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Semaine du 20 au 26 janvier 2003
Mesure
de la pression intra-oculaire chez l'enfant : blépharostat ou pas ? (Am.
J. Ophthalmol. 2002 ; 134(6) : 926-7, K.D. Epley et al.) www.sciencedirect.com/science
Pour interpréter correctement les valeurs de pression
intra-oculaire (PIO) mesurées sous anesthésie générale
chez l'enfant, il faut tenir compte d'un certain nombre de paramètres.
Parmi eux la pression supplémentaire que peut exercer un blépharostat
sur le globe oculaire. Pour avoir une idée quantitative de ce facteur
d'erreur les auteurs ont comparé les valeurs moyennes de PIO relevées
chez 45 enfants (77 yeux), sans et avec blépharostat (juste après
l'induction de l'anesthésie). Elles étaient respectivement de
l'ordre de 16 et 20 mmHg. Dans cette série le blépharostat a donc
induit une augmentation moyenne de 4 mmHg de la PIO. Ces résultats, loin
d'être négligeables, nous rappellent que des pressions externes
appliquées sur l'oeil pendant un relevé de la PIO peuvent fausser
les mesures et qu'il faut donc les prendre en compte.
Lasik
et invasion épithéliale (Am. J. Ophthalmol. 2002 ; 134(6)
: 801-7, N. Asano-Kato et al.) www.sciencedirect.com/science naokato@bc.iij4u.or.jp
Afin de préciser l'incidence, l'évolution et les mécanismes
des invasions épithéliales après Lasik, les dossiers de
plus de 2 500 opérés (plus de 4 800 yeux) ont été
étudiés rétrospectivement. Parmi eux 64 yeux ont développé
cette complication. Les auteurs ont cherché à en analyser les
causes et à établir la liste des facteurs associés. Ils
ont constaté que le taux d'invasion épithéliale variait
significativement avec le modèle de micro-kératome utilisé,
qu'il était corrélé à la finesse du capot cornéen
et à la survenue de lésions per-opératoires de l'épithélium
cornéen ainsi qu'à celle d'une kératite lamellaire diffuse
en post-opératoire. Au cours de cette étude il est apparu que
toute insuffisance d'adhérence du capot (dû à une lésion
épithéliale ou à la présence de corps étrangers
au niveau de l'interface) intervenait elle aussi comme facteur favorisant. Dans
cette série 54 cas se sont stabilisés et 10 se sont aggravés.
Un syndrome
peu commun (Am. J. Ophthalmol. 2002 ; 134(6) : 932-4, JE Thorne et
al.) www.sciencedirect.com/science
Un patient de 67 ans s'est présenté avec un tableau oculaire de
sclérite bilatérale sévère, associé à
un tableau général comportant une éruption cutanée
de type urticarienne et des arthralgies. Les examens complémentaires
ont permis de poser le diagnostic de vascularite avec hypo-complémentémie.
Sous un traitement adapté, comportant de fortes doses de corticoïdes
et du mycophénolate mofétil (immunosuppresseur), les manifestations
ophtalmologiques et cutanées se sont amendées. Les auteurs concluent
que la présence d'une atteinte oculaire peut être un argument pour
reconnaître cette maladie rare.
Une nouvelle
méthode pour prélever des allogreffes limbiques (Am.
J. Ophthalmol. 2002 ; 134(6) : 929-31, A.J. Aldave et al.) www.sciencedirect.com/science
aldave@jsei.ucla.edu
Les auteurs présentent une nouvelle technique de prélèvement
des greffons destinés aux transplantations de cellules souches limbiques.
A partir d'un prélèvement cornéoscléral obtenu par
trépanation et fixé (utilisation de colle biologique cyanoacrylate)
à la surface d'un support sphérique jetable, ils réalisent
plus facilement la dissection lamellaire du greffon limbique. Ce procédé
paraît assurer une meilleure stabilité à l'opérateur,
limiter les risques de lésion des cellules souches épithéliales
et épargner la cornée centrale. Il évite également
les prélèvements de globe entier chez les donneurs.
Un diagnostic
différentiel de la maladie de Horton (Am. J. Ophthalmol. 2002
; 134(6) : 912-4, N.A. Al-Abdulla et al.) www.sciencedirect.com/science
Une patiente de 77 ans s'est présentée avec une diplopie d'apparition
brutale associée à des céphalées temporales, tableau
compatible avec une maladie de Horton. Des examens complémentaires ont
été réalisés, dont : vitesse de sédimentation,
C Réactive protéine et biopsie d'artère temporale. Les
résultats étaient en faveur d'une maladie de Horton, mais, du
fait des antécédents de zona ophtalmique de la malade et de la
présence d'une ophtalmoplégie internucléaire bilatérale,
une recherche d'ADN viral du VZV (Virus de la Varicelle et du Zona) au niveau
du prélèvement artériel a été faite en parallèle.
Celle ci s'est avérée positive, témoignant d'une vascularite
à VZV. Les auteurs soulignent la nécessité d'évoquer
ce diagnostic différentiel en cas de suspicion de maladie de Horton,
notamment devant des signes atypiques, tels qu'une atteinte du système
nerveux central, ou des antécédents de zona.
