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Semaine du 17 au 23 mars 2003
Quelle
concentration de povidone iodée avant une cataracte ? (Br.
J. Ophthalmol. 2003 ; 87(2) : 163-7, A.W. Ferguson et al.) http://bjo.bmjjournals.com
aferguson@doctors.org.uk
En prévention des endophtalmies post-opératoires, l'efficacité
de la povidone iodée (PI) pour la désinfection locale pré-opératoire
n'est plus à démontrer. Mais en pratique les concentrations utilisées
ne sont pas toujours les mêmes et des études ont montré
in vitro une efficacité paradoxalement plus élevée à
de plus faibles concentrations. Les auteurs ont donc cherché à
savoir ce qu'il en était in vivo. Plus de 100 patients qui devaient être
opérés de la cataracte ont été inclus dans cette
étude en double insu, prospective et randomisée. Les uns ont reçu
une désinfection pré-opératoire des culs de sacs conjonctivaux
à la PI 1%, les autres à la PI 5%. Des prélèvements
conjonctivaux à visée bactériologique ont été
réalisés avant puis une minute après la désinfection
locale et des cultures ont été obtenues pour 100 opérés.
L'analyse des résultats de cette série montre que la PI 5% est
plus efficace pour réduire la flore conjonctivale in vivo que la PI 1%.
Trachome
: traitement de masse par azithromycine et résistances des pneumocoques
(Br.
J. Ophthalmol. 2003 ; 87(2) : 147-8, B.D. Gaynor et al.) http://bjo.bmjjournals.com
bgaynor@itsa.ucsf.edu
Les résistances bactériennes, dues notamment à l'utilisation
généralisée, et pas toujours adaptée, des antibiotiques
sont préoccupantes. Parmi les germes particulièrement concernés
figurent les streptocoques pneumoniae. Dans certaines régions du globe
des traitements antibiotiques de masse sont organisés chaque année
pour lutter contre le trachome, qui représente, lui aussi un grave problème
de santé publique. Cette étude, réalisée au Népal,
avait pour but de savoir si une telle administration d'azithromycine augmentait
les résistances des pneumocoques. Un an après le traitement, des
prélèvements nasopharyngés ont été réalisés.
Parmi les 57 échantillons recueillis, 50 contenaient du pneumocoque,
mais aucune résistance à l'antibiotique testé n'a été
détectée. Selon ce travail il semble donc que les traitements
de masse par azythromycine ne provoquent pas de résistances durables
des pneumocoques vis à vis des macrolides.Vient de paraître
Neuropathie
optique bilatérale et infliximab (BMJ
326 : 579, M.P.M. ten Tusscher et al. - 15 mars 2003) http://bmj.com/cgi/reprint/326/7389/579.pdf
Les auteurs décrivent 3 cas de neuropathie optique bilatérale
rapportés récemment par un centre de pharmacovigilance des Pays-Bas,
chez des patients traités par infliximab pour une polyarthrite rhumatoïde.
Dans les 3 cas, les patients n'ont pas pu retrouver leur vision habituelle malgré
un traitement par des stéroïdes. Le diagnostic a montré qu'il
s'agissait d'une forme toxique de neuropathie optique antérieure. Les
symptômes décrits par les patients après qu'ils aient eu
leur troisième dose d'infliximab suggèrent que les effets du composé
peuvent avoir augmenté avec la dose cumulative ou avec le temps. Une
autre hypothèse est que la polyarthrite rhumatoïde soit un facteur
de risque de neuropathie optique antérieure.
Pas de
consensus européen pour traiter l'amblyopie (Br.
J. Ophthalmol. 2003 ; 87(3) : 291-6, J.H. Tan et al.) http://bjo.bmjjournals.com
Le protocole de traitement de l'amblyopie n'est pas standardisé, ce qui
explique que les méthodes employées soient différentes
d'une équipe à une autre. Pour en avoir une idée plus précise,
les auteurs ont comparé les techniques utilisées au Royaume Uni
et dans trois régions germanophones, en distribuant des questionnaires
aux orthoptistes. Il s'agissait de la prise en charge des enfants âgés
de six mois à dix ans. Des différences significatives ont été
constatées. En effet dans l'ensemble la durée totale d'occlusion
par semaine est apparue plus élevée chez les germanophones, qui
par ailleurs traitent les enfants jusqu'à un âge plus avancé.
Pourtant au Royaume Uni comme dans les pays de langue allemande les résultats
visuels sont comparables. Voilà qui illustre bien l'absence de consensus
quant à la rééducation visuelle des enfants amblyopes.
Quand
la phaco est d'emblée bilatérale (Br.
J. Ophthalmol. 2003 ; 87(3) : 285-90, Johansson et al.) http://bjo.bmjjournals.com
Cette équipe suédoise a analysé rétrospectivement
les cas de 220 patients opérés de cataracte, les deux yeux ayant
été traités le même jour. L'acuité visuelle
moyenne (2,7/10 pour l'oeil le plus mauvais et 3,9/10 pour le meilleur oeil)
est passée à plus de 7/10 après l'intervention. L'indication
opératoire a tenu compte du type de cataracte, des autres maladies oculaires,
du contexte social et de la volonté d'éviter les anisométropies.
