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Semaine du 1 au 7 juillet 2002
Sclérostomie
enzymatique : une étude pilote prospective non
comparative (Arch
Ophthalmol 2002 ; 120(5) : 548-53, J.A. Dan et al.)
http://archopht.ama-assn.org
jdan@netvision.net.il
Quinze yeux aveugles symptomatiques ayant un glaucome primitif
à angle ouvert ont été traités par
sclérostomie enzymatique. La collagénase a
été délivrée au travers d'une incision de
5 mm et au moyen d'un instrument conçu spécialement
pour cette indication. Par rapport à sa valeur
pré-opératoire (43,5plus ou moins 9,8 mmHg sous
traitement), une diminution de la pression intra-oculaire (PIO)
moyenne a été obtenue en post-opératoire
immédiat (24,8 plus ou moins 10,6 mmHg sans traitement).
Après un an de suivi la PIO restait inférieure à
sa valeur de départ, mais avait tout de même
amorcé une remontée (34,8 plus ou moins 10,5 mmHg sans
traitement). L'intervention a permis de soulager les symptômes
des patients. Quelques complications ont été
observées : réactions conjonctivales de gravité
variable, une perforation du globe et 2 cas de réapparition
des symptômes dus à l'hypertonie oculaire. Des
études complémentaires sont attendues.
Apnées du
sommeil et neuropathies optiques ischémiques non
artéritiques (Arch.
Ophthalmol. 2002 ; 120(5) : 601-5, D.S. Mojon et al.)
http://archopht.ama-assn.org
Déjà évoqué par certains auteurs, le
syndrome d'apnée du sommeil pourrait être
incriminé dans certaines neuropathies optiques
ischémiques non artéritiques (NOINA). C'est la
conclusion d'une étude qui a comparé 17 patients
atteints de NOINA et 17 sujets témoins, sur la base d'un
enregistrement poly-somnographique. Le mécanisme en cause fait
intervenir des épisodes obstructifs
répétés des voies aériennes
supérieures au cours du sommeil, qui sont responsables d'une
hypoxie. Dans cette série une prévalence
élevée d'apnées du sommeil a été
retrouvée. Ceci pourrait expliquer que trois quart des
patients examinés pour NOINA ressentent les premiers
symptômes au réveil ou dans la période qui suit
une phase de sommeil.
Kératites
bactériennes : corticothérapie ou pas ?
(Ophthalmology
2002 May ; 109(5) : 835-42, K.R. Wilhelmus)
www.aaojournal.org
Les kératites bactériennes évoluent en
général favorablement sous antibiothérapie, mais
elles peuvent se solder par des altérations de la fonction
visuelle. Une corticothérapie locale associée
permettrait-elle de limiter les séquelles visuelles ? Pour
essayer de le savoir une revue complète de la
littérature sur une période d'un demi-siècle (de
1950 à 2000) est proposée. S'il en ressort que si
l'utilisation de corticoïdes topiques s'accompagne d'un risque
de complications infectieuses affectant la cornée,
l'intérêt de la corticothérapie locale en
association avec les antibiotiques en cas de kératite
bactérienne n'est pas démontré. C'est la raison
pour laquelle l'auteur appelle de ses voeux des études
prospectives pour déterminer la meilleure conduite à
tenir devant une kératite bactérienne.
Le syndrome des
anticorps anti-phospholipides
(Surv. Ophthalmol.
2002 ; 47(3) : 215-38, O.M. Durrani et al.)
http://www.sciencedirect.com/science
La responsabilité des anticorps anti-phospholipides doit
être recherchée devant des thromboses
récidivantes, qu'elles soient systémiques ou oculaires,
en l'absence d'autre facteur étiologique évident. En
effet un taux moyen à élevé d'anticorps
anti-phospholipides expose aux thromboses veineuses et
artérielles ainsi qu'à des fausses couches
répétées, et on estime de 15 à 88% selon
les sources, le risque de manifestations ophtalmologiques. Le
pronostic vital peut bien sûr être en jeu. Le syndrome
des anticorps anti-phospholipides concerne des sujets dont
l'âge moyen est inférieur de quelques décennies
à l'âge auquel on rencontre habituellement les
thromboses. Les patients doivent être pris en charge par une
équipe multidisciplinaire (hématologue,
rhumatologue...) et les auteurs préconisent un examen
ophtalmologique systématique dès lors que l'on
évoque le diagnostic.
Traitement
chirurgical des néo-vaisseaux choroïdiens après
endophtalmie à candida
(Retina 2002 ;
22(3) : 323-329, F.M. Recchia et al.) www.retinajournal.com
Une endophtalmie candidosique endogène peut se compliquer de
néo-vaisseaux choroïdiens avec altérations
sévères de la fonction visuelle. La chirurgie
vitréo-rétinienne peut permettre à certains
patients sélectionnés de récupérer sur le
plan visuel, mais la présence d'une fibrose
rétrofovéolaire est de mauvais pronostic. Telles sont
les conclusions des auteurs qui décrivent 3 cas de
néo-vaisseaux bilatéraux rétro- ou
juxta-fovéolaires chez des patients qui avaient reçu
des antifongiques par voie systémique pour une
septicémie à candida. Cinq de ces membranes
néovasculaires ont été enlevées
chirurgicalement alors que le 6ème oeil, siège d'une
fibrose rétro-fovéolaire, a été
surveillé cliniquement. Quatre des yeux opérés
ont amélioré leur acuité visuelle après
l'intervention. Au cours du suivi (de un an à 7 ans environ
selon les cas) la vision est restée stable et les
néo-vaisseaux n'ont pas récidivé.
Hémangiome
intramusculaire orbitaire (Acta.
