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Semaine du 15 au 21 avril 2002
Mesure de la
pression intra-oculaire par applanation après LASIK
hypermétropique (Cornea 2002 ; 21(2) : 156-60, L
Alonso-Munoz et al.)
Après chirurgie réfractive par LASIK pour
hypermétropie, la pression intra-oculaire (PIO) mesurée
par le tonomètre de Goldmann peut être
sous-estimée. C'est ce que soulignent les auteurs de cette
étude prospective qui a inclus 103 yeux (103 patients). En
effet dans cette population, le niveau de PIO, mesuré en
pré-opératoire puis 1, 3 et 6 mois après
l'intervention, a significativement chuté en
post-opératoire. Dans cette série, la diminution de la
PIO n'était corrélée ni à l'âge,
ni au sexe, ni au chiffre de l'équivalent sphérique
pré-opératoire, ni à la pachymétrie ni,
enfin, à la profondeur de la chambre antérieure. Cette
étude remet en cause la fiabilité de la
tonométrie par applanation à la suite d'un LASIK
hypermétropique. Les auteurs proposent donc, dans ces cas,
d'appliquer un facteur correctif au chiffre de PIO.
Une nouvelle
dysgénésie héréditaire du segment
antérieur (Ophthalmology 2002 ; 109(3) : 513-9, E
Karamursel Akpek et al.)
En examinant 10 membres d'une même famille les auteurs ont
découvert une nouvelle forme de dysgénésie du
segment antérieure (autosomale dominante). Ce syndrome associe
: cataracte congénitale, anomalies iriennes et lésions
cornéennes endothéliales et stromales. La cornée
d'un des patients a pu être étudiée en
microscopies optique et électronique. Aphake, il avait une
cornéa guttata avec opacification cornéenne diffuse et
un amincissement cornéen. Sa pupille était un peu
ectopique et en myosis. Les cellules endothéliales,
raréfiées, étaient le siège d'une
accumulation intra-cytoplasmique de filaments de
cytokératine. La membrane de Descemet, épaissie, avait
à sa face postérieure un aspect nodulaire. Il existait
dans les kératocytes, des vacuoles contenant un
matériel électron-dense. Des troubles de la migration
du mésenchyme secondaire pourraient être à
l'origine de cette dysgénésie complexe.
Glaucome :
l'avis des patients sur leur fonction visuelle et leur qualité
de vie (J. Glaucoma 2002 ; 11(2) : 154-163, D Abrams et al.)
Cent quatre vingt onze patients ayant un glaucome connu et 46
patients suivis pour une suspicion de glaucome ont été
enrôlés dans cette étude. Chacun d'entre eux a
eu d'une part un champ visuel binoculaire et a, d'autre part,
évalué sa fonction visuelle et sa qualité de
vie en se référant à des échelles et des
questionnaires précis. Puis les scores de ces
différents examens ont été comparés. Les
auteurs ont alors constaté qu'il n'existait pas une bonne
corrélation entre l'évaluation objective de la vision
par l'intermédiaire du champ visuel binoculaire et le ressenti
subjectif exprimé par les malades. Il serait donc utile de
mettre au point des méthodes d'investigation cliniques qui
correspondent mieux à la perception qu'ont les patients du
retentissement fonctionnel de leur maladie.
Corps
étrangers intra-orbitaires. (Ophthalmology 2002 ; 109(3)
: 494-500, TP Fulcher et al.)
Partant de l'analyse rétrospective de 40 traumatismes avec
corps étranger (CE) intra-orbitaire, les auteurs rappellent
les caractéristiques de ces accidents et émettent des
recommandations. Selon cette étude les CE intra-orbitaires
atteignent surtout des personnes jeunes et les altérations de
la fonction visuelle sont le plus souvent la conséquence
directe du traumatisme initial. En effet dans cette série, 12
des 13 cécités finales existaient déjà
lors de l'examen initial. L'intérêt d'une
antibiothérapie préventive est rappelé, du fait
du risque élevé de complication infectieuse orbitaire,
et le scanner est présenté comme le meilleur moyen
d'imagerie pour le bilan initial des lésions. Si tous les CE
organiques doivent être extraits chirurgicalement, les auteurs
conseillent d'enlever les CE non organiques s'ils sont
antérieurs (et après information du patient) ou en cas
de complication s'ils sont postérieurs.
Recouvrir les
implants de drainage (J. Glaucoma 2002 ; 11(2) : 143-7, MF Smith
et al.)
Avant de reposer la conjonctive, certains chirurgiens mettent en
place un patch pour recouvrir et protéger les tubes des
implants de drainage de l'humeur aqueuse. Différents
matériaux ont été utilisés :
sclère, dure-mère ou greffe de péricarde. Au
travers de leur expérience et au sujet de 64 patients, les
auteurs comparent les résultats obtenus avec ces 3 tissus. Au
final, seuls deux yeux ont dû être
réopérés, suite à une déhiscence
du patch avec érosion du tube. Quel que soit le
matériau utilisé, une proportion équivalente
d'amincissement du patch à long terme a été
observée. Si aucun tissu ne s'est montré
supérieur, les auteurs rappellent que, bien que la
sclère soit moins coûteuse, l'intérêt du
péricarde dans ces indications provient de son mode de
décontamination par irradiation gamma.
Un lien entre
l'apnée du sommeil et l'hypertension intra-crânienne
idiopathique (Ophthalmology 2002 ; 109(3) : 482-5, AG Lee et
al.)
