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Semaine du 30 septembre au 6 octobre 2002
Maladie de
Wegener et ulcérations conjonctivales (Cornea 2002 ; 21(6)
: 623-4, A.C. Fortney et al.) www.corneajrnl.com
Au cours de la granulomatose de Wegener, il est possible, bien que
rare, de rencontrer des ulcérations conjonctivales. Les
auteurs en rapportent une observation chez un patient dont la maladie
était considérée en rémission, le
diagnostic ayant été fait de nombreuses années
plus tôt. La biopsie des lésions a mis en
évidence un processus inflammatoire compatible avec une
récidive de maladie de Wegener. Au cours du trimestre qui a
suivi, une inflammation pulmonaire s'est développée et
le dosage sérique des anticorps anti-cytoplasme de
polynucléaires neutrophyles (C-ANCA) s'est positivé. Au
total, il semble bien que l'apparition d'ulcérations de la
conjonctive puisse annoncer la récidive d'une granulomatose de
Wegener et qu'en leur présence il faille rechercher
très attentivement une reprise évolutive
systémique de la maladie.
Traumatisme du
volet après LASIK et complications inflammatoires (Cornea
2002 ; 21(6) : 604-7, A.J. Aldave et al.) www.corneajrnl.com
Plus d'un an après un LASIK, et suite à un coup
reçu alors qu'il jouait au basket, un patient s'est
présenté avec une luxation partielle du volet
cornéen. Avant d'être soigneusement repositionné,
le capot a été débarrassé par grattage
des débris épithéliaux et des corps
étrangers qui le souillaient, puis une lentille pansement a
été mise en place. Pourtant, deux jours après
l'accident, une réaction inflammatoire diffuse s'est
développée au niveau de l'interface. Sous
corticothérapie locale, la cornée s'est
éclaircie et le patient a récupéré une
acuité visuelle sans correction de 20/20. Partant de cette
observation, les auteurs conseillent d'informer les
opérés de LASIK du risque de lésions
traumatiques du volet cornéen, en particulier au cours de
certaines activités de loisirs, et même longtemps
après l'intervention. Diagnostic et traitement précoces
peuvent permettre de préserver la fonction
visuelle.
Kératoplastie
: aspect initial de l'épithélium et santé finale
du greffon (Cornea 2002 ; 21(6) : 574-7, R.A. Machado et al.)
www.corneajrnl.com
Après une greffe de cornée, la qualité de
l'épithélium en post-opératoire précoce
préjuge-t-elle de l'évolution à plus long terme
de la surface cornéenne ? Pour répondre à cette
question, les auteurs ont suivi 91 patients après une
kératoplastie transfixiante sur la base de tests à la
fluorescéine. La proportion de greffons totalement
réépithélialisés était d'environ
1/3 le lendemain de l'intervention et de 100% au 3ème mois.
L'analyse des caractéristiques des donneurs et des receveurs
n'a pas permis d'identifier de facteurs prédisposant
statistiquement significatifs dans les cas qui présentaient de
vastes érosions cornéennes au cours du premier mois. De
même, l'état de l'épithélium à J1
n'a pas semblé être un indicateur pronostic pour le
3ème mois post-opératoire. En effet, dans cette
série, aucune érosion cornéenne ne persistait au
terme de cette période.
LASIK
après kératoplastie transfixiante (Cornea 2002 ;
21(6) : 564-9, M.A. Malecha et al.) www.corneajrnl.com
Peut-on utiliser le LASIK sur des greffons cornéens pour
traiter un astigmatisme ou une myopie ? Pour le savoir les auteurs
ont examiné rétrospectivement les cas de 20 patients
qui avaient bénéficié auparavant d'une
transplantation cornéenne et dont la moyenne d'âge
était de 37 ans au moment du LASIK. La plupart des
kératoplasties transfixiantes avaient été
motivées par la présence d'un kératocône.
Par la suite, l'intervention à visée réfractive
avait été décidée en raison soit d'une
anisométropie, soit d'une intolérance aux lentilles de
contact. Dans cette série, aucune complication
per-opératoire n'a été relevée et le
LASIK a semble-t-il donné de bons résultats
réfractifs.
Du
péricarde pour les yeux (Cornea 2002 ; 21(6) : 542-5,
Alvarenga et al.) www.corneajrnl.com
Les 25 patients (25 yeux) de cette série ont reçu une
greffe de péricarde d'origine humaine pour compenser la perte
de substance conjonctivale causée par l'exérèse
d'un ptérygion récidivant multiopéré. Le
patch de péricarde n'a pas été recouvert de
conjonctive et ni radiothérapie adjuvante, ni
anti-métabolite n'ont été utilisées. Le
traitement local post-opératoire a associé un
corticoïde et un antibiotique, puis un anti-inflammatoire non
stéroïdien une fois la
ré-épithélialisation cornéenne obtenue.
Ayant constaté un taux élevé de récidives
(soit près de la moitié des cas), les auteurs concluent
que cette méthode ne doit être considérée
que comme une option parmi d'autres, à envisager lorsque
l'autogreffe conjonctivale n'est pas possible.
Tumeurs malignes
des paupières et ganglion sentinelle (Curr. Opin.
