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Semaine du 31 mars au 6 avril 2003
Kératoplastie
transfixiante dans un cas d'ostéogenèse imparfaite (Cornea
2003 ; 22(2) : 164-5, R. Natarajan et al.) www.corneajrnl.com
L'ostéogenèse imparfaite est une maladie génétique
de gravité variable. Elle affecte la matrice protéique de l'os,
ce qui explique la survenue de fractures multiples sans traumatisme majeur.
Dans la plupart des cas les conjonctives sont bleutées. Les auteurs rapportent
une observation de traumatisme cornéen chez un enfant atteint d'ostéogenèse
imparfaite de type 1. La plaie n'ayant pas pu être suturée du fait
de la fragilité des tissus, une kératoplastie transfixiante (KPT)
a dû être tentée en première intention. Les suites
opératoires ont été simples, la cicatrisation n'a pas posé
de problème et les fils ont pu être enlevés dix semaines
après l'intervention, sans incident. Dans certaines indications la KPT
de première intention semble donc représenter une option intéressante
en cas de traumatisme sur cornée fragilisée.
Options
thérapeutiques pour les trous maculaires de stade II (Retina
2003 ; 23(1) : 57-63, D. Dori et al.) g_dori@bezeqint.net
www.retinajournal.com
Cette étude rétrospective a inclus 50 cas de trous maculaires
(TM) de stade II. Le traitement a comporté une vitrectomie par la pars
plana (dont décollement de la hyaloïde postérieure) et un
tamponnement interne par C3F8 ou silicone. Les sujets qui ont reçu du
gaz ont dû observer une période de positionnement post-opératoire
de 3 à 4 semaines alors que l'ablation du silicone a été
réalisée 4 à 5 semaines après l'intervention. La
fermeture du TM a ainsi été obtenue dans tous les cas et la meilleure
acuité visuelle (AV) corrigée moyenne a atteint 20/32 en post-opératoire.
Tous les patients ont été améliorés sur le plan
fonctionnel, le gain d'acuité moyen étant de l'ordre de 4 à
5 lignes (selon les critères de l'ETDRS). Les auteurs soulignent que
ces techniques, plus rapides que d'autres, évitent les complications
liées à l'utilisation d'adjuvants, ou de vert d'indocyanine, et
au pelage de la membrane limitante interne.
Protéine
Kinase C, PDGF, endothéline et rétinopathie diabétique
(Diabetes
2003 ; 52 : 838-845, Tamotsu Yokota)
Une augmentation d'expression de l'endothéline-1 est associée
à la rétinopathie diabétique. Cette étude montre
une augmentation des taux de mRNA de PDGF-B et de prépro-endothéline
chez le rat diabétique. Ces anomalies sont normalisées par un
inhibiteur de protéine kinase Cbêta, et par l'insuline. Au niveau
des péricytes rétiniens, les fortes concentrations de glucose
induisent les mêmes anomalies. Il semble que l'augmentation d'expression
de l'endothéline passe par l'hyperexpression de PDGF-BB, médiée
par les récepteurs PDGF-bêta et par l'activation de la PKC.
Greffe
de cornée et chirurgie vitréo-rétinienne sur lésions
du globe (Retina
2003 ; 23(1) : 48-56, S. Roters et al.) www.retinajournal.com
Les cas de 31 patients (34 yeux) ont été revus, tous ayant subi
une vitrectomie avec mise en place d'une kératoprothèse temporaire,
une chirurgie vitréo-rétinienne et une kératoplastie transfixiante,
suite à de graves traumatismes oculaires. A l'issue du suivi post-opératoire,
qui a été assuré pendant au moins un an, les trois quarts
des yeux avaient stabilisé voire amélioré leur acuité
visuelle par rapport à son niveau pré-opératoire. Les mauvais
résultats fonctionnels étaient liés à une hypotonie,
une phtyse ou une récidive de décollement de rétine. Si
plus de 6 fois sur dix le greffon a pu rester clair pendant au moins un an,
les dysfonctionnements du corps ciliaire et les échecs de greffe se sont
révélés fréquents. Toutefois, et bien que le pronostic
dépendent des lésions traumatiques, il paraît possible de
préserver une vision ambulatoire, et donc d'améliorer la qualité
de vie, au moins chez les monophtalmes.
Décollement
de rétine du pseudophake : quel le risque pour l'oeil adelphe ?
