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Semaine du 3 au 9 février 2003
Glaucome
aigu : évolution à long terme après iridoplastie immédiate
et iridotomie laser
(J. Glaucoma. 2002 ; 11(6) : 484-7, J.S. Lai et al.) www.glaucomajournal.com
Trente yeux de 29 patients d'origine chinoise ont été inclus dans
cette étude. Tous avaient présenté une crise de glaucome
aigu par fermeture de l'angle et ont été traités en urgence
par iridoplastie périphérique (réalisée au laser
à argon ou laser diode) suivie d'une iridotomie périphérique
par laser. Le suivi moyen, qui a duré presque 3 ans, a permis de constater
que, dans cette série, environ deux tiers des patients ont pu conserver
durablement une pression intra-oculaire normale en l'absence de traitement médical.
Les autres ont évolué vers un glaucome chronique à angle
fermé avec présence de synéchies de l'angle irido-cornéen.
En revanche peu de complications cornéennes ou cristalliniennes imputables
au laser ont été relevées.
Effet
de l'insensibilité aux androgènes sur les sécrétions
meibomiennes (Arch.
Ophthalmol. 2002 ; 120(12) : 1689-99, B.D. Sullivan et al.) http://archopht.ama-asn.org
sullivan@vision.eri.harvard.edu
La régulation de la production lacrymale est à la fois nerveuse
et hormonale, les hormones impliquées étant les androgènes.
Les déficits en androgènes retentissent donc sur la qualité
des larmes. Les auteurs ont étudié l'impact d'une insensibilité
aux androgènes sur les sécrétions meibomiennes. Les prélèvements
ont été effectués chez une patiente atteinte de ce syndrome,
qui résulte d'une anomalie des récepteurs androgéniques.
Ses sécrétions ont été examinées grâce
à différents procédés (chromatographie, spectrométrie...)
et ont été comparées à celles de sujets témoins
(une femme du même âge et plusieurs hommes). Les résultats
ont montré que les androgènes exercent une influence significative
sur la phase polaire (sphingo-, phospholipides) et la phase non polaire (cholestérol)
du meibum et que cette influence peut s'exercer par l'intermédiaire des
récepteurs aux androgènes.
Récidive
à distance après résection trans-sclérale de mélanomes
de l'uvée
(Arch. Ophthalmol. 2002 ; 120(12) : 1659-64 et al.) http://archopht.ama-asn.org
jwkim333@yahoo.com
Les dossiers de 494 patients suivis pour un mélanome malin de l'uvée
ont été revus. Tous avaient subi une ablation trans-sclérale
de la tumeur. Dans cette série 9 récidives tumorales à
distance sont survenues (1,8% des cas). Chez ces patients la lésion initiale
mesurait en moyenne 16,1 mm de diamètre et 9,8 mm d'épaisseur.
Au terme d'un suivi moyen d'environ 7 ans, 7 de ces malades avaient une acuité
visuelle réduite à compter les doigts ou moins, et 3 étaient
décédés, suite à des métastases. Selon ces
données il apparaît que les récidives tumorales qui se développent
à distance du foyer initial après une résection chirurgicale
proviennent de la dissémination du mélanome primitif soit spontanée,
soit favorisée par le geste opératoire. Quand une récidive
survient alors que la tumeur initiale était de grande taille le risque
de localisations multiples augmente, ce qui justifie un traitement agressif.
Rôle
du VEGF dans l'apparition de néovaisseaux iriens après OVCR (Arch.
Ophthalmol. 2002 ; 120(12) : 1644-50, S.R. Boyd et al.) http://archopht.ama-asn.org
Le Vascular Endothelial Growth Factor (VEGF) est impliqué dans les processus
de néoangiogénèse. Les anti-VEGF ont donc pour but de lutter
contre les néo-vaisseaux en pathologie. Seize patients ont été
suivis pendant un an pour une occlusion de la veine centrale de la rétine
(OVCR) ischémique. Différents paramètres ont été
étudiés : examen clinique, angiographie rétinienne et irienne
et ponction de chambre antérieure. Cette dernière a permis de
doser le VEGF dans l'humeur aqueuse ainsi que l'albumine, témoin de l'hyper-perméabilité
vasculaire. Une forte corrélation a été mise en évidence
entre la concentration en VEGF de l'humeur aqueuse et à la fois l'évolution
de la néovascularisation et la perméabilité vasculaire.
Une augmentation du VEGF serait donc une bonne indication thérapeutique
et un traitement par anti-VEGF débuté précocement au cours
des OVCR ischémiques pourrait être efficace.
La délétion
de RD1 de Mycobacterium tuberculosis mime l'atténuation de la virulence
du vaccin BCG (Infect.
Immun. 2003 ; 71 : 117-23, K.N. Lewis et al.)
La mutation responsable de l'atténuation de la virulence du vaccin BCG
constitué de M. bovis vivant n'a jamais été définie.
Des études génétiques récentes ont identifié
une seule région ADN différente, RD1, absente dans toutes les
souches BCG et présente dans toutes les souches de M.tuberculosis (MT).
Cette région de 5-kb a des fonctions encore inconnues bien qu'elle inclue
les AG spécifiques immunodominants ESAT-6 et CFP-10. RD1 a été
délété des souches H37Rv de MT et la virulence de ces souches
H37RvDeltaRD1 a été évaluée après infection
de lignées cellulaires THP-1 de type macrophages humains, de macrophages
dérivés de monocytes humains du sang circulant et de la souris
C57BL/6. Dans chacun de ces systèmes, la souche H37RvDeltaRD1 a été
étonnamment moins virulente que MT et très semblable au BCG. Il
est conclu que les gènes inclus dans RD1 ou contrôlés par
lui sont essentiels à la virulence et que la perte de RD1 a été
importante pour l'atténuation du BCG.
