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Semaine du 2 au 8 décembre 2002
Effet
du jeûne et de la déshydratation sur le flux sanguin oculaire
(J. Glaucoma 2002 ; 11(5) : 411-5, U.U. Inan et al.) www.glaucomajournal.com
Afin de connaître les conséquences du jeûne et de la déshydratation
sur l'hémodynamique orbitaire, 28 personnes en bonne santé ont
été enrôlées. Alors qu'elles observaient une diète
pour des raisons religieuses, et 14 heures après le début de celle
ci, un écho-doppler couleur des artères ophtalmique, centrale
de la rétine et ciliaires postérieurs courtes temporales, a été
réalisé. La vitesse moyenne du flux sanguin et l'index de résistance
ont été mesurés pour chaque vaisseau, puis comparés
à leurs valeurs dans des conditions plus physiologiques, c'est à
dire un mois après la période de jeûne. L'analyse des résultats
de cette série a montré que le flux sanguin oculaire est susceptible
de varier significativement au cours d'une diète avec déshydratation.
Pour interpréter correctement un écho-doppler orbitaire, les auteurs
conseillent donc de tenir compte de l'état nutritionnel et de l'hydratation
des patients.
Glaucome
: le VEGF augmente dans l'humeur aqueuse (J. Glaucoma 2002 ; 11(5)
: 406-10, D.N. Hu et al.) www.glaucomajournal.com
Pour connaître la concentration du VEGF (Vascular Endothelial Growth Factor)
dans l'humeur aqueuse en cas de glaucome, 87 échantillons ont été
prélevés au cours d'interventions sur le segment antérieur.
Ces prélèvements ont concerné 54 glaucomateux et 33 personnes
ayant une cataracte isolée. La concentration en VEGF était significativement
plus élevée en cas de glaucome, sans distinction selon l'étiologie
(primitif à angle ouvert, pseudo-exfoliation capsulaire ou à angle
fermé). En revanche des taux très élevés ont été
mesurés dans un cas de glaucome néovasculaire et dans deux cas
de glaucome post-uvéitique. Aucune influence de l'âge, du sexe
ou des traitements antérieurs (médical, chirurgical ou laser)
n'a pu être détectée. La concentration intra-camérulaire
en VEGF était significativement plus élevée que sa concentration
plasmatique (46 patients testés).
Virus
de l'hépatite C et manifestations ophtalmologiques (Curr. Opin.
Ophthalmol. 2002 ; 13(6) : 423-7, M.E. Zegans et al.) www.co-ophthalmology.com
On estime le nombre de français porteurs d'une infection chronique par
le virus de l'hépatite C (VHC) à 400 000 ou 500 000. Aux Etats
Unis les personnes infectées se compteraient par millions. On avance
en effet le chiffre de 3,6 millions. Bien qu'il n'existe pas, dans l'état
actuel de nos connaissances, de manifestation oculaire spécifique du
virus de l'hépatite C, quelques observations d'atteintes ophtalmologiques
associées à cette infection ont été rapportées.
Deux pathologies, notamment, lui semblent liées : un syndrome de l'oeil
sec (voisin d'un Sjögren) et une vascularite rétinienne (due au
VHC ou au traitement par interféron). En cette année 2002, qui
a vu se dérouler la conférence de consensus sur le traitement
de l'hépatite C (Anaes), il paraît intéressant de discuter
une sérologie VHC devant une rétinopathie ischémique ou
un syndrome sec non étiquetés.
Micro-perforation
des tubes de Molteno (J. Glaucoma 2002 ; 11(5) : 434-8, KS lim et al.)
www.glaucomajournal.com
Pour avoir une idée précise de l'effet hypotonisant qui résulte
d'une micro-perforation réalisée sur la partie proximale d'un
tube de Molteno, les auteurs ont mis au point un circuit expérimental
perfusé selon un débit de 2 microlitres par minute et l'ont mis
en continuité avec ce dispositif de drainage. La perfusion a été
réglée pour obtenir une pression de 30 mmHg dans le circuit, sous
contrôle d'un manomètre. Puis une micro-perforation unique du tube
a été pratiquée, à partir d'aiguilles de 23, 25,
27 ou 29,5 Gauge et ses conséquences sur la pression intraluminale ont
été analysées. L'extrapolation de ces résultats
obtenus in vitro montre que les mêmes manipulations faites in vivo risquent
d'aboutir à une hypotonie oculaire plus importante si l'on utilise des
aiguilles de 23 ou 25 G. Pour limiter les hypotonies immédiates trop
profondes il paraît donc préférable de choisir des aiguilles
de plus petit diamètre.
