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Semaine du 2 au 8 septembre 2002

Perforation retardée de la bulle de filtration et greffe de membrane amniotique(Am. J. Ophthalmol. 2002 ; 133(6) : 834-5, C Kee et al.) http://www.sciencedirect.com/science cwkee@ophthalmology.org
L'emploi de mitomycine C au cours de la chirurgie filtrante expose à certaines complications parmi lesquelles les troubles d'étanchéité de la bulle de filtration (BF) qui peuvent survenir longtemps après l'intervention. Dans ce ca,s la réfection de la BF peut être réalisée en utilisant une greffe de membrane amniotique. Cette technique, appliquée à deux patients, a permis à la BF de retrouver son étanchéité tout en restant fonctionnelle. En effet la filtration s'est maintenue au cours du suivi (de plus de un an à presque trois ans). Toutefois les auteurs reconnaissent ne pouvoir déduire aucune conclusion quant à l'intérêt de cette méthode. En effet il faudrait pour cela inclure un plus grand nombre de malades.

Amincissement rétinien après CRSC (Am. .J Ophthalmol. 2002 ; 133(6) : 787-93, M.S. Wang et al.) http://www.sciencedirect.com/science loja@herlevhosp.kbhamt.dk
Une chorio-rétinopathie séreuse centrale (CRSC) idiopathique peut être responsable d'une atrophie rétinienne. Pour étayer cette affirmation les auteurs présentent une série de 24 yeux (23 patients) suivis pour CRSC, chez lesquels différents examens ont été réalisés : bio microscopie, photos du fond d'oeil, angiographie en fluorescéine et OCT (Optical Coherence Tomography). Vingt-cinq volontaires sains ont servi de témoins. Au cours de cette étude la présence d'un amincissement fovéolaire est apparu corrélé à la durée d'évolution de la maladie (c'est-à-dire au moins 4 mois) et à la persistance d'une baisse d'acuité visuelle malgré la régression du décollement séreux. Seul un facteur a pu être incriminé : l'absence prolongée de contact entre les photorécepteurs et les cellules de l'épithélium pigmenté.

Syndrome de Protée et signes ophtalmologiques (Ophthalmology 2002 ;109(6) : 1192-5, R.M. Sheard et al.) www.aaojournal.org
Au cours du syndrome de Protée les complications ophtalmologiques sont fréquentes. Il s'agit de la maladie dont aurait été victime John Merrick, dit "Elephant man", et qui fait référence au Dieu grec Protée qui avait reçu de Poséidon, son père, le pouvoir de changer de forme à volonté.Dans le cas présent les ophtalmologistes, qui suivaient un malade depuis son enfance, ont pu observer : une kératite en bandelettes, une cataracte, des anomalies vitréennes, un volumineux hamartome choriorétinien, un décollement séreux de la rétine et constater l'évolution des lésions avec le temps. A leur connaissance un tel tableau clinique n'avait jamais été décrit jusqu'ici.

Ophtalmopathie dysthyroïdienne : de la toxine botulique contre les rétractions palpébrales (Ophthalmology 2002 ; 109(6) : 1183-7, J.M. Uddin et al.) www.aaojournal.org
Les applications thérapeutiques de la toxine botulique sont nombreuses, tant en ophtalmologie que dans d'autres spécialités. Elles semblent même pouvoir s'étendre aux ophtalmopathies d'origine thyroïdienne, indication pour laquelle onze patients ont participé à cette étude prospective non comparative. Il s'agissait de traiter les rétractions palpébrales supérieures par une ou plusieurs injections sous conjonctivales de toxine botulique. Dans tous les cas une régression de la rétraction a été obtenue. Variable selon les cas elle n'a été jugée insuffisante que par un seul malade. L'effet thérapeutique s'est maintenu de 1 mois à plus de 3 ans. Dans l'ensemble le traitement paraît avoir été bien toléré, malgré la survenue de quelques effets indésirables transitoires comme un ptôsis (4 cas) ou une diplopie (3 cas) qui n'ont pas persisté plus de trois semaines. Les auteurs ajoutent qu'il s'agit d'une technique facile à réaliser.

Rétinopathie des prématurés. (Br. J. Ophthalmol. 2002 ; 86(6) : 696-700, J.E. Craig et al.) www.bjo.bmjjournals.com
Dès que l'on a su comment traiter et maintenir en vie les bébés nés prématurément, la rétinopathie des prématurés s'est imposée comme un grave problème, menaçant la fonction visuelle de ces enfants. Cela remonte déjà à plus de 60 ans. Depuis de nombreux travaux ont été menés sur le sujet et les progrès réalisés ont permis de réduire l'incidence et les conséquences de la rétinopathie des prématurés dans les pays industrialisés. En effet il s'agit d'une maladie que l'on peut éviter. Toutefois la compréhension de sa physiopathologie peut encore s'améliorer ainsi que les moyens de prévention. Les auteurs proposent une revue de la littérature et soulignent que cette pathologie reste une réelle préoccupation dans les pays en voie de développement.

