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Semaine du 24 au 30 mars 2003
Risque
de glaucome et lèpre lépromateuse (J.
Glaucoma 2003 ; 12(1) : 16-22, R. Thomas et al.) www.glaucomajournal.com
La lèpre peut être à l'origine de lésions oculaires
variées parmi lesquelles on peut citer une hypoesthésie cornéenne,
une kératite, une atteinte conjonctivale ou épisclérale,
une atteinte palpébrale cutanée, une uvéite ou un glaucome.
Les auteurs se sont intéressés à la prévalence des
glaucomes en cas de lèpre lépromateuse (forme septicémique
de la maladie, plus sévère que la lèpre tuberculoïde),
une fois le traitement effectué. A l'occasion de cette étude 386
malades originaires d'une même région ont pu être examinés
sur le plan ophtalmologique. Toute suspicion de glaucome a donné lieu
à un complément d'investigation, notamment par champ visuel automatisé.
Dans cette série la fréquence des glaucomes, tous types confondus,
a été calculée à 3,6%. La prévalence des
glaucomes primitifs était la même que dans la population générale
et celle des glaucomes secondaires a paru faible.
Le lambeau
de Cutler-Beard pour les mutilations marginales (Br.
J. Ophthalmol. 2003 ; 87(3) : 279-81, F. Irvine et al.) http://bjo.bmjjournals.com
Le lambeau de Cutler-Beard est souvent utilisé pour reconstruire les
déficits palpébraux supérieurs, marginaux et de pleine
épaisseur. Cette technique consiste à transposer la paupière
inférieure sous la ligne ciliaire, par glissement dans la zone de déficit.
Elle est simple, rapide, évite les phénomènes de nécrose,
mais n'apporte pas de ligne ciliaire à la paupière supérieure.
Elle comporte un risque d'entropion cicatriciel de la paupière inférieure
et nécessite une fermeture de l'oeil pendant 3 semaines (date à
laquelle le pédicule est sectionné et fixé à la
marge ciliaire palpébrale inférieure, qui a été
préservée). Les résultats de cette méthode, utilisée
chez 8 patients pour reconstruire la paupière supérieure suite
à l'exérèse d'une lésion, sont rapportés
(suivi moyen d'environ 3 ans). Le résultat esthétique a été
satisfaisant dans tous les cas. Une récidive lésionnelle et 2
cas de frottement des cils sur la cornée ont été relevés.
Le kyste
hydatique orbitaire, une localisation rare du parasite Echinococcus granulosus
(La
Presse Médicale - 15 mars 2003)
La Presse Médicale présente dans sa dernière édition
deux cas de kyste hydatique orbitaire, observés au Maroc où l'importance
de la population rurale constitue une zone d'endémie dans laquelle l'hydatidose
sévit toujours. Cette parasitose est due à une échinococcose
primitive par le développement de la larve du tænia Echinococcus
de Batsch dont les hôtes sont le mouton et le chien. Dans 1 à 2%
des cas, le parasite se localise au niveau de l'orbite. Le signe clinique majeur
du kyste hydatique orbitaire est alors l'exophtalmie. L'apport de l'imagerie
est essentiel pour le diagnostic préopératoire. Enfin, la sérologie
est insuffisante et le traitement est chirurgical.
Epidémiologie
des métastases oculaires
( http://www.jim.fr - 13 mars 2003)
P. Fahmy et al., dont les résultats sont publiés dans Acta Ophtalmologica
Scandinavia, ont cherché à savoir si la modification de la prévalence
de différents cancers dans les dernières décennies, en
particulier l'augmentation des cancers du sein, du poumon, et celle des mélanomes
cutanés, avait eu un impact au niveau de la prévalence des métastases
oculaires. Ils ont utilisé les données des dossiers concernant
les métastases oculaires de Eye Pathology Institute de Copenhague entre
1969 et 1998, qu'ils ont comparé à celle d'une étude menée
sur ce sujet entre 1944 et 1968. 81 métastases, concernant 76 patients,
ont été dénombrées, 42 touchant l'oeil droit, 39
l'oeil gauche et 5 bilatérales. Les tumeurs primitives les plus fréquentes
étaient le cancer du sein (38%), le cancer du poumon (24%), le mélanome
malin cutané (14%). D'autres étaient plus rarement en cause, tel
que le cancer du rein (3 cas). Constatation surprenante, le fréquence
des métastases oculaires a diminué entre 1969 et 1998, (p<0,05),
alors que l'incidence des cancers primitifs augmentait (de 53% pour le sein,
de 227% chez les femmes et de 7% chez les hommes pour le poumon, de 140% chez
les femmes et de 194% chez les hommes pour le mélanome), ce qui pourrait
avoir plusieurs explications, par exemple l'évolution de la prise en
charge des tumeurs primitives.
