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Semaine du 8 au 14 juillet 2002

Décollement de rétine rhegmatogène : doit on faire une rétinopexie ? (Retina 2002 ; 22(3) : 288-293, M.S. Figueroa et al.) www.retinajournal.com
Les décollements de rétine (DR) rhegmatogènes primitifs peuvent, en l'absence de prolifération vitréo-rétinienne associée, être traités par indentation seule. C'est ce que confirme cette étude contrôlée randomisée à laquelle 60 patients ont pu participer. Pour les 30 yeux du premier groupe aucune rétinopexie n'a été réalisée alors que les 30 yeux du second groupe ont reçu une cryoapplication transclérale. Dans tous les cas une indentation circulaire a été mise en place, complétée si nécessaire par une ponction de liquide sous-rétinien, une ponction de chambre antérieure, une injection d'air dans le vitré ou d'une indentation segmentaire lorsque les déhiscences étaient postérieures. Aucune différence significative n'a pu être mise en évidence entre les deux groupes quant aux résultats post-opératoires anatomiques et fonctionnels.

Choroïdite multifocale et syndrome des taches blanches évanescentes (Retina 2002 ; 22(3) : 317-22, R.G. Bryan et al.) www.retinajournal.com
On sait que les sujets qui développent un syndrome des taches blanches évanescentes (MEWDS) sont susceptibles de présenter ultérieurement une choroïdite multifocale (CMF). Ces deux entités cliniques relèvent-elles de la même cause ? Cette question est à l'origine de controverses. Les auteurs quant à eux estiment qu'à défaut d'une étiopathogénie identique ces deux entités cliniques surviennent au moins probablement sur le même terrain prédisposé. Ils s'expliquent au travers de cet article, en se référant aux cas de 4 patientes chez lesquelles des antécédents de CMF ont été retrouvés au moment du diagnostic de MEWDS.

Décollement de la rétine (DR) en présence d'un système de drainage de l'humeur aqueuse (Retina 2002 ;22(3) : 283-7, M.S. Benz et al.) www.retinajournal.com
La meilleure option chirurgicale chez les patients qui présentent un DR alors qu'ils sont porteurs d'un dispositif de drainage de l'humeur aqueuse semble être la vitrectomie par la pars plana, suivie d'un échange fluide-gaz. C'est du moins la conclusion que les auteurs tirent de leur expérience, à propos d'une série de 10 DR. Toutefois, bons résultats anatomiques, fréquents, ne riment pas toujours avec bons résultats fonctionnels, même si la pression intra-oculaire est bien contrôlée. En effet les yeux sur lesquels un système de drainage de l'humeur aqueuse a dû être mis en place ont habituellement d'importants déficits du champ visuel d'origine glaucomateuse qui empêchent une bonne récupération visuelle.

Hypoplasie du nerf optique (Acta. Ophthalmol. Scand. 2002 ; 80(3) : 300-4, K. Tornqvist et al.) www.blackwell-synergy.com
Les auteurs ont cherché à connaître les facteurs qui pourraient prédisposer les nouveaux-nés à une hypoplasie du nerf optique. Pour cela, ils ont étudié, sur une série d'enfants atteints, l'impact des éléments suivants : l'âge de la mère lors de la naissance, le nombre d'enfants, le tabagisme maternel, la durée de la gestation, le poids de naissance, le type d'accouchement, l'Apgar à la naissance, les maladies survenues au cours de la grossesse et la prise de médicaments en début de grossesse. Selon ce travail, il semble que l'hypoplasie du nerf optique ne se voit pas seulement en cas d'anomalies générales, en particulier du système nerveux central, mais aussi en association avec certains facteurs tels que le jeune âge de la mère, la primiparité, le tabagisme maternel et la prématurité.

Prématurés et poids de naissance supérieur à 1250 g. : évolution naturelle de la rétinopathie (Arch. Ophthalmol. 2002 ; 120(5) : 595-9, The Cryotherapy for Retinopathy of Prematurity Cooperative Group) http://archopht.ama-assn.org
Cet article présente le devenir à plus de 5 ans de 1068 prématurés (1068 yeux) dont le poids de naissance était supérieur à 1250 grammes (critère d'exclusion : cryothérapie). Certains n'ont eu aucune complication rétinienne, mais parmi les cas de rétinopathie, tous les stades de gravité ont été observés. Les formes dites "défavorables" étaient les plis rétiniens avec menace maculaire, les stades 4B et 5 des décollements de rétine et une acuité visuelle ne dépassant pas 20/200. Rares sont les yeux qui ont évolué défavorablement tant sur le plan visuel (5,1%) qu'anatomique (3,1%). Les facteurs qui y prédisposaient étaient : l'atteinte de la zone I (zone postérieure dont le rayon est le double de la distance inter papillo-maculaire) ou de la zone II (entoure la zone I, atteint l'ora en nasal et l'équateur en temporal) et les stades III+ (prolifération fibro-vasculaire, dilatations et tortuosités des gros vaisseaux rétiniens postérieurs).

