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Semaine du 4 au 10 mars 2002
LASIK : reprise
après sur-correction de myopie (J Cataract Refract Surg
2002 ; 28(1) : 37-43, MC Rojas et al)
Lorsque l'on constate une sur-correction à la suite d'une
procédure LASIK pour myopie, peut-on envisager de traiter
l'hypermétropie induite par un second LASIK ? Pour
répondre à cette question 36 yeux (30 patients) ont
été retraités. Au cours des 3 premiers mois
post-opératoires, la surveillance a porté sur la mesure
de la meilleure acuité visuelle sans et avec correction, sur
l'étude de la réfraction et sur les complications. Au
terme de ce suivi, les résultats réfractifs et
fonctionnels sont apparus satisfaisants. Trois complications ont
été relevées, soit un cas de kératite
lamellaire diffuse et 2 cas d'invasion épithéliale qui
se sont auto-limités. Les auteurs précisent que ces
bons résultats initiaux ne dispensent pas les patients d'un
suivi prolongé. En effet, il est indispensable de s'assurer
de la stabilité des résultats obtenus.
Aspects
trompeurs de l'orbitopathie sclérosante (Surv Ophthalmol
2002 ; 47(1) : 50-4, JE Thorne et al)
L'orbitopathie sclérosante est une forme d'inflammation
orbitaire qui évolue à bas bruit et atteint
progressivement les structures de la région. Son
caractère insidieux peut conduire à évoquer
à tort le diagnostic d'infiltration néoplasique de
l'orbite. Les auteurs alimentent la discussion en rapportant le cas
d'un patient qui s'est présenté avec des
céphalées et une baisse d'acuité visuelle
évoluant depuis quelques semaines. Les examens cliniques et
neuro-radiologiques étaient initialement compatibles avec le
diagnostic de méningiome de la gaine du nerf optique. Pourtant
l'analyse anatomo-pathologique d'une biopsie de la lésion
évoquait plutôt un gliome du nerf optique. En
définitive, et après examen histologique plus complet,
il s'agissait bien d'une orbitopathie sclérosante. Cette
observation illustre les aspects trompeurs que peut revêtir
cette maladie.
Pathologies
oculaires des oeuvres de Peter Bruegel l'ancien (Surv Ophthalmol
2002 ; 47(1) : 55-62, ZA Karcioglu.)
De par leur réalisme, les peintures de Peter Bruegel l'ancien
(1525-1569) contiennent beaucoup d'informations sur la vie
quotidienne au cours de la seconde moitié du 16ème
siècle. En effet en peignant en particulier des familles de
paysans, l'artiste a toujours su reproduire la misère, la
pauvreté, la faiblesse ou la maladie. En observant La
parabole des aveugles (1568, Museo Capodimonte, Naples), Charcot et
Richer, les 2 célèbres neurologues français,
puis Torhillon, médecin français, ont reconnu
différentes causes de cécité parmi les 6
aveugles représentés. Ils parlent
d'énucléation, de leucome cornéen, d'atrophie du
globe, de pemhigus et d'absence de perception lumineuse ou de
perception lumineuse avec photophobie. L'auteur discute
également des pathologies oculaires que l'on peut
reconnaître dans certaines autres oeuvres de
Bruegel.
Réfection
et réduction des bulles de filtration par autogreffe
conjonctivale libre (J Glaucoma 2002 ; 11(1) : 10-6, CC Schniyder
et al)
La reconstruction de bulles de filtrations (BF) est possible par
autogreffe conjonctivale libre. Parmi les 16 patients inclus dans ce
travail rétrospectif, 9 avaient eu une trabéculectomie
et 7 une sclérectomie profonde. Dans 14 cas, la reprise
chirurgicale était indiquée pour troubles
d'étanchéité de la BF, précoces ou
retardés, responsables d'une hypotonie avec maculopathie. Dans
les 2 autres cas, la filtration sous-conjonctivale excessive,
responsable de signes fonctionnels génants (sensation de corps
étranger, larmoiement, douleur, fluctuations visuelles...) a
imposé la réduction du volume de la bulle. Après
analyse des résultats, les auteurs concluent que si un patch
de conjonctive autologue peut être efficace pour la
réfection et la réduction des BF, il faut
prévenir les patients qu'un traitement post-opératoire
complémentaire (médical ou chirurgical) peut être
nécessaire pour contrôler la pression
intra-oculaire.
Tamponnement
interne prolongé par perfluorocarbone (PFC) liquide (Am J
Ophthalmol 2002 ; 133(1) : 95-101, B Kirchhof et al)
Vingt-trois yeux ont été enrôlés dans ce
travail. Il s'agissait de décollement de rétine
compliqué intéressant les 2 quadrans inférieurs.
Etaient d'emblée exclus les patients dont l'oeil
contro-latéral était pathologique et ceux qui avaient
des maladies générales sévères.
Après vitrectomie, dissection des membranes et
rétinotomie si nécessaire, du perfluorohexyloctane a
été laissé en place dans le segment
postérieur pour y exercer un tamponnement interne de longue
durée. Le PFC a séjourné en moyenne 76 jours
dans les yeux opérés (extrêmes de un à 6
mois et demi). Un mois après son ablation, 19 rétines
sur 22 (un patient perdu de vue) étaient à plat. Au
terme d'un suivi moyen de 3 mois, la tolérance
rétinienne et papillaire s'est avérée bonne.