Effets
des iridotomies périphériques, vus par l'UBM (Ophthalmology
2003 ; 110(3) : 630-8, G. Gazzard et al.) www.aaojournal.org
Cette étude prospective avait pour but d'analyser les modifications du
segment antérieur après une iridotomie préventive (IP),
sur des yeux dont le risque de fermeture de l'angle (FA) était élevé.
Les 55 patients d'origine asiatique qui ont été sélectionnés
avaient été traités pour un glaucome aigu par FA, unilatéral.
Le travail a donc porté sur les yeux adelphes. L'ouverture de l'angle
et la profondeur de la chambre antérieure ont été observées
avant puis 15 jours après l'IP. L'examen du segment antérieur
a été effectué notamment par gonioscopie et UBM (Ultrasound
BioMicroscopy), sous éclairage normal et à l'obscurité.
Dans cette série l'IP a permis d'ouvrir significativement l'angle irido-cornéen,
sans augmenter la profondeur centrale de la chambre antérieure. Les auteurs
précisent que si les IP et la lumière induisent les unes comme
l'autre une ouverture de l'angle, elles le font par un mécanisme différent.
Cataracte
post-trabéculectomie : qu'en est-il chez le sujet jeune ?
(Ophthalmology 2003 ; 110(3) : 625-9, R.A. Adelman et al.) www.aaojournal.org
Toute trabéculectomie peut se compliquer de cataracte. Pour préciser
cette notion bien connue les auteurs ont déterminé la fréquence
de cette complication dans une population de sujets dont la moyenne d'âge
était de 44 ans (extrêmes de 12 à 54 ans). Les cas de 27
patients (34 yeux) ont ainsi été étudiés rétrospectivement,
le suivi moyen étant de 3 ans et demi (extrêmes de 11 mois à
plus de sept ans). Près d'un quart de ces yeux ont développé
une cataracte nécessitant une intervention, en moyenne un peu plus de
deux ans après la chirurgie filtrante. Les patients dont le glaucome
était secondaire à une uvéite ou à une corticothérapie
n'ont pas semblé plus prédisposés que les autres à
la formation des opacités cristalliniennes. Ces résultats confirment
que la mention du risque de cataracte doit s'intégrer dans l'information
donnée aux patients avant une trabéculectomie, notamment s'ils
sont jeunes.
Rétinopathie,
stress oxydant et nitré et normalisation glycémique (Diabetes
2003 ; 52 : 818-823, Renu A. Kowluru)
La normalisation glycémique n'a pas d'effet bénéfique immédiat
sur la rétinopathie, au contraire. Dans cette étude, des rats
diabétiques maintenus pendant 2 ou 6 mois à une HbA1c de >11%
ont ensuite été ramenés pendant 7 mois à <5.5%.
Après 2 mois, cette normalisation prévient l'élévation
des peroxydes lipidiques rétiniens et du NO de 50%, mais n'a aucun effet
bénéfique sur la formation de nitrotyrosine. Après 6 mois
de mauvais contrôle, la normoglycémie n'a plus d'effet sur le stress
oxydant rétinien ni sur les taux de NO. Cela suggère que les modifications
oxydatives et liées au NO surviennent précocement dans la rétinopathie
diabétique, et que leur réversibilité dépend de
la durée de l'hyperglycémie.
