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Semaine du 22 au 28 avril 2002

Amblyopie modérée des enfants de moins de sept ans : caractéristiques cliniques (Arch. Ophthalmol. 2002 ; 120(3) : 281-7, The Pediatric Disease Investigator Group)
Les 409 enfants qui ont participé à cette étude sont issus de l'Amblyopia Treatment Study Group, essai randomisé destiné à comparer l'effet de l'atropine et de l'occlusion pour traiter les amblyopies. En moyenne l'âge était de 5,3 ans et l'acuité visuelle (AV) de l'oeil amblyope de 20/60. La proportion de strabismes et d'anisométropies en cause dans l'amblyopie était équivalente, soit environ 4 enfants sur 10. Deux enfants sur dix cumulaient, quant à eux, les deux causes. Dans cette série, l'étiologie de l'amblyopie n'a pas influencé le niveau d'AV et l'AV de l'oeil sain était significativement moins bonne chez les strabiques que chez les anisométropes. Chez les patients randomisés pour être traités par occlusion du bon oeil, la durée de l'occlusion quotidienne prescrite était proportionnelle à la profondeur de l'amblyopie, allant de quelques heures par jour à l'occlusion permanente.

Quand les cornées se font tatouer (Br. J. Ophthalmol. 2002 ; 86(4) : 397-9, S. Pitz et al.)
Certaines cicatrices cornéennes sont très inesthétiques. A ce propos les auteurs rapportent leur expérience du tatouage cornéen à visée cosmétique, réalisé sur 11 patients. Il s'agit d'une technique qui s'apparente à la dermatographie conventionnelle. Pour ce faire, différentes teintes d'encre ont été utilisées qui ont permis de tatouer les cornées en effectuant des micro-perforations du stroma antérieur avec une aiguille spatulée. Quatre ans après le traitement le maquillage des cicatrices restait satisfaisant chez tous les patients. Il semble donc s'agir d'une méthode simple et efficace pour dissimuler les opacités cornéennes.

Vingt ans de cerclages (Arch. Ophthalmol. 2002 ; 120(3) : 325-9, S.G. Swartz et al.)
A partir d'une série de 227 patients, les résultats à long terme du cerclage de première intention pour décollement de rétine (DR) rhegmatogène sont présentés. Pour cette étude rétrospective, seuls les patients pour lesquels on disposait d'un suivi d'au moins 20 ans, ont été retenus. Dans 82% des cas la rétine était à plat dès la première intervention, mais 13% des yeux ont dû passer par une ou plusieurs procédures de chirurgie vitréo-rétinienne pour recoller leur rétine. A vingt ans, si seuls 5% des yeux avaient un DR et une absence de perception lumineuse, l'acuité visuelle moyenne des 95% restants était de 20/40. Cette série, dans laquelle le cerclage de première intention a été efficace sur les plans anatomique et fonctionnel à 20 ans, pourrait être utilisée pour évaluer les résultats à long terme d'autres techniques.

Pathologies rétiniennes après chirurgie réfractive (Surv. Ophthalmol. 2002 ; 47(2) : 125-35, A. Loewenstein et al.)
Etant donné le nombre croissant de patients qui recourent à la chirurgie réfractive, on peut s'interroger sur les conséquences rétiniennes éventuelles de ces traitements. Les auteurs proposent donc une revue de la littérature et une analyse des cas de lésions du fond d'oeil répertoriés (maculopathie d'origine myopique comprise) après laser excimer ou mise en place d'implants phakes. Au total il semble que les décollements de rétine observés ne soient pas dus au laser excimer, mais bien à l'évolution naturelle de la myopie. Malgré cela, il est vivement conseillé d'informer les patients que cette chirurgie ne traite que la composante réfractive de la maladie et ne les protège en aucun cas des complications propres à la myopie.

Néovaisseaux et télangiectasies juxta-fovéolaires idiopathiques (Arch. Ophthalmol. 2002 ; 120(3) : 320-4, N.E. Engelbrecht et al.)
Le pronostic des télangiectasies juxta-fovéolaires idiopathiques qui se compliquent de membrane néovasculaire est le plus souvent mauvais. Voici la constatation que les auteurs ont pu faire en étudiant rétrospectivement les cas de 16 patients (26 yeux). En effet, dans cette série, l'acuité visuelle finale s'est stabilisée à 120/200 ou moins, huit fois sur dix. Par ailleurs, s'ils étaient absents lors de l'examen initial, le délai moyen d'apparition des néovaisseaux était de 6 ans (extrêmes de 5 mois à 12 ans) une fois le diagnostic de télangiectasies posé. Enfin certaines modifications du fond d'oeil semblent annoncer les complications néovasculaires. Il s'agit des anastomoses choriorétiniennes associées à des zones d'hyperplasie de l'épithélium pigmenté périvasculaire, qui, chez les patients étudiés, ont précédé la survenue de néovaisseaux dans 100% des cas.

