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Semaine du 9 au 15 décembre 2002
Les manifestations
oculaires du Lupus (Curr.
Opin. Ophthalmol 2002 ; 13(6) : 404-10, J.F. Aravelo et al.) www.co-ophthalmology.com
Cet article met en avant le rôle des ophtalmologistes dans la prise en
charge des patients qui souffrent d'un lupus érythémateux disséminé
(LED). Le LED peut non seulement se manifester par des tableaux ophtalmologiques
variés, mais ceux ci peuvent de surcroît être la première
manifestation de la maladie. C'est dire l'importance du diagnostic initial de
l'ophtalmologiste. Penser au lupus permet de débuter un bilan général
à la recherche en particulier d'atteintes lupiques systémiques
(dont la gravité potentielle n'est plus à démontrer), de
proposer un traitement et de prévenir certaines complications. Les auteurs
rappellent que la traduction oculaire la plus fréquente du lupus est
la kérato-conjonctivite sèche mais que le pronostic visuel reste
lié aux atteintes neuro-ophtalmologiques ou aux vascularites rétiniennes.
Pseudo-tumeur
inflammatoire orbitaire (Curr. Opin. Ophthalmol. 2002 ; 13(6) : 347-51,
D. Jacobs et al.) www.co-ophthalmology.com
On ne connaît pas l'étiologie des pseudotumeurs inflammatoires
de l'orbite. Leurs manifestations cliniques sont variables et parfois trompeuses,
lorsque par exemple elles revêtent l'aspect d'une cellulite orbitaire
ou d'une neuropathie optique. Il s'agit en tous cas d'un diagnostic d'élimination
pour lequel l'examen complémentaire le plus important est l'IRM. Les
biopsies, qui ne sont pas anodines, ne se font pas en première intention.
On les réserve aux cas qui récidivent plusieurs fois ou qui résistent
aux traitements. Le traitement de base fait appel aux corticoïdes qui doivent
être prescrits pendant plusieurs mois. En cas de non réponse à
la corticothérapie ou de lésions d'évolution rapide, une
radiothérapie peut être envisagée. En l'absence de résultat,
il est rare de devoir faire appels aux immunosuppresseurs (cyclophosphamide,
methotrexate ou ciclosporine).
Sarcoïdose
et oeil (Curr. Opin. Ophthalmol. 2002 ; 13(6) : 393-6, N.P. Jones et
al.) www.co-ophthalmology.com
Les auteurs font le point sur la sarcoïdose et plus particulièrement
sur son retentissement oculaire. Cette maladie systémique, d'étiologie
inconnue, peut être à l'origine entre autres, d'uvéites,
d'atteintes des glandes lacrymales ou des nerfs crâniens parmi lesquels
le nerf optique. Selon de récentes études sa physio-pathogénie
pourrait faire intervenir des agents infectieux sur terrain prédisposé.
Des chercheurs ont en effet retrouvé des micro-organismes au sein de
granulomes sarcoïdosiques. Cet article détaille les progrès
diagnostiques et thérapeutiques qui ont été faits dans
la prise en charge de cette pathologie et souligne l'intérêt de
l'angiographie au vert d'indocyanine pour explorer les lésions choroïdiennes.
Il rappelle que les cas graves avec menace de la fonction visuelle peuvent relever
de traitements lourds, comme les immunosuppresseurs.
Toxoplasmoses
atypiques (Curr. Opin. Ophthalmol. 2002 ; 13(6) : 387-92, J.R. Smith
et al.) www.co-ophthalmology.com
La toxoplasmose oculaire revêt parfois des formes inhabituelles. Afin
d'éviter les retards diagnostiques et thérapeutiques les auteurs
décrivent les tableaux cliniques que l'on peut être amené
à rencontrer. Vascularites ou occlusions vasculaires rétiniennes,
décollements de rétine, pseudo rétinopathie pigmentaire,
neuro-rétinite, neuropathie optique, sclérite (...) sont autant
de manifestations trompeuses, sans oublier les lésions étendues
et bilatérales qui peuvent se développer chez l'immunodéprimé
par exemple. Il est rappelé que le foyer typique se développe
à proximité de cicatrices anciennes et se traduit par une choriorétinite
localisée avec hyalite. On a longtemps considéré la plupart
des toxoplasmoses oculaires comme la réactivation d'une infection congénitale,
mais il semble en fait bien souvent s'agir d'infections postnatales. Un traitement
anti-parasitaire bien conduit laisse espérer une bonne récupération
visuelle.
Penser
aux thrombophlébites cérébrales (Surv. Ophthalmol.
2002 ; 47(5) : 491-9, I.G. Castillo et al.) www.sciencedirect.com
Les auteurs rapportent une observation inquiétante. Une jeune patiente
s'est présentée avec un tableau associant des céphalées
frontales, un oedème papillaire et une diplopie binoculaire horizontale
due à une paralysie du nerf moteur oculaire externe (VI) gauche. L'Angio-IRM
a mis en évidence une thrombophlébite cérébrale
du sinus sagittal et des sinus transverses. Un traitement anticoagulant a permis
de faire régresser l'ensemble des signes cliniques et neuro-radiologiques.
