Retour à la page d'accueil du site snof.org

Semaine du 10 au 16 février 2003

Néovascularisation choroïdienne iatrogène (Retina 2002 ; 22(6) : 711-8, N.M. Bressler et al.) www.retinajournal.com
Il arrive que le laser ou la chirurgie se compliquent d'une néovascularisation choroïdienne (NVC). La réparation des altérations de la membrane de Bruch et/ou de l'épithélium pigmentaire libérerait en effet des facteurs angiogéniques et les cellules inflammatoires ou l'ischémie pourraient aussi jouer un rôle. Les auteurs rapportent trois cas de NVC iatrogène, qui viennent s'ajouter aux nombreux exemples déjà publiés. Il s'agit de deux patients opérés d'une translocation maculaire pour NVC rétro-fovéolaire et d'un patient opéré d'une membrane épimaculaire idiopathique. Une NVC s'est développée sur le site de la rétinotomie ponctiforme dans les deux premiers cas et à l'emplacement d'une blessure accidentelle de la membrane de Bruch dans le troisième. Ces observations illustrent la nécessité de surveiller les déchirure de la membrane de Bruch après chirurgie de la macula.

L'OCT pour évaluer l'oedème maculaire diabétique (Retina 2002 ; 22(6) : 759-67, W. Goebel et al.) www.retinajournal.com
Cette étude a quantifié par OCT (Optical Coherence Tomography) l'épaisseur maculaire de patients porteurs d'une rétinopathie diabétique. Les résultats ont été comparés à ceux des méthodes classiques d'évaluation de l'oedème maculaire : clinique et angiographie. Ont été enrôlés : 136 diabétiques et 30 sujets témoins (macula normale). L'épaisseur maculaire, mesurée au niveau de la fovéa et des régions parafovéolaires temporale et nasale, était plus importante chez les diabétiques, résultats hautement significatifs. Elle était corrélée dans une certaine mesure au degré de diffusion de la fluorescéine en angiographie ainsi qu'au niveau d'acuité visuelle, notamment en l'absence d'ischémie maculaire. Dans cette série l'OCT a permis de détecter les oedèmes maculaires diabétiques en mesurant l'épaisseur de la fovéa avec une sensibilité de 89% et une spécificité de 96%.

Papillopathie du diabète de type II (Retina 2002 ; 22(6) : 752-8, Z. Bayraktar et al.) www.retinajournal.com
Afin de mieux connaître les signes cliniques ophtalmologiques qui sont susceptibles d'accompagner la papillopathie diabétique, les auteurs ont passé en revue les dossiers de plus de 3 200 patients diabétiques de type II, pour en trouver 22 cas (22 yeux de 16 patients). Il s'agissait d'oedèmes papillaires transitoires uni- ou bilatéraux, sans modification significative de la meilleure acuité visuelle corrigée. La durée moyenne d'évolution du diabète était de 10 ans lorsque cette complication est apparue et le contrôle métabolique était insuffisant dans environ la moitié des cas. Après analyse des données recueillies les auteurs concluent que la papillopathie diabétique peut survenir en cas de diabète de longue date et qu'elle peut être associée à une rétinopathie, proliférante ou non, ou à un oedème maculaire.

Implants pliables et ré-interventions (J. Cataract. Refract. Surg. 2002 ; 28(12) : 2181-7, N. Mamalis) www.sciencedirect.com
Ce travail a été réalisé auprès des membres de la société américaine de chirurgie réfractive et de la cataracte et de la société européenne des chirurgiens réfractifs et de la cataracte. Il concernait les cas de ré-intervention pour des complications faisant suite à l'utilisation d'implants pliables. Les implants ont été considérés en fonction de leurs caractéristiques : géométrie, matériau et mono- ou multi-focalité. A l'issue de cette étude quatre motifs principaux ont été mis en évidence quant aux changements d'implants : calcifications, erreurs de puissance, aberrations optiques, décentrements et/ou luxations. Selon les auteurs quatre mesures permettraient de prévenir la plupart de ces complications : améliorer la précision du calcul des implants, respecter une technique chirurgicale rigoureuse, informer correctement les patients et agir au niveau de la fabrication des lentilles intra-oculaires.

Effets des implants phakes de chambre postérieure sur la pupille (J. Cat. Refract. Surg. 2002 ; 28(12) : 2170-2, R.J. Keuch et al.) www.sciencedirect.com
Les implants phakes de chambre postérieure trouvent leur place entre l'iris et le cristallin, on est donc en droit de se demander si leur présence ne perturbe pas le jeu pupillaire. Pour tenter de répondre à cette interrogation les auteurs ont mesuré un ensemble de valeurs par pupillographie, dans des conditions standardisées, avant puis après l'intervention, chez 15 myopes et 9 hypermétropes implantés. L'étude a porté sur le diamètre pupillaire, le délai de réaction de la pupille ainsi que son amplitude de constriction et le temps qui lui était nécessaire pour revenir à son état antérieur. Bien que dans cette série, tous ces paramètres se soient trouvés diminués en post-opératoire par rapport à leur valeur pré-opératoire, les auteurs précisent que rien à l'heure actuelle, ne prouve que ces modifications aient un réel retentissement clinique.