Evaluer
cliniquement la taille de la papille (J. Glaucoma 2002 ; 11(5) : 392-5,
KH Mok et al.) www.glaucomajournal.com
Il est parfois utile d'évaluer cliniquement le diamètre de la
tête du nerf optique. En effet, pour une même valeur du C/D, il
conditionne par exemple l'interprétation d'une excavation (physiologique
ou pathologique). Après avoir effectué des mesures chez 88 sujets
normaux, 18 personnes qui avaient une grande papille constitutionnelle et 16
patients porteurs d'un glaucome débutant, les auteurs proposent une méthode
de calcul qui peut notamment permettre d'identifier les papilles de grande taille.
Ayant constaté dans cette série l'invariabilité de la distance
qui sépare le centre de la papille de la macula (DM) ils ont étudié
le rapport DM/DP, DP étant le diamètre papillaire. Selon eux,
ce rapport, qui est d'autant plus petit que la papille est grande, pourrait
servir d'unité de mesure relative pour évaluer la taille du disque
optique. Aucune corrélation entre la réfraction et ce rapport
n'a été retrouvée.
Les lymphomes
intra-oculaires (Curr. Opin. Ophthalmol. 2002 ; 13(6) : 411-8, C.C.
Chan et al.) www.co-ophthalmology.com
Il existe deux types de lymphomes intra-oculaires. Le premier trouve son origine
dans le système nerveux central. Lorsque sa localisation initiale est
rétinienne il s'agit d'un lymphome dit "intra-oculaire primitif",
qui est rare mais qui a vu son incidence augmenter ces quinze dernières
années. Il se manifeste par une hyalite et des infiltrats sous-rétiniens
et son diagnostic peut être difficile (neuro-imagerie, ponction lombaire,
voire biopsie de vitré). L'analyse moléculaire, à la recherche
d'anomalies génétiques, et l'augmentation de l'interleukine 10
(IL-10) oculaire, fournissent des arguments utiles pour identifier la maladie.
Le traitement associe chimiothérapie et radiothérapie. Le second
type de lymphome intra-oculaire est plus rare mais de diagnostic plus facile
et de meilleur pronostic. Il se développe à l'extérieur
du système nerveux et métastase à l'oeil où il atteint
le plus souvent l'uvée (choroïde).
Histoire
du trachome aux Etats-Unis (Surv. ophthalmol. 2002 ; 47(5) : 500-9,
S.K. Allen et al.) www.sciencedirect.com
Le trachome, qui peut conduire à la cécité, est à
l'heure actuelle considéré comme une pathologie des pays en voie
de développement. Au cours de la première moitié du 20ème
siècle il était pourtant très fréquent aux Etats-Unis,
certaines classes de la population étant plus concernées que d'autres.
C'est pourquoi, en 1913, le président Wilson décida d'attribuer
une large part du budget de santé publique à la lutte contre cette
maladie. De nombreuses études permirent d'identifier les facteurs prédisposant
à l'infection : promiscuité, pauvreté, manque d'eau potable
et hygiène insuffisante. Pour combattre le fléau un ensemble de
mesures ont été prises parmi lesquelles l'isolement des enfants
atteints, la mise en place d'établissements de soins, des campagnes de
dépistage, l'amélioration des conditions d'hygiène et l'antibiothérapie.
C'est à ce prix que la prévalence du trachome put diminuer aux
Etats-Unis.
Neuropathie
optique démyélinisante (Curr. Opin. Ophthalmol. 2002
; 13(6) : 375-80, R. Foroozan et al.) www.co-ophthalmology.com
Les neuropathies optiques dues à une maladie démyélinisante
représentent la première cause d'atteinte inflammatoire du nerf
optique. L'ONTT (Optic Neuritis Trial Treatment) a précisé les
indications de la corticothérapie et a démontré que les
malades qui ont des lésions cérébrales inflammatoires typiques,
ont un risque accru de développer une sclérose en plaques (SEP).
Leur prise en charge actuelle est dictée par les résultats de
l'étude CHAMPS (Controlled high-Risk Subjects Avonex Multiple Sclerosis
Prevention Study), au cours de laquelle les patients qui avaient eu un épisode
de démyélinisation (nerf optique, médulaire, cérébral
ou cérébelleux) associé à au moins 2 lésions
cérébrales démyélinisantes, ont reçu de l'interféron
bêta-1a ou un placebo (après corticothérapie intra-veineuse).
A 3 ans le risque de SEP était réduit de moitié dans le
groupe interféron.