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Semaine du 16 au 22 septembre 2002
Chirurgie
filtrante : un nouveau mode de délivrance de la mitomycine
(Ophthalmology 2002 ; 109(7) : 1343-9, H. Mietz et al.)
www.aaojournal.org
En association à la chirurgie du glaucome la mitomycine C est
classiquement appliquée en per-opératoire en regard du
volet scléral par l'intermédiaire d'une
micro-éponge, puis abondamment rincée. Les auteurs
présentent une nouvelle technique pour délivrer
l'anti-mitotique, mais cette fois en post-opératoire de
trabéculectomie. Parmi les 50 patients porteurs de glaucomes
compliqués qui ont participé à cette
étude randomisée (la première du genre
semble-t-il), 25 ont reçu le traitement pendant l'intervention
(à la concentration de 0,2 mg/ml) et 25 l'on reçu par
voie topique aux 1er, 2ème et 3ème jours après
l'intervention (sur la bulle de filtration à la concentration
de 0,05 mg/ml). Au total et d'après cette série il
semble que l'administration locale de mitomycine en
post-opératoire soit efficace quant au résultat
pressionnel obtenu, tout en générant moins de
complications que la méthode per-opératoire.
Augmentation des
plaquettes et maladie de Horton (Ophthalmology 2002 ; 109(7) :
1267-71, R. Foroozan et al.) www.aaojournal.org
Lorsque l'on suspecte une maladie de Horton, l'augmentation de la
vitesse de sédimentation (VS) est un élément
d'orientation biologique important. Pourtant on connaît
l'existence de cas d'artérite à cellules géantes
à VS normale. Au cours de ce travail l'intérêt de
la numération des plaquettes sanguines a été
étudié et comparé à celui de la VS. Les
cas de 91 malades ont été revus, pour lesquels il
existait une suspicion de maladie de Horton, et qui avaient donc subi
une biopsie d'artère temporale (BAT). Plus de la moitié
des biopsies est revenue positive. Dans ce groupe de patients le taux
moyen de plaquettes sanguines (433 000/µl) était plus
élevé que chez les sujets dont l'histologie est revenue
négative (277 000/µl), et ce de manière
statistiquement significative. Si l'on en juge par cette série
une élévation du chiffre des plaquettes au delà
de 400 000/µl augmenterait la probabilité pour la BAT
d'être positive.
Traitement des
fractures du plancher de l'orbite (Ophthalmology 2002 ; 109(7) :
1207-10, M.A. Burnsine) www.aaojournal.org
Les indications et le délai opératoires devant une
fracture du plancher de l'orbite restent controversés. Pour
tenter d'établir une conduite à tenir devant ce type de
lésions les auteurs ont réalisé une revue de la
littérature, puisée sur Medline, et qui fait le point
des publications parues sur le sujet depuis près de 20 ans.
Malgré l'absence d'études prospectives
randomisées ils proposent les recommandations suivantes.
L'intervention s'impose en urgence en cas de réflexe
oculo-cardiaque persistant, de fracture "blowout",
d'énophtalmie précoce et d'hypotropie. La chirurgie
doit être programmée dans les 15 jours qui suivent le
traumatisme en cas de diplopie avec limitation de
l'élévation et incarcération des tissus mous
dans le foyer de fracture (scanner) ou de fracture de grande taille.
Les autres signes cliniques habituels sont rappelés. Parmi eux
l'hypoesthésie sous orbitaire qui doit être
recherchée.
Pression
artérielle et glaucome (Arch. Ophtalmol. ; 120(7) : 954-9
M.C. Leske et al.) http://archopht.ama-assn.org
cleske@notes.cc.sunysb.edu
Certains glaucomes, dont l'origine présumée est
vasculaire, peuvent se développer lorsque la pression
artérielle est trop basse comparée à la pression
intra-oculaire (PIO). En effet il en résulte une diminution de
la pression de perfusion du nerf optique. Mais qu'en est-il en
présence d'une hypertension artérielle ? Pour
répondre à cette question une population de 2989 sujets
noirs de plus de 40 ans a été suivie pendant 4 ans.
Parmi eux 67 personnes ont développé un glaucome
à angle ouvert (GAO), ce qui correspond à une incidence
de 2,2%. Dans cette série le risque de GAO était
nettement corrélé à la valeur de la PIO. En
revanche l'existence d'une hypertension artérielle n'a pas
semblé augmenter le risque de GAO et a même plutôt
paru exercer un effet protecteur relatif. A suivre.
Radiothérapie
et thermothérapie transpupillaire pour les mélanomes
(Arch. Ophtalmol. 2002 ; 120(7) : 933-40, C.L. Shields et al.)
http://archopht.ama-assn.org carol.shields@shieldsoncology.com
L'association radiothérapie (plaque) et thermothérapie
trans-pupillaire (TTP) donne de bons résultats quant au
contrôle local des mélanomes malins choroïdiens
(MMC). Telles sont les conclusions de cette étude prospective
non comparative qui a inclus 270 malades dont le MMC venait
d'être découvert. Tous ont été
traités par irradiation puis ont reçu trois
séances de TTP. La plupart des tumeurs se situaient
près du pôle postérieur. Au terme d'un suivi de
cinq ans le taux de récidive n'était que de 3%.
