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Semaine du 3 au 9 mars 2003
Une endocardite
à expression oculaire inhabituelle (Am.
J. Ophthalmol. 2003 ; 135(2) : 228-9, K.M. Ramonas et al.) www.sciencedirect.com/science
krista.ramonas@msm.edu
Cet article décrit un cas clinique tout a fait particulier. Un toxicomane
consommateur de drogues par voie intra-veineuse a été hospitalisé
pour complications infectieuses relatives à une endocardite à
staphylocoque auréus, sensible à la méthicilline. Des métastases
septiques se sont développées au niveau de l'oeil gauche, réalisant
un tableau d'endophtalmie avec douleur, rougeur, hypopion, abcès de l'iris
et lésions du fond d'oeil. La ponction d'humeur aqueuse a retrouvé
le germe mis en cause dans l'endocardite. Un traitement antibiotique adapté
et administré par voies intra-veineuse, intra-vitréenne et topique
a permis au patient de récupérer une acuité visuelle de
20/25, l'hypopion et l'abcès irien ayant disparu en 15 jours de temps.
Les auteurs précisent que les métastases septiques de l'iris sont
rares et qu'il s'agit à leur connaissance du premier cas secondaire à
une endocardite bactérienne, publié à ce jour.
Effets
secondaires oculaire du pamidronate de sodium (Am.
J. Ophthalmol. 2003 ; 135(2) : 219-22, F.W. Fraunfelder et al.) www.sciencedirect.com/science
fraunfer@ohsu.edu
Le pamidronate de sodium est utilisé au cours des hypercalcémies
malignes, de certains myélomes et des ostéolyses malignes avec
ou sans hypercalcémie. Parmi ses effets indésirables figurent
des cas isolés d'uvéite, de sclérite, d'épisclérite,
de conjonctivite et de xanthopsie. A partir des données recueillies par
la pharmacovigilance, la FDA (Food and Drug Administration), l'OMS (Organisation
Mondiale de la Santé) et la littérature, les auteurs ont fait
le point. C'est ainsi qu'ils ont répertorié 18 cas de sclérites
(17 unilatérales, une bilatérale), six cas de récidive
après nouvelle exposition au traitement, ainsi que des cas de troubles
visuels, douleurs oculaires, conjonctivites, uvéites antérieures
et d'épisclérites. Ils concluent qu'un traitement par pamidronate
de sodium peut menacer la fonction visuelle, et qu'il doit par conséquent
être interrompu dans certains cas (notamment d'uvéite et de sclérite).
Phaco,
fragments de cristallin dans le vitré et décollement de rétine
(Am.
J. Ophthalmol. 2003 ; 135(2) : 183-7, W.E. Smiddy et al.) www.sciencedirect.com/science
wsmiddy@med.miami.edu
Une vitrectomie pouvant se compliquer de décollement de rétine
(DR), les auteurs se sont intéressés aux phacoémulsifications
avec luxation intra-vitréenne per-opératoire de quartiers de cristallin.
Cent yeux ont été inclus dans cette étude rétrospective.
Le chirurgien (le même pour tous les patients) a adapté sa technique
pour minimiser les risques de DR. Il a réalisé une vitrectomie
la plus complète possible et réduit la taille des fragments cristalliniens
avant de procéder à la phaco-fragmentation, a utilisé peu
d'énergie mais une aspiration franche, et a vérifié la
périphérie rétinienne en fin d'intervention (ophtalmoscopie
indirecte et indentation sclérale). Après analyse de ses résultats,
il conclut que le risque de DR peut rejoindre celui d'une extraction de la cataracte
compliquée d'issue de vitré, à condition d'employer une
technique de chirurgie vitréo-rétinienne type et de surveiller
de plus prêt les sujets à risques.
Glaucome
et aniridie (Am.
J. Ophthalmol. 2003 ; 135(2) : 155-9, C.P. Arroyave et al.) www.sciencedirect.com/science
L'aniridie s'accompagne d'autres lésions et malformations oculaires.
