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Semaine du 16 au 22 décembre 2002
Décollement
de rétine : anesthésies générale (AG) et sous-ténonienne
(Retina
2002 ; 22(5) : 602-6, A.K. Mahfouz et al.) www.retinajournal.com
Une anesthésie sous-ténonienne en plus d'une AG peut dans certaines
indications être intéressante. Au sein d'un groupe de 30 malades,
cette méthode a été appliquée à 15 patients
(choisis par randomisation) avant une intervention de cryopexie/cerclage pour
un décollement de rétine rhegmatogène. L'injection a été
réalisée juste après l'induction de l'AG et ces sujets
ont été confrontés à 15 autres opérés
comparables en âge, poids, durée d'anesthésie et intervention.
Dans cette série la sous-ténonienne a diminué significativement
l'incidence du réflexe oculo-cardiaque per-opératoire et des vomissements
post-opératoires ainsi que la douleur post-opératoire (et donc
la consommation d'antalgiques). En moyenne les patients qui n'avaient pas eu
d'anesthésie locale ont fait appel aux antalgiques moins d'une heure
après l'intervention alors que les autres n'y ont eu recours que plus
de deux heures et demi après.
Comparaison
de deux techniques d'ablation du silicone (Retina 2002 ; 22(5) : 597-601,
H. Dabil et al.) www.retinajournal.com
Après une ablation de silicone beaucoup d'opérés perçoivent
des corps flottants, du fait de la persistance de gouttelettes d'huile émulsionnée
dans la cavité vitréenne. La technique chirurgicale utilisée
pour enlever le silicone est-elle en cause ? Il semble que non si l'on en croit
les résultats de cette étude rétrospective au cours de
laquelle 21 patients (22 yeux) ont été interrogés sur leurs
signes fonctionnels. Trois quart d'entre eux avaient en effet des corps flottants,
la méthode opératoire (ablation de silicone passive simple ou
associée à un échange fluide-air) n'ayant eu, dans cette
série, aucune influence sur ce symptôme. Les gouttelettes de silicone
n'étaient visibles cliniquement que dans trois cas. Les auteurs analysent
les associations qui pourraient exister entre la pathologie initiale et la plainte
fonctionnelle post-opératoires.
Choroïdite
serpigineuse : influence du traitement (Retina 2002 ; 22(5) : 550-6,
N.J. Chrismas et al.) www.retinajournal.com
La choroïdite serpigineuse atteint en général des sujets
jeunes ou d'âge moyen. Il s'agit d'une maladie inflammatoire multifocale,
bilatérale et récidivante qui débute classiquement au voisinage
de la papille pour s'étendre ensuite vers la macula et la périphérie
rétinienne. Les plaques de choroïdite de la phase active peuvent
s'accompagner d'une réaction vitréenne. Elles laissent ensuite
place à des zones d'atrophie choroïdienne. Un scotome central peut
en résulter et la maladie peut se compliquer d'une néovascularisation.
Les auteurs ont revu les dossiers de 17 patients et ont étudié
leur évolution à long terme (suivi moyen de plus de 12 ans) en
fonction du traitement reçu. Dans cette série les immunosuppresseurs,
comparés aux corticoïdes, ont paru diminuer le taux de récidive.
Douze yeux ont développé des néovaisseaux.
La PDT
pour des choroïdites serpigineuses compliquées de néovaisseaux
(Retina 2002 ; 22(5) : 545-9, R.F. Spaide et al.) www.retinajournal.com
Les auteurs présentent une étude qui pourrait ajouter aux indications
de la PDT (Photothérapie dynamique, vertéporphine). Sept patients
qui avaient développé des néovaisseaux choroïdiens
rétro-fovéolaires à la suite d'une choroïdite multifocale
avec panuvéite, ont ainsi été traités, puis leurs
dossiers ont été analysés rétrospectivement. Une
moyenne de 1,86 séance a été nécessaire et le suivi
moyen a duré 10 mois. Aucun effet indésirable dû au traitement
n'a été rapporté. Bien qu'il s'agisse d'une série
de petite taille et bien que le suivi moyen n'ait pas excédé un
an, il semble que la PDT puisse dans cette indication stabiliser voire améliorer
l'acuité visuelle des patients. Des études complémentaires
seraient bien sûr nécessaires.
Endophtalmies
à pneumocoques : facteurs de virulence (Retina 2002 ; 22(5)
: 622-32, J.R. Costa et al.) www.retinajournal.com
Afin de préciser le rôle de 2 protéines (la pneumolysine
et l'autolysine) dans la virulence des streptocoques pneumoniae au cours des
endophtalmies, une série d'expériences été réalisée.
Chez des rats atteints d'endophtalmies expérimentales, les réactions
inflammatoires induites par 3 espèces de pneumocoques ont été
comparées cliniquement et histologiquement. Les uns étaient déficients
en pneumolysine, les autres en autolysine, les derniers étant l'espèce
sauvage (aucun déficit). Pendant les 24 premières heures les animaux
infectés par les souches de bactéries déficientes avaient
à la fois une réaction de chambre antérieure plus modérée
et une atteinte cornéenne et vitréo-rétinienne moins importante
que ceux qui avaient été infectés par leurs homologues
sauvages. Les auteurs concluent que la pneumolysine et l'autolysine interviennent
dans la pathogénie des endophtalmies à pneumocoques à la
phase initiale.
