Retour à la page d'accueil du site snof.org
Semaine du 20 au 26 mai 2002
Du
plasminogène topique pour les conjonctivites ligneuses
(Am. J. Ophthalmol. 2002 ; 133(4) : 451-5, P. Watts et al.)
Affection rare, la conjonctivite ligneuse atteint habituellement les
jeunes enfants. On sait maintenant qu'elle est due à un
déficit en plasminogène de type I. Cliniquement, elle
débute de façon aiguë puis se chronicise. Elle se
caractérise par la formation d'une fausse membrane fibrineuse
épaisse, qui devient adhérente et dont l'ablation est
difficile. Les auteurs décrivent les cas de 3 enfants atteints
de conjonctivite ligneuse, avec déficit en
plasminogène avéré. Tous ont bien répondu
au traitement qui a associé l'ablation des membranes à
des instillations oculaires de plasminogène. Durant
l'année qui a suivi, aucune récidive n'a
été constatée. Dès lors que la cause des
conjonctivites ligneuses est connue, des études sont en cours
afin de déterminer la meilleure voie d'administration du
plasminogène. D'après ce travail, la voie topique
semble intéressante.
Rhabdomyosarcome
orbitaire avec métastases controlatérales
(Ophthalmology 2002 ; 109(4) : 753-6, M.M. Amato)
A partir d'une observation, les auteurs attirent l'attention des
médecins sur un mode évolutif rare des
rhabdomyosarcomes orbitaires. Un jeune patient, traité par
chimio et radiothérapie pour un rhabdomyosarcome orbitaire
gauche, s'est présenté 18 mois plus tard avec des
douleurs et une limitation de la motilité oculaires droites.
Devant un épaississement du muscle droit médian droit,
une thyroïdopathie a été évoquée,
mais le tableau s'est nettement aggravé au cours des deux
mois qui ont suivi. Une biopsie orbitaire droite a fini par
révéler la présence de métastases, qui
ont conduit au décès du patient, après
traitement palliatif. Au total et même si les
rhabdomyosarcomes de l'orbite disséminent rarement aux muscles
oculomoteurs controlatéraux, il faut connaître cette
éventualité et savoir évoquer le diagnostic pour
débuter précocement un traitement agressif en vue
d'améliorer le pronostic des patients.
Volet
cornéen : précision de la découpe avec le
microkératome Hansatome (J. Refract. Surg. 2002 ; 18(2) :
149-54, L. Spadea et al.) {Ispadea@cc.univaq.it}
Les résultats réfractifs du LASIK dépendent,
entre autres, de la qualité de la dissection du capot
cornéen. Afin d'en étudier la précision, les
dimensions des capots ont été
déterminées chez 50 yeux opérés (28
patients), pour lesquels le microkératome utilisé
était le Hansatome (Baush et Lomb). Les mesures ont
porté sur : l'épaisseur du volet cornéen, son
diamètre et la longueur de sa charnière. Puis ces
données ont été corrélées avec la
kératométrie moyenne pré-opératoire,
l'épaisseur cornéenne centrale, la réfraction,
l'âge et le sexe des patients. Au total, et dans cette
série prospective, l'Hansatome apparaît comme un
instrument précis et sûr pour la découpe des
volets cornéens des LASIK. La prise en compte de la
kératométrie et de la pachymétrie
pré-opératoires permet de limiter les complications de
la chirurgie.
Evolution du
champ visuel après trabéculectomie pour glaucome
à pression normale (Ophthalmology 2002 ; 109(4) : 766-70,
T. Shigeeda et al.)
Certains glaucomes à pression normale (GPN) justifient le
recours à la chirurgie filtrante. Ce travail propose une
analyse de l'évolution de 23 patients atteints de GPN et
opérés de trabéculectomie avec adjonction
d'anti-mitotiques, en raison d'altérations nettes de leur
champ visuel. Dans cette série, le suivi minimum était
de 5 ans et le suivi moyen de 6 ans. La surveillance a porté
sur le niveau de pression intra-oculaire (PIO) et sur l'étude
des modifications du champ visuel, cadran par cadran. L'intervention
a permis d'une part d'abaisser la PIO de 16,2 mmHg (plus ou moins
1,8) à 11 mmHg, et d'autre part de ralentir significativement
la progression des anomalies du champ visuel. Les auteurs font
toutefois remarquer que la chirurgie n'a pas permis de stabiliser
complètement les champs visuels.