Parmi les complications observées figurent : cataracte,
hypertonie oculaire et surtout émulsion de la bulle de PFC en
fines gouttelettes.
Opacification
capsulaire postérieure après phacoémulsification
ou combinée (Am J Ophthalmol 2002 ; 133(1) : 40-7, DH
Shin et al)
Ce travail rétrospectif a comparé l'incidence à
long terme des opacités capsulaires postérieures
après phacoémulsification seule (100 cataractes) ou
avec trabéculectomie (100 glaucomes primitifs à angle
ouvert associés à une cataracte). Les 2 groupes
étaient comparables en âge, type d'implant de chambre
postérieur, prévalence du diabète et
durée de suivi. L'évaluation a porté sur
l'acuité visuelle, la pression intra-oculaire, l'importance
des opacifications capsulaires, estimées à la lampe
à fente, et sur la nécessité d'une capsulotomie
par laser Nd:Yag. Aucune différence significative n'a
été observée entre les 2 groupes, tous patients
confondus. En revanche, l'utilisation de mytomycine C en
per-opératoire dans le groupe "combinée" et la
co-existence d'un diabète ont semblé conférer
une protection relative vis à vis de la cataracte
secondaire.
Un facteur de
risque de mélanome choroïdien : la mélanocytose
(Surv Ophthalmol 2002 ; 47(1) : 36-41, SG Honavar et al)
La mélanocytose peut prédisposer au
développement d'un mélanome malin de la choroïde
(MMC). C'est ce que confirme l'observation rapportée par les
auteurs. Chez un patient de type caucasien âgé de 63 ans
et porteur d'une mélanocytose unilatérale, 2 MMC
homolatéraux ont été découverts. L'examen
anatomo-pathologique après énucléation a
confirmé le diagnostic. A partir de ce cas, l'article propose
une revue de la littérature. Si on estime le risque d'avoir 2
MMC à un pour 160 000 cas de mélanocytose
unilatérale, on peut extrapoler. En effet si l'on
considère un patient qui développe 2 MMC, on peut
évaluer que la probabilité de mélanocytose
sous-jacente est 1000 fois plus grande que dans la population
caucasienne générale. En d'autres termes, si la
co-existence de deux localisations de MMC distinctes sur un
même oeil est rare, ce cas de figure pourrait être
associé à une mélanocytose pré-existante.
Intérêt
de la mitomycine C dans le traitement des tumeurs de la surface
oculaire (Cornea 2002 ; 21(1) : 12-6, CS Siganos et al)
Pour traiter 8 tumeurs présumées malignes de la
conjonctive ou de la cornée, les auteurs ont utilisé
de la mitomycine C à 0,02% en association à la
chirurgie. Ils en rapportent leur expérience. La mitomycine
était appliquée durant 5 minutes en
per-opératoire. L'examen anatomo-pathologique des
pièces d'exérèse a montré : 4 carcinomes
épidermoïdes, un carcinome in situ, deux dysplasies et
une lésion kératosique. Au cours d'un suivi moyen de
16 mois (extrêmes de 6 à 28 mois), la récidive
limitée d'un carcinome épidermoïde 5 mois
après l'intervention a été traitée avec
succès par de la mitomycine-C topique. Dix mois plus tard, il
n'existait aucun signe de rechute. Ce protocole a semblé
diminuer les récidives tumorales, mais ces résultats
demandent à être vérifiés par des
études complémentaires incluant de plus nombreux
patients au cours d'une surveillance prolongée.
Malformations
orbitaires et strabismes atypiques (Surv Ophthalmol 2002 ;
47(1) : 27-35, GT Lueder)
En matière d'oculo-motricité, certains tableaux
cliniques sont évocateurs de malformations orbitaires. C'est
le cas des rétractions du globe en l'absence de syndrome de
Stilling Duane, des déviations strabiques verticales
prononcées ou des déficits de l'élévation
qui s'accentuent en abduction. Ces troubles oculomoteurs
incomitents, d'origine mécanique, proviennent d'anomalies des
muscles oculo-moteurs. Schématiquement, 3 types de
malformations ont été décrites. Il y a d'abord
les insersions musculaires ectopiques, ensuite les fibroses en regard
des muscles oculomoteurs et enfin les muscles anormaux. Devant ces
strabismes atypiques les auteurs conseillent de réaliser une
imagerie afin de mettre en évidence les anomalies anatomiques
sous-jacentes, mêmes si elles sont rares.
Influence des
protocoles de désinfection sur les kératites
lamellaires diffuses (Ophthalmology 2002 ; 109(2) : 400-3, KR
Yuhan et al)
Les causes des kératites lamellaires diffuses (KLD)
après LASIK sont encore mal connues, mais il se pourrait que
les techniques de nettoyage des instruments jouent un rôle.
C'est ce qu'ont constaté les auteurs de cet article, en
comparant deux groupes d'yeux opérés à 2
périodes différentes. Au cours de la première
période de 6 semaines ont eu lieu 118 interventions. Au cours
de la seconde période, d'une durée identique, 92 yeux
ont été opérés, mais le protocole de
décontamination des instruments de chirurgie avait
été modifié. Dans le 1er groupe, 13 cas de KLD
se sont déclarés alors que seuls 2 cas ont
été observés dans le 2ème. L'analyse
statistique de ces chiffres a établi que cette
différence était significative. Les auteurs
émettent donc des recommandations concernant la
désinfection des instruments de LASIK, dans le but de limiter
le nombre des KLD.