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Semaine du 29 avril au 5 mai 2002
Découverte
d'un nouveau gène du glaucome Commentaires du Dr Eric
Souied (Clinique Ophtalmologie Universitaire de Créteil, CHI
de Créteil)
Depuis maintenant cinq ans, il a pu être identifié des
gènes directement impliqués dans le glaucome. Tout
d'abord, les premiers gènes ont été
impliqués (TIGR) dans le glaucome juvénile.
Progressivement, les auteurs se sont aperçus que ces
gènes pouvaient être impliqués dans certaines
formes de glaucome congénital de l'adulte. Plusieurs
équipes internationales tentent d'une part d'identifier des
gènes responsables de glaucome mais surtout, d'autre part, de
comprendre l'implication des protéines
synthétisées par ces gènes. Dans le cas
présent, le Pr Mansour Sarfati et son équipe ont mis en
évidence un nouveau gène de glaucome localisé
sur le bras court du chromosome 10. Ce gène code pour une
protéine appelée Optinerine. Cette protéine est
retrouvée dans le réseau trabéculaire de
l'épithélium ciliaire. La fonction exacte de cette
protéine est encore inconnue. Elle a probablement un
rôle de protéine de structure et de soutien des tissus.
Il n'est pas impossible que cette protéine ait
également un rôle biologique ; effectivement, en
opérant par la voie du TNF-alpha, elle pourrait jouer un
rôle neuro-protecteur sur le nerf optique. La forme
mutée du gène, codant pour une protéine
tronquée, défectueuse, n'aurait pas les mêmes
fonctions neuro-protectrices. Cette hypothèse permettrait
d'expliquer que ce gène soit impliqué à la fois
dans les formes de glaucome à haute pression et de glaucome
à tension normale. Nous n'en sommes qu'au début de
l'ère de la génétique du glaucome mais,
à la différence de la génétique d'autres
affections, nous sommes très proches de pouvoir envisager des
approches thérapeutiques en intervenant en amont ou en aval de
la protéine impliquée dans un processus
physiologique.
Sous correction
et régression myopique : les résultats d'une
deuxième PKR (J. Refract. Surg. 2002 ; 18(2) : 155-61, J.
Pietila et al.)
Correction insuffisante ou régression du résultat
réfractif (souvent associée à un haze), sont
les deux principaux écueils du traitement de la myopie par PKR
(Photo Kératectomie Réfractive). C'est dans ce
contexte que 63 yeux ont été
réopérés. L'intervalle moyen entre les deux
interventions était d'environ un an et demi et la technique
opératoire était la même. Dans tous les cas, sauf
un, la myopie pré-opératoire résiduelle
était inférieure à -5 Dioptries. Dans 86% des
cas la réfraction post-opératoire était
comprise entre +1 et -1 Dioptries et l'acuité visuelle moyenne
sans correction était de 20/40. Si les résultats de la
seconde PKR ont semblé plutôt satisfaisants en cas de
myopie résiduelle modérée, les auteurs
soulignent en revanche que les régressions importantes et
surtout le haze avaient tendance à récidiver même
après la deuxième procédure.
Neuropathie
optique ischémique induite par un vol prolongé (Am.
J. Ophthalmol. 2002 ; 133(4) : 581-3, I. Kaiserman et al.)
Parmi les étiologies des neuropathies optiques
ischémiques (NOI) pourraient figurer les voyages
aériens de longue durée. C'est ce que suggère
l'observation rapportée par les auteurs. En effet, une
demi-journée après un vol qui avait duré 15
heures, un patient de 48 ans sans antécédent s'est
présenté avec une baisse d'acuité visuelle
unilatérale. Du même côté il avait un
déficit pupillaire afférent relatif, un oedème
papillaire associé à une hémorragie
péripapillaire et un déficit altitudinal du champ
visuel, tableau typique de NOI. Le mécanisme
présumé de cette NOI est soit thrombo-embolique,
lié à l'immobilisation prolongée au cours du
vol, soit vasospastique, en rapport avec la réduction de la
pression en oxygène pendant le voyage.
Etat du film
lacrymal après pose d'Intacs (J. Refract. Surg. 2002 ;
18(2): 127-9, D. Kessler et al.)
Après certains gestes de chirurgie réfractive on peut
constater une insuffisance lacrymale. Afin de savoir si c'est le cas
aussi pour les anneaux intracornéens (intacs), les auteurs
ont étudié la qualité des larmes de 17 yeux
opérés par cette méthode. Les myopies
traitées étaient comprises entre -1,75 et -3,25
Dioptries. L'évaluation du film lacrymal a été
réalisée la veille de l'intervention, puis en
post-opératoire à J1, une semaine puis un mois. Selon
cette série de petite taille, il existerait une phase d'oeil
sec après mise en place d'Intacs, mais tout à fait
transitoire, puisque les larmes avaient retrouvé leurs
propriétés dans les huit jours suivant
l'intervention.
Un
mélanome malin d'évolution fulgurante (Am. J.
Ophthalmol. 2002 ; 133(4) : 580-1, S.J. Laquis et al.)
Les auteurs décrivent le cas d'un patient atteint d'un
mélanome malin choroïdien à développement
rapide et ils en tirent des enseignements. Il s'agissait d'un homme
de 53 ans porteur d'une mélanocytose, et qui s'est
présenté avec une baisse d'acuité visuelle et
des douleurs oculaires unilatérales. Le mélanome, qui
mesurait alors 2,4 x 6,6 x 6,0 mm, a été traité
sans succès par thermothérapie trans-pupillaire puis
Iode 125. Au moment de l'énucléation les dimensions de
la tumeur avaient atteint 13,6 x 16,5 x 16,9 mm. C'est l'occasion de
rappeler que la mélanocytose prédispose aux
mélanomes et de souligner la nécessité de
surveiller ces tumeurs qui évoluent parfois extrêmement
vite, et ce malgré les traitements conservateurs.