Complications
oculaires sous héparine (Ophthalmology
2003 ; 110(3) : 600-3, Q.D. Nguyen et al.) www.aaojournal.org qnguyen4@jhmi.edu
Les auteurs rapportent une observation d'occlusion veineuse rétinienne
survenue chez une patiente de 33 ans qui, paradoxalement, était sous
héparinothérapie. Entre autres effets indésirables l'héparine
expose en effet au risque de thrombopénie grave, parfois thrombosante,
(héparine non fractionnée ou moins fréquemment héparines
de bas poids moléculaire). Il s'agit d'une complication d'origine immunologique,
dite de type II. Cette TIH, ou Thrombose Induite par l'Héparine, apparaît
essentiellement entre le 5ème et le 21ème jour qui suivent l'instauration
du traitement. Toutefois elle peut être beaucoup plus précoce s'il
existe des antécédents de thrombopénie sous héparine.
Il s'agit d'une situation d'urgence qui nécessite un avis spécialisé.
Dans le cas présenté ici, le tableau clinique s'est amélioré
sous traitement anticoagulant prolongé, comportant notamment un anti-vitamine
K.
BAT :
unilatérale ou bilatérale ?
(Ophthalmology 2003 ; 110(3) : 543-8, JK Hall et al.) www.aaojournal.org
Devant une suspicion de maladie de Horton, certains préconisent une biopsie
d'artère temporale (BAT) d'emblée bilatérale, afin d'augmenter
les chances d'en poser le diagnostic. Il s'agit en effet d'une artérite
segmentaire et focale. Pour savoir si, à l'inverse, une BAT unilatérale
expose les patients au risque de retard diagnostique et à ses conséquences,
88 cas de BAT unilatérales revenues négatives ont été
analysés. Si pour l'un d'entre eux la BAT controlatérale s'est
par la suite révélée positive, aucune complication (notamment
oculaires ou neurologiques) n'est survenue pour les 87 autres. Après
comparaison avec 74 malades dont la BAT avait été soit unilatérale
et positive soit bilatérale d'emblée, les auteurs concluent qu'une
BAT unilatérale suffit à éliminer une maladie de Horton
sous réserve que le tableau clinique soit peu évocateur et que
le prélèvement soit réalisé par des médecins
expérimentés.
IGF-1
et rétinopathie diabétique au cours de la grossesse (Diabetes
2003 ; 52 : 852-856, Finn F. Lauszus)
Le système des IGF a été impliqué dans le développement
de la rétinopathie diabétique. Cette étude prospective
a porté sur 103 femmes enceintes diabétiques de type 1, chez qui
on a mesuré le taux circulant d'IGF-1 tout au long de la grossesse. On
note une augmentation de l'IGF-1 avec l'âge gestationnel jusqu'à
un plateau à la 32e semaine. La progression de la rétinopathie
est corrélée avec un niveau plus élevé d'IGF-1.
Le poids de naissance est également associé à un niveau
plus élevé d'IGF-1.
Un nouveau
facteur de risque de cataracte (Ophthalmology
2003 ; 110(3) : 578-83, R. Hiller et al.) www.aaojournal.org
Le travail présenté ici a été mené chez les
survivants de l'étude Framingham Offspring Heart Study, dont les premières
données datent de 1971. Les mesures, qui avaient porté dès
cette époque sur le cholestérol total, les lipoprotéines
et les triglycérides, ont été répétées
plusieurs fois depuis, afin de rechercher des corrélations entre la lipidémie
et la survenue de cataractes. Cette démarche a permis d'inclure plus
de 1800 sujets, dont l'âge moyen était de 55 ans. Les cataractes,
lorsqu'elles étaient présentes, ont été classées
en fonction de leur type : corticales, nucléaires ou sous capsulaires
postérieures. Après analyses statistiques l'hyper-triglycéridémie
a semblé associée à l'apparition de cataractes sous capsulaires
postérieures chez les hommes. Les auteurs rappellent que le taux des
triglycérides est un facteur de risque contre lequel on dispose de moyens
thérapeutiques.
