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Semaine du 4 au 10 novembre 2002
Transplantation sous
rétinienne de cellules de l'épithélium pigmenté
irien (Acta. Ophthalmol. Scand. 2002 ; 80(4) : 387-94, S. Crafoord
et al.) www.blackwell-synergy.com
Cette étude prospective a été menée chez l'animal.
Il s'agissait de savoir comment se comporteraient les photorécepteurs
après une greffe de cellules de l'épithélium pigmenté
irien dans l'espace sous rétinien. A partir d'une iridectomie les cellules
ont été isolées (mais non cultivées) et injectées
sous la rétine de 37 lapins. Puis les données histologiques ont
été recueillies et analysées. Les photorécepteurs
ont montré leur capacité à survivre pendant au moins 6
mois, mais on a pu constater que les greffes sous rétiniennes trop épaisses
pouvaient les endommager. Les auteurs n'ont pas rencontré de difficulté
technique et aucune réaction inflammatoire anormale n'a été
constatée.
Des complications maculaires
sous azathioprine (Cornea 2002 ; 21(7) : 712-4, R.R. Sudhir et al.)
www.corneajrnl.com
Les immunosuppresseurs peuvent induire de sérieux effets indésirables.
En voici un exemple qui s'est manifesté par une atteinte oculaire. A
la suite d'une kératite fongique, et une fois l'infection traitée,
un patient a dû recevoir une kératoplastie transfixiante (KPT).
L'intervention s'est soldée par un échec avec opacification du
greffon et apparition d'une néo-vascularisation. Deux années plus
tard une nouvelle KPT a été tentée et la malade a été
mis d'emblée sous azathioprine dans le but d'éviter un rejet sur
ce terrain à risque. Quelques mois plus tard une aplasie médulaire
compliquée d'hémorragies maculaires pré-rétiniennes
bilatérales a fait son apparition. L'arrêt du traitement et l'administration
de produits sanguins ont amélioré les paramètres hématologiques
et les lésions oculaires. Cette observation rappelle combien il faut
être prudent dans le maniement des immunosuppresseurs.
Kératite amibienne évoluée : intérêt
de la kératectomie lamellaire profonde (Cornea 2002 ; 21(7)
: 705-8, G. Cremona et al.) www.corneajrnl.com
La kératectomie lamellaire peut être utile en cas de kératite
amibienne évoluée qui résiste au traitement médical.
C'est ce que décrivent les auteurs à propos de trois yeux (deux
patients). Il s'agissait de lésions pour lesquelles le diagnostic, et
donc l'indication d'un traitement adapté, avaient été posés
avec retard et qui progressaient malgré la prescription d'une association
d'anti-amibiens topiques. L'exérèse des tissus infectés
a donc été décidée et une kératectomie lamellaire
profonde associée à un recouvrement conjonctival a été
réalisée. Dans les trois cas l'intervention a permis de contrôler
la douleur et de maîtriser l'infection, le volet conjonctival a évolué
favorablement et le traitement médical a pu être réduit.
Suture profonde sur kératoplastie transfixiante (Cornea
2002 ; 21(7) : 680-4, M. Busin et al.) www.corneajrnl.com
Les auteurs rapportent les avantages d'une technique de suture profonde qu'ils
ont expérimentée au cours de 17 kératoplasties transfixiantes
(KPT) pour kératocône. Il s'agissait soit d'un surjet de nylon
10-0 (16 passages) soit de huit points en croix séparés. Les fils
ont été disposés du stroma moyen vers l'endothélium
(au niveau duquel ils étaient transfixiants) du côté donneur
puis de l'endothélium vers le stroma moyen du côté receveur
et enfouis de façon à rester sous la surface cornéenne.
Par sécurité un surjet superficiel a aussi été posé,
en ayant soin de rester au dessus du plan des sutures profondes. Il a par la
suite été enlevé au troisième mois post-opératoire.
Si l'on en juge par les résultats de cette série il semble que
les sutures profondes puissent accélérer la récupération
visuelle et réduire le risque d'astigmatisme post-opératoire après
KPT pour kératocône.
