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Semaine du 11 au 17 novembre 2002

Décollement descemétique après iridotomie (Am. J. Ophthalmol. 2002 ; 134(4) : 621, D Liu et al.) www.sciencedirect.com/science
A la suite d'une crise unilatérale de glaucome par fermeture de l'angle, un patient de 72 ans a bénéficié d'une iridotomie périphérique au laser Nd:Yag controlatérale, comme cela est recommandé. Cette manoeuvre prophylactique provoqué un décollement descemétique localisé qui n'a eu ni conséquence cornéenne ni retentissement visuel. Sans qu'aucun traitement ne soit nécessaire la membrane a repris sa place, progressivement et spontanément. Il semble que l'onde de choc générée par le laser ait pu être à l'origine de ruptures linéaires de la membrane de Descemet et expliquer ainsi son soulèvement.

Phényléphrine topique mais effets généraux (Am. J. Ophthalmol. 2002 ; 134(4) : 624, F. Fraunfelder et al.) www.sciencedirect.com/science
Au cours de la chirurgie ophtalmologique, l'utilisation de phéniléphrine (10%) à visée hémostatique par tamponnement local, expose les opérés à de graves complications systémiques. L'analyse de la littérature et des données de pharmacovigilance rendent compte des risques majeurs liés à cette pratique. Onze patients, qui étaient âgés de un à 76 ans, ont développé des effets secondaires causés par une application unique, et la plupart dans les minutes qui ont suivi ce contact. Hypertension artérielle sévère, oedème pulmonaire, troubles du rythme, arrêt cardiaque et hémorragie sous-arachnoïdienne ont ainsi été observés. On comprend pourquoi les auteurs déconseillent vivement cette méthode aux ophtalmologistes...Voire même, le leur contre-indiquent.

Contamination de collyres par les adénovirus (Am. J. Ophthalmol. 2002 ; 134(4) : 618, E. Uchio et al.) www.sciencedirect.com/science
Les adénovirus sont à l'origine d'épidémies de kérato-conjonctivites extrêmement contagieuses, bien connues des ophtalmologistes. Les flacons de collyres (non uni-doses) pourraient jouer un rôle dans la transmission de la maladie. C'est ce qui ressort d'une étude prospective au cours de laquelle les collyres de 26 patients ont été analysés. Après une semaine de traitement la présence de virus dans les flacons a été recherchée par PCR (Polymerase Chain Reaction). Les résultats se sont révélés positifs dans près de trois quart des cas et les agents infectieux étaient encore détectables à la neuvième semaine. La prévalence de l'infection au sein d'une même famille était significativement plus élevée lorsque les flacons avaient été contaminés. Les conseils d'hygiène que l'on donne à toute personne qui se présente avec une adénovirose mériteraient donc de tenir compte de ces données.

Leucémie et atteinte cornéenne (Cornea 2002 ; 21(7) : 723-4, M.A. Malecha et al.) www.corneajrnl.com
Les leucémies pourraient faire partie des diagnostics étiologiques des kératites périphériques. Les auteurs en rapportent un cas, survenu chez un malade suivi pour une leucémie chronique myelo-monocytaire connue, au moment d'une acutisation. L'atteinte de la cornée a régressé sous corticothérapie locale. Il s'agit à leur connaissance de la seconde observation de ce type qui ait été publiée, l'autre cas ayant permis de faire le diagnostic de la leucémie. L'association d'une kératite périphérique et d'anomalies de la formule leucocytaire doit selon eux faire suspecter le diagnostic de leucémie ou une acutisation de la maladie si celle ci est déjà connue.