Dis cataractes secondaires, six uvéites, trois oedèmes cornéens,
deux persistances de fragments de cortex en chambre antérieure et deux
endophtalmies unilatérales ont justifié des consultations surnuméraires.
Pourtant, dans cette série, l'intervention bilatérale d'emblée,
qui a permis de réduire les coûts et d'accélérer
la récupération visuelle, n'a pas semblé exposer les patients
à un risque accru. Ceux ci doivent toutefois être prévenus
des avantages et des inconvénients de la méthode.
Les céramides
impliqués dans la dégénérescence des photorécepteurs
(
http://www.the-scientist.com - 14 mars 2003)
Certaines pathologies de dégénérescence rétinienne
sont associées à des mutations des composants de la cascade de
signalisation visuelle, conduisant à la mort par apoptose des photorécepteurs,
avec une implication possible, dans la phase précoce de la réponse
apoptotique, de l'accumulation de céramides. Dans un article paru dans
Science, U. Acharya et al. montrent, chez la drosophile, que la modulation de
la voie de biosynthèse des céramides peut supprimer la dégénérescence
des photorécepteurs. Dans 2 modèles de drosophiles mutantes, l'expression
ciblée de da céramidase neutre, enzyme de dégradation des
céramides, a permis de supprimer la dégénérescence.
La manipulation de la voie de la biosynthèse de novo des sphingolipides
a également supprimé la dégénérescence. Ces
résultats fournissent la base pour explorer de nouvelles stratégies
thérapeutiques dans la dégénérescence rétinienne
chez l'homme.
Incision
temporale et risque d'endophtalmie (J.
Cataract. Refract. Surg. 2003 ; 29(1) : 20-6, Y. Nagaki et al.) www.sciencedirect.com
A travers cette étude multicentrique, prospective et randomisée,
les auteurs ont analysé l'influence du type d'implant et/ou de la nature
de l'incision sur le risque d'endophtalmie après chirurgie de la cataracte.
Sur 3 années plus de 11500 yeux ont été inclus, répartis
en 3 groupes de taille équivalente. Les patients du 1er groupe ont reçu
un implant acrylique mis en place par une porte d'entrée cornéenne
temporale, ceux du 2ème groupe ont reçu le même implant,
l'incision étant cornéo-sclérale supérieure, et
ceux du 3ème ont reçu un implant silicone-PMMA par une incision
cornéo-sclérale supérieure. Au cours du suivi post-opératoire
(de 6 mois ou plus), 11 endophtalmies ont été observées,
l'incidence de cette complication étant 4,6 fois plus faible dans les
2 derniers groupes. Les incisions cornéennes temporales pourraient donc
augmenter le risque d'endophtalmie, le type de l'implant ne paraissant pas intervenir.
Cataracte
polaire postérieure : les résultats de la chirurgie
(J. Cataract. Refract. Surg. 2003 ; 29(1) : 45-9, K. Hayashi et al.) www.sciencedirect.com
Les auteurs rapportent les résultats de 28 interventions (20 patients)
pour cataracte polaire postérieure, une forme "mineure" de
cataracte congénitale. Neuf fois sur dix, l'opacification du cristallin
étant modérée, une phacoémulsification ou une aspiration
ont été réalisées. Deux cas de rupture capsulaire
postérieure sont survenus. Deux cas de cataracte plus importante ont
été traités par phacophagie par la pars plana (noyau mou),
et un cas par extraction intra-capsulaire (noyau dur). Dans cette série
l'acuité visuelle (AV) moyenne a significativement augmenté. Les
opérés dont l'AV est restée inférieure à
20/20, avaient soit une amblyopie pré-existante, soit des séquelles
de décollement de rétine, soit des lésions maculaires.
Pour traiter de façon efficace une cataracte polaire postérieure,
il convient donc d'adapter la technique à chaque cas, sachant que les
atteintes unilatérales peuvent être à l'origine d'une amblyopie.
IRM fonctionnelle
chez les patients souffrant d'un blépharospasme essentiel (J.
Neuro-Ophtalmol. 2003 ; 23 : 11-15, R.S. Baker
Le clignement palpébral spontané et volontaire fut étudié
en IRM fonctionnelle chez 5 patients souffrant d'un blépharospasme essentiel
bénin et chez 5 témoins appariés pour l'âge. Une
activation plus importante était notée pendant le clignement spontané
et volontaire chez les patients souffrant d'un blépharospasme essentiel
dans le cortex visuel antérieur, le cortex cingulaire antérieur,
le cortex moteur primaire, la région centrale du thalamus et la partie
supérieure du cervelet. Le signal en IRM fonctionnelle était en
général plus important pour le clignement volontaire que pour
le clignement spontané, ceci aussi bien pour les patients que pour les
témoins. Cette hyperactivité observée en IRM fonctionnelle
dans le blépharospasme essentiel bénin pourrait représenter
un circuit cortical hyperactif reliant le cortex visuel, le système limbique,
l'aire motrice supplémentaire, le cervelet et les voies motrices supranucléaires
innervant les muscles péri-orbitaires.
