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Semaine du 18 au 24 mars 2002
Effet des
traitements immuno-modulateurs sur les choroïdites multifocales
avec pan-uvéite (Ophthalmology 2002 ; 109(2) : 378-83, SS
Michel et al.)
Les traitements immuno-modulateurs peuvent contrôler
efficacement l'inflammation et préserver la vision en cas de
choroïdite multifocale avec pan-uvéites
bilatérales. C'est la conclusion d'une étude
rétrospective qui a porté sur 19 patients. Parmi eux,
15 ont reçu des immuno-modulateurs et 4 une
corticothérapie seule (par voie générale). Sous
corticoïdes seuls, tous les patients ont eu de
sévères complications iatrogènes. A noter que
12 autres malades ont développé une cataracte et/ou un
glaucome, dus à l'utilisation de corticoïdes au long
cours avant la mise en route des immuno-modulateurs. Sept patients
dont l'acuité visuelle unilatérale avait
considérablement baissé malgré la
corticothérapie, ont conservé une bonne vision
contro-latérale sous immuno-modulateurs. Deux des 4 patients
qui avaient refusé les immuno-modulateurs ont vu leur
fonction visuelle se détériorer (3 yeux sur 4).
Effets des
détergents enzymatiques sur l'endothélium
cornéen (Arch Ophthalmol 2002 ; 120(2) : 165-72, C Parikh
et coll.)
Des cornées humaines et de lapin ont été
soumises à différentes concentrations de
détergents enzymatiques, produits utilisés pour
désinfecter le matériel chirurgical. Des cornées
contrôle de lapin ont été irriguées en
parallèle par du BSS. Une autre expérience a
consisté à injecter ces produits en
intra-camérulaire chez les lapins. Puis l'endothélium a
été examiné en microscopie électronique
et les données anatomo-pathologiques ont été
confrontées au degré d'oedème cornéen. La
sévérité de l'oedème, de la
réaction inflammatoire et des anomalies histologiques
était corrélée à la concentration du
détergent. A concentration maximale, la
perméabilité cornéenne atteignait 3 à 4
fois celle des cornées contrôles chez le lapin. Sur les
cornées humaines, les modifications étaient plus
marquées. Un rinçage insuffisant des instruments
chirurgicaux peut donc être à l'origine d'une
inflammation intra-oculaire et d'un oedème
cornéen.
Chirurgie
vitréo-rétinienne et bleu trypan (Arch Ophthalmol
2002 ; 120(2) : 141-4, EJ Feron) {ericferon@chello.nl}
Le bleu trypan, colorant vital, peut être utilisé pour
faciliter le capsulorhexis pendant la chirurgie des cataractes
blanches. Les auteurs en présentent une autre application. Dix
patients porteurs d'une prolifération
vitréo-rétinienne ont été inclus dans
cette étude. Une vitrectomie avec pelage des membranes a
été réalisée et, alors que toutes les
membranes épirétiniennes (MER) semblaient avoir
disparu, du bleu trypan a été injecté sous air
dans la cavité vitréenne, puis rincé
après un contact d'une minute. Dans tous les cas, cette
manoeuvre a permis de mettre en évidence des reliquats de MER
passés inaperçus et de compléter leur
dissection. L'examen histologique des tissus enlevés a
confirmé qu'il ne s'agissait que de MER. Trois mois
après la chirurgie, aucun effet indésirable n'a
été observé. Le bleu trypan pourrait donc
être un nouvel outil en chirurgie
vitréo-rétinienne.
Du
péricarde bovin autour des implants en hydroxyapatite (Br
J Ophthalmol 2002 ; 86(3) : 288-9, M Gupta et al)
Différents matériaux ou tissus, dont la sclère
d'origine humaine, ont été proposés pour
envelopper les implants d'hydroxyapatite mis en place après
énuclation. Les auteurs rapportent leur expérience du
péricarde d'origine bovine dans cette indication au travers
d'une étude rétrospective qui a inclus 27 patients
énucléés pour mélanome malin de la
choroïde. Au cours d'un suivi moyen de 20 mois aucun implant
n'a été expulsé, mais 3 reprises chirurgicales
ont été nécessaires pour assurer la
réfection des plans superficiels de la cicatrice. Un granulome
conjonctival s'est développé, qui n'a pas
nécessité de réintervention, et enfin une
rétraction du cul de sac conjonctival inférieur a
été observée. Les auteurs présentent
cette méthode comme une alternative à l'utilisation de
la sclère d'origine humaine, qui serait exempte de risque de
transmission de la maladie de Creutzfeld Jacob.
Inflammation
intra-oculaire sévère : conséquences du
chlorambucil à long terme (Ophthalmology 2002 ;109(2) :
370-7, DA Goldstein et al)
Certaines uvéites sévères qui menacent la
fonction visuelle peuvent être traitées par
chlorambucil. Ce traitement présente-t-il des dangers
à long terme? Pour le savoir, les auteurs ont analysé
rétrospectivement 53 dossiers. Les patients avaient
reçu en moyenne 20 mg de chlorambucil par jour sur une
période de 7 à 40 semaines (soit une dose
cumulée moyenne de 1429 mg pour des extrêmes de 392
à 5200 mg). Près de la moitié des malades ont
amélioré leur acuité visuelle d'au moins deux
lignes (échelle de Snellen). Les effets secondaires ont
été répertoriés :
aménorrhée, zona, atrophie testiculaire et troubles de
l'érection. Au terme d'un suivi moyen de 4 ans (extrêmes
de 6 mois à 24 ans) aucune tumeur maligne, qui aurait pu
être attribuée au traitement, n'a été
constatée. Pour certaines uvéites graves
résistant au traitement habituel, l'utilisation de
chlorambucil, sur une courte période, mérite donc
d'être discutée.
