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Semaine du 28 octobre au 3 novembre 2002

Récidive tardive de décollement de rétine (DR) (Ophthalmology 2002 ; 109(10) : 1821-7, R.E. Foster et al.) www.aaojournal.org
Les récidives de DR qui surviennent plus d'un an après l'intervention initiale seraient essentiellement dues aux tractions exercées par la base du vitré. C'est ce que concluent les auteurs après avoir étudié les dossiers de plus de 450 patients opérés par un même chirurgien, rétinopathies diabétiques proliférantes, uvéites et plaies du globe exclues. Dix récidives tardives (un à dix ans après le premier DR) ont ainsi été identifiées. Parmi les 13 déhiscences observées, neuf étaient en regard du cerclage ou plus antérieures et il existait une prolifération vitréo-rétinienne dans huit cas. Un complément de chirurgie intra-oculaire a permis de réappliquer la rétine et d'améliorer l'acuité visuelle de sept des huit yeux opérés (deux patients ayant refusé l'intervention), le suivi moyen dépassant huit ans. Dans cette série la PVR a été considérée comme secondaire et n'a pas été incriminée dans le mécanisme de la récidive.

Un système de vitrectomie transconjonctivale et sans suture (Ophthalmology 2002 ; 109(10) : 1814-20, GY Fujii et al.) www.aaojournal.org
Les auteurs présentent leur expérience du système de vitrectomie transconjonctivale 25-gauges sans suture. Trente cinq yeux qui présentaient des pathologies variées ont ainsi été opérés : membranes épirétiniennes idiopathiques, décollements de rétine, trous maculaires, occlusions de branches veineuses rétiniennes, rétinopathies des prématurés, luxation postérieure de fragments de cristallin, oedème maculaire et hémorragies intravitréennes diabétiques. L'acuité visuelle, la tension oculaire et les complications post-opératoires ont été analysées. Dans l'ensemble cette technique est apparue facile à mettre en oeuvre et sans effets secondaires inattendus. Une complication à type de décollement de rétine a été relevée. Entre autres avantages, elle serait susceptible de réduire le temps opératoire, de simplifier le geste tout en limitant le traumatisme oculaire et de limiter les suites opératoires.

Maladies rétiniennes et qualité de vie : SF-36 ou SF-12 ? (Ophthalmology 2002 ; 109(10) : 1793-98, D.R. Globe et al.) www.aaojournal.org
Deux questionnaires concernant la qualité de vie ont été comparés, chez 1 081 personnes atteintes d'une maladie rétinienne. Avant l'examen ophtalmologique, toutes ont répondu aux questions du SF-36, le SF-12 n'étant qu'une sélection de 12 items issus du SF-36. Puis pour chaque patient, le score "physique" et le score "mental" ont été calculés et leurs valeurs confrontées. Bien que quelques différences significatives aient été constatées entre les deux tests selon le type de rétinopathie, les auteurs considèrent que le SF-12 est un bon indicateur de la qualité de vie générale. Sa rapidité d'utilisation pourrait en faire un outil d'évaluation intéressant.

Hydrocéphalie : détection de l'hypertension intracrânienne par échographie (Br. J. Ophthalmol. 2002 ; 86(10) : 1109-13, W.D. Newman et al.) http://bjo.bmjjournals.com
L'échographie du nerf optique serait capable de détecter une hypertension intra-crânienne (HTIC) chez les enfants hydrocéphales porteurs d'une dérivation. C'est en examinant 23 de ces enfants que les auteurs sont parvenus à cette conclusion. Six d'entre eux avaient une pression intra-crânienne bien contrôlée mais 17 avaient des signes d'HTIC. Le diamètre de la gaine du nerf optique (3mm en arrière du globe) a été étudié échographiquement chez tous les patients et les mesures ont été comparées à celles de 102 enfants qui consultaient dans le service de radiologie pour une toute autre raison. On a ainsi pu constater que le diamètre de la gaine du nerf optique était significativement plus grand quand la pression intra-crânienne était élevée. Ainsi l'échographie, examen non invasif, pourrait elle être très utile pour dépister un dysfonctionnement du shunt ventriculaire chez des enfants hydrocéphales.

