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Semaine du 1er au 7 avril 2002
La
trabéculoplastie sélective : un nouveau traitement pour
les glaucomes à angle ouvert (GAO) (CurrOpin. Ophthalmo.
2002 ; 13(2) : 94-6, MA Latina et al.)
La trabéculoplastie sélective (TPS) pourrait devenir
le traitement de première intention des GAO. C'est ce que
concluent les auteurs après avoir détaillé le
mode d'action, les avantages et les indications de cette
méthode. La TPS permet de normaliser la pression
intra-oculaire en laissant intacte l'architecture du
trabéculum et entraîne peu de complications. Elle peut
être efficace là où une trabéculoplastie
préalable au laser à argon a échoué, et
peut être répétée. Chez les patients qui
sont intolérants ou non compliants à leurs traitements
médicaux anti-glaucomateux, la TPS peut être
proposée en première intention. Dans l'avenir ses
indications pourraient être élargies.
Deux
photokératectomies thérapeutiques pour une
kératalgie récidivante (Br. J. Ophthalmol. 2002 ;
86(3) : 270-2, R Maini et al.)
Devant une kératalgie récidivante qui résiste
aux applications locales nocturnes d'agents lubrifiants, on peut
proposer une photokératectomie thérapeutique (PKT) au
laser excimer. En cas d'échec de ce traitement faut-il faire
un deuxième essai ? Pour le savoir les auteurs ont
passé en revue 76 cas traités sur une période
de 5 ans. Chez 8 d'entre eux, devant la persistance des
érosions cornéennes récidivantes, une seconde
PKT a été tentée et a conduit à la
guérison dans 6 cas. Les deux autres ont conservé une
sensation de corps étranger de temps à autre,
cédant sous un traitement local. Au total, et d'après
cette série de petite taille, il semble utile de
réaliser une deuxième PKT en cas d'échec d'une
première tentative, chez les patients qui souffrent de
kératalgie récidivante.
Myosis sous
pilocarpine chez les sujets normaux. Applications à la
pupille d'Adie (Am. J. Ophthalmol. 2002 ; 133(3) : 365-72, JA
Leavitt et al.)
Les instillations de pilocarpine à faible concentration sont
utilisées comme test diagnostic pour reconnaître les
pupilles d'Adie. Différentes concentrations de pilocarpine
ont été administrées à 20 volontaires
sains âgés de 20 à 40 ans. Le degré de
myosis a été mesuré dans l'obscurité
à l'aide d'un pupillographe à infra-rouge et la
pénétration intra-oculaire de la pilocarpine a
été vérifiée grâce à de la
fluorescéine. L'amplitude de la constriction pupillaire s'est
révélée dose-dépendante, sans que le
côté traité, ni la couleur des yeux, ni la
perméabilité cornéenne n'influencent les
résultats. La pupille commençait à se resserrer
15 minutes après l'instillation et l'effet était
maximal entre 30 et 60 minutes. Le myosis n'était pas
significatif à faible concentration (0,0313% et 0,0625%), ce
qui confirme l'intérêt du test à la pilocarpine
0,0625% pour distinguer les pupilles d'Adie des pupilles
normales.
Infiltration
lymphomateuse du nerf optique (Retina 2002 ; 22(1) : 75-9, LC Lee
et al.)
Une neuropathie optique d'origine tumorale peut être le seul
témoin d'une rechute lymphomateuse. Le cas d'un patient
atteint de SIDA en témoigne. Traité pour un lymphome
non-Hodgkinien, le malade était considéré comme
en rémission quand il s'est présenté avec une
baisse d'acuité visuelle gauche puis droite peu de temps
après. L'examen ophtalmologique et l'angiographie en
fluorescéine ont montré un oedème papillaire et
une occlusion de la veine centrale de la rétine. L'examen
histologique; réalisé en post-mortem, a mis en
évidence une infiltration lymphomateuse dense des deux nerfs
optiques, associée à une vascularite nécrosante
rétinienne gauche. Certaines régions
cérébrales étaient également le
siège d'une infiltration tumorale avec inflammation et
nécrose. En revanche aucune récidive médulaire
ni systémique n'a pu être
décelée.
DMLA à
haut risque de complication néovasculaire et autofluorescence
du fond d'oeil (Am. J. Ophthalmol. 2002 ; 133(3) : 341-9, N Lois
el al.)
