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Semaine du 7 au 13 octobre 2002
Correction de la
myopie forte par implant phake Artisan (Ophthalmology 2002 ;
109(9) : 1631-41, M.E. John et al.) www.aaojournal.org
L'implant Artisan iris-claw est un implant phake de chambre
antérieure à fixation irienne. A propos de 155 patients
dont les myopies à corriger étaient comprises entre
-5,5 et -22,5 Dioptries, les auteurs rapportent leur
expérience à court terme. Ils détaillent les
résultats obtenus après implantation : acuité
visuelle, réaction inflammatoire, décompte des cellules
endothéliales, évolution du cristallin et de l'angle
irido-cornéen. A l'issue d'une surveillance de six mois cette
technique leur a paru efficace et précise pour corriger les
myopies fortes, mais ils rappellent les précautions
peropératoires qui doivent être prises afin
d'éviter l'apparition secondaire d'une cataracte. Toutefois
des données complémentaires sont attendues dans le but
de préciser les conséquences de cette méthode
à plus long terme, en particulier sur le cristallin,
l'endothélium et l'iris.
Du
méthotrexate en intravitréen pour certains lymphomes
(Ophthalmology 2002 ; 109(9) : 1709-1716, J.R. Smith et al.)
www.aaojournal.org
Les lymphomes du système nerveux central peuvent se localiser
à l'oeil. Dans ce cas la chimiothérapie
intravitréenne (IVT) par méthotrexate semble en mesure
de mettre les malades en rémission. Telle est la conclusion de
cette étude au cours de laquelle 26 yeux ont reçu des
IVT. Ces rémissions ont eu lieu au prix de plusieurs
injections et de diverses complications : une cataracte dans 3/4 des
cas, des lésions de l'épithélium cornéen
dans plus de la moitié des cas, une maculopathie dans un peu
moins d'un cas sur deux et quelques cas d'endophtalmie
stérile, d'atrophie optique ou d'hémorragie
intravitréenne. Pourtant aucune séquelle visuelle n'a
pu être attribuée à la pratique des IVT. Les
auteurs qualifient ces effets indésirables d'acceptables mais
reconnaissent que des études complémentaires sont
nécessaires pour savoir si cette méthode apporte un
gain en matière de survie.
Les neuropathies
optiques en IRM (Ophthalmology 2002 ; 109(9) : 1679-84, J.F.
Rizzo et al.) www.aaojournal.org
A travers ce travail rétrospectif les auteurs ont
cherché à savoir si l'IRM était capable de
différencier les névrites optiques des neuropathies
optiques ischémiques non artéritiques. Soixante quatre
patients ont participé à cette étude, le
diagnostic du type de neuropathie optique ayant été
fait cliniquement. Pour plus d'objectivité, les images d'IRM
ont été présentées à un
neuro-radiologue sans qu'il soit au courant du diagnostic et dix
clichés lui ont été montré à deux
reprises de façon à s'assurer de la
reproductibilité de ses analyses. Au total, les
résultats étaient significativement différents
selon le type de neuropathie optique. Les aspects IRM observés
sont détaillés dans l'article.
Trop se frotter
les yeux menace le nerf optique (Am. J. Ophthalmol. 2002 ; 134(3)
: 460-1, L. Pecora et al.) www.sciencedirect.com/science
jpecora@stny.rr.com
A trop se frotter les yeux l'on risque un glaucome ! C'est ce qu'ont
constaté les auteurs qui rapportent une histoire originale. Un
patient de 46 ans, suivi pour un glaucome à pression normale
bilatéral, a fini par perdre toute perception lumineuse de
l'oeil gauche, les déficits de l'oeil droit étant
déjà prononcés. Jusqu'au jour où, au bout
d'une vingtaine d'années, il perdit la mauvaise habitude de se
frotter énergiquement les yeux. A partir de ce moment
l'acuité et le champ visuel ont cessé de se
dégrader puis sont restés stables au cours de huit
années de suivi. La neuropathie optique était
probablement due aux hyper-pressions répétées
exercées sur les globes oculaires. Il paraît donc utile,
chez certains patients, de savoir évoquer ce diagnostic
différentiel devant un tableau de glaucome à pression
normale.
Kératites
à mycobactéries après LASIK (Cornea 2002 ;
21(6) : 546-54, SF Fulcher et al.) www.corneajrnl.com
Sept cas d'infections cornéennes à mycobactéries
sont rapportés, toutes faisant suite à une intervention
de chirurgie réfractive par LASIK. Les kératites sont
survenues de façon retardée par rapport à
l'intervention, c'est à dire 7 à 24 semaines plus tard.
Sous traitement médical, l'évolution a
été dans l'ensemble satisfaisante sur le plan
fonctionnel. Ayant constaté l'inefficacité de
l'antibiothérapie lorsqu'elle était choisie de
façon empirique, et ayant identifié l'origine de la
contamination parmi le matériel utilisé au cours de la
chirurgie, les auteurs recommandent d'adapter
l'antibiothérapie à la sensibilité du germe en
cause et rappellent la nécessité de travailler dans le
strict respect des règles d'asepsie. A noter qu'un des sept
volets cornéens a dû être
réséqué.
