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Semaine du 27 janvier au 2 février 2003

Toxine botulique, blépharospasme et oeil sec (Br. J. Ophthalmol. 2003 ; 87(1) : 54-6, J. Horwath-Winter et al.) http://bjo.bmjjournal.com
Bien des patients atteints d'un blépharospasme essentiel ont également une sécheresse oculaire. Afin de savoir si la toxine botulique A est active sur cette dernière composante, les auteurs ont suivi 16 patients traités par cette méthode. Dans tous les cas l'injection de toxine a été efficace sur le spasme palpébral, mais seuls trois malades ont signalé une diminution des symptômes de sécheresse oculaire. L'évaluation a porté sur un questionnaire et un examen ophtalmologique comportant un break up time (BUT) un test de Shirmer sans anesthésie locale, une coloration au rose Bengal et une empreinte conjonctivale au cours d'un suivi de trois mois après le traitement. Dans cette série, et après analyse des résultats, les injections de toxine botulique se sont montrées inefficaces contre l'oeil sec.

Aspect de la papille en cas d'atrophie optique autosomale dominante OPA1 (Br. J. Ophthalmol. 2003 ; 87(1) : 48-53, M. Votruba et al.) http://bjo.bmjjournal.com
Les atrophies optiques dominantes sont hétérogènes sur le plan génétique, mais toutes se caractérisent par une pâleur papillaire. Un certain degré d'excavation peut parfois rendre difficile le diagnostic différentiel avec un glaucome. A partir d'une série de 29 patients (58 yeux) les auteurs décrivent les caractéristiques morphologiques de la papille dans un sous-groupe homogène : celui des atrophies optiques autosomales dominantes OPA1. L'évaluation a porté sur l'examen clinique, l'acuité visuelle, la pression intra-oculaire (PIO), le champ visuel et la vision des couleurs. Si environ la moitié des papilles avait une pâleur temporale l'autre moitié était pâle de façon diffuse. L'excavation était superficielle huit fois sur dix et profonde deux fois sur dix, la PIO étant par ailleurs toujours normale. Une fréquence particulièrement élevée d'atrophie péri-papillairen a été relevée.

Sclérite et myosite orbitaire souvent associées (Br. J. Ophthalmol. 2003 ; 87(1) : 38-42, Z.F. Boonman et al.) http://bjo.bmjjournal.com
Un peu plus de cent patients ont été inclus dans ce travail rétrospectif, les trois quarts d'entre eux ayant eu une sclérite et un quart une épisclérite. Les analyses ont porté sur les signes cliniques, l'échographie, les facteurs déclenchant, les complications oculaires, le traitement et l'évolution. Dans cette série 11 cas de myosite ont été retrouvés, notamment dans un contexte de sclérite postérieure. Cette localisation n'était associée ni à d'autres maladies systémiques ni à un pronostic fonctionnel plus sévère. Les sclérites unilatérales n'étaient jamais associées à une myosite bilatérale. Les complications oculaires étaient plus fréquentes en cas de sclérite associée à une myosite plutôt qu'en cas de sclérite isolée, témoignant de l'activité du processus inflammatoire. Il semble que cette association puisse être attribuée à une diffusion de l'inflammation sclérale et épisclérale aux muscles oculomoteurs.

Pression intra-oculaire après injection intra-vitréenne de triamcinolone acetonide (Br. J. Ophthalmol. 2003 ; 87(1) : 24-7, J.B. Jonas et al.) http://bjo.bmjjournal.com
Cette étude a inclus 75 yeux traités par des injections intravitréennes de corticoïdes (25 mg de triamcinolone acetonide). Il s'agissait pour la majorité des cas de DMLA compliquées de néovascularisation et pour une minorité, d'oedèmes maculaires diabétiques. Environ deux mois après le traitement la PIO moyenne a augmenté de façon significative par rapport à son niveau de départ. De ce fait dans plus de la moitié des yeux elle a dépassé la barre des 21 mmHg, le seul facteur favorisant identifié étant le jeune âge. Dans la plupart des cas elle s'est normalisée sous traitement local dans les six mois qui ont suivi l'injection, sans qu'un glaucome ne se développe. Chez les patients qui ont dû recevoir plusieurs injections aucune récidive de l'hypertonie oculaire n'a été constatée.

Traumatisme perforant du segment postérieur : faut il cercler d'emblée ? (Br. J. Ophthalmol. 2003 ; 87(1) : 75-8, JG Arroyo et al.) http://bjo.bmjjournals.com
Devant une plaie transfixiante du segment postérieur, l'exploration et la suture de la lésion sont effectuées en urgence. Mais le risque à plus ou moins long terme est de devoir réintervenir pour cause de complications, notamment pour traiter un décollement de rétine (DR). Certains préconisent donc la mise en place préventive d'un cerclage dans le premier temps opératoire, dès la suture réalisée. Afin de préciser cette indication les auteurs ont comparé 19 patients cerclés préventivement à un groupe de patients non cerclés, retenus comme témoins. Tenant compte de l'acuité visuelle (AV) initiale, de la localisation de la plaie et du mécanisme traumatique ils ont analysé l'AV post-opératoire, le résultat anatomique, le nombre de DR et de réinterventions. Selon cette étude un cerclage de première intention paraît pouvoir diminuer le risque de DR et améliorer les résultats anatomiques et fonctionnels.