La greffe de
rétine peut-elle être une solution pour les
rétinopathies pigmentaires ? (Am. J. Ophthalmol. 2002 ;
133(4) : 544-50, N.D. Radtke et al.)
Les greffes de rétine d'origine foetale peuvent être, au
mois pendant quelques mois, bien tolérées chez
l'homme. C'est ce que démontre l'histoire de 5 patients
atteints de rétinopathie pigmentaire et dont la vision
était réduite à une perception lumineuse.
Chacun avait reçu une transplantation unilatérale de
tissu rétinien, comportant l'épithélium
pigmentaire, mise en place dans l'espace sous-rétinien
juxta-fovéolaire. Au terme d'un suivi de 6 mois, et
malgré l'absence de traitement immunosuppresseur, aucun signe
de rejet n'a été observé. En revanche
l'expérience a été un échec sur le plan
fonctionnel puisque ni l'acuité visuelle ni
l'électrorétinogramme (multifocal) des
opérés ne se sont améliorés. Les auteurs
estiment que ces mauvais résultats visuels pourraient venir
de la sévérité de la rétinopathie des
patients.
Aspects de la
rétinopathie myopique à partir de la cinquième
décennie (Ophthalmology 2002 ; 109(4) : 704-11, J.
Vongphanit et al.)
Plus de 3600 personnes âgées de 49 ans ou plus ont
participé à cette étude, prévue pour 5
ans, afin de déterminer la prévalence et le mode
évolutif de la rétinopathie myopique. Dans cette
population la prévalence de la rétinopathie myopique
(staphylome, ruptures de la membrane de Bruch, taches de Fuch's et/ou
atrophie chorio-rétinienne) était de 1,2% et
était d'autant plus grande que la myopie était plus
forte. En effet, plus de la moitié des personnes dont la
myopie atteignait ou dépassait -9 Dioptries avaient des
lésions rétiniennes. L'acuité visuelle moyenne
des sujets concernés était de 20/40. A 5 ans, seuls les
deux tiers de ces patients se sont présentés à
l'examen de contrôle. On a alors constaté que chez 8,7%
d'entre eux de nouvelles ruptures de la membrane de Bruch
étaient apparues et que l'atrophie chorio-rétinienne
s'était aggravée dans 15,2% des cas, avec
retentissement visuel dans les 2 cas de figure.
Un antibiogramme
rapide pour les endophtalmies (Ophthalmology 2002 ; 109(4) :
687-93, H. Mino de Kaspar et al.)
Traiter efficacement une endophtalmie dès les premiers signes
est une urgence absolue, du fait du caractère foudroyant de
certaines infections et des risques majeurs qu'elles font courir au
globe oculaire. Dans le but de connaître le plus vite possible
la sensibilité du germe aux antibiotiques, les auteurs
présentent une nouvelle méthode, qui donne des
résultats dans les 6 à 10 heures qui suivent le
prélèvement de vitré ou d'humeur aqueuse. Il
s'agit du RAST ou "Rapid Antibiotic Susceptibility Test". Son
principe est décrit et comparé aux méthodes
conventionnelles qui, elles, ne donnent pas de renseignements avant
24 heures. Les 2 tests, confrontés pour 20 endophtalmies, ont
donné des résultats semblables dans 88% des cas. Selon
les auteurs, l'adaptation de l'antibiothérapie peut se faire
dans un premier temps en suivant les indications du RAST, mais doit
ensuite être confirmée par la méthode de
référence.
Rejets de greffe
: fréquence et facteurs de risques (Am. J. Ophthalmol.
2002 ; 133(4) : 437-43, J.B. Jonas et al.)
Selon cette étude rétrospective (338 yeux de 338
patients), les réactions immunitaires après
kératoplastie transfixiante allogénique peuvent
atteindre plus d'un greffé sur dix et survenir plusieurs
années après l'intervention. La surveillance
ophtalmologique doit donc être maintenue suffisamment longtemps
et les facteurs de risques de rejet (comme les lâchages de
suture et les néovaisseaux cornéens) doivent
être connus. Dans cette série des signes immunologiques
(quelques cellules en chambre antérieure, flare peu important
et précipités cellulaires
rétro-descemétiques) ont été
détectés dans exactement 13,6% des cas. Le
diamètre du greffon et ses conditions de conservation, le
typage HLA et l'âge ou le sexe du donneur n'ont pas eu
d'influence sur la fréquence des rejets. Lorsque cette
complication est reconnue précocement, une
corticothérapie intensive est efficace dans la plupart des
cas.