Contrôle pressionnel après chirurgie du cristallin en cas d'antécédents de trabéculectomie (J. Cat. Refract. Surg. 2002 ; 28(12) : 2159-64, R.J. Casson et al.) www.sciencedirect.com
Chez les patients opérés de trabéculectomie, la technique utilisée dans un second temps pour extraire une cataracte influence-t-elle le contrôle de la pression intra-oculaire (PIO) ? Les auteurs ont cherché à le savoir en comparant l'évolution des yeux de 28 patients opérés par phacoémulsification et 28 patients opérés d'extraction extra-capsulaire (tous implantés et appariés en âge, sexe, diagnostic et niveau de PIO). La chirurgie filtrante datait d'au moins 3 mois lorsque la cataracte a été enlevée. Le suivi a duré 2 ans. Dans le groupe "phaco" la PIO moyenne post-opératoire moyenne n'était pas significativement différente de ce qu'elle était en pré-opératoire. En revanche dans le groupe "extra-capsulaire" elle était, à 12 mois, significativement augmentée. D'après les résultats de cette série il semble bien que le contrôle pressionnel à long terme soit meilleur après une phaco qu'après une extra-capsulaire.

Effet d'une hypertonie oculaire fugace sur l'épaisseur de la couche des fibres optiques (J. Cat. Refract. Surg. 2002 ; 28(12) : 2117-22, M Lester et al.) www.sciencedirect.com
Au cours d'une procédure de Lasik le temps de succion provoque une hyperpression intra-oculaire de courte durée. Pour tenter de savoir si celle ci présente un danger pour les fibres optiques de sujets normaux, 11 volontaires sains ont été enrôlés et un de leur yeux a été exposé à une compression oculaire de 100 mm Hg pendant 45 secondes. La mesure de l'épaisseur de la couche des fibres a été réalisée par GDx NFA avant, puis deux minutes et un mois après l'expérience. Dans cette série de petite taille qui a fait intervenir des sujets sains aucune différence significative n'a été mise en évidence entre les valeurs obtenues avant puis après compression sur ces yeux normaux.

La kératopathie du Xylène (Cornea 2003 ; 22(1) : 88-90, F. Trujillo et al.) www.corneajrnl.com
Le xylène est un hydrocarbure benzénique essentiellement dérivé du pétrole. Une exposition oculaire accidentelle peut être due à une projection liquide ou simplement à des émanations de vapeur. A partir d'un cas et d'une revue de la littérature les auteurs décrivent l'entité que représente la kératopathie au xylène. Son tableau clinique associe typiquement une baisse d'acuité visuelle, un épaississement cornéen, des vacuoles cornéennes épithéliales et stromales sur fond d'opacification stromale diffuse. Les vacuoles sont diffuses, ténues et leur contenu est bio-microscopiquement clair, mais on peut aussi observer des lésions rondes, plus denses et blanches. Sous corticothérapie locale ces aspects disparaissent progressivement pour, en principe, ne pas laisser de séquelles. Devant une kératopathie vacuolaire épithéliale et stromale on peut donc se poser la question de la responsabilité éventuelle du xylène.

Quand les ptérygions résistent (Cornea 2003 ; 22(1) : 63-6, V.S. Sangwan et al.) www.corneajrnl.com
On connaît la capacité qu'ont les ptérygions de récidiver après une exérèse et bien des chirurgiens travaillent à prévenir ces récidives. Les auteurs présentent deux cas extrêmes et proposent une option thérapeutique. Alors que leur ptérygion avait demandé six interventions successives (avec ou sans traitement associé), deux patients, âgés de 24 et 42 ans ont finalement bénéficié dans le même temps opératoire d'une application de mitomycine C associée à une auto-greffe limbique et une greffe de membrane amniotique. Après un suivi de plus de deux ans aucune nouvelle rechute ne s'était déclarée. Cette technique combinée paraît donc être efficace dans certains cas mais elle ne doit être envisagée que si toutes les autres solutions chirurgicales ont échoué.

Application de l'OCT aux greffons cornéens (Cornea 2003 ; 22(1) : 56-50, S.G. Prilinger et al.) www.corneajrnl.com
Du fait de la multiplication des interventions de chirurgie réfractive, de plus en plus de greffons cornéens potentiels auront des antécédents de Lasik. Jusqu'à présent aucun procédé permettant de le détecter sur les cornées des donneurs n'a réellement été établi. Cette étude visait à déterminer si l'OCT (Optical Coherence Tomography) pourrait être utilisé dans cette indication. Les auteurs ont pour cela réalisé un Lasik (photoablation de 0 à 12 Dioptries) sur 20 cornées humaines conservées par organoculture avant puis 6 mois après le geste. Parallèlement 2 cornées de donneurs décédés dont les antécédents de Lasik étaient connus ont été examinées. Dans tous les cas de cette série l'OCT a reconnu l'interface entre le capot et le stroma cornéens. L'OCT pourrait donc bien être le moyen pour la banque des yeux de détecter les antécédents de Lasik sur les greffons.