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Semaine du 18 au 24 février 2002

Rejet de greffe et cellules immuno-compétentes en chambre antérieure (Cornea 2002 ; 21(1) : 56-61, T Reinhard et al) {thomas.reinhard@uni-duesseldorf.de}
Chez l'animal, les principales cellules impliquées dans le rejet de greffe de cornée sont les lymphocytes, les monocytes et les macrophages. Peut-on extrapoler ces données à l'homme ? La cytologie de la ponction de chambre antérieure (PCA) de 37 patients, répartis en 6 groupes, a été étudiée : 1) opérés de cataracte sans antécédent inflammatoire ni kératoplastie transfixiante (KPT), 2) opérés de KPT sans rejet, 3) guéris après rejet, 4) porteurs de signes de rejet endothélial a) discrets, b) modérés, c) sévères. Dans les 3 premiers groupes, il n'existait aucune cellule inflammatoire. Dans les 3 autres, macrophages et monocytes prédominaient, les lymphocytes étant plus rares. La probabilité de trouver des cellules immuno-compétentes dans la PCA augmentait avec la sévérité des signes de rejet. Leur détection peut aussi se faire à partir de leurs molécules de surface ou en dosant les cytokines dans la PCA.

Maladie athéromateuse et rétinopathie diabétique (Br J Ophthalmol 2002 ; 86(1) : 84-90, R Klein et al) {kleinr@epi.ophth.wisc.edu}
Parmi 558 diabétiques, 296 ont été examinés à la recherche de relations entre rétinopathie diabétique (RD) et maladie athéromateuse. Le diagnostic de la RD reposait sur l'analyse de photos couleurs du fond d'oeil. Une RD existait chez environ un patient sur 5, près de 3% avaient une RD proliférante et 2% un oedème maculaire. Cette étude a tenu compte de l'âge, du sexe, de la race, de la glycémie, de l'ancienneté du diabète, des maladies cardio-vasculaires associées (dont coronaropathies et accidents vasculaires cérébraux), du dosage du LDL cholestérol et de la protéinurie. Dans cet échantillon, la prévalence de la RD était supérieure chez les noirs que chez les blancs. La présence d'une RD était corrélée aux maladies cardio-vasculaires, à l'élévation du LDL cholestérol et à la protéinurie. Ces résultats ne concernant qu'une partie de la population diabétique, les auteurs restent prudents quant à leur interprétation.

Intérêt de la kératoplastie lamellaire en cas de kératite fungique (Cornea 2002 ; 21(1) : 33-7, L Xie et al)
La kératoplastie lamellaire (KPL) est-elle indiquée en cas de kératite fungique qui résiste au traitement médical (antifongiques locaux et généraux) ? C'est ce que semble montrer cette étude qui a inclus 55 patients, dont la nature fungique de la kératite avait été démontrée histologiquement. En post-opératoire, les cornées infectées ont été mises en culture et analysées sur le plan anatomo-pathologique. Des agents pathogènes ont été retrouvés : fusarium (33 cas ), aspergillus (6), candida (3), penicillium (1). En 6 à 18 mois de suivi, 4 infections ont récidivé (3 fusarium, 1 aspergillus) et ce dans les 15 premiers jours, imposant une kératoplastie transfixiante (KPT). Dans les autres cas, l'acuité visuelle finale variait de 20/63 à 20/20, il n'y a eu aucun rejet et le greffon est resté clair. Un des avantages des KPL est que les critères de sélection des greffons sont moins contraignants que pour les KPT.

Occlusions veineuses rétiniennes multiples au cours de la trombocytémie essentielle (Am J Ophthalmol 2002 ; 133(1) : 152-5, M Imasawa et al)
Un patient de 77 ans suivi pour une thrombocytémie essentielle, s'est présenté avec un tableau d'occlusion veineuse rétinienne gauche aiguë. L'examen du fond d'oeil et l'angiographie en fluorescéine ont en plus révélé des séquelles d'occlusions veineuses bilatérales. En effet, il existait des vaisseaux rétiniens déshabités ainsi que des territoires de non perfusion capillaire. Cette observation met en évidence un processus thrombogène disséminé dans le temps et dans l'espace et illustre les répercussions ophtalmologiques des thrombocytémies essentielles.

Retard de cicatrisation épithéliale : peut on utiliser la membrane amniotique comme lentille pansement ? (Cornea 2002 ; 21(1) : 22-27, O Gris et al)
Vingt patients porteurs d'érosions cornéennes épithéliales (sans ulcération stromale) ont participé à cette étude. Dix d'entre elles résistaient au traitement médical, et les 10 autres avaient été induites par un geste chirurgical. Les yeux ont été traités par application de membrane amniotique, utilisée comme une lentille pansement. Le taux de cicatrisation a atteint 30% dans le 1er groupe et 100% dans le second. Aucune complication n'a été notée. Le principal problème est venu de la luxation spontanée du greffon, même préalablement suturé. La membrane amniotique restait plus longtemps en place lorsqu'une lentille souple lui était superposée en fin d'intervention. Les auteurs concluent que l'utilisation de membrane amniotique comme lentille thérapeutique permet dans certains cas d'obtenir la cicatrisation des érosions cornéennes, sous réserve de maintenir le greffon en place suffisamment longtemps.