Paracoccidiodomycose
intraoculaire (Am. J. Ophthalmol. 2002 ; 134(3) : 456-9, L.P.
Finamor et al.) www.sciencedirect.com/science
Malgré sa rareté, il faut penser au diagnostic de
paracoccidiodomycose devant une inflammation intra-oculaire qui
survient au cours du SIDA. Le cas d'une jeune patiente en
témoigne. Atteinte de lésions inflammatoires
sévères rétiniennes, choroïdiennes et
papillaires unilatérales partiellement sensibles à un
traitement anti-toxoplasmique (et associées à un foyer
intra-cérébral), elle a évolué vers un
glaucome néovasculaire et a du être
énuclée. L'examen anatomopathologique de la
pièce d'exérèse a mis en évidence une
paracoccidiodomycose et a posé l'indication d'un traitement
par triméthoprime-sulfaméthoxazole, grâce auquel
une régression satisfaisante de la lésion
cérébrale a pu être obtenue. La PCR de la biopsie
vitréenne était revenue positive à toxoplasma
gondii, expliquant le choix thérapeutique initial.
Effet des flash
de corticoïdes sur la maladie de Harada (Am. J. Ophthalmol.
2002 ; 134(3) : 454-6, E.Yamanaka et al.)
www.sciencedirect.com/science
A partir d'une série de neuf malades cet article propose une
explication quant au mode d'action des flash de corticoïdes en
cas de maladie de Vogt-Koyanagi-Harada. Tous les patients avaient des
décollements séreux rétiniens (DRS) dont
l'évolution a été suivie par OCT. Dès la
première perfusion une nette régression des DSR a
été constatée. Selon les auteurs, et du fait de
la rapidité d'action de la corticothérapie, le
traitement a probablement agi sur la perméabilité des
capillaires et de la barrière hémato-rétinienne
plutôt que par un mécanisme anti-inflammatoire ou
immunosuppresseur.
Pression
artérielle et anomalies micro-vasculaires rétiniennes
(Br. J. Ophthalmol. 2002 ; 86(9) : 1007-13; T.Y. Wong et al.)
http://bjo.bmjjournals.com ophcoty@nus.edu.sg
Au cours de la "Cardiovascular Health Study", étude
prospective sur la santé cardiovasculaire aux Etats Unis, des
photographies du fond d'oeil ont été
réalisées chez plus de 2400 personnes âgés
de 69 à 97 ans, dont environ 350 étaient
diabétiques. Puis les anomalies de la micro-circulation
rétinienne (rétrécissement des artérioles
localisé ou diffus, signe du croisement
artério-veineux, rétinopathie) ont été
analysées. L'ensemble de ces anomalies est apparu
associé à des chiffres de pression artérielle
élevés, alors que les rétrécissements
artériolaires diffus, voire le signe du croisement, ont
semblé liés aux antécédents d'HTA (y
compris si les chiffres de pression artérielle étaient
normalisés au moment de l'étude). Selon ces
données les modifications de la microvascularisation
rétinienne chez les sujets âgés témoignent
à la fois de la sévérité et de la
durée d'évolution de l'HTA.
L'endophtalmie :
une complication inhabituelle de l'orthodontie (Am. J.
Ophthalmol. 2002 ; 134(3) : 449-50, W.J. Wirostko et al.)
www.sciencedirect.com/science wirostko@mcw.edu
Suite à une plaie cornéenne transfixiante, survenue au
cours de l'extraction de matériel d'orthodontie, un jeune
homme a développé une endophtalmie. Le traitement a
associé une vitrectomie par la pars plana, une
antibiothérapie par voie générale
(ciprofloxacine), et des injections intravitréennes
d'antibiotiques à large spectre (vancomycine et ceftazidime).
La culture du prélèvement de vitré a mis en
évidence trois germes d'espèces différentes :
staphylocoque épidermidis, streptocoque viridans et
lactobacilles, témoignant du caractère septique des
traumatismes d'origine bucco-dentaire. Pourtant l'évolution
sous traitement a été favorable et le patient a
récupéré une acuité visuelle de
20/20.
Des nodules
iriens d'origine infectieuse (Br. J. Ophthalmol. 2002 ; 86(9) :
969-74, T.D. Myers et al.) http://bjo.bmjjournals.com
Différentes pathologies (sarcoïdose, sclérose en
plaques, syndrome de Vogt-Koyanagi-Harada,
hétérochromie de Fuch's...) peuvent s'accompagner de
nodules iriens. La plupart d'entre elles requièrent un
traitement par immunosuppresseurs. Or certains nodules iriens sont
d'origine infectieuse. Si l'infection n'est pas reconnue
d'emblée on risque de mettre en place un traitement
inadapté. Pour éviter cela les auteurs ont
cherché à décrire les caractéristiques
cliniques de ces lésions infectieuses. Ils ont ainsi repris 28
observations, puisées dans leur expérience et dans la
littérature. Selon cette étude il semble que les
nodules iriens sur uvéite infectieuse se présentent
comme des lésions unilatérales blanchâtres et mal
limitées, résistant à la corticothérapie,
associées à une inflammation de chambre
antérieure ou vitréenne marquée et/ou dans un
contexte d'embolie septique possible.