DMLA atrophique bilatérale : la symétrie des lésions (Arch. Ophthalmol. 2002 ; 120(5) : 579-84, C. Bellmann et al.) http://archopht.ama-assn.org
La forme atrophique de la DMLA est environ deux fois moins fréquente que sa forme exsudative. Les auteurs ont examiné en détails 72 patients porteurs d'une DMLA bilatérale de type atrophique en notant le nombre et la taille des lésions du fond d'oeil, puis en vérifiant leur degré de symétrie d'un oeil à l'autre chez chaque sujet. Au total, et alors que d'importantes variations inter-individuelles ont été constatées dans cette série, les zones d'atrophie sont apparues plutôt symétriques lorsque les individus étaient examinés un à un. Ces constatations témoigneraient du fait que la DMLA n'est pas seulement le résultat de modifications dues à l'âge, mais aussi, de par l'aspect symétrique observé, d'un terrain prédisposé.

ICG : que reste-il de la fluorescence à la 24ème heure ? (Retina 2002 ; 22(3) : 323-9, F.M. Recchia et al.) www.retinajournal.com
Trente huit personnes ont participé à cette étude, parmi lesquelles 21 avaient une DMLA et 17 étaient en bonne santé. Dans ce dernier groupe, 9 sujets avaient plus de 62 ans et 8 moins de 36 ans. L'analyse a concerné les clichés angiographiques réalisés 24 heures après l'injection de vert d'indocyanine. Des plages d'hypofluorescence ont ainsi été détectées dans la plupart des cas de DMLA compliquées de néo-vaisseaux choroïdiens et dans les trois quarts des cas de DMLA sans néo-vaisseaux. En revanche, chez les sujets témoins, l'hypofluorescence était absente et une hyper-fluorescence a même été mise en évidence chez les plus de 62 ans. Selon les auteurs, à la phase très tardive de l'angiographie, l'hyperfluorescence du fond d'oeil chez les personnes âgées pourrait témoigner de modifications liées à l'âge, alors que les zones hypofluorescentes des DMLA pourraient annoncer des complications néo-vasculaires.

Rétinite à CMV : les symptômes au moment du diagnostic (Retina 2002 ; 22(3) : 278-282, L.L. Wei et al.) www.retinajournal.com
Selon des données recueillies entre 1993 et 1997, les patients HIV positifs qui se présentent avec une rétinite à CMV sont le plus souvent symptomatiques, quelle que soit la localisation des lésions. Toutefois, l'incidence des symptômes visuels était corrélée à la gravité de l'atteinte rétinienne. Dans cette série de 183 yeux (138 patients), les signes fonctionnels rapportés par les malades étaient, par ordre de fréquence : une baisse d'acuité visuelle, des myodésopsies, des phosphènes, une douleur oculaire et enfin la perception d'un scotome. Les patients porteurs d'une rétinopathie ont été comparés à un groupe de sujets témoins indemnes de rétinite et également HIV positifs.

Diabète de type 2 du sujet âgé : dépistage et photo-coagulation n'évitent pas toujours les séquelles visuelles (Acta Ophthalmol Scand 2002 ; 80(3) : 310-5, C Hansson-Lundblad et al.) www.blackwell-synergy.com
Chez certains diabétiques de type 2 âgés, la fonction visuelle peut s'altérer malgré un dépistage et un traitement des complications rétiniennes. Telle est la conclusion des auteurs qui ont pu, au cours d'un programme mené sur 8 ans, surveiller régulièrement 250 patients. Parmi eux, 52 ont été traités par photo-coagulation pour un oedème maculaire isolé ou associé à une rétinopathie non proliférante sévère ou proliférante. Au terme du suivi, 3 malades avaient une acuité visuelle (AV) inférieure à 1/10, tous ayant un diabète de type 2 diagnostiqué après l'âge de 30 ans. Dans le groupe des diabétiques dont l'AV finale ne dépassait pas les 5/10, il y avait 4 fois plus de patients insulino-traités que de patients sous hypoglycémiants oraux, eux mêmes étant 5 fois plus nombreux que les patients sous régime seul. Au cours de cette étude, l'âge est apparu comme facteur de mauvais pronostic visuel.

Traitement chirurgical des traumatismes du nerf optique (Acta. Ophthalmol. Scand. 2002 ; 80(3) : 287-93, T.M. Wohlrab et al.) www.blackwell-synergy.com
L'intérêt de la décompression chirurgicale en cas de neuropathie optique d'origine traumatique est un sujet dont on n'a pas encore fini de débattre. Sur 19 patients (20 nerfs optiques) les auteurs quant à eux rapportent de bons résultats dans huit cas. Les interventions (par voie d'abord trans-ethmoïdale) ont eu lieu dans les 48 heures suivant l'accident. L'exploration chirurgicale a permis de constater que les lésions osseuses du canal optique avaient été sous estimées. Parmi les huit opérés dont la vision s'est améliorée après le traitement, cinq n'avaient aucune perception lumineuse en pré-opératoire. Selon cette série, la décompression précoce d'un nerf optique traumatisé peut être utile. Toutefois il semble que l'acuité visuelle mesurée 6 semaines après l'intervention ne reflète pas nécessairement le résultat fonctionnel final.