Kératoplastie transfixiante : pronostic en fonction des antécédents herpétiques (Br. J. Ophthalmol. 2002 ; 86(6) : 646-52, M Halberstadt et al.) www.bjo.bmjjournals.com
Bien que les antécédents herpétiques exposent à plus de complications post-opératoires, le taux de survie des greffons et le pronostic visuel à long terme semblent être les mêmes que lorsque la kératoplastie transfixiante (KPT) a été réalisée pour un autre motif. Telles sont les conclusions d'une étude prospective qui a inclus 186 patients greffés à la suite d'une kératite herpétique et 198 patients greffés pour un autre type de kératite. Les opérés ont été suivis pendant 5 ans. Les complications observées étaient de différents ordres : néo-vaisseaux cornéens, érosions épithéliales, diminution de la sensibilité cornéenne et rejets de greffe. Selon les auteurs, en cas d'herpès, le pronostic des KPT dépendrait avant tout d'une surveillance ophtalmologique rapprochée et d'un traitement prophylactique bien conduit, associant antiviraux par voie systémique et corticothérapie locale.

LASIK hypermétropique : quel effet sur les ésotropies accommodatives ? (Ophthalmology 2002 ; 109(6) : 1148-53, D.B. Stidham et al.) www.aaojournal.org
La correction d'une hypermétropie par un LASIK bilatéral peut permettre, dans certains cas, de réduire l'angle d'une ésotropie (par rapport à sa valeur pré-opératoire mesurée sans correction). En effet dans cette série de 27 patients opérés, dont les cas ont été analysés rétrospectivement, l'ésotropie moyenne sans correction est passée de 9,0 à 3,3 dioptries prismatiques. Ce résultat est apparu nettement significatif. Toutefois, et alors que dans environ 4 cas sur 10 l'ésodéviation ne s'est pas améliorée, il ne semble pas possible de déterminer en pré-opératoire quels patients seraient de bons répondeurs. Aucune aggravation du bilan orthoptique n'a été constatée après le LASIK.

Apport de la vitrectomie en cas d'atteinte du segment postérieur d'origine infectieuse ou tumorale (Ophthalmology 2002 ; 109(6) : 1123-9, P. Mruthyunjaya et al.) www.aaojournal.org
Certaines pathologies vitréorétiniennes restent inexpliquées malgré un bilan étiologique. Afin d'étudier l'intérêt de la vitrectomie pour en trouver la cause, les auteurs ont repris les cas de 87 patients (90 yeux) vitrectomisés au cours d'une période de 10 ans. Dans 6 cas la vitrectomie avait un but uniquement diagnostic alors que dans tous les autres cas elle avait aussi un but thérapeutique. Dans cette série les examens demandés étaient, par ordre de fréquence : la cytologie, la bactériologie, une PCR (Polymerase Chain Reaction) et le dosage des anticorps anti-toxocara canis dans le vitré. Après analyse des résultats il semble que la vitrectomie puisse apporter des renseignements utiles dans bien des cas. Toutefois les auteurs estiment que cet outil diagnostic ne doit s'appliquer qu'aux patients chez lesquels les moyens moins invasifs n'ont pas été contributifs.

Glaucome : les patients qui évoluent vers la cécité. (Am. J. Ophthalmol. 2002 ; 133(6) : 764-72, J.E. Oliver et al.) http://www.sciencedirect.com/science
Pour connaître les facteurs qui prédisposent les glaucomateux à la cécité et en déduire la conduite à tenir, 290 malades ont été inclus dans cette étude rétrospective. Il s'agissait de patients dont le glaucome à angle ouvert avait été découvert entre 1965 et 1980 et qui ont été suivis jusqu'en 1998. Cinquante six d'entre eux ont évolué vers la cécité, dont la plupart avaient déjà un champ visuel altéré au moment du diagnostic. Les données recueillies au cours de ce travail confirment que la susceptibilité à la pression intra-oculaire est variable en fonction des personnes. En effet pour une PIO donnée la fonction visuelle peut s'altérer chez les uns alors qu'elle reste stable chez les autres. En conséquence les auteurs rappellent la nécessité de réévaluer régulièrement et au cas par cas, le champ visuel des glaucomateux ainsi que la pression cible qui doit atteinte grâce au traitement.

Examiner la papille pour estimer les déficits du champ visuel (Am. J. Ophthalmol. 2002 ; 133(6) : 758-63, A. Bayer et al.) http://www.sciencedirect.com/science atillabayer@hotmail.com
Cet article présente une méthode d'analyse de la papille qui permettrait d'estimer le degré de la neuropathie optique chez les glaucomateux. Il s'agit du DDLS (ou Disk Damage Likehood scale). Testé chez 141 patients (75 glaucomes à angles ouverts, 41 glaucomes à pression normale et 25 glaucomes par pseudo-exfoliation capsulaire, tous bilatéraux), il a ensuite été comparé aux données du champ visuel. Au cours de cette étude des corrélations étroites ont pu être mises en évidence entre les résultats du DDLS et les déficits campimétriques, quel que soit le type de glaucome considéré. A noter que cette technique n'a pas pu être étudiée sur de grandes papilles (diamètre supérieur à 2 mm) du fait d'un nombre de patients trop restreint.