Retour à la page d'accueil du site snof.org
Semaine du 10 au 16 mars 2003
Photothérapie
dynamique et néo-vaisseaux du myope fort (Br.
J. Ophthalmol. 2003 ; 87(2) : 173-6, J.A. Montero et al.) http://bjo.bmjjournals.com
msm02va@wanadoo.es
Parmi les indications de la photothérapie dynamique (vertéporphine)
figurent les néo-vaisseaux rétro-fovéolaires qui compliquent
la myopie forte. Les auteurs présentent une étude qui suggère
que, chez les patients traités par cette méthode, le résultat
visuel est influencé par l'âge. Dans cette série les malades
ont été répartis en deux groupes. Le premier était
constitué des personnes âgées de 55 ans maximum au moment
de l'apparition des néo-vaisseaux et le second des sujets qui avaient
plus de 55 ans lorsque la myopie s'est compliquée. L'appréciation
des résultats a tenu compte de la valeur de la meilleure acuité
visuelle corrigée et de l'évolution angiographique. A l'issue
du suivi, et alors que le traitement avait permis d'occlure les néo-vaisseaux
dans plus de trois quarts des cas quel que soit le groupe considéré,
l'acuité visuelle était significativement plus mauvaise dans le
groupe 2. L'âge semble donc agir comme facteur de mauvais pronostic visuel.
Glaucome
malin dans un contexte d'angio-oedème (Am.
J. Ophthalmol. 2003 ; 135(2) : 224-6, K. Hille et al.) www.sciencedirect.com/science
aukhil@uniklinik-saarland.de
Quelques heures après une extraction de la cataracte une sexagénaire
a développé un angio-oedème avec atteinte de la région
pharyngée, une baisse d'acuité visuelle, une hypertonie oculaire
majeure et une hypothalamie bilatérale. L'échographie a révélé
une effusion choroïdienne et seule la chirurgie a permis de contrôler
la pression intra-oculaire. L'angio-oedème a été attribué
au candesartan (antagoniste des récepteurs de l'angiotensine II) que
la patiente prenait depuis un an et dont l'arrêt a permis de faire régresser
les signes. Le risque d'angio-oedème sans urticaire est en effet bien
connu sous inhibiteurs de l'enzyme de conversion ou sous antagonistes des récepteurs
de l'angiotensine II. Par ailleurs les angio-oedèmes d'origine médicamenteuse
peuvent être responsables d'une effusion uvéale avec glaucome malin,
une intervention chirurgicale pouvant agir comme facteur déclenchant.
L'arrêt du médicament incriminé représente l'essentiel
du traitement.
Dégénérescence
cornéenne sur silicone après PKR (J.
Cataract. Refract. Surg. 2003 ; 29(1) : 217-9, O. Pinter et al.) www.sciencedirect.com
Les auteurs rapportent un cas de kératopathie apparue après une
chirurgie vitréo-rétinienne chez un patient préalablement
opéré de Photo Kératectomie Réfractive (PKR) bilatérale.
La PKR s'était déroulée sans incident. Il s'agissait d'un
homme jeune qui, suite à un violent traumatisme avait développé
une endophtalmie puis un décollement de rétine. Un mois après
la chirurgie, qui avait associé vitrectomie, ablation du cristallin et
tamponnement interne par silicone, un oedème cornéen est apparu,
occupant la région traitée par photo-ablation trois ans auparavant.
Cliniquement l'oedème était le siège d'un amincissement
épithélial périphérique annulaire et d'une érosion
centrale. Le stroma central, opacifié, était séparé
par une zone claire des lésions cornéennes induites par le silicone.
Chirurgie
réfractive : attention aux traitements associés !
(J. Cataract. Refract. Surg. 2003 ; 29(1) : 170-5, F.W. Fraunfelder et al.)
www.sciencedirect.com
En ophtalmologie les traitements médicaux, collyres et autres substances
utilisées pour l'examen clinique, l'anesthésie, la désinfection
pré-opératoire ou le geste chirurgical ne sont pas toujours dénués
de danger. Pour nous rappeler d'être vigilants, notamment lors des procédures
de chirurgie réfractive, les auteurs rapportent les résultats
d'une enquête très complète. A partir des données
recueillies par la pharmacovigilance, la FDA (Food and Drug Administration),
l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), et cinquante ans de publications
répertoriées sur Medline, ils décrivent les effets indésirables
potentiels des mydriatiques, des cycloplégiques, des benzodiazépines,
des produits iodés, des collyres anesthésiques, des substances
hémostatiques, des anti-inflammatoires, des antibiotiques et autres larmes
artificielles. Un appel à la prudence qui ne paraît pas inutile.