(Retina
2003 ; 23(1) : 37-40, M.C. Sharma et al.) www.retinajournal.com
Cette étude a concerné 64 patients pseudophakes unilatéraux
qui avaient développé un décollement de rétine (DR)
rhegmatogène après l'extraction du cristallin. Les auteurs se
sont interrogés sur le devenir et le risque rétinien de l'oeil
adelphe, resté phake. Au cours d'un suivi moyen d'environ cinq ans, cinq
de ces yeux controlatéraux ont développé un DR. Parmi l'ensemble
des yeux adelphes, dix ont dû être opérés de cataracte
pendant cette période, dont un s'est compliqué de DR. Ces données
semblent montrer que les sujets qui ont des antécédents de DR
sur un oeil pseudophake, ont un risque accru de DR controlatéral, même
lorsque le cristallin est toujours en place. Des résultats qui, chez
certaines personnes, pourraient témoigner d'une prédisposition
au DR pré-existant à la chirurgie de la cataracte.
Interruption
des anticoagulants avant chirurgie oculaire ? (
http://www.jim.fr - 28 mars 2003)
Cette étude, dont les résultats sont publiés dans Acta
Ophtalmologica Scadinavia, indique que l'interruption d'un traitement par l'aspirine
avant une chirurgie rétinienne ne semblerait pas présenter d'avantage.
En revanche, pour les patients sous AVK, la décision devrait être
"prise au cas par cas et mise en balance avec l'importance des risques
thromboemboliques chez le malade" . L'étude a inclus 541 patients
devant subir une chirurgie vitréo rétinienne, dont 67 sous anticoagulant
(60 sous aspirine et 7 sous AVK). Onze hémorragies choroïdiennes,
soit 2%, ont été observées lors de la chirurgie (vitrectomie
par la pars plana et traitement du décollement de rétine), dont
une chez un malade sous AVK. Parmi les 304 malades opérés pour
décollement de la rétine et qui n'ont pas présenté
de saignement, 22 étaient sous aspirine et 4 sous AVK. 2 patients sous
aspirine seulement sur 60 ont donc présenté une hémorragie
choroïdienne, contre 3 malades sur 7 sous AVC qui ont subi des accidents
hémorragiques (RR 6,165).
L'endoscopie :
un outil utile pour examiner et traiter le corps ciliaire (Retina
2003 ; 23(1) : 30-6, M.E. Grizzard et al.) hammermd@ix.netcom.com www.retinajournal.com
Comme l'illustrent les cas de ces 14 patients, l'endoscopie peut être
utile pour visualiser et intervenir sur le corps ciliaire des yeux hypotones.
Alors qu'en l'absence d'hypotonie la pigmentation et la surface des procès
ciliaires apparaissent homogènes, des lésions dépigmentées
et d'aspect rugueux ont été observées à leur sommet
dans 11 des cas présentés. D'autres anomalies ont été
notées : tissu fibreux à la surface des procès ciliaires
(10 cas), atrophie de l'épithélium pigmentaire (5), étirement
ou disparition des procès ciliaires (8 et 1 cas), tortuosité vasculaire
(4), ou plages pigmentées (3). Pour ceux de ces patients qui ont été
opérés l'endoscopie a facilité la dissection et l'exérèse
de la fibrose, ce qui a permis d'élever significativement de la pression
intra-oculaire, même si cela n'a pas suffit à la normaliser dans
tous les cas. Des études complémentaires paraissent toutefois
souhaitables.
Syndrome
de Marfan et décollement de rétine (Retina
2003 ; 23(1) : 24-9, S.Y. Lee et al.) www.retinajournal.com
Affection autosomique dominante de pénétrance et d'expressivité
variables, le syndrome de Marfan associe des anomalies cardiovasculaires, ostéo-articulaires
et oculaires. Parmi ces dernières on peut compter l'ectopie cristallinienne
et la microsphérophakie, voire la cataracte, la micro-cornée ou
le strabisme. Les principales complications en sont la luxation du cristallin,
l'hypertonie oculaire et le décollement de rétine (DR). Les auteurs
se sont interrogés sur le taux de succès des interventions pour
DR chez ces patients, dont ils ont répertorié 13 cas (12 malades
d'âge moyen 25 ans). Après analyse des causes du décollement,
de la technique utilisée et des résultats visuels, ils concluent
qu'en cas de syndrome de Marfan le traitement des DR peut être très
satisfaisant, à la fois sur le plan fonctionnel et sur le plan anatomique,
sous réserve d'utiliser la technique chirurgicale appropriée à
chaque cas.