Cataracte bilatérale et nystagmus chez l'enfant : les effets de la chirurgie (Am. J. Ophthalmol. 2002 ; 134(4) : 624, Rabiah et al.) www.sciencedirect.com/science
Les auteurs proposent les résultats d'une étude rétrospective qui a inclus 95 enfants opérés d'une cataracte bilatérale et qui avaient en plus un nystagmus sensoriel. Il n'existait aucune autre anomalie oculaire ou neurologique. L'âge au moment de la chirurgie variait de 1 mois à 13 ans et le suivi moyen dépassait six ans (plus ou moins 3,4 ans). L'analyse des résultats de cette série a montré que chez certains de ces enfants l'intervention a permis d'améliorer nettement l'acuité visuelle et même de diminuer le nystagmus. Il semble toutefois que l'intensité du nystagmus soit un facteur pronostic : moins il est important au départ plus il paraît susceptible de régresser et meilleure peut être la récupération visuelle.

L'herpès : une contre-indication de la cornée artificielle AlphaCor (Cornea 2002 ; 21(7) : 685-90, C.R. Hicks et al.) www.corneajrnl.com
La cornée artificielle AlphaCor est réservée aux patients pour lesquels les techniques de kératoplastie habituelles ne sont pas envisageables. Parmi ses contre-indications on peut citer les maladies de la surfaces oculaire (syndrome de Stevens Johnson, brûlures chimiques...) et les antécédents d'herpès oculaire. Pour illustrer les risques liés aux infections herpétiques les auteurs ont passé en revue 40 cas de patients opérés par cette technique, dont 8 avaient eu un herpès. Dans cette série la probabilité de survenue de complications était significativement et nettement plus élevée chez les personnes qui avaient des antécédents herpétiques. La réactivation virale pourrait être due à la dissection intra-cornéenne étendue nécessaire à la mise en place de l'AlphaCor. Cette étude n'est pas suffisante pour évaluer l'efficacité des antiviraux, mais leur utilisation ne semble pas pouvoir éliminer totalement les risques.

L'oeil sec en questions (Cornea 2002 ; 21(7) : 664-70, C.G. Begley et al.) www.corneajrnl.com
Dans toute les spécialités médicales de nombreux outils décisionnels diagnostiques et thérapeutiques ont été mis au point pour aider les praticiens. Il peut s'agir par exemple de classifications, d'échelles, de grilles ou de questionnaires. En ophtalmologie le questionnaire de l'oeil sec (DEQ ou Dry Eye Questionnaire) évalue la fréquence, la sévérité et le retentissement des symptômes liés à la sécheresse oculaire de même qu'il interroge les patients sur leurs traitements médicaux, leurs antécédents allergiques ou l'usage qu'ils font des ordinateurs. Après avoir recueilli et analysé les réponses de 32 malades ayant un syndrome de Gougerot Sjögren et de 30 malades ayant une kérato-conjonctivite sèche, les auteurs concluent que le DEQ est en mesure de donner des informations intéressantes et qu'il pourrait être utile au cours des essais thérapeutiques en matière d'yeux secs.

OCT après PDT (Am. J. Ophthalmol. 2002 ; 134(4) : 566, A Rogers et al.) www.sciencedirect.com
L'OCT (Optical Coherence Tomography) pourrait s'avérer utile pour comprendre et suivre les modifications rétiniennes induites par la PDT (PhotoThérapie Dynamique). Près de 80 yeux ont ainsi été évalués rétrospectivement, en parallèle de l'analyse des angiographies. Le traitement s'adressait à des néovaisseaux choroïdiens (NVC) à prédominance visible compliquant une DMLA. Les auteurs proposent la classification suivante. Stade I : Réponse inflammatoire aiguë avec augmentation du décollement séreux rétinien (DSR) ; stade II : retour de la fovéa presque à la normale et diminution du DSR ; stade IIIa : DSR plus important que la fibrose témoignant de l'activité des NVC ; stade IIIb : diminution de l'exsudation et augmentation de la fibrose ; stade IV : oedème maculaire cystoïde ; stade V : résorption du liquide sous rétinien, amincissement rétinien et fibrose atteignant l'épithélium pigmenté.