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Semaine du 17 au 23 février 2003
Décompression
chirurgicale d'occlusions de branche veineuse rétinienne (Retina
2002 ; 22(6) : 740-6, U. Mester et al.) www.retinajournal.com
Peu de moyens permettent d'améliorer la vision après une occlusion
de branche veineuse rétinienne. Certains auteurs ont donc proposé
de décomprimer chirurgicalement la veine au niveau du croisement artério-veineux
(CAV). Pour tester cette méthode les auteurs ont inclus 43 patients qui
ont accepté l'intervention et 25 témoins qui ne souhaitaient pas
être opérés. Tous ont été traités par
hémo-dilution isovolémique pendant 10 jours. Dans le 1er groupe
une vitrectomie postérieure a été réalisée,
des micro-ciseaux on permis de séparer la veine de l'artère et
une ablation de la membrane limitante interne (MLI), dans la région maculaire
et dans celle du CAV, a complété le geste dans 16 cas, sans complication.
A 6 semaines les résultats fonctionnels étaient significativement
meilleurs chez les opérés et l'ablation de la MLI a semblé
apporter une amélioration supplémentaire. D'autres études
restent nécessaires.
Reconnaître
un mélanome annulaire (Retina
2002 ; 22(6) : 698-706, 852-3, H. Demirci et al.) www.retinajournal.com
Les mélanomes annulaires du corps ciliaire sont rares mais leur diagnostic
est souvent retardé, car ils passent facilement inaperçus lors
de l'examen bio-microscopique. Leur pronostic vital est mauvais. Parmi 8 800
patients traités pour mélanome de l'uvée, les auteurs ont
compté 23 cas de mélanomes annulaires, 17 malades se plaignant
d'un flou visuel et 6 étant asymptomatiques. Le diagnostic a été
posé d'emblée dans 13 cas. Dans les autres cas on a évoqué
un glaucome, un noevus irien, une cataracte, un décollement du corps
ciliaire ou une uvéite. Différents signes cliniques ont été
observés : néovascularisatio irienne, hypothalamie, tyndall de
chambre antérieure, opacification, indentation ou subluxation du cristallin.
Certains signes (dilatation des vaisseaux épiscléraux, disparition
de la transillumination, masse multinodulaire, vacuolaire et pulsatile en échographie)
sont très évocateurs du diagnostic.
Vertéporphine
et photosensibilisation
(Retina 2002 ; 22(6) : 691-7, J.M. Houle et al.) www.retinajournal.com
La photothérapie dynamique (PDT) utilise les propriétés
photo-sensibilisantes de la vertéporphine. Pour mieux connaître
le risque d'effets indésirables liés à cette photosensibilisation
les auteurs ont recueilli trois types de données. Ils ont mesuré
le degré d'érythème et d'oedème cutanés de
17 volontaires sains en les exposant, suite à une administration de vertéporphine,
à une lumière rouge ainsi que la dose journalière minimale
de lumière solaire artificielle responsable d'un érythème
chez 30 patients ayant un cancer cutané. Enfin ils ont répertorié
les effets indésirables survenus au cours d'essais cliniques de phase
III (PDT pour NVC de la DMLA ou du myope fort). Selon ces données il
semble que la photosensibilité due à la vertéporphine soit
de courte durée et qu'elle soit rarement responsable de réactions,
la plupart étant évitables grâce au respect des mesures
de protection.
Cataracte
et antécédents d'uvéite : résultats visuel en fonction
de l'implant (J.
Cat. Refract. Surg. 2002 ; 28(12) : 2096-108, J.L. Alio et al.) www.sciencedirect.com
Cette étude multicentrique prospective et randomisée a inclus
140 yeux (140 patients) opérés par phacoémulsification
alors qu'ils avaient des antécédents d'uvéite. Les résultats
ont été comparés en tenant compte du type d'implant de
chambre postérieure (ICP) utilisé : acrylique hydrophobe (48),
silicone (44), PMMA (26) ou PMMA hépariné (22). Près de
la moitié des yeux ont récupéré une acuité
visuelle (AV) finale corrigée d'au moins 20/40, amélioration hautement
significative si l'on considère l'AV initiale. Les meilleurs résultats
visuels, le taux de complications le plus bas et le degré d'inflammation
le plus faible pendant le premier trimestre ont été obtenus avec
les ICP acryliques. Ils avaient, avec les PMMA-héparinés, le plus
faible taux de rechute des uvéites. Sur les ICP en silicone l'inflammation
à J1 était plus importante et les opacifications capsulaires secondaires
plus fréquentes.
Perception
du mouvement et glaucome (Surv. Ophthalmol. 2003 ; 48(1) : 92-106,
N. Shabana et al.) www.sceincedirect.com/science
Les cellules ganglionnaires qui forment la voie magnocellulaire (M) sont spécialisées
dans la perception du mouvement, des contrastes faibles et du papillotement
(variations très rapides de contraste de luminance). Différents
arguments plaident en faveur de l'atteinte préférentielle de la
voie M au cours des glaucomes. Or, un champ visuel classique ne détecte
les lésions que lorsque 20 à 40% des cellules ganglionnaires sont
détruites. Les recherches s'orientent donc vers la mise au point d'examens
complémentaires capables de reconnaître la neuropathie optique
glaucomateuse à un stade plus précoce, certaines en étudiant
la perception du mouvement (voie M). Les auteurs, qui proposent une revue de
la littérature à ce sujet, estiment que l'examen de la perception
de stimulus en mouvement au delà de la zone des 15 degrés centraux
(périmétrie en mouvement) pourrait devenir un outil diagnostic
intéressant.
