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Semaine du 11 au 17 février 2002

Kératite à mycobactéries après LASIK (Ophthalmology 2001 ; 108(12) : 2201-8, A Solomon et al)
L'infection à mycobactéries de l'interface cornéenne après chirurgie réfractive par LASIK est possible. D'après 5 cas répertoriés à travers le monde, les auteurs en décrivent le tableau clinique le plus typique. Complication retardée, survenue en moyenne 3 semaines après l'intervention, elle semble se caractériser par un retard diagnostique (en moyenne un mois après l'apparition des signes), une évolution prolongée (même sous traitement) et peut engager le pronostic visuel. Chez ces patients, la guérison a été obtenue après en moyenne 2 mois de traitement par collyres fortifiés de clarithromycine et amikacine et a parfois nécessité l'ablation du volet cornéen. La corticothérapie locale n'est pas conseillée car elle paraît retarder la guérison. En plus de ces traitements, le pronostic de cette affection peut être amélioré en demandant précocement une recherche spécifique de mycobactéries.

Rétinoschisis dégénératif, décollement de rétine et déhiscences (Retina 2001 ; 21(6) : 602-12, H Hoerauf et al)
Il n'existe pas de consensus quant à la prise en charge des décollements de rétine survenant sur rétinoschisis dégénératif et dus à la présence de déhiscences du feuillet externe. Les auteurs ont donc comparé rétrospectivement 3 approches différentes, sur une série de 18 yeux, dont 1/3 avaient la macula soulevée. Le 1er groupe (4 yeux) a été traité par photocoagulation et/ou cryopexie, le 2ème (5 yeux) par indentation étendue et le 3ème (9 yeux) par vitrectomie et injection de gaz. Le suivi moyen post-opératoire était de 13 mois. Les taux de succès anatomiques, les résultats fonctionnels et les complications ont été analysés dans chaque groupe. S'il est apparu que le laser seul peut être réservé à certains cas sélectionnés, il semble que la vitrectomie soit aujourd'hui l'option la plus logique. La résection associée du feuillet interne du schisis paraît favoriser l'apparition secondaire de membranes épi-rétiniennes.

Transplantation de cornées traitées par LASIK : à propos de deux cas (Cornea 2002 ; 21(1) : 111-3, A Michaeli-Cohen et al) {drcohen58@hotmail.com}
Les observations inhabituelles de 2 patients sont rapportées. Opérés de kératoplastie transfixiante, ils ont reçu des greffons dont le donneur avait été traité par LASIK de son vivant. Il est précisé que les chirurgiens n'avaient pas connaissance de ces antécédents. La transplantation s'est déroulée dans des conditions techniques satisfaisantes, bien que le volet cornéen du greffon se soit détaché en per-opératoire dans un cas. Plus de 5 mois après l'intervention, les greffés vont bien. Pourtant la surveillance des 2 opérés est indispensable pour dépister d'éventuelles complications à long terme, attribuables au LASIK. Les auteurs invitent la banque des yeux à accroître sa vigilance lors de la sélection des donneurs de cornées pour éviter ce type d'événements indésirables. Ceci se justifie d'autant plus que le nombre de personnes ayant recours à la chirurgie réfractive est en augmentation constante.

Mesure de la longueur axiale en présence de silicone dans le segment postérieur : intérêt du scanner (Br J Ophthalmol 2002 ; 86(1) : 47-50, K Takei et al)
La présence de silicone dans le segment postérieur gène la mesure échographique de la longueur axiale (LA). Dans ce contexte, les auteurs ont donc testé le scanner chez 12 patients, dans le but de calculer l'implant avant chirurgie combinée de la cataracte et ablation de silicone. Le plan de coupe utilisé devait passer strictement par l'insertion des muscles droits médian et latéral, par la section la plus épaisse du cristallin et par le nerf optique. A partir de ces mesures, la puissance de l'implant a été calculée en utilisant la formule SRK/T. Les réfractions post-opératoires ont été comparées aux réfractions souhaitées. Dans la moitié des cas, elles ne différaient pas de plus d'une Dioptrie et dans 3 cas sur 4, de 2 D. Lorsque la différence dépassait 2 D, il s'agissait d'yeux dont la LA était au moins égale à 27mm. Les auteurs considèrent le scanner comme une méthode de choix dans ces indications.

Choroïdite multifocale ou syndrome des taches blanches évanescentes : intérêt de l'ERG (Retina 2001 ; 21(6) : 581-9, KT Oh et al)
Ce travail prospectif a inclus 19 patients (23 yeux) atteints de choroïdite multifocale (11 patients) ou d'un syndrome des taches blanches évanescentes ou "MEWDS" (8 patients). Le diagnostic reposait sur l'examen clinique puis les sujets ont été testés par champ visuel de Goldmann et ERG mulitifocal. L'ERG a mis en évidence des différences statistiquement significatives entre les 2 maladies. En cas de choroïdite multifocale, il existait typiquement des anomalies diffuses auxquelles s'ajoutaient dans certains cas des déficits focaux. Après la phase aiguë, la récupération était partielle ou absente. En revanche en cas de MEWDS, l'ERG montrait des anomalies localisées correspondant aux déficits du champ visuel, puis la récupération fonctionnelle était presque complète. L'ERG multifocal semble donc être utile pour aider à différencier les choroïdites multifocales des MEWDS.

