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Semaine du 27 mai au 2 juin 2002
Les
décollements de rétine qui récidivent sous
silicone (Retina 2002 ; 22(2) : 153-157, T. Sharma et al.)
En matière de décollements de rétine (DR), les
chances de succès anatomiques et fonctionnels du traitement
chirurgical ont tendance à s'amenuiser avec le nombre des
récidives et des réinterventions. Les auteurs ont
cherché à connaître leurs propres
résultats à partir d'une série de 118 yeux
réopérés et dont le DR avait
récidivé sous silicone. Dans plus de 8 cas sur dix la
cause de la récidive était une prolifération
vitréo-rétinienne (PVR). Toutes techniques confondues,
et après un suivi moyen de 2 ans et demi, près des deux
tiers des rétines étaient recollées
(succès anatomique) alors que plus de la moitié des
yeux avaient retrouvé une acuité visuelle
"ambulatoire", soit au moins 5/200 (définie comme
succès fonctionnel). Dans cette série, les facteurs de
mauvais pronostic étaient la présence d'une PVR
postérieure diffuse ou l'association PVR antérieure et
postérieure.
Intérêt
des implants multifocaux en cas de cataracte unilatérale
(Ophthalmology 2002 ; 109(4) : 680-6, P.C. Jacobi et al.)
L'ablation unilatérale du cristallin avant l'âge de la
presbytie pose le problème de la correction
post-opératoire en vision rapprochée. De façon
à éviter les anisométropies de près, les
auteurs ont étudié l'intérêt de l'implant
multifocal (Array SA40-N) dans cette indication chez 54 patients
(groupe 1) en comparaison avec un implant monofocal chez 41 autres
opérés (groupe 2), tous âgés de 14
à 40 ans. Au terme d'un suivi de plus de 6 mois,
l'acuité visuelle de près sans correction était
significativement meilleure dans le 1er groupe (avec une
dépendance diminuée au verres correcteurs en addition),
alors qu'une fois corrigée elle était
équivalente dans les 2 groupes. De plus, les performances
visuelles sur le plan de la stéréoscopie étaient
significativement meilleures avec l'implant multifocal. La chirurgie
unilatérale de la cataracte avant 40 ans semble donc
être une bonne indication des implants multifocaux.
Des glaucomes
cortico-induits passés inaperçus après
LASIK (Ophthalmology 2002 ; 109(4) : 659-65, D.R. Hamilton et
al.)
Les auteurs décrivent de graves complications chez 4 patients
opérés de LASIK (6 yeux). Au cours d'une
corticothérapie locale pour kératite lamellaire
diffuse, une collection liquidienne s'est formée entre la face
postérieure du volet cornéen et la face
antérieure du stroma sous-jacent. Dans tous les cas la
pression intra-oculaire (PIO) est restée normale. Pourtant, il
existait un glaucome évolutif, qui n'a été
découvert qu'au stade des déficits du champ visuel.
Dans la moitié des cas les lésions du nerf optique
étaient très sévères et s'associaient
à une baisse d'acuité visuelle. En fait, il semble que
les corticoïdes, en induisant une hypertonie oculaire, aient
favorisé le passage d'humeur aqueuse vers l'interface
cornéenne et que cette collection liquidienne soit responsable
d'une sous estimation de la PIO. Ces observations rappellent que le
diagnostic de glaucome passe par l'examen du fond d'oeil et du champ
visuel.
Un virus de la
famille des rhabdoviridae responsable d'une endothélite
bilatérale (Cornea 2002 ; 21(3) : 333-5, H.N. Madhavan et
al.)
Un cas d'endothélite cornéenne virale est
décrit. Le patient, âgé de 49 ans, s'est
présenté avec une baisse d'acuité visuelle
bilatérale aiguë, un oedème stromal diffus et
d'importants plis descémétiques. Le tableau
étant évocateur d'une atteinte virale, un
prélèvement d'humeur aqueuse a été
recueilli au niveau de l'oeil droit. L'examen en microscopie
électronique a révélé la présence
d'un virus de la famille des rhabdoviridae. Un dosage d'anticorps a
été fait en parallèle sur le sérum du
patient. Des complications neurologiques se sont associées
à l'atteinte ophtalmologique : il s'agissait d'une
surdité et d'une polyradiculonévrite des deux membres
inférieurs. Six mois après l'épisode infectieux
un glaucome s'est développé du côté droit,
imposant une trabéculectomie avec application de 5-FU. Il
s'agit de la première observation de ce type rapportée
dans la littérature.
Sensibilité
aux contrastes colorés : résultats en cas d'hypertonie
oculaire (Acta Ophthalmol. Scand. 2002 ; 80(2) : 155-62, B.
Fristrom)
L'évaluation de la sensibilité aux contrastes
colorés peut-elle permettre un diagnostic précoce de
glaucome ? Pour tester cette hypothèse 55 patients porteurs
d'une hypertonie oculaire ont été examinés 2
fois à 5 ans d'intervalle avec cette méthode, des
photos stéréoscopiques du fond d'oeil et un champ
visuel (CV) automatisé. La sensibilité aux contrastes
colorés a été mesurée grâce
à un système informatisé mis au point par Arden
et al. Les tests variaient sur les axes protan, deutan ou tritan, et
sur une échelle de 0 à 100. Au cours des 5
années de suivi, 27 patients ont développé un
glaucome. Dans cette série la sensibilité aux
contrastes colorés, mesurée de cette façon, n'a
pas permis d'en faire le diagnostic plus tôt que le CV ni de
prédire quels patients évolueraient vers la maladie.