Différentes complications ont été
observées : papillopathie radique (38% des cas), maculopathie
(18%), occlusion vasculaire rétinienne (18%),
hémorragie intra-vitréenne (18%), glaucome
néo-vasculaire (7%), cataracte (6%) et décollement de
rétine rhegmatogène (2%). Trois
énucléations, dues à ces complications, ont
été nécessaires.
Géométrie
de la cornée après Photo Kératectomie
Réfractive (PKR) (Arch. Ophtalmol. 2002 ; 120(7) :
896-900, K. Miyata et al.) http://archopht.ama-assn.org
oshika-tky@umin.ac.jp
La chirurgie réfractive par laser Excimer peut être
à l'origine de modifications de la géométrie
cornéenne, dont l'évolution à long terme n'est
pas encore bien connue. Pour en savoir plus les auteurs ont
surveillé les topographies cornéennes de 65 yeux (34
patients) opérés par PKR pour myopie (allant de -1,25
à -10 Dioptries). Les mesures ont été prises en
pré-opératoire puis après l'intervention
à intervalles réguliers pendant un an. Dix sujets (20
yeux) en bonne santé ont servi de témoins. Selon cette
série la PKR peut être responsable d'une
déformation antérieure de la cornée, sans
ectasie vraie, corrélée à une régression
myopique. Maximale une semaine après la chirurgie, elle
progresse au cours du premier semestre puis semble se stabiliser. Les
yeux les plus exposés sont ceux dont la cornée est plus
fine et ceux dont la myopie était la plus importante et qui
ont donc dû subir une photo-ablation plus
marquée.
Cécité
après transplantation hépatique (Surv. Ophthalmol.
2002 ; 47(4) : 387, D. Dawson et al.)
http://www.sciencedirect.com/science
La ciclosporine peut provoquer une leucoencéphalopathie
à expression ophtalmologique. Les auteurs en rapportent un
exemple chez une de leur patientes, qui, après une
transplantation hépatique s'était
réveillée avec une cécité
bilatérale. La pression artérielle n'était que
discrètement augmentée et la concentration
sérique en ciclosporine était normale. L'IRM
cérébrale a mis en évidence des signaux anormaux
de la substance blanche dans la région
pariéto-occipitale. Le traitement par ciclosporine a
été interrompu sur le champ et remplacé par du
tacrolimus, un autre immunosuppresseur. La patiente a rapidement
récupéré sur le plan visuel et l'IRM s'est
normalisée. Une leucoencéphalopathie peut donc survenir
sous ciclosporine même en l'absence d'hypertension
artérielle et de surdosage. Elle est réversible si l'on
arrête immédiatement le traitement et le tacrolimus
semble être une bonne alternative.
Méthodologie
et ophtalmologie (Surv. Ophthalmol. 2002 ; 47(4) : 375, C. Margo
et al.) http://www.sciencedirect.com/science
Sur le plan clinique la fiabilité des méthodologies
utilisées est en pratique le plus souvent admise. Pourtant il
semble bien que les différences qui existent quant aux
évaluations cliniques, aux interprétations et aux
conclusions qu'on en déduit, soient plus importantes qu'on ne
le pense. Partant du principe qu'en médecine des conduites
à tenir de qualité ne peuvent être
élaborées qu'à partir de données exactes,
les auteurs discutent les notions de fiabilité, de
précision et de validité. Ils soulignent le rôle
primordial de l'examinateur pour ce qui est de l'ophtalmologie et
appuient leur réflexion sur des exemples concrets.
L'ectomésenchymome
malin (Surv. Ophthalmol. 2002 ; 47(4) : 368. P. Paikos et al.)
http://www.sciencedirect.com/science
L'ectomésenchymome malin est une tumeur rare que l'on peut
observer dans l'enfance. Elle est constituée d'un tissu dont
l'origine est mixte : mésenchymateux et neuroectodermique. Ses
localisations peuvent être diverses : tête et cou,
abdomen, périnée, scrotum ou les
extrémités. Les auteurs rapportent un cas de
localisation orbitaire. Ils décrivent le tableau clinique
ainsi que les caractéristiques radiologiques, histologiques et
immuno-histochimiques de la lésion, et proposent une revue de
la littérature sur le sujet. L'enfant, âgé de
sept ans au moment du diagnostic, a été traité
avec succès par une résection chirurgicale
associée à une chimiothérapie.
Des
modèles animaux pour les dégénérescences
rétiniennes (Surv. Ophthalmol. 2002 ; 47(4) : 357, S.
Fauser et al.) http://www.sciencedirect.com/science
Dans les pays occidentaux, les dégénérescences
rétiniennes sont une cause fréquente de
cécité. Le mécanisme exact de la plupart de ces
maladies étant encore inconnu, les possibilités
thérapeutiques font défaut. En effet, avant de trouver
un traitement adapté, il convient de comprendre comment, en
partant d'une mutation génique, on arrive à une
expression phénotypique. Pour cela il faut utiliser des
modèles animaux. Certains de ces modèles sont naturels
alors que d'autres sont issus du génie
génétique. Les auteurs passent en revue le large
éventail de modèles dont on dispose en matière
de dégénérescences
rétiniennes.