Parmi elles, un glaucome est présent dans au moins la moitié des
cas, qui peut imposer un traitement chirurgical. Les auteurs ont étudié
rétrospectivement les dossiers des patients suivis dans leur établissement
et qui, sur une période de dix ans, avaient été traités
par la mise en place d'un dispositif de drainage de l'humeur aqueuse. Ils ont
ainsi répertorié 8 yeux (5 patients), l'âge des malades
au moment de l'intervention variant de 10 mois à plus de 40 ans et le
suivi moyen étant de 18 mois. La pression intra-oculaire (PIO) moyenne,
qui en pré-opératoire était de 35 mmHg sous traitement,
a chuté à 15 mmHg, sans traitement médical, après
l'intervention. Selon cette série de petite taille, cette méthode
semble permettre de contrôler la PIO en cas de glaucome sur aniridie et
de conserver la fonction visuelle dans la plupart des cas.
Une échelle
pour quantifier le retentissement des pathologies oculaires liées à
l'âge
(Arch. Ophthalmol. 2003 ; 121(2) : 211-7, T.E. Clemons et al.) http://archopht.ama-assn.org
aredspub@emmes.com
Le questionnaire NEI-VFQ (National Eye Institute Visual Function Questionnaire),
qui comporte 39 items, a été utilisé au cours de l'étude
AREDS (Age Related Eye Disease Study) afin de déterminer l'influence
sur la qualité de la vie de maladies oculaires liées à
l'âge telles que la DMLA, la cataracte et autres atteintes de la fonction
visuelle. Ce travail a concerné 4 077 malades, au cours de la cinquième
année de suivi. Dans l'ensemble, et comparativement aux sujets témoins
(sains), les résultats obtenus à partir du NEI-VFQ étaient
significativement plus mauvais chez les patients porteurs par exemple d'une
DMLA évoluée, qu'elle soit uni- ou bilatérale, d'une cataracte
nucléaire prononcée ou d'une baisse d'acuité visuelle.
Des résultats qui plaident donc en faveur de l'utilisation de cette échelle
pour évaluer le retentissement des DMLA, cataractes ou baisses d'acuité
visuelle sur la qualité de la vie.
Epaisseur
cornéenne et pression intra-oculaire à la Barbade (Arch.
Ophthalmol. 2003 ; 121(2) : 240-4, B. Nemesure et al.) http://archopht.ama-assn.org
A l'heure où l'on s'intéresse à l'influence de l'épaisseur
cornéenne sur la mesure de la pression intra-oculaire (PIO), voici un
article qui nuance certaines données. Ce travail, issu de l'étude
"Barbados Eye Study Group", a inclus 1142 participants, en majorité
mélanodermes, d'âge moyen 64,3 ans. Tous ont eu un examen ophtalmologique
avec notamment tonométrie par applanation et pachymétrie. Dans
l'ensemble la cornée des sujets noirs avaient tendance à être
plus fine que celle des métis ou des blancs. Dans la population noire
l'épaisseur cornéenne centrale était significativement
plus élevée chez les jeunes, chez les diabétiques ou en
présence de troubles de la réfraction. Enfin les auteurs rapportent
une constatation étonnante. En effet, bien que de précédentes
études aient mis en évidence une corrélation positive entre
la pachymétrie et la PIO, cette notion n'a pas pu être retrouvée
chez les sujets noirs qui ont participé à cette étude.
Manifestations
oculaires au cours de la fièvre West Nile (Arch.
