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Semaine du 17 au 23 juin 2002
Glaucome
primaire à angle ouvert : prévention par un
composé hypotenseur (Arch.
Ophthalmol. 2002 ; 120 : 701-713, M.A. Kass)
Les résultats de l'étude randomisée OHTS (Ocular
Hypertension Treatment Study) montrent que l'instillation
intraoculaire d'un composé hypotenseur est efficace à
la fois pour retarder et pour empêcher l'apparition du glaucome
primaire à angle ouvert (GPAO) chez les sujets
présentant une pression intra-oculaire (PIO)
élevée. Le protocole a inclus au départ 1636
individus âgés de 40 à 80 ans ne
présentant pas d'altération glaucomateuse et dont la
PIO était comprise entre 24 et 32 mm Hg pour un oeil et entre
21 et 32 mm Hg pour l'autre oeil, répartis dans 22 centres
cliniques, et la moitié des sujets ont reçu une
instillation intraoculaire de composé hypotenseur. Les
traitements utilisés étaient tous ceux disponibles
commercialement aux Usa, et à mesure que de nouveaux
médicaments étaient mis sur le marché, ils
étaient ajoutés dans le protocole. Le but du traitement
était une réduction d'au moins 20% de la PIO et
d'atteindre une PIO de 24 mm Hg ou moins. Sur toute la durée
de l'étude (72 à 78 mois), la diminution de PIO a
été de 22,5% en moyenne dans le groupe traité,
contre 4,0% dans le groupe contrôle. A 60 mois, la
probabilité cumulative de développer un GPAO
était de 4,4% pour les traités et de 9,5% pour les
contrôles (hazard ratio 0,40 ; IC 95% 0,27-0,59 ; p<0,0001).
Le traitement n'a pas entraîné d'effet secondaire
indésirable notable. Les auteurs concluent que les cliniciens
doivent considérer la possibilité d'initier ce type de
traitement chez les individus à risque modéré ou
élevé de développer un GPAO. Par ailleurs
l'étude OHTS a permis de mettre en évidence les
facteurs prédictifs de l'apparition d'un GPAO. Ils sont
décrits par M.O. Gordon et al, dans l'article suivant de la
même revue (pp 714-720), qui montre notamment que la PIO est un
bon facteur prédictif, et l'épaisseur centrale de la
cornée un facteur puissant prédisant le
développement du GPAO. Dans un éditorial
associé, P. Palmberg récapitule le débat
entourant la décision de traiter préventivement les
patients à risque de glaucome et conclut qu'avec les
résultats de l'OHTS, alliés à ceux d'essais
cliniques précédents, on dispose maintenant de
directives utiles pour formuler un traitement. En particulier, la
globalité des études montre qu'une diminution de 3 mm
Hg de la PIO entraînerait une réduction de 50% du risque
de glaucome.
Le risque d'AVC
après une embolie rétinienne
(Curr. Opin.
Ophthalmol. 2002 ; 13(3) : 142-6, T.Y. Wong et al.)
http://www.co-ophthalmology.com
Les facteurs de risque des embols rétiniens
artériolaires sont multiples. Ils incluent l'âge, le
sexe masculin, les sténoses carotidiennes, l'hypertension
artérielle, le tabagisme et le diabète. De tels embols
peuvent être observés chez environ 1% des personnes de
plus de 40 ans. Ils sont rarement bilatéraux, mais plus
souvent multiples et unilatéraux. Bien que les études
prospectives qui ont cherché à évaluer le risque
d'AVC (Accident Vasculaire Cérébral) après un
épisode embolique rétinien soient peu nombreuses, il
existe des arguments pour penser que ce risque est accru,
indépendamment des facteurs de risques cardiovasculaires
habituels. C'est la raison pour laquelle on propose aux patients un
bilan cardio-vasculaire à la suite d'un accident vasculaire
rétinien de type embolique. La conduite à tenir devant
des embols rétiniens asymptomatiques est
controversée.
Anesthésie
topique et intervention combinée
(J. Glaucoma 2002
; 11(3) : 271-4, E.M. J.S.M. lai et al.)
http://www.glaucomajournal.com
(laism@ha.org.hk)
L'étude a concerné 22 patients, opérés de
combinée (phaco-émulsification avec implant de chambre
postérieure et trabéculectomie) sous anesthésie
topique par gel de lidocaïne à 2%. L'efficacité de
cette méthode d'analgésie a été
évaluée. Bien que 3 des opérés se soient
plaints d'un inconfort per-opératoire, aucune injection
complémentaire d'anesthésique n'a été
nécessaire. De plus, la pression artérielle et la
fréquence cardiaque sont restées relativement stables
pendant les interventions. Six patients ont dû recevoir des
antalgiques en post-opératoire. Les résultats visuels
et pressionnels ont semble-t-il été satisfaisants et
aucune complication sévère n'a été
déplorée. Selon cette série de petite taille, il
est possible de réaliser une intervention combinée dans
de bonnes conditions sous anesthésie topique seule, en cas de
glaucome primitif à angle ouvert associé à une
cataracte.