Ophthalmol. 2002 ; 13(5) : 317-23, B. Esmaeli)
www.co-ophthalmology.com
La biopsie du ganglion sentinelle est une méthode qui
renseigne sur le degré d'extension des tumeurs. Elle
détecte les micro-métastases là où
l'examen clinique est négatif et peut être
indiquée en cas de cancer connu pour disséminer par
voie lymphatique. Si l'on excepte certaines formes histologiques, la
plupart des tumeurs malignes des paupières et de la
conjonctive se propagent aux ganglions régionaux avant de
donner lieu à d'autres localisations métastatiques.
Lorsqu'il s'agit d'un mélanome malin cutané,
l'histologie du ganglion sentinelle paraît être le
meilleur facteur pronostique en matière de récidive et
de survie. Partant de son expérience et d'une revue de la
littérature l'auteur discute l'intérêt et la
faisabilité du prélèvement de ganglion
sentinelle dans le cas des tumeurs palpébrales et
conjonctivales.
Décompression
orbitaire (Curr. Opin. Ophthalmol. 2002 ; 13(5) : 310-6, D.E.
Siracuse-Lee et al.) www.co-ophthalmology.com
Au cours d'une orbitopathie dysthyroïdienne l'augmentation du
volume des tissus mous (infiltration de la graisse, des muscles
oculomoteurs et de la glande lacrymale) est responsable de
phénomènes compressifs. C'est ainsi que l'on peut
expliquer, entre autres, l'exophtalmie (et le risque d'atteinte
cornéenne), les troubles de la motilité oculaire et la
survenue d'une éventuelle neuropathie optique. Si la
décompression chirurgicale de l'orbite était
classiquement réservée aux cas de neuropathies optiques
persistantes, les auteurs nous font part des avancées
récentes dans ce domaine. Ils détaillent par exemple
les techniques qui concernent le contenu orbitaire (graisse), le
contenant (parois osseuses) et les moyens de prévenir leurs
complications. Ils discutent aussi l'élargissement des
indications de ces traitements et leurs effets sur la pression
intra-oculaire.
Ptérygion
évolué ou récidivant : greffe limbique ou
autogreffe conjonctivale ? (Ophthalmology 2002 ; 109(9) : 1752-5,
MF A.l. Fayez) www.aaojournal.org
L'auteur communique ses résultats quant au traitement
chirurgical de certaines formes de ptérygions. Cette
étude prospective et randomisée a inclus 79 patients
porteurs soit d'un ptérygion évolué jamais
opéré, soit d'une récidive de ptérygion.
Les uns ont bénéficié d'une auto-greffe
conjonctivale libre et les autres d'une autogreffe limbique et
conjonctivale. L'analyse statistique des résultats de cette
série semble montrer que les deux techniques sont aussi
efficaces l'une que l'autre quand on s'adresse à un
ptérygion primitif. En revanche la transplantation limbique
serait plus efficace que la greffe conjonctivale simple en cas de
ptérygion récidivant. Au total, et au cours d'un suivi
qui a duré au moins trois ans, six récidives ont
été constatées, toutes survenues après
autogreffe de conjonctive seule.
Attention
à la pression intra-oculaire après LASIK
hypermétropique ! (Ophthalmology 2002 ; 109(9) : 1659-61,
D. Zadok et al.) www.aaojournal.org
Les auteurs attirent l'attention des ophtalmologistes sur le risque
de sous-estimation de la pression intra-oculaire (PIO) chez les
patients opérés de LASIK hypermétropique. Ils se
réfèrent pour cela aux résultats de leur travail
qui a porté sur 108 yeux opérés (58 patients).
Six mois après l'intervention la PIO a été
mesurée en utilisant le tonométre à aplanation
de Goldmann puis comparée pour chaque sujet à son
niveau pré-opératoire. Une différence tout
à fait significative a été observée entre
ces deux valeurs. Or ni la puissance de l'hypermétropie
traitée ni les paramètres techniques utilisés
n'ont pu être mis en cause dans ce phénomène. La
tonométrie par aplanation semble donc effectivement
sous-estimer la PIO après un LASIK
hypermétropique.
Dégénérescence
du PMMA (Ophthalmology 2002 ; 109(9) : 1666-75, D.J. Apple et
al.) www.aaojournal.org
A long terme certains implants de chambre postérieure en PMMA,
posés dans les années 1980 et au début des
années 1990, peuvent présenter des altérations
progressives à type d'opacités floconneuses de
l'optique, responsables d'une chute de l'acuité visuelle. Les
auteurs ont pu en observer 25 cas parmi lesquels certains ont
dû être explantés. Ils précisent que ces
anomalies concernent plusieurs fabricants, mais que certains lots de
lentilles intra-oculaires ont été plus
particulièrement atteints, et mettent en cause les
procédés de fabrication. L'analyse microscopique et
spectroscopique de certains de ces implants a permis de constater
qu'il s'agissait d'une dégénérescence du PMMA
lui-même, plus ou moins sévère et plus ou moins
dense selon les cas. Ces implants ayant été
utilisés chez des centaines de milliers
d'opérés, les ophtalmologistes doivent être
informés de cette complication tardive.