Dacryocystorhinostomie
par voie endonasale(Surv. Ophthalmol. 2003 ; 48(1) : 73-84, L.M. Watkins
et al. www.sceincedirect.com/science
Les auteurs reviennent sur les progrès réalisés en matière
de dacryocystorhinostomie. Autrefois exclusivement réalisée par
voie externe, cette méthode a bénéficié des améliorations
techniques apportées aux endoscopes. L'intervention peut maintenant se
dérouler par voie endonasale, chez l'adulte comme chez l'enfant, ce qui
permet de traiter bon nombre de larmoiements. Parmi ses avantages on peut citer
l'absence d'incision cutanée, la visualisation per-opératoire
directe de la région endonasale (souvent impliquée dans la physiopathogénie
de l'affection) et par conséquent un meilleur contrôle de l'hémostase
ou du positionnement du matériel d'intubation canaliculaire. L'utilisation
des endoscopes peut aussi être couplée à celle du laser
endonasal. Toutefois chez l'enfant certains problèmes spécifiques
demeurent, notamment du fait de la petite taille des structures anatomiques
locales.
Le syndrome
de Charles Bonnet gagne à être reconnu (Surv. Ophthalmol.
2003 ; 48(1) : 58-72, G.J. Menon et al.) www.sceincedirect.com/science
Une vision déficiente peut s'associer à des hallucinations visuelles
: c'est le "Syndrome de Charles Bonnet". Il s'agit le plus souvent
d'images nettes et organisées que le patient, souvent âgé,
contrôle difficilement, tout en ayant conscience de leur caractère
anormal. Elles feraient intervenir une déafférentation des aires
visuelles associatives du cortex cérébral (d'où les images
"fantômes") voire certains troubles cognitifs, l'isolement social
ou la déprivation sensorielle. Du fait du refus de certains malades d'en
parler, et de sa relative méconnaissance par le corps médical,
la fréquence de ce syndrome est sous estimée, ce à quoi
il faut essayer de remédier. En effet les hallucinations représentent
une source d'angoisse majeure pour les patients alors que le traitement consiste
avant tout à leur expliquer l'origine des troubles et à les soutenir
psychologiquement. Les anti-convulsivants sont parfois utiles.
Rhabdomyosarcome
et ophtalmologie (Surv. Ophthalmol. 2003 ; 48(1) : 39-57, J.A. Shield
et al.) www.sceincedirect.com/science
Le rhabdomyosarcome se développe à partir du muscle strié
et représente le sarcome le plus fréquent des parties molles de
l'enfant. Il peut concerner différentes régions, dont l'orbite.
Dans ce cas il se localise habituellement au niveau des tissus mous péri-oculaires.
Toutefois il peut aussi s'observer, bien que rarement, au niveau des annexes
voire en intra-oculaire (uvée). Les auteurs reviennent sur les rhabdomyosarcomes
en général et détaillent les caractéristiques de
leur localisation orbitaire. Celle ci est en général responsable
d'une exophtalmie d'allure inflammatoire avec ophtalmoplégie et atteinte
visuelle sévère d'évolution rapide. Le pronostic de cette
tumeur maligne est réservé, mais tend à s'améliorer
grâce à l'utilisation de nouvelles modalités diagnostiques
et thérapeutiques.
Rétinopathies
et neuropathies optiques paranéoplasiques (Surv. Ophthalmol.
2003 ; 48(1) : 12-38, J.W. Chan) www.sceincedirect.com/science
Les syndromes paranéoplasiques désignent l'ensemble des signes
cliniques et biologiques qui peuvent être associés à une
tumeur maligne sans toutefois être directement liés à son
extension locale ou à ses métastases. Ils peuvent témoigner
de l'action à distance de médiateurs de l'inflammation synthétisés
par la lésion ou d'un conflit immunologique de nature auto-immune. Bien
que rares, ils peuvent être la première manifestation d'un cancer
et doivent être reconnus comme tels pour que les malades puissent bénéficier
le plus tôt possible d'un traitement adapté. L'auteur décrit
les rétinopathies et les neuropathies optiques paranéoplasiques
ainsi les rétinopathies associées aux mélanomes, tout en
insistant sur leurs diagnostics différentiels. Il rapporte les résultats
obtenus sous traitement et envisage les perspectives dans le domaine de l'immunothérapie.
Cataracte
après chirurgie réfractive : comment éviter les mauvaises
surprises ? (Curr. Opin. Ophthalmol. 2003 ; 14(1) : 44-53, D.R. Hamilton
et al.) www.co-ophthalmology.com
Le nombre des personnes opérées de la cataracte tout en ayant
déjà eu recours à la chirurgie réfractive va croissant.
Du fait des progrès de la microchirurgie le geste opératoire est
maintenant bien codifié et reproductible. Le résultat opératoire
dépend donc avant tout de la précision du calcul d'implant. Les
formules de troisième génération (Haigis, Hoffer Q, Holladay
2 ou SRK/T) sont fiables lorsqu'il s'agit de cornées dont les propriétés
physiologiques sont intactes. En revanche elles ne sont plus adaptées
lorsqu'il existe des antécédents de chirurgie réfractive
cornéenne. Ceci est à l'origine de "mauvaises surprises"
post-opératoires qui impliquent parfois une reprise chirurgicale. Les
auteurs passent en revue les moyens qui doivent permettre d'éviter ces
erreurs réfractives. Il s'agit notamment d'évaluer correctement
la valeur de la kératométrie à utiliser pour calculer l'implant.