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Semaine du 13 au 19 janvier 2003
Troubles
de la vision nocturne après chirurgie réfractive
(Surv. Ophtalmol. 2002 ; 47(6) : 533-46, N.I. Fan-Paul et al.) www.sciencedirect.com/science
Après chirurgie réfractive certains patients se plaignent de troubles
de la vision nocturne (éblouissement, diminution de la qualité
de vision, mauvaise perception des contrastes...). Les auteurs, qui de par l'accroissement
du nombre des opérés, redoutent la multiplication de ces problèmes
dans un proche avenir, font le point (définitions, comparaisons, méthodes
de mesure, traitements, prévention...). Ils précisent qu'après
chirurgie cornéenne les anomalies de la vision nocturne sont fréquentes
en post-opératoire précoce et qu'elles diminuent dans la majorité
des cas entre le sixième et le douzième mois. Après kératotomie
radiaire le facteur prépondérant est le rapport entre le diamètre
pupillaire et la zone optique, alors qu'après Lasik ou photokératectomie
réfractive les éléments les plus importants à prendre
en compte sont le diamètre pupillaire, celui de la zone d'ablation et
sa localisation.
Un lymphome
déguisé (Ophthalmology 2002 ; 109(12) : 2347-50, S.E.
Dorey et al.) www.aaojournal.org
La littérature ophtalmologique relate très régulièrement
des cas de lymphomes dont l'expression est orbitaire ou oculaire (fausses uvéites,
localisation secondaire, lymphome du système nerveux central...). Ces
observations nous enseignent que l'on ne se méfie jamais assez de ces
maladies. En voici un nouvel exemple. Deux malades qui étaient suivis
et traités pour une sclérite ont dû subir des examens complémentaires
(radiologiques et histologiques) qui ont finalement permis d'établir
qu'il s'agissait en réalité d'une forme de lymphome orbitaire.
De cette erreur diagnostique les auteurs proposent de retenir que, parmi les
diagnostics différentiels des sclérites, doivent figurer les lymphomes.
L'IRM
fonctionnelle (Surv. Ophtalmol. 2002 ; 47(6) : 562-79, A. Miki et al.)
www.sciencedirect.com/science
L'IRM fonctionnelle est un outil très précieux pour étudier
la fonction cérébrale de façon non invasive. Si un certain
nombre de publications existent sur le sujet, peu d'entre elles se sont intéressées
aux applications ophtalmologiques de cette technique. Les auteurs décrivent
la méthode et ses limites et détaillent l'intérêt
qu'elle peut avoir dans notre spécialité. Elle peut par exemple
être particulièrement utile à l'étude du cortex visuel
puisque les stimuli visuels engendrent une nette modification du signal cortical.
Il en va de même de l'activation des corps genouillés externes.
En pratique l'IRM fonctionnelle peut donc contribuer à l'exploration
de certains déficits visuels en évaluant l'activité des
voies visuelles afférentes et des aires corticales.
Invasion
épithéliale après phaco (Ophthalmology 2002 ;
109(12) : 2331-5, L.G. Vargas et al.) www.aaojournal.org
Cet article rapporte deux cas d'invasion épithéliale de chambre
antérieure survenus quelques mois après une phacoémulsification.
La voie d'abord était cornéenne et n'avait pas été
suturée. Dans un cas la lésion semblait s'étendre de l'incision
à l'endothélium et atteignait l'axe optique. Une cryoapplication
cornéenne a permis de contrôler le phénomène mais
une kératoplastie transfixiante à visée fonctionnelle a
été nécessaire. Dans le second cas la lésion était
adhérente à l'iris et à la face postérieure de la
cornée. Il a fallu recourir à une greffe cornéosclérale.
Aucun des patients n'a récidivé. En post-opératoire la
meilleure acuité visuelle corrigée était de, respectivement,
20/60 et 20/30. S'il n'existe pas de consensus vis-à-vis du traitement
des invasions épithéliales les auteurs recommandent une chirurgie
précoce afin d'améliorer le pronostic visuel. Ils proposent une
revue de la littérature.
Rétinopathie
diabétique : mieux comprendre pour mieux traiter (Surv. Ophtalmol.
2002 ; 47-2 : 253-262, TW Gardner et al.) www.sciencedirect.com/science
La compréhension des différents facteurs impliqués dans
la physiopathogénie de la rétinopathie diabétique (RD),
parmi lesquels les anomalies micro-vasculaires jouent un grand rôle, ouvre
la voie aux progrès thérapeutiques. En effet de récents
travaux complètent nos connaissances, notamment pour ce qui est des mécanismes
cellulaires qui rendent compte de la barrière hémato-rétinienne
ou de sa rupture et des lésions qui atteignent la macroglie, la microglie
et les neurones. L'ensemble de ces modifications répondent du retentissement
visuel. L'évolution de la RD dépend aussi de facteurs systémiques,
dont le contrôle glycémique ou celui de la pression artérielle.
L'interaction de tous ces phénomènes élargit les voies
de recherche et augmente les perspectives de progrès thérapeutique
et de prévention des altérations visuelles. Les auteurs font le
point.