Du génotype
au phénotype de la neuropathie optique héréditaire de Leber :
toujours plus de questions que de réponses (J.
Neuro-Ophtalmol. 2003 ; 22(4) : 257-261, Nancy J. Newman)
Le développement du diagnostic moléculaire de la neuropathie optique
héréditaire de Leber (NOHL) a permis de porter ce diagnostic dans
un bon nombre de cas où manque une histoire familiale évocatrice
et d'étendre son phénotype en incluant des faits inhabituels.
Trois mutations principales du mtDNA couvriraient 90 à 95% des cas mondiaux
mais, lorsque la suspicion du diagnostic est forte, la recherche de mutations
secondaires est nécessaire. Dans certaines familles « NOHL
plus », certaines mutations paraissent liées à l'association
de la perte visuelle à certains tableaux neurologiques telle la dystonie.
Toutefois, il n'y a le plus souvent pas de différence phénotypique
entre les 3 mutations primaires. Il semble improbable que la présence
de mutations multiples soit nécessaire à la perte visuelle. La
production d'énergie mitochondriale décroît avec l'âge,
expliquant peut-être le timing du développement de la maladie lorsque
cette baisse d'énergie atteint un seuil critique. Les preuves en faveur
de facteurs immunologiques manquent, bien que ceux-ci ont été
proposés pour expliquer l'association NOHL SEP. Le rôle de facteurs
environnementaux toxiques, nutritionnels, dans l' initiation ou l'aggravation
de l'expression phénotypique a été invoqué mais
ce rôle apparaît anecdotique et n'a pas été confirmé
par d'autres études. Enfin, le mécanisme physiopathologique reliant
la mutation génétique spécifique au manifestations cliniques
de la NOHL demeure inconnu.
Intérêt
du silicone pour les rétinopathies diabétiques graves (Br.
J. Ophthalmol. 2003 ; 87(3) : 318-21, A. Castellarin et al.) http://bjo.bmjjournals.com
En cas de rétinopathie diabétique proliférante très
sévère, le tamponnement interne par huile de silicone apparaît
comme un complément très intéressant de la vitrectomie.
C'est ce que concluent les auteurs qui rapportent les résultats d'une
étude rétrospective. Les 23 yeux opérés (21 malades)
présentaient un décollement de rétine tractionnel avec
ou sans composante rhegmatogène, hémorragie intra-vitréenne
ou glaucome néovasculaire associés. Près de la moitié
d'entre eux avaient déjà subi une intervention de chirurgie vitréo-rétinienne
qui s'était soldée par un échec. Au final, et après
une vitrectomie par la pars plana avec injection de silicone, la rétine
a été réappliquée dans 20 cas sur 23. Pour ce qui
est de l'acuité visuelle, 10 yeux se sont améliorés, 3
se sont stabilisés et 10 se sont aggravés. A noter que le suivi
moyen était d'environ 5 mois et demi, avec des extrêmes de un mois
à deux ans.
Thyroïde
et troubles de la verticalité après anesthésie rétro-bulbaire
(J.
Cataract. Refract. Surg. 2003 ; 29(1) : 78-84, S.K. Han et al.) www.sciencedirect.com
Les auteurs se sont intéressés aux causes des diplopies persistantes
après une anesthésie rétro-bulbaire. Ils ont pour cela
étudié le bilan orthoptique de 11 patients qui gardaient une hyperaction
des muscles droits verticaux après l'injection, parmi lesquels huit ont
effectué un test au tensilon, un bilan thyroïdien ainsi qu'un scanner
orbitaire. Dix patients avaient une hyperaction ipsilatérale du muscle
droit supérieur, ou hypertropie, et un seul une hyperaction ipsilatérale
du muscle droit inférieur, ou hypotropie (tous étant indemnes
de diplopie avant l'anesthésie). Un cas de fibrose partielle du muscle
droit supérieur a été retrouvé alors que quatre
des huit patients explorés sur le plan hormonal avaient un dysfonctionnement
thyroïdien. Selon ces données il semble que les problèmes
de diplopie persistante après anesthésie rétro-bulbaire
soient souvent en rapport avec une pathologie de la thyroïde.
DMLA :
néovaisseaux du premier oeil et évolution du second (Br.
