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Semaine du 14 au 20 octobre 2002

Hypertonie oculaire après vitrectomie : le silicone en cause (Retina 2002 ; 22(4) : 443-8, T. Avitabile et al.) www.retinajournal.com
La présence de silicone dans le segment antérieur favorise l'hypertonie oculaire (HTO). En étudiant les cas de 49 vitrectomisés (49 yeux) les auteurs ont pu mettre en évidence une corrélation forte entre le risque d'HTO et la quantité d'huile de silicone émulsionnée en chambre antérieure. Parmi ces patients environ la moitié étaient pseudophakes, un quart étaient phakes et un quart étaient aphakes. Le cristallin a semblé avoir un effet protecteur puisque aucun patient phake n'était hypertone et que la chambre antérieure était exempte de silicone ou presque. En revanche tous les aphakes étaient hypertones et avaient une grande quantité de silicone en chambre antérieure. Chez les pseudophakes une situation intermédiaire a été observée. Bio-microscopie, gonioscopie et UBM (Ultrasound BioMicroscopie) ont été utilisées au cours de cette étude pour quantifier l'émulsion de silicone.

Disparition spontanée de trous maculaires post-traumatiques(Am. J. Ophthalmol. 2002 ; 134(3) : 340-7, H Yamada et al.) yamadah@takii.kmu.ac.jp www.sciencedirect.com/science
Selon cet article il serait préférable de ne pas intervenir trop rapidement sur les trous maculaires (TM) lorsqu'ils sont d'origine traumatique. En effet les auteurs rapportent trois observations d'adolescents ou d'adultes jeunes qui ont développé un TM à la suite d'une violente contusion oculaire (objectivé par des examens complémentaires, dont un OCT). Dans tous les cas les TM se sont spontanément refermés dans les 4 à 6 mois qui ont suivi l'accident. Du fait d'une guérison spontanée possible, la surveillance ophtalmologique simple des TM post-traumatiques pendant les six premiers mois paraît être l'attitude la plus sage.

L'origine des drusens (Am. J. Ophthalmol. 2002 ; 134(3) : 411-31, D.H. Anderson et al.) www.sciencedirect.com/science d_anders@lifesci.ucsb.edu
De récentes études permettent de mieux comprendre les mécanismes qui conduisent à la formation des drusens et qui donc prédisposent à la DMLA. L'analyse (immunologie, microscopies optique, confocale, électronique...) de tissus oculaires d'origine humaine suggère que des débris cellulaires, piégés entre la membrane de Bruch et l'épithélium pigmenté, puissent induire des phénomènes inflammatoires locaux, précurseurs des drusens. Après en avoir explicité les détails, les auteurs concluent que la physiopathogénie des drusens pourrait bien être la même que celle d'autres atteintes dégénératives telles que l'athérosclérose ou la maladie d'Alzheimer. En effet dans tous les cas l'événement déclencheur paraît être une accumulation extracellulaire de matériel, responsable d'une inflammation chronique.

Quand la rétinopathie hypertensive annonce les accidents coronariens (Br. J. Ophthalmol. 2002 ; 86(9) : 1002-6, T.Y. Wong et al.) http://bjo.bmjjournals.com ophcoty@nus.edu.sg
Existe-t-il une prédisposition aux infarctus du myocarde et aux décès d'origine coronarienne en cas de rétinopathie hypertensive ? Telle était la question posée par l'étude prospective "Lipid Research Clinic's Coronary Primary Prevention Trial", qui a enrôlé 560 hommes d'âge moyen, hypertendus et hyperlipidémiques. Un fond d'oeil initial a été réalisé et le suivi a duré (en moyenne) près de 8 ans. Au cours de cette étude (et indépendamment des autres facteurs de risque cardiovasculaires) les malades qui avaient eu une rétinopathie hypertensive avaient deux fois plus de risques de faire un accident coronarien que les autres. Les rétrécissements artériolaires rétiniens (localisés ou diffus) multipliaient quant à eux ce risque par trois. Les anomalies microvasculaires du fond d'oeil seraient en fait le reflet des lésions causées par l'HTA. Il faudrait donc en tenir compte pour décider du traitement anti-hypertenseur.

Les traitements du rétinoblastome (Curr. Opin. Ophthalmol. 2002 ; 13(5) : 331-6, P. De Potter) www.co-ophthalmology.com
En cas de rétinoblastome de groupe 1, 2 et 3 (classification de Reese-Ellsworth), la chimiothérapie de première intention vise à obtenir une réduction du volume tumoral pour rendre la lésion accessible aux traitements conservateurs (cryothérapie, laser, thermothérapie et radiothérapie par plaque). Les tumeurs de groupe 4 et 5 quant à elles, nécessitent le plus souvent une énucléation ou une radiothérapie externe. Une énucléation est recommandée dans certains cas : tumeur de grande taille, décollement de rétine ancien, glaucome néo-vasculaire, envahissement de la pars plana, de la chambre antérieure, de la choroïde, du nerf optique ou de l'orbite et quand le pronostic visuel est mauvais. Une chimiothérapie complémentaire est indiquée si la section du nerf optique est envahie. Elle pourrait aussi éviter les métastases en cas d'atteinte de la lame criblée. L'auteur détaille aussi les autres options thérapeutiques.