Nævus conjonctival juvénile inflammatoire : une étude histologique (Br J Ophthalmol 2002 ; 86(1) : 28-30; E Zamir et al)
En cas de poussée inflammatoire, les nævi conjonctivaux du sujet de moins de 20 ans peuvent être suspectés à tort de malignité. En effet, leur croissance rapide peut être trompeuse. En étudiant rétrospectivement l'histologie de 63 nævi traités chirurgicalement, les auteurs en démontrent le caractère bénin. Dans cette série, un nævus sur 4 était simple, alors que les 3/4 restants étaient le siège d'une réaction inflammatoire. Toutes les lésions inflammatoires se situaient au niveau du limbe ou étaient proches de lui. Elles évoluaient par poussées au cours desquelles elles augmentaient de volume. Une association entre nævus inflammatoire et allergie a été mise en évidence. Les auteurs insistent sur 3 points : les nævi conjonctivaux inflammatoires sont distincts des nævi conjonctivaux simples ; ils sont bénins, bien que croissance puisse être rapide ; leur association avec un terrain allergique est évocatrice du diagnostic.

Opacification cornéenne congénitale : les apports de l'UBM (Br J Ophthalmol 2002 ; 86(1) : 51-6, C Edelsten et al) {kkn@btinternet.com}
Vingt deux yeux (13 enfants âgés de 3 jours à 7 mois) porteurs d'opacification congénitale de la cornée ont été examinés. Les diagnostics cliniques, paracliniques (par UBM : Ultrasound BioMicroscopie) et histologiques (pour les 17 yeux traités par kératoplastie transfixiante) ont été confrontés. Au final il y avait : 9 anomalies de Peters, 2 dystrophies cornéennes et 2 sclérocornées. Dans 5 cas, le diagnostic clinique, erroné, a été rectifié par l'UBM qui en plus a mis en évidence une aniridie et une aphakie congénitales passées inaperçues. Dans tous les cas où il a pu être fait, l'examen anatomo-pathologique a confirmé le diagnostic fait par UBM. Devant une cornée opaque chez un nouveau né, l'UBM apparaît donc comme un moyen fiable pour poser le diagnostic étiologique. En dépistant d'autres malformations, parmi lesquelles les synéchies intra-oculaires, il participe aussi au bilan pré-opératoire avant greffe de cornée.

Alzheimer et Parkinson : des risques accrus de glaucome (Am J Ophthalmol 2002 ; 133(1) : 135-7, AU Bayer et al)
Si l'on en croit cette étude allemande, il se pourrait que certaines maladies neurodégénératives soient associées au glaucome. C'est pour le vérifier que les dossiers de 87 patients, dont 49 avaient une maladie d'Alzheimer et 38 une maladie de Parkinson, ont été étudiés rétrospectivement, à la recherche de déficits du champ visuel de type glaucomateux ou d'une excavation papillaire supérieure ou égale à 0,8. Dans cette série, l'une ou l'autre de ces anomalies a été retrouvée chez près d'un malade sur 4, ce qui représente effectivement une proportion élevée.

Contraction du rhexis : quels sont les facteurs de risque ? (J Cataract Refract Surg 2002 ; 28(1) : 109-12, S Kato et al)
Sur les yeux normaux, la contraction du capsulo-rhexis antérieur après chirurgie de la cataracte serait liée à l'instabilité de la barrière hémato-aqueuse. C'est ce que concluent les auteurs de cette étude après avoir suivi 141 yeux (141 opérés) pendant 9 mois. La surface du rhexis et le flare ont été mesurés en post-opératoire précoce puis au 9ème mois. L'analyse des résultats a tenu compte de l'âge des patients, ainsi que de la longueur axiale des yeux. Au terme de l'étude, la réduction de la surface du rhexis (exprimée en pourcentage par rapport à la surface initiale) était corrélée de façon positive à l'âge et à la valeur du flare mesuré à 9 mois. Les autres paramètres, parmi lesquels la taille initiale du rhexis et la valeur du flare une semaine après l'intervention, n'ont pas semblé avoir d'influence.

Extériorisation bilatérale d'implants de ganciclovir Am J Ophthalmol 2002 ; 133(1) : 147-9, AH Taguri et al)
Au cours d'un SIDA en période de restauration de l'immunité, peuvent se déclarer des uvéites. C'est dans ce contexte qu'un patient de 54 ans, porteur d'une hyalite, a extériorisé spontanément les deux implants qui lui délivraient le ganciclovir en intravitréen et qui avaient été mis en place 4 ans auparavant. Leur ablation chirurgicale s'est ensuite compliquée d'une hémorragie intravitréenne unilatérale. L'examen anatomo-pathologique de la pièce d'exérèse a montré, pour l'oeil gauche, une inflammation sévère compatible avec une réaction à corps étranger. Selon cette observation, il semble que la restauration immunitaire en soit la cause. Les auteurs conseillent donc de surveiller attentivement les yeux de tels patients à la recherche d'érosions sclérales, et dans le but de prévenir des complications à type d'endophtalmie.