De nouveaux
syndromes pour la cataracte (Curr. Opin. Ophthalmol. 2002 ; 13(6) :
419-22, K. Negahban et al.) www.co-ophthalmology.com
De nombreuses maladies peuvent s'accompagner d'une cataracte, l'une des plus
classiques étant sans doute le diabète. Mais d'autres étiologies
sont moins connues. C'est le cas par exemple du syndrome de Cohen (retard psychomoteur,
microcéphalie, obésité, hyperlaxité ligamentaire,
granulopénie, rétinopathie tachetée, myopie...), du syndrome
de Dubowitz (autosomal récessif, instabilité, micro-céphalie,
rétrognatisme, épicanthus, blépharophymosis, ptosis...)
ou la maladie de Degos (nécrobiose cutanée et artériolite
oblitérante avec nécrose fibrinoïde de la paroi qui peut
se voir au cours de maladies auto-immunes). Les auteurs, passent en revue les
pathologies systémiques associées à la cataracte et rappellent
que la maladie de Wilson (affection génétique rare du métabolisme
du cuivre avec atteinte neurologique, hépatique et anneau péri-cornéen)
est parfois révélée par une cataracte.
SIDA et
oeil (Curr. Opin. Ophthalmol. 2002 ; 13(6) : 397-403, Jr HV Morales)
www.co-ophthalmology.com
Le SIDA affecte aujourd'hui des millions de personnes à travers le monde.
Autrefois les atteintes oculaires étaient avant tout liées à
la diminution du taux des lymphocytes CD4. A l'heure actuelle et grâce
aux progrès des traitements antiviraux, la durée et la qualité
de vie des malades qui ont accès aux soins s'est nettement améliorée.
Pourtant, du fait de l'absence de traitement curatif, des complications oculaires
peuvent malgré tout survenir un jour ou l'autre, exposant les patients
au risque de cécité. L'auteur détaille les atteintes ophtalmologiques
que l'on peut être amené à observer ainsi que les publications
récentes. Il souligne le rôle de l'ophtalmologiste au sein d'une
équipe multidisciplinaire et encourage la poursuite des recherches.
Des pièges
diagnostiques en neuro-ophtalmologie
(Curr. Opin. Ophthalmol. 2002 ; 13(6) : 371-4, F.E. Lepore) www.co-ophthalmology.com
Au cours de leurs études tous les médecins ont appris qu'une paralysie
du nerf crânien moteur oculaire externe (VI) "n'a pas de valeur localisatrice".
Ceci peut s'expliquer par la longueur du trajet de ce nerf qui peut donc être
affecté par des lésions dont la situation anatomique est très
variée. Comme le développe l'auteur dans cet article la neuro-ophtalmologie
réserve parfois aux médecins d'autres difficultés ou pièges.
Ce peut par exemple être le cas des amauroses transitoires, des hallucinations
visuelles complexes, des oedèmes papillaires, des parésies de
la divergence, des insuffisance de convergence et d'une série de pathologies
qui comportent une anisocorie (anisocorie physiologique, certaines paralysies
du nerf moteur oculaire commun (III), mydriase bénigne...). La connaissance
de ces tableaux cliniques peut aider au diagnostic.
Les neuropathies
optiques ischémiques non artéritiques (Curr. Opin. Ophthalmol.
2002 ; 13(6) : 357-61, L.M. Buono et al.) www.co-ophthalmology.com
Cet article nous rappelle ce que sont les neuropathies optiques ischémiques
non artéritiques (qui excluent les artérites à cellules
géantes ou maladie de Horton), détaille leurs étiologies
et fait le point sur les possibilités thérapeutiques actuelles.
On peut y lire que leurs principaux facteurs de risque sont la morphologie de
la papille, l'âge, d'hypertension artérielle, le diabète
et l'hypotension artérielle nocturne. Elles se révèlent
classiquement par une baisse d'acuité visuelle brutale et des signes
typiques au fond d'oeil. Dans l'état actuel de nos connaissances aucune
thérapeutique au long cours n'a fait la preuve de son efficacité
sur cette pathologie.
Macroanévrysmes
artériels rétiniens familiaux (Retina 2002 ; 22(5) :
607-15, H.S. Dhindsa et al.) www.retinajournal.com
Les auteurs présentent ce qui serait selon eux une nouvelle entité
: les "macroanévrismes artériels rétiniens familiaux".
Ils s'appuient pour cela sur l'analyse rétrospective des cas de 7 enfants
d'une même famille dont les 4 premiers avaient d'abord été
considérés comme des maladies de Coats atypiques (suivi moyen
d'environ 8 ans). Chacun d'entre eux avait des macroanévrysmes en chapelets
le long des gros troncs artériels rétiniens. Les premiers symptômes
sont apparus entre l'âge de 3 mois et 19 ans. Cinq patients ont développé
des hémorragies (principalement sous la membrane limitante interne) et
des lésions exsudatives responsables d'une baisse d'acuité visuelle.
Dans tous les cas la résorption spontanée des hémorragies
a permis une récupération visuelle. Dans 3 cas la photocoagulation
des macroanévrysmes au laser à Argon a permis une diminution des
phénomènes exsudatifs.