De l'acétazolamide pour les rétinopathies séreuses centrales (Ophthalmology 2002 ; 109(9) : 1723-5, J. Pikkel et al.) www.aaojournal.org
Un traitement par acétazolamide serait susceptible de raccourcir l'évolution des rétinopathies séreuses centrales en accélérant la guérison clinique et la récupération visuelle. Telle est la conclusion d'une étude prospective et comparative non randomisée, à laquelle 22 patients ont participé. Quinze d'entre eux ont reçu de l'acétazolamide par voie systémique et sept ont servi de témoins. Au terme d'un suivi d'au moins deux ans les bons résultats obtenus à la phase aiguë de la maladie doivent être nuancés. En effet l'acuité visuelle finale ne différait pas entre les deux groupes et le traitement par acétazolamide n'a pas diminué le taux de récidive des rétinopathies.

Les métastases choroïdiennes des cancers du poumon (Am. J. Ophthalmol. 2002 ; 134(3) : 445-7, K. M. Kreusel et al.) www.sciencedirect.com/science kmkreusel@aol.com
Faut il dépister systématiquement les localisations choroïdiennes en cas de cancer pulmonaire métastasé ? Pour tenter de le savoir les auteurs ont examiné les yeux de 84 malades et proposent une revue de la littérature sur le sujet. Dans cette série des lésions de la choroïde ont été observées dans six cas, ce qui représente une fréquence élevée. Elle n'étaient présentes que si au moins deux autres organes extra-pulmonaires étaient déjà concernés. Chez ces malades l'espérance de vie moyenne était d'environ deux mois. Ainsi, du fait du pronostic vital de toutes façons très péjoratif, et malgré leur fréquence, la rechercher de localisations choroïdiennes chez les malades qui ont un cancer du poumon disséminé ne paraît pas indiquée.

PDT et stries angioïdes compliquées (Am. J. Ophthalmol. 2002 ; 134(3) : 360-6, M. Karacorlu et al.) www.sciencedirect.com/science retina@pobox.com
Les indications de la photothérapie dynamique (PDT) sont jusqu'à présent limitées. Pourtant des néovaisseaux choroïdiens (NVC) peuvent survenir dans de nombreuses circonstances, comme par exemple en cas de stries angioïdes. La PDT a donc été utilisée pour traiter 8 patients (8 yeux) porteurs de NVC sur stries angioïdes. Dans cette série le traitement a été bien toléré et aucune complication n'a été observée. A l'issue d'un suivi de 6 à 12 mois les signes angiographiques des néovaisseaux avaient disparu chez plus d'un tiers des patients, ou avaient régressé dans la même proportion de cas. Aucune baisse d'acuité visuelle n'a été notée et le gain moyen était de 1,37 lignes. Des études complémentaires paraissent souhaitables afin de confirmer ou non l'intérêt de la PDT en cas de stries angioïdes compliquées de néovaiseaux, sur un plus grand échantillon de patients et une plus longue période.

Des implants qui plongent (J. Cataract. Refract. Surg. 2002 ; 28(9) : 1689, T. Shigeeda et al.) www.sciencedirect.com/science
Quatre cas surprenants de luxation spontanée d'un implant dans le vitré sont décrits. L'événement s'est produit plusieurs années après une extraction de la cataracte, au cours de laquelle un implant de chambre postérieure (ICP) avait été mis en place dans le sac. En l'absence de facteur déclenchant identifié (ni traumatisme ni maladie oculaire) les patients ont subitement ressenti une baisse de l'acuité visuelle, témoin du déplacement postérieur de l'ICP. L'explantation a été réalisée au cours d'une vitrectomie et un nouvel implant a été inséré dans le sulcus et cette fois ci suturé. L'examen histologique a permis de trouver l'origine de l'accident, en montrant une rupture des fibres zonulaires en regard des zones d'appui de l'ICP.

"Bébés secoués" : des dégâts rétiniens et cérébraux (Am. J. Ophthalmol. 2002 ; 134(3) : 354-9, Y. Morad et al.) www.sciencedirect.com/science
Les cas de 75 enfants secoués âgés de 2 mois à 4 ans ont été étudiés. Vus initialement pour des traumatismes crâniens qui n'avaient rien d'accidentel, tous ont eu un examen clinique général, un examen ophtalmologique, des explorations de neuro-imagerie et des radios de squelette. Dans tous le cas des lésions cérébrales ont été retrouvées. Plus de 9 enfants sur 10 avaient un hématome sous-dural et près d'un sur deux avaient un oedème cérébral. D'autres anomalies ont été observées telles que des hémorragies de localisations variées et des contusions du parenchyme cérébral. La sévérité des lésions intra-crâniennes était corrélée à celle des lésions du fond d'oeil (hémorragies). Ceci signifierait que les lésions oculaires proviennent bien directement des secousses subies par les enfants et non pas d'une élévation de la pression intra-crânienne ou intra-thoracique ni même d'un traumatisme oculaire.