En revanche des modifications de la sensibilité sur l'axe
protan pourraient annoncer la survenue d'un glaucome.
Kératocône
et dégénérescence des cônes et des
bâtonnets (Cornea 2002 ; 21(3) : 331-2, R. Fogla et
al.)
Les auteurs rapportent l'observation d'un homme de 31 ans porteur
d'un kératocône bilatéral et chez lequel des
opacifications cornéennes gauches ont imposé une
kératoplastie transfixiante unilatérale. Malgré
l'intervention, il n'a pas été possible
d'améliorer l'acuité visuelle du patient au delà
de 20/120. L'examen du fond d'oeil et
l'électro-rétinogramme ont alors
révélé la présence de lésions
maculaires en "oeil de boeuf" et de signes de
dégénérescence progressive des cônes
associée à celle des bâtonnets. Il existait
également des anomalies de la vision des couleurs. En
l'absence d'atteinte familiale l'analyse génétique a
conclu à un cas sporadique. Des explorations
électro-physiologiques pré-opératoires
pourraient prédire les mauvais résultats fonctionnels
dans de tels cas.
Dacryocystorhinostomie
(DCR) externe pour les obstructions partielles du canal
lacrymo-nasal chez l'adulte (Br. J. Ophthalmol. 2002 ; 86(5) :
533-5, Y.M. Delaney et al.)
Les auteurs ont suivi pendant 3 ans, 50 patients qui avaient une
obstruction acquise incomplète du canal lacrymo-nasal et qui
ont été opérés d'une DCR par voie
externe avec intubation des voies lacrymales (VL) par sonde en
silicone. En pré-opératoire une scintigraphie
lacrymale avait permis de localiser la sténose. La
perméabilité post-opératoire des VL a
été testée par irrigation, par dye-test
(endoscopie nasale) et on a tenu compte de la régression
subjective du larmoiement. La perméabilité des VL a
été rétablie dans 9 cas sur 10, puis le
larmoiement a récidivé avec le temps, surtout dans les
cas où la sténose initiale était proximale. Si
la DCR externe avec pose d'une sonde silicone traite efficacement
les obstructions incomplètes du canal lacrymo-nasal, les
auteurs s'interrogent sur une meilleure option chirurgicale pour les
sténoses proximales.
La
vérité sur la découverte du syndrome de
pseudo-exfoliation capsulaire (PEC) (Acta Ophthalmol. Scand. 2002
; 80(2) : 151-4, Tarkkanen et al.)
John G Lindberg, ophtalmologiste finlandais, avait entrepris, en
1914, d'étudier les modifications iriennes liées au
vieillissement et déjà décrites par Axenfeld.
Comme il n'y avait pas à l'époque de biomicroscopes
dans le commerce, il avait construit une lampe à fente et
utilisait une lampe de Sach's pour obtenir une
rétro-illumination. Au cours de ces recherches Lindberg a
constaté chez de nombreux sujets de plus de 55 ans et chez 50%
des glaucomateux, des dépôts grisâtres sur le
rebord pupillaire et le cristallin, signes de PEC. Ces
résultats ont été publiés en 1917 et
consignés sur des schémas très précis.
Quelques années plus tard Lindberg montra ses travaux à
2 confrères : Malling (allemand) et Vogt (Suisse), lesquels
publièrent ensuite sur le sujet sans lui en
référer. Ceci a contribué à faire
oublier Lindberg. Pour réparer cet oubli les auteurs retracent
la vie de ce grand ophtalmologiste.
Les
avancées en matière de DMLA (Acta Ophthalmol.
Scand. 2002 ; 80(2) : 13-43, P.V. Algvere et al.)
Au cours des dernières années de nombreux travaux ont
contribué à améliorer les connaissances sur la
physio-pathogénie de la DMLA. Il s'agit en particulier des
études expérimentales sur l'épithélium
pigmentaire et les photorécepteurs, du rôle du stress
oxydatif et des radicaux libres ainsi que des facteurs de
défense tels que les anti-oxydants. La photothérapie
dynamique a également ouvert de nouvelles possibilités
quant au traitement des néovaisseaux choroïdiens
rétro-fovéolaires classiques. D'autres traitements
sont en cours d'expérimentation dans des essais cliniques,
comme la thermo-thérapie trans-pupillaire (TTT) ou les
anti-VEGF (Vascular Endothelial Growth Factor), inhibiteurs de la
néo-angiogénèse. Les auteurs font le point sur
ces nouveautés.
Kératites
amibiennes en Grande Bretagne. (Br. J. Ophthalmol. 2002 ; 86(5) :
536-42, F. Radford et al.)
Cent-six cas de kératites amibiennes survenues entre 1997 et
1999 ont étudiés rétrospectivement. L'incidence
de l'infection, plus élevée que ce qu'elle est
habituellement, était d'environ 1,2 cas par million
d'habitants dans la population générale adulte, alors
que chez les porteurs de lentilles elle était
approximativement 15 fois plus élevée. D'autre part,
il existait d'importantes différences d'incidence selon les
régions. Après analyse de tous les cas
répertoriés les auteurs tentent d'expliquer ces
chiffres. Il semble que les différences constatées en
fonction du lieu géographique soient en rapport avec la
variabilité de la qualité de l'eau du robinet et
sous-entend donc que les porteurs de lentilles sont mal
informés des précautions d'hygiène à
respecter. Afin de réduire le nombre des kératites
amibiennes une meilleure information des utilisateurs de lentilles
(voire de leurs médecins) apparaît
nécessaire.