Évaluation
de la qualité de vie en relation avec la santé (QdVRS) chez les
patients à faible revenu souffrant de BPCO et sous OLT
(Chest 2003 ; 123 : 136-41, Claudia Adriana Sant'Anna Ferreira et al.) www.chestnet.org
Le SF-36 et le questionnaire respiratoire du St George (SGRQ) ont été
utilisés pour évaluer la QdVRS de 36 patients BPCO sous OLT et
33 BPCO témoins sans hypoxémie sévère. Les scores
du SF-36 et du SGRQ objectivaient une importante altération de la QdVRS
et ceux sous OLT avaient tendance à être encore plus mauvais sur
la plupart des items dans les 2 tests, mais les différences entre les
2 groupes étaient seulement significatives statistiquement sur le plan
des activités physiques et relationnelles du SF-36. La dyspnée
mesurée par l'index de dyspnée basale était corrélée
significativement avec tous les items des 2 questionnaires sauf l'item douleur
du SF-36. En résumé, la QdVRS des patients BPCO à bas revenu
financier est notablement altérée et de façon encore plus
prononcée chez les patients sous OLT. La sévérité
de la dyspnée a été un prédicteur significatif des
différents éléments composant la QdVRS de ces patients.
Une cicatrice
solide ! (J.
Cataract. Refract. Surg. 2002 ; 28(12) : 2231-2, D.W. Teenan et al.) www.sciencedirect.com
Voici une observation qui rassure, si besoin était, sur la solidité
des cicatrices cornéennes tunnelisées sans suture. Dix jours après
une phacoémulsification qui s'était déroulée sans
incident, une patiente de 81 ans a fait une chute avec traumatisme de la face
et fracture du plancher de l'orbite. Malgré la violence du choc la cicatrice
cornéenne est restée intacte. Il s'agissait d'une porte d'entrée
tunnelisée auto-étanche non suturée. Selon les auteurs
ce cas clinique montre qu'il s'agit d'incisions capables non seulement de procurer
aux opérés une récupération visuelle rapide, mais
aussi d'éviter une réouverture du globe en cas de traumatisme.
Cela sous entend une technique de réalisation per-opératoire bien
maîtrisée.
L'origine
des ectasies cornéennes post-Lasik en questions (J.
Cataract. Refract. Surg. 2002 ; 28(12) : 2206-13, I.F. Comaish et al.) www.sciencedirect.com
Après une chirurgie réfractive par Lasik une ectasie cornéenne
progressive peut s'observer. Il s'agit heureusement d'une éventualité
rare, mais elle peut avoir de graves conséquences. Sa première
description est assez récente puisqu'elle date de 1998. Elle survient
plus volontiers après traitement des myopies fortes, est suspectée
devant une régression de l'effet réfractif et est objectivée
par le relevé topographique cornéen. Son mécanisme exact
est mal connu. Les auteurs discutent et analysent les différentes hypothèses
: s'agit-il de conséquences biomécaniques dues au geste chirurgical
(affaiblissement cornéen) ? Existe-t-il une prédisposition de
certains yeux ? Est-ce une association de plusieurs causes ? Dans l'état
actuel de nos connaissances il n'est pas encore possible de conclure et il persiste
pour le moment plus de questions que de réponses.
Contamination
bactérienne intra-oculaire en cours de phacoémulsification
(J. Cataract. Refract. Surg. 2002 ; 28(12) : 2173-6, R Srinivasan et al.) www.sciencedirect.com
Dans le but de vérifier l'intérêt de la phacoémulsification
vis-à-vis du risque de contamination bactérienne, une équipe
indienne a mis en place une étude prospective qui a inclus 80 patients
(80 yeux) opérés par cette technique. Pour chacun d'entre eux
des prélèvements per-opératoires de chambre antérieure
ont été mis en culture. Ils se sont révélés
positifs dans près de la moitié des cas. Le germe aérobie
le plus fréquemment rencontré était le staphylocoque coagulase
négative alors que pour les germes anaérobies il s'agissait de
propionibacterium acnes. Tenant compte de ces résultats les auteurs estiment
qu'il n'existe pas de preuve de la supériorité de la phacoémulsification
sur l'extraction extra-capsulaire, si l'on considère le risque de contamination
bactérienne per-opératoire.
Rétinopexie
par photocoagulation post-opératoire pour DR rhegmatogène (Retina
2002 ; 22(6) : 733-9, J.C. Van Meurs et al.) www.retinajournal.com janvanmeurs@cs.com
En cas de décollement de rétine (DR) rhegmatogène l'essentiel
est l'occlusion des déhiscences, mais une rétinopexie lui est
habituellement associée, qui peut être réalisée par
différents moyens. Sur une série de 123 patients (124 yeux) traités
par indentation circulaire, les auteurs ont utilisé le laser post-opératoire
dans cette indication. Trois quart de ces malades étaient phakes, un
quart pseudo-phakes, la moitié avaient une déchirure, 15% de multiples
déchirures, 30% avaient des trous et dans 5% des cas aucune déhiscence
n'a été identifiée. La technique opératoire a été
adaptée en fonction de l'aspect et du stade du DR (présence ou
non d'une prolifération vitréo-rétinienne, PVR...) et la
photocoagulation a eu lieu en moyenne 3,5 semaines après l'intervention.
A l'issue du suivi, qui était d'au moins 6 mois, la rétine était
à plat dans tous les cas. La rétinopexie par laser post-opératoire
a semblé être une alternative fiable.