Streptocoque
milleri : un germe très dangereux (Ophthalmology
2003 ; 110(3) : 569-74, L.M. Watkins et al.) www.aaojournal.org
Une jeune patiente a développé une exophtalmie bilatérale,
une baisse d'acuité visuelle et une collection intra-orbitaire gauches
ainsi que des troubles de la conscience. L'IRM et le scanner ont mis en évidence
une thrombose bilatérale du sinus caverneux, un abcès orbitaire
bilatéral, et des images de sinusite au niveau de l'ethmoïde et
du sphénoïde. Le drainage des abcès et des sinus a permis
de retrouver la cause de l'infection : il s'agissait d'un streptocoque milleri.
Au traitement chirurgical a été associée une antibiothérapie,
mais après l'intervention des complications neurologiques et une cécité
gauche totale sont survenues. Un nouvel abcès orbitaire droit s'est constitué
et a dû être drainé, avec conservation de l'acuité
visuelle. Cette observation montre que le streptocoque milleri peut être
à l'origine d'abcès multiples. Il peut aussi être en cause
en cas d'infection orbitaire et de thrombose du sinus caverneux.
Vascular
Endothelial Growth Factor et rétinopathie diabétique (Diabetes
2003 ; 52 : 857-863, P. Elizabeth Rakoczy)
Cette étude a porté sur les liens entre VEGF et passage de la
rétinopathie d'une phase de fond à une phase proliférante.
Un virus recombinant de type AAV a été construit où VEGF
et GFP sont combinés. Ce vecteur a été injecté dans
la rétine chez la souris, l'expression de VEGF pouvant être monitorée
par la visualisation de la fluorescence de GFP. Ce modèle élégant
permet d'observer une corrélation entre le développement des différents
stades de la rétinopathie et l'augmentation d'expression de VEGF dans
la rétine.
Pseudomonas
aeruginosa et infections cornéennes (Cornea
2003 ; 22(2) : 131-4, B.A. Cowell et al.) www.corneajrnl.com
A partir d'une série de 13 patients les auteurs ont analysé le
rapport qui existait entre le phénotype de pseudomonas aeruginosa en
cause et les infections cornéennes observées. Ils se sont intéressés
à l'histoire de la maladie, aux cultures bactériennes, au port
de lentilles de contact, à l'âge, au sexe, et ont réalisé
des clichés photographiques. Au sein de cet échantillon les germes
de type « invasif » et de type « cytotoxique »
ont été isolés dans des proportions équivalentes.
Toutefois le premier type était plus fréquent chez les sujets
de plus de 50 ans et le deuxième type chez les moins de 50 ans. Selon
les données recueillies au cours de ce travail, le pseudomonas aeruginosa
reste une cause fréquente d'infection cornéenne, notamment chez
les porteurs de lentilles. La démarche thérapeutique doit prendre
en compte le fait que les caractéristiques de l'infection varient avec
le phénotype de l'agent infectieux.
Ptérygions
: effet de la mitomycine sur la prévention des récidives (Cornea
2003 ; 22(2) : 102-4, R. Avisar et al.) www.corneajrnl.com
Cette étude prospective et comparative a inclus 134 patients qui présentaient
un ptérygion évolué. Dans tous les cas l'exérèse
de la lésion a été réalisée, complétée
d'une application sclérale de mitomycine C (à la concentration
de 0,02%). Seule la durée d'application a varié : de 3 minutes
chez les 60 premiers patients, à 5 minutes chez les 74 suivants. Puis
un suivi ophtalmologique clinique a été assuré pendant
plus de deux ans. Au douzième mois les récidives concernaient
un patient sur trois dans le premier groupe mais seulement deux patients dans
le second. Ces proportions ont discrètement augmenté durant les
trois mois qui ont suivi, puis se sont stabilisées. Aucun cas d'effet
secondaire lié à la toxicité de la mitomycine n'a été
observé. Il semble donc que l'application de mitomycine 0,02% pendant
5 minutes soit bien plus efficace en prévention des récidives
qu'une application de 3 minutes.