Calcul
d'implant en présence de silicone (Retina 2002 ; 22(5) : 589-96,
H.H. Ghoraba et al.) www.retinajournal.com hghoraba@email.com
Pour évaluer la précision des calculs d'implant en présence
de silicone intra-vitréen, les auteurs ont étudié la réfraction
de 29 sujets après une intervention combinée cataracte et ablation
de silicone. Trente sujets opérés de cataracte simple (donc 10
myopes forts) ont servi de témoins. La mesure de la longueur axiale (LA)
sous silicone a été réalisé après avoir modifié
la vitesse de progression des Ultrasons dans le segment postérieur (987
m/sec). L'implant a été calculé par la formule SRKT. Selon
les résultats de cette série, le calcul peut être précis
en dépit du silicone, sous réserve d'une absence de myopie forte.
En effet d'importantes erreurs ont été constatées chez
des patients porteurs d'un staphylome postérieur. Les auteurs analysent
ces erreurs de calcul (formule inadéquate, artéfacts, LA excessive)
et précisent que ni le type de silicone ni la technique chirurgicale
ne semblent en cause.
L'apport
de l'UBM en cas d'hypotonie oculaire chronique (Retina 2002 ; 22(5)
: 581-8, S. Roters et al.) www.retinajournal.com Sigrid.Roters@medizin.uni-koeln.de
L'UBM (Ultrasound BioMicroscopy) peut être utile pour comprendre le mécanisme
de certaines hypotonies oculaires chroniques, lorsque l'examen clinique n'est
pas contributif. Telle est la conclusion de cette étude rétrospective
qui a inclus 60 patients porteurs d'une hypotonie au long cours (pression intra-oculaire
(PIO) comprise entre 0 et 8 mmHg). La plupart d'entre eux avaient des antécédents
de chirurgie intra-oculaire ou d'autres pathologies ophtalmologiques telles
qu'une uvéite. L'UBM a pu retrouver la cause de l'hypotonie dans 95%
des cas, des anomalies du corps ciliaire étant impliquées huit
fois sur dix. Des mesures thérapeutiques adaptées ont ainsi pu
être prises, ce qui a permis de normaliser la PIO de la moitié
des patients. Dans cette série la durée d'évolution de
l'hypotonie n'a pas semblé altérer le pronostic.
Gaz expansif
intra-vitréen : attention au protoxyde d'azote !
(Retina 2002 ; 22(5) : 569-74, AD Fu et al.) www.retinajournal.com
L'utilisation de protoxyde d'azote au cours d'une anesthésie générale
(AG) peut avoir de graves conséquences sur le pronostic visuel lorsqu'une
bulle de gaz expansif intra-vitréenne pré-existe. Les auteurs
ont pu le constater en examinant rétrospectivement cinq patients qui,
alors qu'ils avaient des antécédents récents de chirurgie
vitréo-rétinienne, ont dû subir une AG pour des raisons
diverses. Au moment de cette AG tous avaient encore une bulle de gaz conséquente
dans le segment postérieur. Au terme d'un suivi moyen de 4 ans, 4 patients
avaient une acuité visuelle inférieure à 20/200 et des
signes d'atrophie optique (trois personnes ayant perdu toute perception lumineuse).
En réalité le protoxyde d'azote entraîne une expansion du
gaz avec hypertonie oculaire per-opératoire. Il doit donc être
évité chez ces patients. L'information des opérés
et des anesthésistes est capitale.
Air bag
et lésions oculaires(Arch. Ophthalmol. 2002 ; 120(11) : 1517-22,
S.M. Duma et al.) http://archopht.ama-assn.org duma@vy.edu
Entre 1993 et 1999 plus de 22 000 accidents de la route survenus aux Etats-Unis
ont été analysés. Les lésions oculaires répertoriées
ont été étudiées à partir d'une nouvelle
classification tenant compte du temps nécessaire à la guérison,
de la nécessité d'une intervention chirurgicale et des séquelles
visuelles. Parmi les voyageurs protégés par air bag 3% ont eu
des blessures oculaires, alors que cette proportion n'était que 2% en
l'absence d'air bag. L'examen détaillé des lésions a montré
que l'air bag exposait d'avantage aux érosions cornéennes. A l'issue
de ce travail il apparaît que si le déploiement de l'air bag favorise
les atteintes oculaires mineures, il permet en revanche de diminuer la fréquence
des blessures oculaires graves.
Méningiomes
de la gaine du nerf optique : doit on toujours traiter ? (Arch. Ophthalmol.
2002 ; 120(11) :1505-8, R.A. Egan et al.) http://archopht.ama-assn.org eganr@ohsu.edu
Pour avoir simplement surveillé certains patients porteurs d'un méningiome
unilatéral de la gaine du nerf optique, les auteurs nous enseignent la
prudence vis à vis de certains traitements lourds. Seize malades, adressés
alors qu'ils n'avaient encore reçu aucun traitement, ont été
suivis plus de six ans en moyenne (le suivi moyen à partir des premiers
symptômes étant de plus de dix ans). Au cours de cette période
aucun décès n'a été déploré et aucun
déficit neurologique n'a été noté, exceptée
l'atteinte visuelle. L'analyse de l'évolution de ces 16 patients non
traités a montré que certains méningiomes de la gaine du
nerf optique restent spontanément stables pendant des années.
La radiothérapie systématique risquerait d'exposer inutilement
ces malades à des complications. Les auteurs conseillent donc de la réserver
aux cas qui s'accompagnent d'une altération de la fonction visuelle établie
au cours du suivi.