J. Ophthalmol. 2003 ; 87(3) : 307-311, S. Abugreen et al) http://bjo.bmjjournals.com
A partir de l'étude de la néovascularisation du premier oeil de
67 patients, les auteurs ont analysé la sévérité
de la DMLA au niveau du deuxième oeil. Les lésions ont été
classées en 4 catégories, tenant compte de leur proportion en
néovaisseaux choroïdiens (NVC) classiques et occultes. Dans cette
série, plus la proportion de NVC occultes augmentait au niveau du premier
oeil, plus grave était la DMLA controlatérale (résultat
statistiquement significatif). De même la sévérité
de l'atteinte du deuxième oeil était influencée par l'étendue
des NVC du premier. Enfin les sujets qui avaient des NVC à prédominance
occulte sur le premier oeil ont développé des lésions étendues
de DMLA controlatérale. Selon ce dernier élément, et d'après
les auteurs, les NVC classiques pourraient être dus à une maladie
localisée et les NVC occultes à un dysfonctionnement plus diffus
de l'épithélium pigmentaire.
Se méfier
des auto-réfractomètres après un Lasik (J.
Cataract. Refract. Surg. 2003 ; 29(1) : 133-7, D.S. Siganos et al.) www.sciencedirect.com
Cet article attire l'attention sur les limites des auto-réfractomètres
lorsqu'on les utilise après un Lasik. Ses conclusions se fondent sur
l'étude de la réfraction de 73 yeux (46 patients) dont la myopie
(avec ou sans astigmatisme) avait été opérée. Sous
cycloplégiques, tous ont été examinés par réfraction
subjective et autoréfractométrie un mois, six mois puis un an
après l'intervention. Les valeurs obtenues par les examens subjectifs
et automatisés ont ensuite été comparées, les mesures
prises sur les mêmes yeux en pré-opératoire servant de contrôle.
Après le Lasik les auteurs ont constaté des différences
significatives entre les résultats issus des deux méthodes mesure,
alors qu'il n'en existait pas en pré-opératoire. Seul l'axe de
l'astigmatisme était concordant. Ces données illustrent bien la
nécessité d'un contrôle de la réfraction subjective
avant de décider du protocole de ré-intervention après
un premier Lasik.
Intravitréennes
de triamcinolone acétonide et oedème maculaire du pseudophake
(J. Cataract. Refract. Surg. 2003 ; 29(1) : 27-33, M.D. Conway et al.) www.sciencedirect.com
En dépit d'un traitement médical certains oedèmes maculaires
cystoïdes du pseudophake persistent. On peut alors discuter les injections
intra-vitréennes de triamcinolone acétonide. Les cas de 8 patients
traités par cette méthode, et dont la lésion évoluait
depuis plus de 18 mois, ont été analysés. Tous ont ainsi
pu bénéficier d'une amélioration de leur acuité
visuelle (dont l'amplitude était corrélée à la valeur
de départ et aux lésions maculaires sous-jacentes éventuelles)
et de l'aspect angiographique, mais au prix d'injections répétées.
Les hypertonies oculaires qui sont survenues ont été facilement
contrôlées, et aucun effet indésirable lié à
la technique n'a été déploré. Les auteurs soulignent
la nécessité d'études complémentaires, notamment
pour préciser et valider la méthode, et sur l'intérêt
que pourraient représenter des systèmes de délivrance prolongée
du principe actif.
Présence
du facteur V Leiden et sévérité des OVCR (Br.
J. Ophthalmol. 2003 ; 87(3) : 305-6, C. Hvarfner et al.) http://bjo.bmjjournals.com
Le facteur V Leiden résulte de la mutation du gène du facteur
V de la coagulation. Responsable d'une résistance à la protéine
C activée, il se manifeste, comme toute trombophilie, par un risque accru
de thrombose. En étudiant les dossiers de 166 patients les auteurs ont
cherché à savoir s'il augmentait aussi la fréquence des
complications néovasculaires en cas d'occlusion de la veine centrale
de la rétine (OVCR). La présence du facteur V Leiden a été
recherchée et confrontée à l'apparition de néovaisseaux
dans l'année qui a suivi l'OVCR. Dans cette série la proportion
de patients ayant développé des néovaisseaux dépassait
la moitié des cas en présence de la mutation, alors qu'elle n'atteignait
pas un tiers des cas en l'absence de mutation. Des résultats qui semblent
indiquer que le facteur V Leiden augmente le risque de complications néovasculaires
après OVCR.