Fréquence,
gravité et traitement de la rosacée oculaire au cours de la rosacée
cutanée (Ann.
Dermatol. Venereol. 2003 ; 130 : 20-4, Michel J.L. et al.)
Les auteurs ont recherché de façon prospective pendant 2 ans les
signes de maladie oculaire chez les patients venant consulter pour rosacée
cutanée. Sur les 318 malades ayant consulté pour rosacée
cutanée, seuls 19 malades (6%) avaient une atteinte oculaire. Les conjonctivites
et les kératites représentaient la majorité des symptômes
ophtalmiques. 52% des malades atteints de rosacée oculaire avaient été
adressés par leur ophtalmologue. Ce groupe présentait des signes
oculaires plus importants. La gravité de l'atteinte oculaire n'était
pas corrélée au stade de l'atteinte cutanée. Les tétracyclines
ont été le traitement le plus utilisé avec 72 % de bonnes
réponses ce qui confirme leur place en traitement de référence
de cette maladie.
Que faire
de l'aspirine et des anticoagulants avant une chirurgie oculaire ? (Acta.
Ophthalmol. Scand. 2003 ; 81(1) : 38-40, N. Narendran et al.) www.blackwell-synergy.com
En ophtalmologie l'absence de conduite à tenir bien définie pour
ce qui est des antiagrégants plaquettaires et des anti-vitamines K pendant
la période péri-opératoire, peut mettre les chirurgiens
dans l'embarras. En effet interrompre le traitement favorise les complications
thrombo-emboliques mais le poursuivre expose au risque d'hémorragie susceptible
d'avoir un retentissement visuel. Pour préciser ce risque sur une série
de 541 patients opérés du segment postérieur, les malades
qui prenaient de l'aspirine ou de la warfarine ont été répertoriés
et le risque hémorragique relatif a été étudié.
Les données recueillies semblent montrer que si l'aspirine augmente peu
le risque de saignement lié à l'intervention, la warfarine en
revanche l'augmente de plus de 6 fois. Les auteurs conseillent donc de ne pas
interrompre l'aspirine mais d'envisager l'arrêt de la warfarine lorsque
le risque thrombo-embolique est faible.
Influence
du type d'astigmatisme sur le risque d'amblyopie (Acta
Ophthalmol. Scand. 2003 ; 81(1) : 33-7, M. Abrahamsson et al.) www.blackwell-synergy.com
On sait que l'amblyopie comporte un certain nombre de facteurs de risques. Parmi
eux la nature de l'astigmatisme semble avoir sa place. Ce travail avait pour
but de vérifier les résultats d'une précédente étude,
selon laquelle la prévalence de l'amblyopie était nettement accrue
en cas d'astigmatisme oblique. Pour ce faire deux groupes d'astigmates âgés
de un an ont été sélectionnés, l'un des deux se
constituant d'enfants dont l'astigmatisme était oblique. Puis l'acuité
visuelle a été chiffrée vers l'âge de quatre ans.
L'analyse de ces données a semblé confirmer le caractère
significativement amblyogène des astigmatismes obliques. Dans cette série
en revanche ce n'était pas le cas des astigmatismes dont l'axe se situait
dans les 15° de part et d'autre des méridiens principaux. Voilà
qui confirme l'intérêt de surveiller plus attentivement les enfants
dont l'astigmatisme est oblique.
Vision
2020, « le droit de voir » (Revue
de l'Ophtalmologie Française - Février 2003)
Vision 2020, une initiative menée conjointement par l'OMS, l'Agence internationale
pour la prévention de la cécité et d'autres ONGs internationales,
a pour objectif de prévenir tous les cas de cécité qui
peuvent être évités et de traiter tous les cas durables
d'ici 2020. Le nombre de personnes aveugles dans le monde s'élève
aujourd'hui à 50 millions et les malvoyants sont encore bien plus nombreux.