Pour un
diagnostic précoce des mélanomes
choroïdiens (Curr.
Opin. Ophthalmol. 2002 ; 13(3) : 135-41, Shields et al.)
http://www.co-ophthalmology.com
Le pronostic vital des mélanomes malins choroïdiens (MMC)
dépend nettement de la précocité du diagnostic
et donc du traitement. Toute la difficulté pour
l'ophtalmologiste est de reconnaître les MMC débutants,
puisqu'ils peuvent prendre l'aspect de naevi choroïdiens
bénins. Afin de les aider dans la pratique, et de les
sensibiliser, les auteurs proposent un moyen mnémotechnique en
anglais pour évaluer cliniquement la probabilité de se
trouver devant un MMC. Il s'agit de TFSOM (To Find Small Ocular
Melanoma). Chaque lettre a une signification : T (Thickness ou
épaisseur supérieure à 2mm), F (subretinal Fluid
ou liquide sous rétinien), S (Symptômes), O (pigment
Orange) et M (Margin touching optic disc ou limite atteignant la
papille). Les lésions qui présentent au moins deux de
ces signes ont de fortes chances d'être des MMC et
nécessitent le plus souvent un traitement urgent.
Myopie,
exposition à l'obscurité et travail de
près (Ophthalmology
2002 ; 109(5) : 1032-8, J. Loman et al.)
www.aaojournal.org
Si l'on en juge par les résultats de ce travail, le rôle
de l'obscurité dans l'évolutivité de la myopie
mériterait d'être précisé. En effet, la
prévalence, l'évolution et les facteurs de risque de
myopie ont été analysés chez 177
étudiants en droit, d'âge moyen 27 ans. Alors que 66%
des sujets inclus étaient myopes, 79% décrivaient des
antécédents familiaux de myopie. Au cours de cette
étude la prévalence de la myopie tendait à
être supérieure en cas d'antécédents
familiaux et sa progression tendait à être plus
importante chez les étudiants dont la durée quotidienne
de travail en vision rapprochée était la plus
élevée, mais ces valeurs n'étaient pas
significatives. En revanche, une durée d'exposition
quotidienne à l'obscurité, lorsqu'elle dépassait
un certain seuil, s'associait de manière statistiquement
significative à un risque moindre de progression de la myopie,
et ce même après avoir éliminé les biais
éventuels.
Du nouveau du
côté des trous maculaires
(Curr. Opin.
Ophthalmol. 2002 ; 13(3) : 152-60, M.W. Johnson)
http://www.co-ophthalmology.com
La physio-pathogénie des trous maculaires (TM) est de mieux en
mieux comprise, en partie du fait des nouvelles techniques d'imagerie
telles que l'OCT. D'après ces examens complémentaires,
le mécanisme de survenue des TM fait intervenir au stade
initial un décollement localisé du vitré dans la
région péri-fovéolaire (stade précoce du
DPV lié à l'âge). Celui ci a pour
conséquences d'augmenter les forces de traction
antérieures qui s'exercent sur la fovéola et de
concentrer sur cette région les tractions provoquées
par les mouvements oculaires. De
son côté le traitement des TM évolue
également. On en doit les progrès récents
à l'ablation per-opératoire de la membrane limitante
interne, à l'utilisation d'adjuvants de la chirurgie, à
l'emploi du vert d'infracyanine pour colorer la membrane limitante
interne et à l'adaptation de la durée de positionnement
post-opératoire (visage parallèle au sol).
Les ptosis
myogènes(Ophthalmology 2002 ; 109(5) : 1023-31, V.A. Wong
et al.) www.aaojournal.org
A partir de 28 cas les auteurs émettent des conseils pour
prendre en charge les ptosis myogènes. Les 3 causes les plus
fréquentes étaient les ophtalmoplégies
progressives, les dystrophies musculaires oculo-pharyngées et
les myotonies. Alors que 50% des patients ont été
opérés d'une suspension frontale, des complications
(avant tout cornéennes) ont été notées
une fois sur cinq. De plus, 25% des malades avaient une
rétinopathie pigmentaire et le symptôme extra-oculaire
le plus habituel était la dysphagie. Il est conseillé
d'évoquer une origine myogène devant tout ptosis
atypique, de n'opérer que si l'axe visuel est atteint (pour
limiter les complications), d'utiliser des bandelettes en silicone
pour la suspension frontale devant un ptosis sévère et
de faire une enquête génétique.
Celle ci permet de
confirmer le diagnostic et d'établir un conseil
génétique, surtout pour les maladies qui menacent le
pronostic vital.