Air bag
et lésions oculaires (Ophthalmology 2002 ; 109(12) : 2356-8,
S.K. Anderson et al.) www.aaojournal.org skentanderson@hotmail.com
Les airbags ont pu être accusés d'être à l'origine
de certains traumatismes, parmi lesquels des blessures oculaires. Cette étude
rétrospective, qui a porté sur les victimes d'accidents de la
route prises en charge par un même établissement hospitalier sur
une période de 5 ans, nuance cette notion. Le type et la gravité
des lésions ont été répertoriés et confrontés
à la présence ou l'absence d'un air bag. Sur cinq ans, seulement
7 traumatismes oculaires imputables à l'air bag ont été
constatés, soit moins de 5% du total des blessures oculaires. Au cours
de la seconde moitié de l'étude la proportion de lésions
oculaires survenues avec et sans air bag était, respectivement, de 5
et 12,7 %. Parallèlement la proportion de décès était
de 3,4 et 8%. Selon ce travail il semble que les traumatismes oculaires dus
aux air bag soient rares et que ce mode de protection réduise les risques
de lésion oculaire au cours d'un accident de la route.
Bientôt
de nouveaux traitements médicaux pour la rétinopathie diabétique
(Surv. Ophtalmol. 2002 ; 47-2 : S238-45, D.S Fong) www.sciencedirect.com/science
Les progrès thérapeutiques en matière de rétinopathie
diabétique ont été marqués par différents
étapes importantes. D'abord la photocoagulation, puis la prise en charge
des facteurs généraux impliqués dans la maladie (glycémie,
pression artérielle et hyperlipidémies), ont permis de limiter
les conséquences visuelles de la maladie et le recours à des thérapeutiques
plus agressives. De nouveaux traitements pharmacologiques devraient prochainement
permettre de prévenir l'apparition et l'évolution des lésions
rétiniennes. Toutefois, du fait de leur action préventive, il
sera indispensable de détecter les rétinopathies débutantes.
Les auteurs concluent donc que les ophtalmologistes devront se doter de moyens
permettant un diagnostic précoce, de façon à sélectionner
les patients qui pourront bénéficier de ces médicaments.
Antioxydants
et DMLA (Ophthalmology 2002 ; 109(12) : 2272-8, the Blue Mountains
Eye Study, V Flood et al) www.aaojournal.org
Cette étude visait à préciser le rôle préventif
éventuel des antioxydants vis à vis de l'apparition d'une DMLA.
Pour ce faire 3 654 sujets de plus de 49 ans ont été examinés
entre 1992 et 1994 dans le cadre de la "Blue Mountains Eye Study",
parmi lesquels 2 335 ont été revus 5 ans plus tard. Dans l'intervalle,
192 cas de DMLA se sont déclarés. Parallèlement un questionnaire
alimentaire a été remis aux participants, qui a été
rempli par 159 des personnes qui avaient développé une DMLA. La
consommation de micro-nutriments a ainsi pu être évaluée
: alpha- et bêta-carotène, bêta-cryptoxanthin, lutéine,
zéaxanthine, lycopène, rétinol, vitamines A et C et Zinc.
Tenant compte de différents facteurs (âge, antécédents
familiaux de DMLA, tabagisme...) les auteurs n'ont pas pu mettre en évidence
le rôle préventif à 5 ans des anti-oxydants ni du zinc (dont
compléments alimentaires) vis à vis des stades précoces
de DMLA.
Amblyopie
: faut-il répéter les périodes d'occlusion si l'acuité
visuelle stagne ? (Ophthalmology 2002 ; 109(12) : 2261-4, R.V. Keech
et al.) www.aaojournal.org ronald-keech@uiowa.edu
En cas d'amblyopie unilatérale l'absence d'amélioration de l'acuité
visuelle (AV) sous occlusion totale doit-elle faire abandonner la rééducation
? A l'inverse doit on répéter à l'infini les périodes
d'occlusion dans l'espoir d'obtenir un résultat ? Pour tenter de répondre
à ces questions les auteurs ont revu les dossiers de 64 amblyopes de
moins de 10 ans (étude non comparative) dont l'AV ne s'était pas
améliorée après un premier essai d'occlusion. Grâce
à la deuxième période d'essai 25 cas se sont améliorés.
Parmi les 44 enfants qui ne s'étaient pas améliorés malgré
2 tentatives, 12 ont augmenté leur AV au terme de la troisième.
En revanche un quatrième essai s'est avéré inefficace dans
tous les cas qui avaient rencontré trois échecs successifs. Les
auteurs conseillent donc de tenter au moins 3 essais d'occlusion stricte avant
de dire d'une amblyopie qu'elle est définitive. Ils précisent
qu'un quatrième essai a peu de chances de succès.
Attention
à la phaco-émulsification en présence d'une bulle de filtration
(Ophthalmology 2002 ; 109(12) : 2248-55, G. Rebolleda et al.) www.aaojournal.org
En cas d'antécédents de chirurgie filtrante, toute nouvelle intervention
oculaire peut compromettre le fonctionnement de la bulle de filtration (BF).
Pour préciser le risque lié à la phacoémulsification
les auteurs ont réalisé cette étude prospective non randomisée
(49 yeux, 47 patients). Tous les yeux avaient été opérés
avec succès de trabéculectomie (BF fonctionnelle, absence de traitement
médical anti-glaucomateux résiduel) au moins un an avant l'extraction
du cristallin. Cette dernière était considérée comme
un succès sur le plan pressionnel si aucun traitement médical
ou chirurgical anti-glaucomateux complémentaire n'était nécessaire
en post-opératoire pour contrôler la pression intra-oculaire (PIO).
Dans ce contexte il est apparu qu'une phaco-émulsification augmente significativement
la PIO et le nombre des traitements anti-glaucomateux nécessaires. Ce
risque semble d'autant plus élevé que la PIO l'était avant
la phaco.