Retour à la page d'accueil du site snof.org

Semaine du 8 au 14 avril 2002

Pronostic à long terme des choriorétinopathies séreuses centrales (CRSC) sévères (Retina 2002 ; 22(1) : 25-32, S Otsuka et al)
Certaines CRSC associent une atteinte multifocale de l'épithélium pigmentaire à des zones de décollement rétinien bulleux. Le pronostic fonctionnel de ces formes cliniques en est-il pour autant plus réservé ? Pour le savoir, 25 patients ont été suivis pendant 10 ans (en moyenne). Il s'agissait en majorité d'hommes sans antécédents (âge moyen 43 ans) mais 4 CRSC faisaient suite à une corticothérapie par voie générale. Les lésions exsudatives ont soit régressé spontanément, soit bien répondu à la photocoagulation. Plus de la moitié des patients ont récidivé au moins une fois, mais la maladie a fini par s'inactiver, laissant persister des cicatrices atrophiques du fond d'oeil. Au final 8 patients sur 10 avaient retrouvé une acuité visuelle au moins égale à 20/40 (un patient sur 2 ayant 20/20 ou plus). Le pronostic visuel des CRSC sévères, en l'absence de lésions maculaires, ne semble donc pas si mauvais.

Toxicité cornéenne de la chlorhexidine (Cornea 2002 ; 21(2) : 237-9, S Murthy et al)
Le cas d'une patiente de 45 ans suivie pour une suspicion de kératite amibienne est rapporté. Après 8 semaines d'un traitement local comportant des instillations de gluconate de chlorhexidine à 0,02 %, une désépithélialisation cornéenne quasi-complète est apparue et s'est compliquée d'une ulcération. L'évolution étant défavorable il a fallu recourir à une kératoplastie transfixante. L'examen histologique de la cornée a montré une disparition de la membrane de Bowmann, une perte massive de kératocytes, une perte endothéliale et des signes inflammatoires. En revanche, aucun germe n'a été retrouvé et l'analyse immuno-histo-chimique n'a rien révélé. En se référant à une description antérieure de lésions histologiques provoquées par un composé contenant de la chlorhexidine 4%, les auteurs pensent que la kératite de leur patiente pourrait être due au gluconate de chlorhexidine 0,02%.

Un LASIK pour une hypermétropie induite par une KR (kératotomie radiaire) (Ophthalmology 2002 ; 109(3) : 602-5, CM Francesconi et al)
Une hypermétropie consécutive à une KR peut être traitée efficacement par LASIK. C'est ce que concluent les auteurs de cette étude après avoir opéré 69 yeux (47 patients) et les avoir surveillés pendant 6 mois (plus ou moins 3 mois). La réfraction moyenne, qui en pré-opératoire était de +3,4 (plus ou moins 1,6 Dioptries) est passée à -0,32 (plus ou moins 1,2 D.) après l'intervention. La seule complication per-opératoire qui ait été observée a concerné 8 patients. Il s'agissait de la déhisence d'une incision de KR contemporaine de l'ouverture du volet cornéen, sans conséquence, y compris sur le résultat visuel final. Différentes complications post-opératoires ont été notées : 3 cas d'invasion épithéliale, 2 cas de kératite lamellaire diffuse et un cas de nécrose du volet cornéen. Au final 50 yeux avaient conservé ou augmenté leur acuité visuelle.

Dellen scléral après exérèse de ptérygion avec utilisation de mitomycine C (Cornea 2002 ; 21(2) : 227-9, YY Tsai)
Huit jours après ablation d'un ptérygion, grattage scléral et application de mitomycine C, un patient s'est présenté avec un amincissement scléral sévère, laissant deviner le corps ciliaire par transparence, associé à un oedème conjonctival de voisinage. Des cicatrisants locaux ont permis une normalisation rapide de l'épaisseur cornéenne et le retour à une sclère d'aspect normal. D'après une revue de la littérature, il apparaît que les dellens scléraux sont des complications post-opératoires précoces qui risquent de retarder la cicatrisation conjonctivale et qui régressent le plus souvent sous cicatrisants locaux même s'il arrive que la prise en charge soit chirurgicale. Il faut toutefois poursuivre le traitement topique jusqu'à normalisation de la conjonctive et réépithélialisation de la sclère. Les auteurs recommandent de bien surveiller les patients en post-opératoire pour dépister cette complication.

Apoptose dans les kératocônes (Cornea 2002 ; 21(2) : 206-9, RM Kaldawy et al) {roger.kaldawy@BMC.org}
Afin de mieux comprendre la physiopathogénie des kératocônes, les auteurs ont examiné histologiquement 16 cornées atteintes et les ont comparées à 4 cornées normales. Pour cela deux méthodes ont été utilisées : l'une conçue pour détecter les fragmentations de l'ADN, l'autre reconnaissant de façon plus spécifique l'apoptose. Avec les deux techniques ces lésions sont apparues beaucoup plus fréquentes en cas de kératocône, qu'il s'agisse de l'épithélium, du stroma ou de l'endothélium cornéens. Le kératocône, en tant que maladie dégénérative non inflammatoire, pourrait donc être lié à un mécanisme apoptotique.