Sur 22 patients suivis pour hypertension intra-crânienne
(HTIC) idiopathique les auteurs ont retrouvé un syndrome
d'apnée du sommeil dans plus d'un quart des cas. Tous avaient
une acuité visuelle conservée, un oedème
papillaire et un élargissement de la tache aveugle sur le
champ visuel (CV). Parmi les 6 patients qui cumulaient HTIC et
apnée du sommeil, un a reçu de l'acétazolamide
seul, 4 ont reçu en plus de l'acétazolamide un
traitement par ventilation nocturne à pression positive (CPAP)
et un a été traité par CPAP seule. Après
le traitement 5 des 6 CV s'étaient normalisés.
L'acétazolamide a pu être interrompu chez 3 patients
dont l'oedème papillaire avait disparu, tout en maintenant la
CPAP. L'oedème papillaire a partiellement
régressé dans 2 cas et le dernier a
évolué vers un aspect d'atrophie optique. Cette petite
série montre que traiter l'apnée du sommeil pourrait
améliorer l'HTIC idiopathique.
Des anticorps
anti-VEGF intra-vitréens en prévention des
néovaisseaux choroïdiens (NVC) (Arch. Ophthalmol.
2002 ; 120(3) : 338-46, M.G. Krzystolik et al.)
{jwmiller@meei.harvard.edu}
Le VEGF (Vascular Endothélial Growth Factor) étant
impliqué dans l'apparition des néovaisseaux
choroïdiens (NVC), des anticorps anti-VEGF ont
été administrés de façon
préventive en intra-vitréen à un modèle
animal (singes). D'après ces expériences, au cours
desquelles les NVC ont été induits par photocoagulation
et les injections intra-vitréennes (IVT) ont
été faites suivant un protocole précis, les
anticorps anti-VEGF se sont montrés capables soit de
prévenir la survenue de NVC, soit de les rendre
angiographiquement moins actifs. Ce travail pourrait ouvrir la voie
des anticorps anti-VEGF dans la DMLA, en sachant toutefois que des
réactions inflammatoires de chambre antérieure ont
été induites par les IVT chez le singe.
Lorsque les
greffons cornéens proviennent de donneurs très
âgés (Br. J. Ophthalmol. 2002 ; 86(4) : 404-11, P.
Gain et al.)
L'âge élevé des donneurs influence-t-il les
chances de réussite des kératoplasties transfixiantes
(KPT) ? Selon cette étude il semble que non. Des greffons
venant de sujets de moins de 85 ans (330, groupe 1) ou de plus de 85
ans (89, groupe 2) ont été examinés en
microscopie spéculaire. Les greffons exclus d'emblée
pour mauvaise qualité de l'endothélium étaient
plus nombreux dans le groupe 2. Une fois cette sélection
faite, les cornées du groupe 2 avaient une densité
endothéliale plus faible, mais la perte cellulaire en cours
d'organo-culture a été plus réduite que dans le
groupe 1. Lors de la greffe, la densité endothéliale
était donc comparable dans les 2 groupes, bien que l'aspect
macroscopique des cornées des donneurs très
âgés soit moins bon. Dans le 1er groupe, 158 KPT ont
été faites contre 38 dans le 2ème. En moyenne 2
ans après, les résultats (acuité,
densité endothéliale) étaient les mêmes
dans les 2 groupes.
Modifications
anatomo-pathologiques cornéennes induites par le LASIK
(Arch. Ophthalmol. 2002 ; 120(3) : 288-93, N.J. Anderson et al.)
{ophtheg@emory.edu}
Les cornées de deux personnes décédées et
opérées de LASIK respectivement 3 et 20 mois avant le
décès, ont pu être examinées
histologiquement. Dans les deux cas, on a observé une
discrète invasion épithéliale, un aspect
irrégulier des fibres collagènes et des modifications
des kératocytes au niveau de la cicatrice, ainsi que des amas
de collagène en regard de la charnière du volet
cornéen. Chez le sujet dont le LASIK était le plus
ancien, ces modifications étaient moins prononcées et
l'interface de la découpe cornéenne n'était
pratiquement plus visible. Dans le cas du LASIK récent on a
constaté en plus des altérations de la structure
collagène et la présence d'un matériel
électron-dense PAS (Periodic Acid-Schiff) positif au niveau
de l'interface ainsi que la disparition des nerfs cornéens.
Les signes histologiques qui témoignent du processus
cicatriciel après un LASIK semblent donc s'atténuer
avec le temps.
Donneur phake ou
pseudophake : qu'en est-il de l'endothélium des greffons
après organo-culture ? (Br. J. Ophthalmol. 2002 ; 86(4) :
400-3, F.M. Meir et al.)
Les auteurs proposent une solution partielle au manque de greffons
cornéens, en suggérant de ne pas exclure
systématiquement les cornées qui proviennent d'yeux
pseudo-phakes avec implant de chambre postérieure. Cette
réflexion est issue d'une comparaison effectuée entre
14 cornées d'yeux pseudo-phakes et 13 cornées d'yeux
phakes "contrôles". En effet, après une à deux
semaines de conservation en organo-culture, les différents
marqueurs de qualité de l'endothélium étaient
les mêmes dans les 2 groupes. L'utilisation de certaines
cornées de pseudophakes pourrait donc selon les auteurs,
limiter le problème de la pénurie de
greffons.