Neurorétinite
subaigüe : repérage de nématodes vivants par SLO
(Arch. Ophthalmol. 2002 ; 120(2) : 135-8, LR Morales et al)
{moraesl@terra.com.br}
Certaines neuro-rétinites sont d'origine parasitaire. Si le
meilleur moyen de mettre en évidence les vers de
nématodes reste l'examen attentif du fond d'oeil, les auteurs
décrivent une nouvelle méthode. En effet, à
propos d'un patient qui avait une atteinte unilatérale, ils
rapportent leur expérience du SLO (Scanning Laser
Ophthalmoscope), à la fois pour évaluer la fonction
visuelle et pour localiser le parasite. Pour cela différentes
longueurs d'onde (infrarouge : 780 nm, rouge : 633 nm et bleu : 488
nm) ont été utilisées. En bleu le fond d'oeil
apparaissant sombre, a permis de visualiser le ver (blanc) en
créant un effet de contraste. Le repérage précis
a été utile pour planifier un traitement par laser.
Les auteurs concluent que le SLO, sans vouloir remplacer l'analyse du
fond d'oeil, peut être utile, en particulier pour examiner les
jeunes patients.
Chirurgie du
glaucome : une nouvelle indication pour la photothérapie
dynamique (PDT) ? (Arch ophthalmol 2002 ; 120(2) : 130-4, M
Diestelhorst et al.) {michael.diestelhorst@medizin.uni-koeln.de}
Les antimétabolites, utilisés comme adjuvants de la
chirurgie filtrante, ne sont pas dénués de risques. A
la recherche d'une méthode moins toxique, et afin de
prévenir la constitution d'une fibrose, les auteurs ont
testé la PDT sur 10 yeux opérés de
trabéculectomie. Les patients avaient dans leurs
antécédents une à trois procédures de
chirurgie filtrante. Le produit photosensibilisant a
été administré sur le site opératoire au
moyen d'une injection sous-conjonctivale, 15 minutes avant
l'intervention. L'irradiation a été
délivrée en per-opératoire (bleu : 450-490 nm).
A l'issue d'un suivi moyen de plus d'un an, 8 yeux ont
été considérés comme des succès
thérapeutiques. Aucun effet secondaire (de type inflammation
de la bulle, uvéite, endophtalmie ou toxicité sur les
tissus voisins) n'a été constaté. Une
étude contrôlée randomisée est souhaitable
pour préciser les modalités, l'efficacité et
l'innocuité du traitement.
Méningite
lymphomateuse inaugurale (Am J Ophthalmol 2002 ; 133(3) : 424-5,
MA Grassi et al.)
Les étiologies des diplopies sont multiples. Pour
sensibiliser les ophtalmologistes à une cause inhabituelle, le
cas d'un patient de 53 ans, HIV positif, est rapporté. En
présence de céphalées intenses asociées
à une diplopie binoculaire, une ponction lombaire a
été réalisée. L'analyse du liquide
cérébro-spinal a mis en évidence une
lignée monoclonale de lymphocytes B, compatible avec le
diagnostic de lymphome de Burkitt. Les auteurs recommandent donc de
savoir évoquer cette cause tumorale devant une diplopie, en
particulier si une immuno-dépression co-existe.
Hémorragie
rétro-bulbaire et syndrome d'Ehlers Danlos (Am J
Ophthalmol 2002 ; 133(3) : 422-4, S Shaikh et al.)
Le syndrome d'Ehlers Danlos de type IV se caractérise par une
fragilité vasculaire et des complications hémorragiques
sévères. Ces hémorragies peuvent aussi
atteindre la région rétro-bulbaire. C'est ce que
démontre l'observation d'une jeune patiente de 22 ans, pour
laquelle le diagnostic a été fait par l'examen clinique
en association à l'imagerie. Dans ce cas, l'évolution
spontanée de l'hémorragie a été
favorable. En effet elle s'est auto-limitée et a
régressé, ne laissant persister aucune séquelle
fonctionnelle. Toutefois il s'agit d'un accident susceptible de
menacer le vision. C'est la raison pour laquelle les auteurs
attirent l'attention des cliniciens sur ce cas en souhaitant que
l'hémorragie rétro-bulbaire spontanée soit
incluse dans les critères de diagnostic du syndrome d'Ehlers
Danlos de type IV.
Trichiasis
d'origine trachomateuse. (Br J Ophthalmol 2002 ; 86(3) :339-343,
RJ Bowman et al)
Le trachome est pourvoyeur de trichiasis et donc de lésions
cornnéennes. Afin d'avoir une idée de l'histoire
naturelle de la maladie et de son évolution après
traitement chirurgical ou ablation simple des cils, 190 patients
originaires de Gambie ont été enrôlés.
Ceux dont le trichiasis était sévère ont
été mis en attente pour traitement chirurgical et les
trichiasis jugés mineurs étaient traités par
épilation des cils. Après une période
d'observation, les auteurs concluent que si la fréquence du
trachome a diminué en Gambie, les personnes infectées
n'en restent pas moins exposées au risque d'opacités
cicatricielles de la cornée. Ces lésions apparaissent
d'autant plus tôt qu'il persiste un processus inflammatoire
actif et qu'il existe une surinfection. Au total il semble que
l'adjonction d'une antibiothérapie en complément du
geste chirurgical puisse être utile et que même les
trichiasis peu évolués doivent être
opérés.