Ophthalmol. Scand. 2002 ; 80(3) : 336-9, S.R. Christensen et
al.) www.blackwell-synergy.com
Les auteurs rapportent un cas unique d'hémangiome orbitaire
localisé aux muscles oculomoteurs. En 1989 une jeune patiente
a consulté pour exophtalmie gauche indolore et
irréductible, en rapport avec une lésion
rétro-bulbaire. En dépit de trois tentatives de
traitement chirurgical échelonnées sur une
période de 9 ans, aucun diagnostic n'a pu être
posé. La lésion a progressivement augmenté de
volume jusqu'au jour où une IRM a fourni des images
compatibles avec une lésion de type angiomateux. Finalement
l'oeil a dû être énucléé. L'analyse
histologique des muscles oculomoteurs, qui avaient été
réséqués dans le même temps
opératoire, a révélé l'existence d'un
hémangiome intramusculaire étendu à 4 de ces
muscles.
Etat de
santé oculaire en Amérique latine et dans les
Caraïbes (Surv.
Ophthalmol. 2002 ; 47(3) : 267-74, J.C. Silva et al.)
http://www.sciencedirect.com/science
Bien que le système de soins se soit récemment
amélioré en Amérique Latine et dans les
Caraïbes, on y estime encore la prévalence de la
cécité et de la mal-vision à respectivement 5000
et 20 000 cas par million d'habitants. Il semble qu'au moins 2/3 des
cécités soient dues à des pathologies curables
telles que la cataracte. Or, même si la pratique de la
chirurgie de la cataracte est plus commune que dans bien des pays
à travers le monde, elle paraît insuffisante si on
compare avec les pays industrialisés. D'autres facteurs sont
également susceptibles de limiter l'accès de la
population aux soins : une répartition en ophtalmologistes et
des compétences très inégales entre les
régions les plus riches et les plus pauvres, l'isolement
géographique de certains (forêt tropicale, montagne),
l'insuffisance du réseau routier et des transports en commun
ainsi que le manque de moyens financiers des plus pauvres.
Le procès
de GHA Hansen (Surv.
Ophthalmol. 2002 ; 47(3) : 275-87, M.F. Marmor)
http://www.sciencedirect.com/science
GHA Hansen, qui vécu de 1841 à 1912, doit sa
célébrité à la découverte du
bacille de la lèpre, auquel il a donné son nom. Bien
moins connue est l'expérience qui a bouleversé sa
carrière. Il décrivit les lésions oculaires de
la lèpre et en 1873 eut l'occasion d'observer des bacilles au
sein d'une lésion léprosique. Mais toute la
difficulté était d'en démontrer la nature
infectieuse. En effet l'agent de la lèpre ne pouvait pas
être cultivé et aucune preuve de transmission directe
n'avait pu être mise en évidence. C'est pourquoi Hansen
entreprit, en 1879, d'ensemencer la conjonctive d'une patiente avec
un bistouri contaminé. La patiente ne développa aucune
infection locale mais, n'ayant pas été priée de
donner son accord pour cette expérience, porta plainte. Hansen
fut jugé et reconnu les faits sans difficultés. Il fut
démis de ses fonctions, mais on l'autorisa à conserver
un emploi, dans le domaine de la lèpre, qu'il exerça
jusqu'à sa mort.
Après
Lasik : qu'en est il des anti-oxydants ?
(J. Refract. Surg.
2002 ; 18(3 Suppl) : S364-5, E. Smirennaia et al.)
www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi
(nlvision@online.ru)
Les substances anti-oxydantes ont la propriété de
protéger les tissus contre les effets
délétères des radicaux libres. Les auteurs ont
mesuré la concentration en anti-oxydants des larmes
après Lasik (technique d'hemo-luminescence). Douze yeux de 7
patients ont été utilisés pour
l'expérience. L'activité anti-oxydante était
augmentée dans 50% des cas, diminuée dans 25% des cas
et inchangée dans 25% des cas. Une semaine après
l'intervention, elle avait retrouvé des valeurs normales dans
trois quart des cas. Dans les cas où l'activité
anti-oxydante est restée élevée au 7ème
jour des signes d'épithéliopathie et de dystrophie du
volet cornéen ont été notés. Un
traitement par anti-oxydants topiques a été
entamé et a permis une amélioration clinique. Les
auteurs conseillent donc un traitement local par anti-oxydants
pendant deux semaines lorsque surviennent des problèmes
épithéliaux ou de capot à la suite d'un
Lasik.
Complications
vitréo-rétiniennes sous
kératoprothèse (Arch.
Ophthalmol. 2002 ; 120(5) : 559-66, S. Ray et al.)
http://archopht.ama-assn.org
(djdamico@meei.harvard.edu)
Parmi 110 patients porteurs de kératoprothèses, 18 (22
yeux) ont dû être opérés en raison de
complications atteignant le segment postérieur. Les 6
membranes qui s'étaient développées en
arrière de la kératoprothèse ont pu être
enlevées au cours d'une vitrectomie et 3 patients ont
amélioré leur acuité visuelle (AV) d'au moins 5
lignes (échelle de Snellen). Une vitrectomie par la pars plana
a permis d'éclaircir les milieux des 5 yeux qui avaient des
opacités vitréennes isolées, et dans 3 cas l'AV
a augmenté d'au moins 3 lignes. En revanche sur 13
décollements de rétine traités seuls 6 yeux ont
un peu amélioré leur AV. Quatre vitrectomies ont
été réalisées par voie
trans-palpébrale sur des yeux dont la surface oculaire
était très fragile, ce qui a permis à 3 de ces
patients d'améliorer leur AV. Selon les auteurs les risques
inhérents à ces techniques ne seraient pas
supérieurs à ceux de la chirurgie
vitréo-rétinienne classique.