Neuropathie optique atypique d'origine toxoplasmique (Am J Ophthalmol 2002 ; 133(1) : 162-4, A Song et al)
Lorsqu'un foyer toxoplasmique atteint le nerf optique, il se présente habituellement sous la forme d'une masse inflammatoire blanchâtre au niveau de la papille. Mais il peut aussi exister des formes atypiques. C'est ce qu'illustre cette observation. Un patient de 33 ans a consulté pour baisse d'acuité visuelle (20/200) indolore avec myodésopsies. L'examen du fond d'oeil a mis en évidence un oedème papillaire, des hémorragies rétiniennes et une hyalite. Une dizaine de jours plus tard, un aspect de granulome est apparu en regard de la papille et un traitement antitoxoplasmique (associant pyrimétamine, sulfadiazine, acide folique et prednisone) a été débuté, permettant au patient de récupérer une AV de 20/25 au bout de 6 semaines. Les auteurs conseillent de savoir évoquer, entre autres, la toxoplasmose en cas d'oedème papillaire unilatéral.

Perte cellulaire endothéliale après kératoplastie transfixiante : facteurs de risques (Br J Ophthalmol 2002 ; 86(1) : 35-8, D Bohringer et al)
Minimiser la perte cellulaire endothéliale après greffe de cornée sous-entend d'en connaître les causes, pour pouvoir agir sur elle. Dans ce but, la densité endothéliale centrale après kératoplastie transfixiante (KPT) a été étudiée chez 53 patients opérés pour kératocône, en l'absence de reprise chirurgicale, de glaucome et de rejet de greffe post-opératoires. Les analyses statistiques ont montré que la perte endothéliale est majorée surtout si le prélèvement cornéen est retardé par rapport au décès du donneur et si l'âge de celui-ci est élevé, et à un moindre degré lorsque le stockage du greffon par organoculture est prolongé. Pour limiter la perte endothéliale chronique après KPT, les auteurs proposent de contrebalancer les effets négatifs liés à l'âge du donneur en diminuant les délais de prélèvement en post-mortem ainsi que la durée de conservation du greffon.

Ptérygions et anomalies de la surface oculaire (Cornea 2002 ; 21(1) : 38-42, CM Chan et al)
Cette étude histologique a concerné 50 yeux porteurs de ptérygions primitifs ou récidivants. Le prélèvement a consisté en une empreinte conjonctivale qui a intéressé différents sites : le ptérygion lui-même, la conjonctive bulbaire supérieure, inférieure, nasale et temporale. Il existait dans tous les cas des anomalies au niveau des ptérygions, et elles étaient significativement plus marquées qu'au niveau des autres localisations. Elles étaient de plusieurs ordres : une métaplasie de type squameux des cellules épithéliales, avec augmentation importante de la taille des cellules et des modifications picnotiques de leurs noyaux, ainsi qu'une hyperplasie muqueuse avec augmentation de la densité des cellules caliciformes. Les auteurs soulignent donc que la conjonctive des yeux porteurs de ptérygions est le siège d'anomalies cytologiques qui sont maximales au niveau de la lésion elle-même.

Elévation du taux d'endothéline-1 au cours de la maladie de Horton : à propos de 4 cas (Am J Ophthalmol 2002 ; 133(1) : 160-2, M Pache et al)
Cette étude a porté sur 4 patients atteints d'artérite à cellules géantes. Le diagnostic de certitude a été posé dans tous les cas grâce à la biopsie d'artère temporale alors que la vitesse de sédimentation n'était élevée que dans la moitié des cas. Les taux plasmatiques d'endothéline-1 ont été mesurés et se sont révélés augmentés chez tous les patients. Les auteurs discutent ces résultats en les confrontant aux données actuelles de la littérature. En effet si ce travail a montré une augmentation de l'endothéline-1 en cas de maladie de Horton, l'intérêt pratique de son dosage reste à confirmer. Des études complémentaires sont donc souhaitables.

Chimiothérapie pour rétinoblastome : résultats selon l'âge, les dimensions et la localisation de la tumeur (Br J Ophthalmol 2002 ; 86(1) : 80-3, DS Gombos et al)
Ce travail a analysé rétrospectivement l'évolution de 78 rétinoblastomes traités par chimiothérapie de première intention, en fonction de l'âge du patient au moment du diagnostic, du plus grand diamètre d'implantation de la tumeur et de sa situation par rapport à la macula. La chimiothérapie seule a été suffisante pour traiter la lésion dans plus de 7 cas sur 10, alors que 3 cas sur 10 ont dû recevoir un traitement complémentaire. Dans cette série, les tumeurs situées dans l'aire maculaire ont mieux répondu à la chimio que les autres. De même, le pronostic était meilleur chez les enfants de plus de 2 mois et lorsque la taille de la lésion dépassait 2 mm. Les auteurs concluent que ces éléments pourraient représenter des facteurs pronostiques pour les rétinoblastomes.