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Semaine du 24 au 30 juin 2002

L'endothéline intervient-elle dans la physiopathologie du glaucome? (J. Glaucoma 2002 ; 11(3) : 259-270, T. Yorio et al.) www.glaucomajournal.com (yoriot@hsc.unt.edu)
L'endothéline est un peptide vaso-actif qui intervient dans les mécanismes d'autorégulation vasculaire de l'organisme. Dernièrement elle a été mise en évidence dans les tissus oculaires, ainsi que ses récepteurs. On a également constaté que sa concentration dans l'humeur aqueuse et dans le vitré était augmentée chez les glaucomateux et chez les modèles animaux de glaucome. Les auteurs font le point sur l'état actuel des connaissances relatives à la distribution de l'endothéline et de ses récepteurs au niveau des structures oculaires. Ils discutent en parallèle le rôle éventuel que pourrait jouer ce peptide dans la physio-pathogénie du glaucome.

Correction de la myopie forte : implant Artisan ou Lasik? (Ophthalmology 2002 ; 109(5) : 955-64, M.A. El Danasoury et al.) www.aaojournal.org
Cette étude prospective a inclus 90 yeux (61 patients) pour correction chirurgicale d'une myopie comprise entre -9,00 et -19,50 Dioptries. Le choix de la technique s'est fait par randomisation : la moitié des yeux a reçu un implant Artisan et l'autre moitié un Lasik. Les résultats, objectifs et subjectifs, ont été recueillis durant l'année qui a suivi l'intervention. Les 2 méthodes sont apparues similaires sur le plan de l'efficacité et de la sécurité. Pourtant dans cette série l'implant Artisan a paru avoir quelques avantages par rapport au Lasik, parmi lesquels : une meilleure acuité visuelle non corrigée ou corrigée par lunettes, une meilleure sensibilité aux contrastes et la réversibilité. Cette meilleure qualité de vision a semble-t-il été confirmée par les opérés eux mêmes puisque plus des deux tiers de ceux qui ont eu la possibilité de comparer ont exprimé leur préférence pour l'implant par rapport au Lasik.

Toxoplasmose oculaire : à propos d'une série de 154 patients (Ophthalmology 2002 ; 109(5) : 669-78, L.E. Bosch-Driessen et al.) www.aaojournal.org
Sur 1300 uvéites, les auteurs ont répertorié 154 cas de toxoplasmose dont ils ont étudié les caractéristiques. Parmi les observations faites au cours de cette étude rétrospective on peut noter que lors de la première consultation en ophtalmologie (âge moyen des patients : 30 ans) environ 1/3 des foyers toxoplasmiques étaient isolés alors que les 2/3 restants s'associaient à des cicatrices anciennes. Dans plus d'un cas sur dix, la sérologie a montré qu'il s'agissait d'une toxoplasmose systémique à la phase aiguë avec une fréquence accrue de réactions inflammatoires intra-oculaires sévères, de lésions rétiniennes étendues et d'atteinte de la fonction visuelle. Les autres facteurs de risque d'altérations de la vision étaient la toxoplasmose congénitale, les foyers du pôle postérieur et la corticothérapie lorsqu'elle n'était pas associée aux anti-parasitaires. Au cours d'un suivi moyen de 5 ans, 4 malades sur 5 ont récidivé.

Les secrets de la maladie de Eales (Surv. Ophthalmol. 2002 ; 47(3) : 197-214, J. Biswas et al.) http://www.sciencedirect.com/science
On s'interroge toujours sur la maladie de Eales, décrite en 1880. Elle atteint plus volontiers des hommes jeunes d'origine indienne et se caractérise par des engainements vasculaires et des territoires ischémiques rétiniens associés à complications néovasculaires. L'évolution vers des hémorragies intra-vitréennes (HIV) avec ou sans décollement de rétine (DR) est fréquente. La maladie est probablement multifactorielle et de récentes études ont permis de mieux comprendre les mécanismes immunologiques, moléculaires et biochimiques qui peuvent intervenir. Sa prise en charge dépend de la clinique : les manifestations inflammatoires nécessitent une corticothérapie générale alors qu'une ischémie rétinienne sévère et des complications néovasculaires impliquent un traitement par photocoagulation. La chirurgie vitréo-rétinienne semble donner de bons résultats en cas d'HIV et de DR.