Glaucome
et hypertonie oculaire en cas de mutation Gln368Stop du gène Myociline(Am
J Ophthalmol 2002 ; 134(6) : 884-90, TA Graul et al.) www.sciencedirect.com/science
Le phénotype des personnes qui développent une hypertonie oculaire
ou un glaucome est il différent en cas de mutation Gln368Stop du gène
"myociline" ? Pour le savoir 22 patients porteurs de la mutation (18
glaucomes à angle ouvert et 4 hypertonies oculaires) ont été
comparés rétrospectivement à une autre série de
patients indemnes de la mutation et appariés en âge, sexe, race
et diagnostic. Différents paramètres ont été étudiés
: âge de début de la maladie, niveau maximum de pression intra-oculaire,
acuité visuelle, champ visuel, nombre de traitements médicaux
et chirurgicaux, délais entre le diagnostic et la trabéculoplastie
au laser à argon (TRLA) ou la chirurgie filtrante et entre la TRLA et
la chirurgie. Au terme de cette étude aucune différence significative
n'a pu être mise en évidence quant au mode de début ou au
profil évolutif, que les malades soient porteurs ou non de la mutation.
La lecture
après une translocation maculaire avec rétinotomie sur 360°(Am.
J. Ophthalmol 2002 ; 134(6) : 849-56, T. Fujikado et al.) www.sciencedirect.com/science
fujikado@ophthal.med.osaka-u.ac.jp
Les auteurs ont étudié les capacités de lecture de 34 patients
(34 yeux), après qu'ils aient été opérés
d'une translocation maculaire avec rétinotomie sur 360° et chirurgie
des muscles oculomoteurs dans le même temps. Les membranes néovasculaires
rétro-fovéolaires qui avaient justifié le geste s'étaient
développées pour 23 d'entre elles sur une DMLA et pour 11 d'entre
elles sur une myopie. L'âge moyen des patients était de 67 ans
et le suivi moyen d'environ 8 mois. En post-opératoire l'acuité
visuelle de loin ne s'est améliorée que dans le groupe des myopes
mais pas dans celui des DMLA. L'acuité visuelle de près en revanche
s'est significativement améliorée dans les deux groupes. Selon
les résultats obtenus dans cette série il semble que cette technique
de translocation maculaire soit efficace pour améliorer les performances
des opérés à la lecture.
DMLA
et fonctions cognitives (Am. J. Ophthalmol 2002 ; 134(6) : 828-35,
T.Y. Wong et al.) www.sciencedirect.com/science ophwty@nus.edu.sg
La DMLA et les altérations des fonctions cognitives sont des maladies
neuro-dégénératives qui pourraient partager les mêmes
mécanismes pathogéniques. Les auteurs ont cherché à
savoir dans quelle mesure elles étaient associées, chez des personnes
âgées de 51 à 70 ans suivies de 1987 à 1998 (issues
de l'Atherosclerosis Risk in Communities Study). Les photos du fond d'oeil et
les performances cognitives, évaluées par 3 tests spécifiques,
ont été analysées chez 9286 sujets (critères d'exclusion
: accident vasculaire cérébral et traitement anti-psychotique).
Age, sexe, race, niveau d'études, existence d'un diabète ou d'une
HTA, consommation de tabac et d'alcool ont été pris en compte.
Une association entre les drusen ou les anomalies de l'épithélium
pigmentaire et une atteinte cognitive sévère n'a été
trouvée qu'avec un seul des 3 tests. La corrélation entre DMLA
débutante et altération des fonctions cognitives paraît
donc faible.
Le traitement
de la presbytie par segments d'expansion sclérale (Am. J. Ophthalmol.
2002 ; 134(6) : 808-15, M.A. Qazi et al.) www.sciencedirect.com/science
L'expansion sclérale cherche à restaurer l'accommodation en augmentant
le diamètre de l'anneau scléral. Elle se fonde sur la théorie
de Schachar (controversée) et peut être proposée à
tout presbyte par ailleurs emmétrope. Les auteurs ont cherché
à connaître son influence sur les performances accommodatives de
29 opérés (étude prospective non randomisée, l'oeil
controlatéral ayant servi de témoin). Au 6ème mois une
amélioration modérée de la vision de près sans correction
(technique de mesure subjective) a été retrouvée chez près
de la moitié des patients au niveau de l'oeil opéré mais
aussi de l'autre oeil, phénomène qui reste à expliquer
(réponse consensuelle d'origine centrale ? potentialisation de la convergence
? artéfact ?). Peu d'effets indésirables ont été
rencontrés : une hypertonie oculaire transitoire et 3 malpositions des
segments (mais ni ischémie du segment antérieur ni glaucome malin).
Des études complémentaires sont indispensables.
Phares
et conducteurs âgés (Br. J. Ophthalmol. 2003 ; 87(1) :
113-7, M.A. Mainster et al.) http://bjo.bmjjournal.com
La conduite automobile met en jeu les fonctions visuelle, motrices et cognitives.
La nuit la visibilité est réduite du fait bien sûr de l'obscurité
mais aussi de l'éblouissement causé par les phares des autres
véhicules. Les phares de forte intensité diminuent les risques
pour les automobilistes qui les utilisent, leur autorisant un temps de réaction
plus long en cas de problème, mais augmentent en parallèle le
risque d'éblouissement pour les conducteurs qui arrivent en face. Cet
inconvénient est plus marqué pour les conducteurs âgés
du fait de l'augmentation de la dispersion intra-oculaire des rayons lumineux,
de leur sensibilité accrue à l'éblouissement et de l'augmentation
du délai de récupération après celui ci. Si les
auteurs reconnaissent que les phares de forte intensité peuvent être
utiles ils souhaiteraient faire préciser leurs conditions d'utilisation.