Ce travail est issu de la DLS ou Drusen Laser Study, et a inclus 35
yeux (29 patients). La DLS, étude prospective,
contrôlée et randomisée a testé
l'intérêt de la photocoagulation prophylactique des
drusen en cas de DMLA à risque élevé de
néovascularisation. Parmi les 35 yeux enrôlés
ici, 16 avaient eu du laser et 19 n'avaient pas été
traités. Les auteurs ont analysé d'une part
l'évolution des drusen et d'autre part celle de
l'autofluorescence. Pour cela ils ont tenu compte du type
d'autofluorescence observé et du type de drusen. Seuls les
drusen étendus correspondaient à des modifications
locales de l'autofluorescence alors qu'aucune relation n'a
été trouvée entre les drusen de petite taille et
l'autofluorescence. Ce travail n'ayant pas montré de relation
évidente entre la localisation des drusen et celle de
l'autofluorescence, ces deux signes cliniques pourraient être
des modifications liées à l'âge
indépendantes l'une de l'autre.
Décollement
ciliaire après vitrectomie : les révélations de
l'UBM (Retina 2002 ; 22(1) : 53-8, WL Chen et al.)
Après vitrectomie par la pars plana, les décollements
ciliaires semblent être très fréquents. C'est ce
qui ressort d'une étude qui a inclus 109 yeux (103 patients),
vitrectomisés pour différentes indications. Le
décollement, objectivé et surveillé
échographiquement par UBM (Ultrasound BioMicroscopy),
était dans la plupart des cas spontanément
résolutif en moins de 3 semaines. L'analyse des
antécédents des patients a permis de retrouver les
facteurs qui semblent prédisposer au décollement
ciliaire post-opératoire. Il s'agit des rétinopathies
diabétiques proliférantes, des occlusions vasculaires
rétiniennes, des photocoagulations rétiniennes
per-opératoires étendues et de la cryo-application.
Dans cette série, tous patients confondus, un
décollement ciliaire était présent en
post-opératoire dans un peu moins de la moitié des
cas.
Apport de
l'angiographie en fluorescéine en cas de lymphome
intra-oculaire (Retina 2002 ; 22(1) : 37-43, G Velez et al.)
{brusie-velez@erols.com}
Les lymphomes intra-oculaires (LIO) sont rares. Connus
également sous le nom de lymphome primitif du système
nerveux central, leur pronostic vital et visuel est très
mauvais, en particulier du fait des retards diagnostiques. En effet
ils se présentent souvent comme une atteinte ophtalmologique
et peuvent simuler une uvéite postérieure ou
intermédiaire. Pour diminuer le délai diagnostique, les
auteurs ont recherché les signes angiographiques qui
devraient faire suspecter un LIO. L'étude a porté sur
31 yeux (17 patients) dont le lymphome a été
prouvé histologiquement. A l'issue de ce travail il semble
que, bien que l'angiographie puisse être normale, la
présence d'anomalies de l'épithélium
pigmenté sans périphlébite ni oedème
maculaire soit évocatrice de LIO. Ces lésions
angiographiques sont compatibles avec le fait que les cellules
tumorales se situent entre l'épithélium pigmenté
et la membrane de Bruch.
Plaie
cornéenne et corps étranger intra-oculaire en cas
d'antécédent de LASIK (Cornea 2002 ; 21(2) : 234-6,
CB Cosar et al)
A partir d'une observation, les auteurs émettent quelques
recommandations pour prendre en charge les traumatismes
cornéens transfixiants chez les personnes
opérées de LASIK. Il s'agit d'un patient qui, alors
qu'il utilisait un marteau sans masque de protection, a reçu
un corps étranger métallique, venu s'incarcérer
à la partie supérieure de l'iris (le LASIK datait de
plus d'un an). Sous couverture antibiotique par voies locale et
générale, l'ablation du corps étranger et la
suture cornéenne sous anesthésie générale
se sont déroulées sans incident et les suites
opératoires ont été simples. Neuf mois
après l'accident l'acuité visuelle sans correction
atteignait 20/25 et le volet cornéen était en place. Si
dans ce cas aucune complication n'a été notée,
il est tout de même conseillé, dans des situations
analogues, d'éviter de manipuler et de luxer le volet de
LASIK.