Dépistage de la rétinopathie des prématurés (Br. J. Ophthalmol. 2002 ; 86(10) : 1127-30, L. Andruscavage et al.) http://bjo.bmjjournals.com
Certains cas de rétinopathie des prématurés pourraient passer inaperçus du fait des indications trop restrictives de l'examen du fond d'oeil. En effet en analysant rétrospectivement les dossiers de centaines d'enfants les auteurs ont pu constater que le dépistage de cette complication n'était pas toujours suffisant. Parmi 301 enfants dont le poids de naissance ne dépassait pas 1 500 g et 310 enfants dont le poids de naissance était compris entre 1 501 et 2 500 g., seuls respectivement 276 et 162 bébés ont été sélectionnés pour avoir un fond d'oeil (ophtalmoscopie indirecte réalisée par des rétinologues). Or 12 enfants dont le poids de naissance était plus élevé ont développé une rétinopathie, deux cas ayant nécessité un traitement. En l'absence de fond d'oeil systématique chez tous les enfants nés prématurément, on risque donc de méconnaître un certain nombre de complications rétiniennes.

Fibrose cornéenne et homocystinurie (Cornea 2002 ; 21(7) : 730-2, S.K. Rao et al.) <http://www.corneajrnl.com/> www.corneajrnl.com
Les auteurs rapportent une association inhabituelle. Une jeune patiente suivie pour une homocystinurie a développé des lésions fibrovasculaires cornéennes superficielles et bilatérales. Leur exérèse chirurgicale a été complétée d'une greffe de membrane amniotique ce qui a permis d'obtenir une amélioration clinique. Histologiquement l'épaisseur de l'épithélium était irrégulière, il existait des dépôts de mélanine au niveau de la membrane basale, une fibrose qui s'étendait jusqu'au stroma antérieur et des discontinuités de la membrane de Bowman. L'examen en microscopie électronique a révélé la présence de vacuoles intra-cytoplasmiques dans les cellules épithéliales et des inclusions intra-cytoplasmiques contenant un matériel fibrillaire et granuleux dans les kératinocytes. La physiopathogénie de ces lésions ne paraît pas élucidée.

Infections du segment antérieur : intérêt de la paracentèse cornéenne (Cornea 2002 ; 21(7) : 718-22, M.S, Sridhar et al.) www.corneajrnl.com mss@lvpeye.stph.net
Un nettoyage chirurgical de chambre antérieure peut être utile au cours des endophtalmies strictement limitées au segment antérieur. A l'appui les cas de trois patients. Le premier avait une réaction fibrineuse rétro-cornéenne sur infection bactérienne, le deuxième un hypopion sur kératite fongique résistant au traitement médical et le troisième un corps étranger végétal intra-camérulaire compliqué de mycose. L'ouverture de la chambre antérieure a permis d'extraire la fibrine, l'hypopion et le corps étranger. Ce geste, en association bien sûr avec des traitements anti-infectieux adaptés par voies locale et générale, a contribué à contrôler les infections. Toutefois des complications à type de cicatrice cornéenne ou de cataracte ont été observées. Les auteurs recommandent de respecter des règles d'asepsie strictes si l'on pratique cette technique et mettent en garde contre le risque de lésion du cristallin.

DMLA et anti-oxydants (Acta. Ophthalmol. Scand. 2002 ; 80(4) : 368-71, E.L. Snellen et al.) <http://www.blackwell-synergy.com/> www.blackwell-synergy.com
Selon certaines données expérimentales et épidémiologiques une consommation insuffisante de substances anti-oxydantes pourrait augmenter le risque de développer une DMLA. Pour tenter de le vérifier une étude contrôlée a été menée. Soixante douze patients et 66 témoins ont été questionnés sur leurs apports alimentaires en fruits et légumes. L'enquête a aussi tenu compte des autres facteurs de risque potentiels : tabagisme, antécédents familiaux et exposition solaire. L'analyse des résultats a montré que, dans cette série, la prévalence de la DMLA était presque deux fois plus élevée lorsque les apports en anti-oxydants étaient bas. Des études complémentaires sont attendues, afin d'évaluer l'effet protecteur que pourraient avoir les anti-oxydants sur la macula.