Glaucome et
dépression. (Ophthalmology
2002 ; 109(5): 1018-22, M.R. Wilson et al.)
www.aaojournal.org
Le glaucome est une maladie souvent difficile à vivre. La
prévalence des symptômes dépressifs en est-elle
pour autant augmentée ? Pour le savoir les auteurs ont
interrogé 121 patients suivis pour un glaucome chronique
à angle ouvert, 42 personnes suspectes de glaucome et 135
sujets contrôles indemnes de pathologie oculaire (sauf
cataracte). Il s'agit d'une étude prospective au cours de
laquelle les données ont été recueillies
à partir de deux questionnaires. Dans
cette série, et après analyse de l'influence du niveau
d'acuité visuelle, des déficits du champ visuel et de
l'utilisation de collyres bêta-bloquants, les glaucomateux
n'ont pas semblé plus dépressifs que les sujets
témoins. En revanche les antécédents de maladie
psychiatrique étaient significativement associés au
risque de dépression, quel que soit le questionnaire
considéré.
Kératite
lamellaire diffuse : les solutions des décontamination
seraient hors de cause ? (J.
Refract. Surg. 2002 ; 18(3 Suppl) : S361-3, E.M. Nakano et
al.) www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi
(mayuminakano@uol.com.br)
Afin de mieux comprendre le(s) mécanisme(s) des
kératites lamellaires diffuses (KLD), complications possibles
du Lasik, différents facteurs étiologiques ont
été évoqués. Parmi ceux-ci : les
solutions de décontamination utilisées pour nettoyer
les instruments de chirurgie. De façon à tester cette
hypothèse chez l'animal, des stromas cornéens de lapins
ont été soumis à 2 types de solutions de
décontamination, puis à un rinçage. Les
cornées ont ensuite été examinées et
comparées aux cornées des animaux témoins, qui
avaient reçu du BSS. Dans cette série et au cours d'un
suivi de 7 jours, différentes complications liées
à la découpe du volet cornéen ont
été observées mais en revanche aucun signe de
KLD n'a été retrouvé.
Selon cette
étude les solutions de décontamination des
micro-kératomes, utilisées aux concentrations
recommandées par les fabricants, ne seraient donc pas en cause
dans les KLD.
Caractéristiques
des endophtalmies retardées sur bulles de
filtration (Ophthalmology
2002 ; 109(5) : 985-91, A. Song et al.) www.aaojournal.org
Quarante neuf cas d'endophtalmie tardive (de 8 mois à 12 ans
après chirurgie filtrante) ont été
analysés. Dans plus de 80% des cas des anti-mitotiques avaient
été utilisés en per-opératoire et les
facteurs de risque d'endophtalmie sont apparus similaires à
ceux que l'on trouve dans la littérature. Il s'agit des
troubles d'étanchéité de la bulle de filtration
(BF), des gestes réalisés sur la BF (révisions
chirurgicales ou à l'aiguille, ablations de sutures,
injections de sang autologue...), des BF inférieures et des
obstructions lacrymo-nasales. Les germes les plus souvent en cause
étaient les streptocoques, puis les staphylocoques. Le
pronostic des endophtalmies retardées sur BF est mauvais. En
effet, dans cette série, l'acuité visuelle finale
était inférieure à 5/200 dans 64% des cas
après vitrectomie et 31% des autres cas, l'hypertonie oculaire
a récidivé une fois sur dix et plus d'un patient sur
cinq a dû être énucléé ou
éviscéré.
Des acides
aminés comme adjuvants de la chirurgie
réfractive (J.
Refract Surg 2002 ; 18(3 Suppl) : S374-7, P. Vinciguerra et
al.) www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi
(paolo.vinciguerra@humanitas.it)
Des suppléments en acides aminés (AA)
administrés par voie orale pourraient faciliter la
cicatrisation de l'épithélium cornéen. C'est ce
qu'illustre une série d'expériences
réalisées par les auteurs. In vitro la croissance de
fibroblastes cornéens de lapins s'est vue stimulée par
la l'augmentation des AA dans le milieu de culture. Des
cornées humaines
désépithélialisées et issues de la banque
des yeux ont entamé une
réépithélialisation de meilleure qualité
lorsqu'elles avaient été conservées dans un
milieu enrichi en AA. In vivo 6 patients suivis pour des
érosions cornéennes résistant aux
thérapeutiques habituelles ont reçu un traitement
à base d'AA et de vitamine C per os et 5 d'entre eux ont
été améliorés. Enfin 21 patients qui
avaient eu des troubles de cicatrisation cornéenne
après une première PKR ont reçu ces
suppléments per os en péri-opératoire pour le
2ème oeil : tous ont cicatrisé en moins de 3
jours.