Peu de
risque de décollement de rétine chez le fort myope pseudophake
(J.
Cataract. Refract. Surg. 2003 ; 29(1) : 39-44, G. Ravalico et al.) www.sciencedirect.com
L'évolution de 388 yeux myopes forts après extraction du cristallin
est présentée. En pré-opératoire et en moyenne la
myopie était de -16 d., la meilleure acuité visuelle corrigée
(MAVC) étant de 2/10. Une phaco-émulsification, une extraction
extra-capsulaire ou une extraction intra-capsulaire ont été réalisées
respectivement dans 237, 147 et 4 cas. Au cours d'un suivi moyen de 4 ans un
DR a été observé, une des 127 capsulotomies Yag s'est compliquée
de trou maculaire, un décollement postérieur du vitré s'est
constitué dans plus des trois quarts des cas et 8 photocoagulations rétiniennes
périphériques ont été nécessaires. La MAVC
moyenne finale a atteint 5/10. Les auteurs jugent cette intervention satisfaisante,
mais appellent de leurs voeux des études complémentaires afin
de savoir si son utilisation à visée réfractive pure (extraction
du cristallin clair) peut être conseillée en routine.
Hyperhomocystéinémie
et pseudo-exfoliation capsulaire (J. Glaucoma 2003 ; 12(1) : 36-9,
I. Leibovitch et al.) www.glaucomajournal.com
lleibo@bezeqint.net
Physiologiquement l'homocystéine est produite dans le foie. Son catabolisme
s'effectue en présence d'acide folique et des vitamines B12 et B6, ce
qui permet de maintenir l'homocystéinémie autour de 10 µmol/l.
L'homocystinurie est une affection dont le pronostic vital est conditionné
par la survenue d'accidents vasculaires. Au cours de cette étude rétrospective
l'homocystéinémie a été dosée (par chromatographie
en milieu liquide) chez 30 patients porteurs d'un glaucome sur pseudo-exfoliation
capsulaire (PEC) et chez 30 témoins appariés en âge. Dans
cette série l'homocystéinémie a été considérée
comme élevée chez 15 glaucomateux et 3 sujets sains, différence
statistiquement significative. Il semble donc qu'une hyperhomocystéinémie
puisse être contemporaine d'un glaucome par pseudoexfoliation capsulaire,
ce qui pourrait expliquer en partie le risque vasculaire associé aux
PEC.
Antécédents
familiaux de glaucome (J. Glaucoma 2003 ; 12(1) : 31-5, J. Landers
et al.) www.glaucomajournal.com
La gravité de certains glaucomes peut être liée à
un diagnostic tardif, du fait de l'évolution insidieuse de cette pathologie.
Toutefois certains patients, sensibilisés au problème, consultent
plus précocement, notamment s'ils ont des antécédents familiaux
de glaucome, qui font d'eux des sujets à risque. Les auteurs ont donc
voulu savoir si l'histoire familiale pouvait avoir une influence sur l'âge
de découverte du glaucome et sur la gravité de la neuropathie
optique au moment du diagnostic. Ils ont donc analysé les cas de 292
malades suivis pour un glaucome à angle ouvert, en tenant compte de l'âge,
des antécédents et des déficits campimétriques.
Si l'on en croît les résultats obtenus, une histoire familiale
de glaucome s'associerait avant l'âge de 50 ans à un champ visuel
mieux conservé au moment de la découverte de la maladie, notion
qui dans cette série n'a pas été retrouvée au-delà
de 50 ans.
Glaucome
congénital et génétique (J. Glaucoma 2003 ; 12(1)
: 27-30, G.C. Soley et al.) www.glaucomajournal.com
Exemples à l'appui, les auteurs réaffirment le rôle majeur
des mutations génétiques dans le déterminisme des glaucomes
congénitaux. Ils présentent en effet deux familles d'ethnies différentes,
la première comportant un cas isolé et la seconde trois malades
(exprimant chacun un phénotype très différent). Il s'agissait
de glaucomes par mutation du gène du cytochrome P-450. Le diagnostic
a été établi grâce à un examen bio-microscopique,
aux mesures cornéennes et papillaires, à la gonioscopie, à
l'échographie et au champ visuel automatisé quand c'était
possible. Les analyses d'ADN ont été effectuées à
partir d'un prélèvement sanguin. Chez l'enfant issu de la première
famille une délétion homozygote a été retrouvée.
Chez les cas familiaux, une mutation a été mise en évidence
pour laquelle les 3 sujets atteints étaient homozygotes alors que 9 autres
membres de la famille étaient hétérozygotes.