Sildénafil et neuropathie optique ischémique non artéritique (Ophthalmology 2002 ; 109(3) : 584-7, HD Pomeranz et al)
La prise de sildénafil peut-elle favoriser la survenue d'une neuropathie optique non artéritique? C'est la question que se posent les auteurs après avoir observé 5 cas chez des patients dont la plupart n'avaient aucun facteur de risque vasculaire. Dans tous les cas le tableau clinique associait une baisse d'acuité visuelle unilatérale, une amputation altitudinale du champ visuel et un oedème papillaire. De plus tous les patients avaient une morphologie papillaire semblable, caractérisée par un rapport C/D de petite taille. En conclusion, il semble que le sildénafil pourrait favoriser les complications ischémiques sur certains nerfs optiques anatomiquement pré-disposés.

Séparation du stroma et de la membrane de Descemet au cours des kératoplasties lamellaires profondes (Cornea 2002 2002 ; 21(2) :196-9, K Hirano et al.) {kojihira@med.nagoya-u.ac.jp}
Une kératoplastie lamellaire profonde est une transplantation cornéenne partielle qui remplace les couches antérieures d'une cornée réceptrice par les tissus sains d'un donneur. En théorie la dissection doit être parfaite entre le stroma que l'on enlève et la membrane de Descemet du receveur qui reste en place. Pour connaître la qualité de cette dissection, les cornées prélevées sur 4 yeux receveurs en cours d'intervention ont été examinées en microscopies optique et électronique. A la face postérieure du stroma de 2 de ces cornées, l'examen histologique a montré la présence d'une fine couche tissulaire issue de la membrane de Descemet. Les auteurs concluent qu'il doit exister une zone de fragilité dans l'épaisseur de la membrane de Descemet et que l'aspect lisse du plan de clivage que l'on observe en per-opératoire ne correspond pas toujours à l'interface réelle entre le stroma et la membrane de Descemet.

Anomalies chorio-rétiniennes associées aux microphtalmies postérieures (Ophthalmology 2002 ; 109(3) : 569-74, M Khairallah et al.)
Les microphtalmies postérieures associent une très courte longueur axiale à un segment antérieur de taille normale ou proche de la normale. Les auteurs décrivent les anomalies du segment postérieur de 18 patients (36 yeux) dont l'hypermétropie variait de +12 à +19 D. A noter que les cas familiaux étaient compatibles avec une transmission autosomique récessive. Tous les yeux présentaient une réduction de surface (ou une absence) de la zone avasculaire centrale, un comblement de l'excavation papillaire et un épaississement scléro-choroïdien (échographie). Sept patients sur 10 avaient un plis rétinien papillo-maculaire saillant, 6 sur 10 des plis chorio-rétiniens et 3 sur 10 de fins plis rétiniens. Quatre rétinopathies pigmentaires et 3 effusions uvéales ont été observées. Toutes ces lésions exposant à une amblyopie, une surveillance clinique et échographique des microphtalmies postérieures est recommandée.

Comment dépister les antécédents de chirurgie réfractive chez les donneurs de cornée ? (Cornea 2002 ; 21(2) : 181-8, PJ Ousley et al.)
Avec l'essor de la chirurgie réfractive par laser, la probabilité de trouver des cornées opérées chez les donneurs potentiels augmente. En l'absence de moyen bien établi pour dépister ces greffons, les auteurs ont comparé deux techniques sur 40 cornées normales et sur 10 cornées qui avaient des antécédents de chirurgie réfractive. Pour cela, ils ont tenu compte de la différence de pachymétrie entre la cornée centrale et la cornée de moyenne périphérie et de la différence de courbure cornéenne entre la zone des 3mm et celle des 7 mm. En combinant les deux méthodes, 7 des 10 cornées opérées ont pu être reconnues comme telles. Ce travail pourrait servir de base pour mettre au point un système de détection des cornées opérées de myopie chez les greffons potentiels. La sensibilité de ces méthodes pourrait être améliorée en affinant les formules de calcul qui évaluent épaisseur et courbure cornéennes.

Réflexe cornéen chez le nouveau-né à terme (Ophthalmology 2002 ; 109(3) : 526-9, M Snir et al.)
A la naissance le système nerveux est immature et le réflexe cornéen ne semble pas échapper à cette immaturité. Telles sont les observations qui ont été faites au cours de cette étude, chez 191 nouveaux-nés âgés de 1 à 3 jours et 200 enfants âgés de une à 12 semaines. Seuls 10% des bébés avaient un réflexe cornéen à la naissance. Puis, cette proportion a régulièrement augmenté pour atteindre 25% à une semaine de vie, 50% à 3 semaines et demi et 75% à 6 semaines. Enfin le réflexe cornéen était présent chez tous les nourrissons à la douzième semaine. Parmi les facteurs étudiés, l'âge de l'enfant et son poids de naissance sont les éléments qui avaient une influence statistiquement significative sur le réflexe cornéen. La maturation neurologique d'un enfant passe donc par le développement du réflexe cornéen qui, selon cette étude, est acquis à l'âge de 3 mois.