cas, qui associaient une baisse modérée de l'acuité
visuelle, des déficits du champ visuel et un oedème papillaire.
L'arrêt de l'amiodarone, réalisé en accord avec le cardiologue,
a permis une régression lente des signes dans tous les cas. Selon ces
observations il s'agit d'une atteinte typiquement bilatérale.
Interféron :
un espoir pour les maladies de Behcet oculaires (Br.
J. Ophthalmol. 2003 ; 87(4) : 423-31, I. Koetter et al.) http://bjo.bmjjournals.com
ina.koetter@med.uni-tuebingen.de
La maladie de Behcet est une vascularite dont on ne connaît pas la cause
exacte. Son traitement habituel, en milieu spécialisé, comporte
des immuno-suppresseurs. Ses atteintes oculaires se traduisent le plus souvent
par une uvéite postérieure grave avec vascularite rétinienne,
et se compliquent de cécité dans 20 à 50% des cas à
cinq ans. Selon les résultats de cette étude prospective (non
randomisée et non contrôlée), l'interféron alfa-2a
humain recombinant peut être une option thérapeutique très
intéressante pour certaines maladies de Behcet oculaires. En effet parmi
les 50 patients enrôlés, qui présentaient une atteinte sévère
du segment postérieur, engageant le pronostic visuel, plus de 90% ont
répondu au traitement (3 non-répondeurs et une réponse
partielle). L'interféron a permis une amélioration visuelle significative
et une rémission complète de la vascularite oculaire dans la majorité
des cas.
Glaucome
aigu et niveau de connaissance des patients (Br.
J. Ophthalmol. 2003 ; 87(4) : 446-9, S.M. Saw et al.) http://bjo.bmjjournals.com
cofsawsm@nus.edu.sg
A partir d'un groupe de 105 patients qui avaient consulté à l'hôpital
pour un premier épisode de glaucome aigu par fermeture de l'angle, les
auteurs ont enquêté sur le degré d'information des malades
vis à vis de cette maladie. Des données concernant notamment leur
niveau d'étude, les notions qu'ils avaient des glaucomes, leur profession
et leur situation personnelle ont donc été recueillies. Les patients
sont apparus dans l'ensemble mal informés, ce d'autant qu'ils étaient
âgés, que leur niveau d'éducation était faible et
qu'ils n'exerçaient aucune activité professionnelle. Les problèmes
liés à la langue, à l'absence de motorisation ou d'accompagnant,
ont retardé la demande de soins. Si ces observations, qui justifient
la mise en place de programmes d'éducation du public, ont été
effectuées à Singapour, on peut se demander si certaines d'entre
elles ne pourraient pas se vérifier sous nos climats.
Fermeture
des angles étroits (Br.
J. Ophthalmol. 2003 ; 87(4) : 450-4, R. Thomas et al.) http://bjo.bmjjournals.com
Les ophtalmologistes savent bien que l'angle irido-cornéen se modifie
avec le temps et que, notamment chez les patients qui sont suivis pour un glaucome
ou une hypertonie oculaire, la gonioscopie doit être contrôlée
régulièrement. Pour préciser le risque de fermeture à
moyen terme chez des patients dont l'angle est étroit, les auteurs ont
suivi 50 patients pendant 5 ans. En parallèle 110 sujets témoins,
sélectionnés par randomisation, ont été examinés.
Dans le premier groupe 11 personnes ont développé une fermeture
de l'angle (par apposition de l'iris ou formation de synéchies). Chacune
d'entre elles avait lors de l'examen initial un angle étroit bilatéral,
mais aucune n'avait de neuropathie optique glaucomateuse à l'issue de
l'étude. Dans le second groupe en revanche un cas unique de fermeture
de l'angle a été observé. Voilà qui confirme le
risque qu'ont les angles étroits d'évoluer vers une fermeture
avérée.