Les sujets en bonne santé sous estiment l'impact de la DMLA sur la qualité de vie (Br. J. Ophthalmol. 2003 ; 87(1) : 8-12, J.D. Stein et al.) http://bjo.bmjjournals.com Lissa1011@aol.com
L'importance de la prise en compte de la qualité de la vie est une notion qui se développe en médecine. La DMLA est une pathologie fréquente qui peut menacer l'autonomie des malades et avoir un retentissement majeur sur leur qualité de vie. Les médecins et l'entourage en sont ils suffisamment conscients ? Il semble que non si l'on en juge par les résultats de cette étude. Des questionnaires de qualité de vie ont été remplis par 115 patients, 142 volontaires sains et 62 médecins qui ont essayé de se mettre à la place des malades. Qu'il s'agisse d'une DMLA modérée, d'intensité moyenne ou sévère, l'analyse des réponses à montré que les personnes indemnes de la maladie sous estiment nettement l'impact qu'elle a en réalité sur la qualité de vie des personnes atteintes. On en revient toujours au même principe de base : nous devons écouter nos malades.

Peut-on dans certains cas supprimer les lunettes en cas d'ésotropie accommodative (Br. J. Ophthalmol. 2003 ; 87(1) : 4-7, K.A. Hutcheson et al.) http://bjo.bmjjournals.com
La plupart des enfants traités pour une ésotropie accommodative doivent par la suite porter des lunettes toute leur vie. Au cours de cette étude rétrospective pilote de petite taille les auteurs ont cherché à déterminer si certains patients sélectionnés pouvaient malgré tout être sevrés de leur lunettes. Pour ce faire les cas de dix enfants, dont on avait diminué progressivement la puissance des verres correcteurs, ont été revus et comparés à des enfants témoins, appariés en âge. L'analyse a porté sur l'angle des déviations oculaires, la réfraction et l'acuité visuelle sans correction. Selon ce travail il semblerait que certains enfants d'âge scolaire puissent se passer de lunettes sans que ne récidive leur ésotropie. Il semblerait aussi que la décroissance progressive de la correction de l'hypermétropie contribue à augmenter l'amplitude de divergence.

Une filtration efficace malgré l'absence de bulle (J. Glaucoma 2002 ; 11(6) : 540-2, K. Lto et al.) www.glaucomajournal.com
Après trabéculectomie certains patients normalisent leur pression intra-oculaire (PIO) sans qu'aucune bulle de filtration (BF) ne soit apparente. Pour expliquer ce phénomène une étude en biomicroscopie ultrasonore (UBM) a été réalisée. Les huit yeux sélectionnés en post-opératoire répondaient aux critères suivants : opérés de trabéculectomie avec application de mitomycine C, PIO post-opératoire inférieure à 15 mmHg sans traitement médical hypotonisant, BF plate et absence de décollement choroïdien ophtalmoscopiquement visible. Dans cinq de ces cas l'UBM a mis en évidence un épanchement liquidien supra-cilio-choroïdien, étendu sur un à quatre quadrants. Les auteurs concluent que ces images peuvent témoigner d'une augmentation du flux uvéo-scléral et expliquer que la normalisation de la PIO ne s'accompagne d'aucune BF visible.

Anticorps anti-silicone (J. Glaucoma 2002 ; 11(6) : 508-10, S. Shaikh et al.) www.glaucomajournal.com
La mise en place de dispositifs de drainage de l'humeur aqueuse pour contrôler les glaucomes réfractaires s'accompagne-t-elle d'un risque de complication d'ordre immunologique ? Pour essayer de le savoir le taux sérique d'anticorps anti-silicone a été mesuré chez 12 patients porteurs d'un tel implant. Les complications post-opératoires ont été relevées en parallèle, la durée moyenne d'exposition au silicone dépassant deux ans. Un taux élevé d'anticorps a été noté dans un tiers des cas et un tiers des patients ont développé des complications relatives au dispositif de drainage. Bien qu'aucune relation de cause à effet n'ait été mise en évidence, et que ces résultats confirment ceux de précédentes études, la petite taille de l'étude ne permet pas de conclure définitivement. Toutefois il est probable que les réactions imputables au silicone soient rares. L'utilisation de ces systèmes n'est donc pas remise en cause.

Influence du LASIK sur la pression intraoculaire en cas de myopie faible à moyenne (J. Glaucoma 2002 ; 11(6) : 493-6, R. Vakili et al.) www.glaucomajournal.com
L'épaisseur cornéenne doit être prise en compte pour interpréter une mesure de pression intra-oculaire (PIO). Pour mieux connaître l'influence du LASIK sur la PIO lorsque l'on traite des myopies faibles à moyennes, 66 yeux (34 patients) ont été enrôlés dans ce travail prospectif. La myopie pré-opératoire était en moyenne de -5,66 D. Plusieurs paramètres ont été analysés avant puis après l'intervention : PIO mesurée à l'aplanation, par Tono-pen et tonomètre à air, pachymétrie, kératométrie et astigmatisme. Dans cette série le LASIK a eu peu ou pas d'influence sur la PIO, quelque soit le système de mesure. Ces résultats contrastent avec ceux d'études précédentes, qui concernaient de plus forts myopes et révélaient une chute significative de la PIO après LASIK. Des études complémentaires pourraient permettre de déterminer le seuil des modifications cornéennes à partir duquel on obtient un effet sur la PIO.