Aspects trompeurs de certaines tumeurs (Surv. Ophthalmol. 2002 ; 47(2) : 81-124, R.W. Read et al.)
Certains cancers sont responsables de tableaux cliniques ophtalmologiques qui simulent une pathologie inflammatoire. Ce n'est qu'après un examen clinique très attentif associé à des examens complémentaires bien choisis, que le diagnostic étiologique peut être mis en évidence. Les auteurs proposent une revue de la littérature, relative à ces syndromes. La cause la plus classique en est le lymphome intra-oculaire primitif ou le lymphome primitif du système nerveux central, que l'on rencontre surtout chez les personnes âgées, mais il peut aussi s'agir entre autres de mélanomes, de rétinoblastomes, de métastases ou de syndromes paranéoplasiques.

Trabéculectomies avec mitomycine : des risques accrus (Arch. Ophthalmol. 2002 ; 120(3) : 297-300, P.W. Debry et al.)
La toxicité potentielle de la mitomycine en tant qu'adjuvant de la chirurgie filtrante est bien connue. Afin de préciser la fréquence des complications retardées, 239 yeux opérés de trabéculectomie avec application de mitomycine ont été suivis en moyenne pendant plus de 2 ans et demi. Dans tous les cas il s'agissait de la première trabéculectomie et seuls les événements indésirables qui survenaient au moins 3 mois après l'intervention ont été pris en compte. Au total et dans cette série, les complications tardives sont apparues fréquentes. En effet, la probabilité de développer des complications à 5 ans était de 17,9% pour les troubles d'étanchéité de la bulle de filtration (BF), 7,5% pour les endophtalmies et de 6,3% pour les inflammations de la BF. Certains patients cumulaient plusieurs complications. Enfin le traitement médical a suffi à résoudre les trois quarts des troubles d'étanchéité de la BF.

La taille des trous maculaires : un facteur pronostic de la chirurgie (Br. J. Ophthalmol. 2002 ; 86(4) : 390-3, S. Ullrich et al.)
L'OCT (Tomographie en Cohérence Optique) est très utile à l'étude de la région maculaire. Pour établir une corrélation entre les caractéristiques anatomiques pré-opératoire des trous maculaires (TM) et les résultats de la chirurgie, 94 patients ont eu un OCT en pré-opératoire. Il s'agissait en majorité de TM de stade III (selon la classification de Gass). Les paramètres étudiés avant l'intervention étaient : le plus grand diamètre (mesuré à la base du TM, au niveau de l'épithélium pigmenté) et le plus petit. En post-opératoire on s'est intéressé à l'acuité visuelle et au taux de fermeture du TM. Dans cette série les résultats anatomiques et fonctionnels étaient d'autant meilleurs que les diamètres du TM étaient plus petits, sans que la durée des symptômes pré-opératoires ne semble corrélée à la taille du TM. L'OCT pré-opératoire peut donc estimer les chances de réussite de la chirurgie des TM.

Des cyclo-affaiblissements par laser Diode qui n'atteignent pas leur but (Br. J. Ophthalmol. 2002 ; 86(4) : 381-6, P.A. McKelvie et al.)
Le cyclo-affaiblissement par laser Diode se fait par voie externe. Le corps ciliaire qui en est la cible n'est donc pas visualisé directement, même si la rétro-illumination en permet le repérage. Après une ou plusieurs séances, 9 yeux énucléés ont été examinés sur le plan histologique. Des lésions caractéristiques de la pars plicata ont été mises en évidence dans tous les cas, des lésions de la pars plana 2 fois sur 3 et on a pu constater que, même au niveau des zones traitées, certains procès ciliaires étaient épargnés. A noter que les yeux dont la pression intra-oculaire pré-opératoire était normale avaient eu plusieurs séances de traitement, que les signes inflammatoires étaient modérés et qu'aucune phtyse ni ophtalmie sympathique n'ont été observées. Les impacts de laser Diode n'atteignent donc pas nécessairement le corps ciliaire. Voilà qui doit pouvoir rendre compte d'un certain nombre d'échecs de cette méthode.

Dispositifs cornéens en collagène (Surv. Ophthalmol. 2002; 47(2) : 174-82, C.E. Willoughby et al.)
Des dispositifs en collagène peuvent être utilisés comme pansements à la surface de la cornée, après un geste chirurgical ou en cas de lésion cornéenne de nature traumatique ou non. Le collagène peut être d'origine bovine ou porcine et il en existe 3 types, qui se délitent respectivement en 12, 24 ou 48 heures. Les études, nombreuses chez l'animal, ont montré l'intérêt de ces systèmes pour faciliter la cicatrisation épithéliale et stromale et délivrer des traitements locaux. En cas de kératite bactérienne par exemple, ils peuvent de surcroît neutraliser les collagénases et ont une action anti-inflammatoire. En revanche, et selon les auteurs qui souhaitent développer ces procédés, les études chez l'homme sont insuffisantes. Ils proposent une revue de la littérature sur le sujet.