Ophthalmol. 2003 ; 121(2) : 205-7, H.S. Bains et al.) http://archopht.ama-assn.org
Les auteurs rapportent le cas d'une patiente qui s'est présentée
avec une panuvéite et une choriorétinite non nécrosante
bilatérales et asymétriques. La présence de symptômes
généraux persistants (asthénie, céphalées
et fébricule) ont conduit à rechercher une infection à
virus West Nile, dont la sérologie s'est révélée
positive. La fièvre West Nile (ou fièvre de Camargue ou maladie
à virus du Nil occidental) est une zoonose très proche de la dengue,
due à l'arbovirus West Nile, et transmise par des moustiques du genre
Culex. Chez l'homme (hôte accidentel) l'infection est le plus souvent
asymptomatique ou se traduit par un syndrome pseudo-grippal. Elle peut toutefois
se compliquer d'un syndrome méningé spontanément résolutif,
voire, rarement, d'une encéphalite potentiellement mortelle. L'agent
pathogène est présent essentiellement en Afrique du Nord et tropicale,
au Moyen-Orient, en Inde et en Asie centrale.
Incision
lamellaire et greffe de cornée
(Arch. Ophthalmol. 2003 ; 121(2) : 260-5, M. Busin) http://archopht.ama-assn.org
mbusin@alinet.it
L'auteur présente une technique de dissection cornéenne lamellaire
utilisable pour réaliser une kératoplastie transfixiante. L'ayant
lui même expérimentée chez huit patients qui présentaient
une décompensation endothéliale, il rapporte ses résultats.
Cette méthode doit permettre de procéder à l'ablation de
la totalité des sutures trois mois après l'intervention et d'accélérer
la récupération visuelle. Autres avantages : le diamètre
antérieur du greffon (7 mm) étant de plus petite taille que son
diamètre postérieur (9 mm), il est possible de transplanter une
plus grande quantité totale de cellules endothéliales tout en
maintenant la face antérieure du greffon à distance du limbe.
Sur le plan pratique aucune instrumentation particulière n'est nécessaire,
exceptée une chambre antérieure artificielle si l'on ne dispose
pas d'un prélèvement de globe entier.
Soulèvement
péripapillaire du myope fort
(Arch. Ophthalmol. 2003 ; 121(2) : 197-204, K.B. Freund et al.) http://archopht.ama-assn.org
vrmny@aol.com
A partir d'une étude rétrospective les auteurs décrivent
les caractéristiques des décollements péripapillaires de
la myopie pathologique. Sur une période de 17 ans, ils ont ainsi répertorié
20 yeux atteints (15 patients). La lésion, asymptomatique, se présente
comme un soulèvement jaune orangé de l'épithélium
pigmentaire et de la rétine, situé au niveau de la limite inférieure
du conus myopique. Elle est bien visible sur les images d'OCT (Optical Coherence
Tomography). Dans cette série les patients avaient en moyenne 58 ans
et la valeur moyenne de la myopie était de -11 Dioptries pour une longueur
axiale moyenne de 27,4 mm. Au cours du suivi le décollement est resté
stable dans la grande majorité des cas et n'a pas semblé retentir
sur la fonction visuelle. Il paraît important de savoir reconnaître
ces lésions, notamment pour les différentier d'une tumeur ou de
néo-vaisseaux choroïdiens, dont la prise en charge est différente.
Atteintes
rétiniennes chez les diabétiques et les non diabétiques
(Arch.
Ophthalmol. 2003 ; 121(2) : 245-51, van Leiden et al.) http://archopht.ama-assn.org
vanLeiden@vumc.nl
On considère habituellement l'ensemble des facteurs de risques cardio-vasculaires
comme favorisant la survenue de complications rétiniennes. Dans le but
de préciser cette notion les auteurs ont étudié l'influence
du taux d'hémoglobine glyquée, de l'âge, du sexe, de l'hypertension
artérielle (HTA), de l'index de masse corporelle (IMC), de l'obésité
de type abdominale, des lipidémies et du tabagisme, en fonction de l'existence
ou non de troubles du métabolisme du glucose. Sur une population de 233
personnes la survenue d'une rétinopathie a donc été recherchée
à partir du fond d'oeil de départ (examen clinique et photos)
et d'un fond d'oeil final réalisé au terme d'un suivi moyen de
plus de 9 ans. Au total et selon cette étude (The Horn Study), la valeur
de la glycémie, l'HTA et l'obésité abdominale apparaissent
comme de réels facteurs de risque de lésions rétiniennes
dans la population générale.