Des mélanomes conjonctivaux localisés à la cornée (Ophthalmology 2002 ; 109(5) : 914-9, S. Tuomaala et al.) www.aaojournal.org
Les auteurs décrivent une forme particulière de mélanomes malins d'origine conjonctivale probable et en proposent une classification. Il arrive en effet que ces tumeurs se développent exclusivement en cornée sans envahissement conjonctival. La conjonctive peut toutefois être le siège d'une mélanose acquise. Parmi les 85 cas de mélanomes conjonctivaux primitifs de cette série, quatre s'étaient localisés en cornée. Deux d'entre eux étaient séparés du limbe par une zone de cornée saine (classifiés type I) et les deux autres jouxtaient le limbe sans pour autant l'envahir (classifiés type II). Dans deux cas, une mélanose conjonctivale était associée. Après exérèse chirurgicale aucune lésion n'a récidivé (suivi moyen d'environ deux ans et demi, extrêmes de 20 mois à près de huit ans) et aucune métastase n'a été constatée.

Des antécédents de vitrectomie compromettent-ils les résultats de la phacoémulsification ? (Ophthalmology 2002 ; 109(5) : 948-54, Chang et al.) www.aaojournal.org
Cette étude a inclus 31 patients opérés de cataracte, en moyenne plus d'un an après une vitrectomie et 116 opérés témoins, sans antécédents. Les résultats de la phacoémulsification ont été comparés dans ces 2 groupes. La plupart des vitrectomies correspondait à des interventions pour trous maculaires et les cataractes qui se sont développées par la suite étaient le plus souvent nucléaires. Des difficultés per-opératoires ont été rencontrées dans des proportions équivalentes, quel que soit le groupe considéré, et aucune différence significative n'a été notée quant aux complications post-opératoires. Parmi les patients vitrectomisés 77,4% ont récupéré une acuité visuelle au moins égale à 20/40. Dans cette série les antécédents de vitrectomie n'ont pas paru retentir sur le pronostic et les résultats fonctionnels de la phacoémulsification ont semblé dépendre avant tout de l'état rétinien sous-jacent.

Foetopathie des anti-épileptiques et anomalies ophtalmologiques (Ophthalmology 2002 ; 109(5) : S.J. Glover et al.) www.aaojournal.org
Les anomalies oculaires semblent être particulièrement fréquentes chez les enfants atteints d'une foetopathie en relation avec l'usage de traitements anti-épileptiques pendant la grossesse. C'est ce qui ressort de l'étude rétrospective de 46 observations. Le médicament le plus utilisé pendant la gestation était le valproate de sodium puis venait la carbamazépine et les autres molécules. Des anomalies ophtalmologiques ont été relevées dans deux tiers des cas. Il s'agissait en majorité de troubles de la réfraction et une fréquence particulièrement élevée de strabismes, d'astigmatismes et d'anisométropies a été notée. Le valproate de sodium s'est montré associé au risque de myopie. Au regard de ces données les auteurs recommandent un examen oculaire systématique chez les tous enfants exposés aux anti-convulsivants in utéro et rappellent le risque d'amblyopie inhérent à certains troubles visuels non traités.

Lasik sous aspiration. (J. Refract. Surg. 2002 ; 18(3 Suppl) : S340-2, K. Charles) www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi
L'utilisation d'un système d'aspiration au cours d'un Lasik peut améliorer les résultats réfractifs. C'est la conclusion d'une étude rétrospective qui a inclus 199 patients. Parmi eux 117 ont bénéficié d'un Lasik sous aspiration et ont été comparés aux autres opérés en post-opératoire. Aucune différence significative n'a été constatée entre les deux groupes en terme de fréquence des érosions épithéliales, de déplacement du capot cornéen ni même de présence de débris sur l'interface cornéenne. En revanche, les résultats réfractifs se sont avérés meilleurs dans le premier groupe (plus proche en moyenne de l'emmétropie et meilleure acuité visuelle sans correction), et ce de manière statistiquement significative.