Une complication rare de la thermothérapie transpupillaire
(Acta. Ophthalmol. Scand. 2002 ; 80(4) : 401-4, H. Kiratli et al.) www.blackwell-synergy.com
La thermothérapie trans-pupillaire (TTP) peut exceptionnellement être
à l'origine d'une dispersion massive de pigment et de débris tumoraux
dans l'espace sous rétinien. C'est ce qu'illustre l'histoire d'un patient
de 50 ans qui avait été traité pour un mélanome
malin choroïdien juxta-papillaire. Avant le traitement la lésion
mesurait 8 x 6 x 4,3 mm. La TTP a été délivrée en
deux temps. Quatre mois après la première séance une accumulation
de matériel a été observée, en particulier au niveau
de l'aire maculaire, mais sans retentissement sur l'acuité visuelle.
Dans l'année qui a suivi la tumeur a progressivement régressé.
Aucune autre localisation oculaire ou systémique n'a été
observée. Bien que dans le cas présent aucune complication à
court terme ne soit survenue, une surveillance rapprochée est recommandée
en pareille situation.
Endophtalmie chronique à pseudomonas oryzihabitans
(Am. J. Ophthalmol. 2002 ; 134(4) : 613, E. Yu et al.) www.sciencedirect.com/science
Le risque d'endophtalmie "lente" après extraction du cristallin
est bien connu des chirurgiens. Différents germes peuvent être
en cause et parmi eux Pseudomonas Oryzihabitans. L'histoire d'un patient de
77 ans en témoigne. Quatre mois après avoir été
opéré de la cataracte il a en effet déclaré un tableau
d'uvéite hypertensive chronique indolore, partiellement sensible aux
corticoïdes topiques. Les prélèvements d'humeur aqueuse et
de vitré sont restés stériles et l'injection intra-vitréenne
de vancomycine n'a pas eu d'effet sur l'inflammation. Deux ans après
le début de la maladie l'implant de chambre postérieure et la
capsule du cristallin ont été enlevés et cultivés.
Ceci a permis de guérir le patient et de découvrir une infection
à Pseudomonas Orizihabitans. Les auteurs s'étonnent de la faible
virulence de cette bactérie. En effet les bacilles gram négatifs
sont habituellement à l'origine d'infections bien plus sévères.
Les dangers des gaz expansifs en haute montagne (Am. J. Ophthalmol.
2002 ; 134(4) : 603, I. Fang et al.) <http://www.sciencedirect.com/science>
www.sciencedirect.com/science
Dans certaines circonstances une bulle de gaz intravitréenne peut augmenter
de volume et être responsable de graves complications. Un patient, traité
pour un décollement de rétine rhegmatogène, en a fait la
triste expérience. Au cours d'un séjour en haute montagne il a
perdu la vue de l'oeil opéré. Il existait à ce moment une
hypertonie oculaire majeure due à l'expansion de la bulle de gaz. Quinze
jours plus tard la pression intraoculaire s'était normalisée et
il existait au fond d'oeil des rétrécissements artériels
ainsi qu'une pâleur papillaire, séquelles d'une occlusion de l'artère
centrale de la rétine. Cette observation incite à informer les
opérés des risques inhérents à une diminution de
la pression atmosphérique en cas de tamponnement interne par du gaz.
Atteinte vitréo-rétinienne d'origine leucémique
(Am. J. Ophthalmol. 2002 ; 134(4) : 616, A Hirata et al.) <http://www.sciencedirect.com/science>
www.sciencedirect.com/science
L'infiltration de la rétine et du vitré par des cellules leucémiques
est rare, mais elle peut être accessible à un traitement efficace.
Pour nous en convaincre les auteurs rapportent le cas d'une femme de 59 ans
qui était suivie pour une leucémie à cellules T. Ayant
développé des opacités intra-vitréennes unilatérales
elle a dû subir une vitrectomie à visée diagnostique. Celle
ci a révélé un envahissement leucémique intra-oculaire
et, du fait de l'éclaircissement des milieux, une atteinte rétinienne
associée. La vitrectomie et un complément de chimiothérapie
ont permis à la patiente de récupérer 25/20 d'acuité
visuelle (contre 20/100 au départ). Le résultat obtenu justifie
la mise en oeuvre des moyens diagnostiques et thérapeutiques adaptés.