Avec l'allongement de l'espérance de vie, ce chiffre est en constante
augmentation, les risques de cécité et de déficience visuelle
grave augmentant avec l'âge : il devrait ainsi passer à 75,
voire 100 millions d'ici 2020 si rien n'est fait. Vision 2020 vise précisément
à réduire le nombre des aveugles dans le monde à 25 millions,
soit au groupe dont la cécité est irréversible. Un projet
« certes ambitieux mais parfaitement réalisable »,
la plupart des pathologies cécitantes pouvant être prévenues
ou traitées. En outre, nombreux sont ceux en Asie, en Afrique ou en Amérique
latine, qui perdent la vue par simple manque d'eau propre, de légumes
verts ou de médecins capables de pratiquer des implants de lentilles
intraoculaires.
Bilan
de douze années de photokératectomie thérapeutique (PKT)
(Acta.
Ophthalmol. Scand. 2003 ; 81(1) : 19-32, P. Fagerholm) www.blackwell-synergy.com
L'auteur, étayant son article sur une expérience de plus de dix
ans, passe en revue les indications thérapeutiques de la photokératectomie,
tout en développant les progrès réalisés dans ce
domaine. Parmi les circonstances pathologiques qui peuvent bénéficier
d'une photoablation par laser excimer figurent par exemple différentes
dystrophies superficielles de la cornée, les kératalgies récidivantes
ou certaines cicatrices cornéennes. Cette méthode permet parfois
de retarder l'heure de la kératoplastie transfixiante, et les progrès
techniques améliorent les résultats anatomiques et optiques. Elle
peut toutefois comporter certains inconvénients, comme l'échec
si la lésion est trop profonde, l'apparition d'un « haze »
ou la récidive. Les complications infectieuses, si elles sont les plus
redoutées, paraissent heureusement rares. Notons que des cas d'ectasie
cornéenne ont été décrits après PKT.
Quelques
recommandations pour prendre en charge les glaucomes à angle ouvert (Acta.
Ophthalmol. Scand. 2003 ; 81(1) : 3-18, A. Tuulonen et al.) www.blackwell-synergy.com
Si l'évolution des glaucomes chroniques à angle ouvert est souvent
lente, il existe des exceptions, notamment lorsque la pression intraoculaire
(PIO) est très élevée. Ces cas nécessitent une prise
en charge plus rapide et plus intensive, le but étant d'éviter
que ne se constituent les lésions irréversibles du nerf optique.
En plus de la clinique, l'efficacité des traitements se juge sur les
examens d'imagerie de la papille et de la couche des fibres optiques et selon
l'état des champs visuels. Toutefois l'appréciation du caractère
évolutif ou stable de la maladie n'est pas toujours simple et demande
une bonne expérience de la part de l'ophtalmologiste. Les auteurs rappellent
les principaux facteurs de risque de glaucome que sont l'hypertonie oculaire,
l'âge, les antécédents familiaux, la pseudo-exfoliation
capsulaire, l'origine ethnique et la myopie, sans oublier la fréquence
des glaucomes à pression normale.
Intérêt
de différents tests évaluant la fonction visuelle chez des patients
atteints de SEP
(55e
Congrès de l'AAN (American Academy of Neurology), 29 mars-5 avril 2003,
Honolulu - L.J. Balcer et al, Philadelphie)Les troubles visuels sont un symptôme
très fréquent chez les patients atteints de SEP. L'évaluation
de la fonction visuelle est souvent limitée au test d'acuité visuelle
(Snellen Acuity). L'objectif de cette étude a été de comparer
l'intérêt de 5 tests différents explorant la fonction visuelle
chez des patients atteints de SEP et dans une population témoin. Les
tests réalisés étaient le ETDRS mesurant l'acuité
visuelle, le Sloan Chart (acuité visuelle et contraste), le Pelli-Robertson
Chart (sensibilité au contraste), l'Anthony D-15 DS (vision des couleurs)
et l'Esterman Test et Humphrey Field IT (champ visuel). 130 patients atteints
de SEP ont été inclus dans cette étude ainsi que 90 sujets
sains. Les patients atteints de SEP étaient âgés en moyenne
de 46+/- 9 ans ; l'ancienneté de la maladie était de 7 ans
en moyenne. 72% des patients présentaient une forme rémittente
et 52% une névrite optique. Les épreuves Sloan Chart et Pelli-Robson
ont été les tests les plus performants pour évaluer une
dysfonction visuelle chez les patients atteints de SEP. Le Sloan Chart a l'avantage
d'identifier des troubles de la perception visuelle des contrastes, en particulier
pour les lettres de petite taille. Le Sloan Chart a permis, dans cette étude,
de distinguer les patients atteints de SEP rémittente et les patients
atteints de SEP secondairement progressive.