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Semaine du 4 au 10 février 2002
Choriorétinite
et kératite amibiennes : à propos d'un cas
(Ophthalmology 2001 ; 108(12) : 2232-6, A Moshri et al)
Un patient porteur d'une kératite amibienne récidivante
a du subir 4 kératoplasties transfixiantes, l'une d'elles
ayant été combinée à l'extraction
extra-capsulaire du cristallin avec implantation. L'apparition
secondaire d'une choriorétinite a conduit à
réaliser une énucléation. L'examen
anatomo-pathologique de la pièce d'exérèse et de
la cornée du patient a mis en évidence de nombreux
kystes amibiens dans le stroma cornéen, les zones de
rétine nécrotiques et les espaces pré- et
sous-rétiniens. D'après les auteurs, cette observation
est l'unique cas publié d'infection amibienne atteignant
à la fois les segments antérieur et postérieur
d'un même oeil, prouvée histologiquement. Il est
probable que, dans ce cas, la dissémination se soit produite
directement de la cornée à la rétine au cours
d'une des interventions chirurgicales.
Apparition d'une
diplopie chez des adultes strabiques de longue date (Arch
Ophthalmol 2001 ; 119(12) : 1795-801, B. Kushner)
{bkushner@facstaff.wisc.edu}
Il arrive d'observer des diplopies aiguës chez des patients
adultes suivis pour strabisme ancien. L'auteur en rapporte son
expérience. En effet, à sa connaissance, aucune
conduite à tenir précise n'a jamais été
mise en place pour prendre en charge ce type de cas, un bilan de
santé complet étant nécessaire à la
recherche d'une étiologie. Cette étude
rétrospective a inclus 152 strabiques, parmi lesquels 132 ont
pu être soulagés de leurs symptômes. La diplopie
était due le plus souvent à des modifications soit de
l'angle du strabisme, soit de la réfraction, soit de la
correction optique du patient. Par conséquent, le retour
à l'état antérieur permettait la disparition
des signes. Chez les adultes strabiques, il semble donc qu'il soit
possible, dans la plupart des cas, de retrouver la cause d'une
diplopie d'installation récente, et de la traiter.
Séparation
per-opératoire entre la hyaloïde antérieure et la
capsule postérieure du cristallin (Ophthalmology 2001 ;
108(12) : 2182-5, H Torii et al)
Cette étude a concerné 38 yeux (32 patients)
opérés de vitrectomie par la pars plana et
d'extraction du cristallin avec implantation. Deux méthodes de
séparation entre la hyaloïde antérieure et la
capsule postérieure ont été comparées :
l'hydrodissection avant phacoexérèse (18 yeux) ou
l'aspiration directe après phacoexérèse (20
yeux). Les résultats anatomiques ont été
visualisés endoscopiquement. Aucun détachement
spontané de la hyaloïde n'a été
constaté. L'hydrodissection a permis une séparation
totale dans plus de la moitié des cas, mais dans un tiers des
cas, hyaloïde et capsule sont restées solidaires (pour
les autres yeux la séparation était partielle). En
revanche, la seconde méthode a permis une séparation
dans tous les cas : totale (50%) ou partielle (50%) a donc
semblé significativement plus efficace. L'expérience a
été menée en parallèle sur 3 globes de
la banque des yeux, examinés ensuite histologiquement.
Cataracte
après trabéculectomie (Arch Ophthalmol 2001 ;
119(12) : 1771-9, AGIS : Advanced Glaucoma Intervention Study)
Ce travail a réuni 591 patients (789 yeux) porteurs d'un
glaucome à angle ouvert non contrôlé
médicalemant et qui ont été randomisés
pour recevoir un traitement supplémentaire
(trabéculorétraction par laser à argon,
trabéculotomie, trabéculectomie). Puis, au cours des 7
à 11 ans de suivi, les cataractes ont été
comptabilisées dans cette population (définies soit par
des opacités cristalliniennes assez importantes pour
nécessiter une phacoexérèse, soit par une chute
de la meilleure acuité visuelle corrigée
inférieure à 20/50). En tenant compte des autres
facteurs de risque (âge, diabète), les auteurs concluent
qu'une trabéculectomie augmente le risque de cataracte d'en
moyenne 78% et qu'il est d'autant plus grand que des complications
post-opératoires à type d'inflammation
sévère de chambre antérieure et d'hypothalamie
ont été observées. Il pouvait s'agir
d'opacités nucléaires, corticales ou sous capsulaires
postérieures.
Mesure de
l'épaisseur rétinienne : comparaison de l'OCT et du
RTA (Retina 2001 ; 21(6) : 596-601, AS Neubauer et al)
aneubaue@ak-i.med.uni-muenchen.de
Vingt et un yeux normaux et 9 yeux porteurs d'un oedème
maculaire ont été examinés en OCT (Tomographie
en cohérence optique) et RTA (Analyseur d'épaisseur
rétinienne). Plusieurs mesures de l'épaisseur
fovéolaire ont été réalisées puis
comparées. Sur yeux normaux, l'épaisseur moyenne
était de 153 µm en OCT et de 181 µm en RTA. Sur
oedème rétinien, l'épaisseur fovéolaire
moyenne était de 324 µm en OCT et de 403 µm en RTA.
Pour un même sujet, le coefficient de variation était
semblable en OCT en RTA (soit respectivement de 10% et 9%). En
revanche en inter-individuel, il était 2 fois plus
élevé par RTA que par OCT. En effet, certaines mesures
effectuées par RTA étaient surestimées. Ainsi,
bien que les 2 méthodes soient apparues reproductibles sur
maculae normales ou pathologiques, le risque de surestimation de
l'épaisseur rétinienne par RTA rend cette
méthode moins fiable que l'OCT.
Mélanomes
: production d'angiostatine et inhibition du développement des
métastases hépatiques (Arch Ophthalmol 2001 ;
119(12) : 1805-9, RS Apte et al)
Certaines lignées cellulaires de mélanomes malins
humains de l'uvée synthétisent de l'angiostatine. Ces
cellules, si elles sont mises en contact avec des cellules
endothéliales d'origine bovine, sont capables d'en inhiber la
prolifération. Pour savoir si elles pourraient aussi
prévenir le développement de métastases, elle
ont été innoculées à des yeux de souris
nudes pour y proliférer. Puis certains animaux ont
été énucléés, d'autres non.
L'énucléation a eu pour résultat l'augmentation
des transaminases hépatiques, alors que la même
expérience réalisée avec des cellules tumorales
non productrices d'angiostatine n'a eu aucun effet sur les
métastases hépatiques. Ainsi une
énucléation pourrait-elle avoir comme
conséquence fâcheuse l'exacerbation de
métastases hépatiques. Cette étude ouvre la voie
aux recherches concernant l'utilité d'un traitement par
angiostatine au cours des mélanomes intraoculaires.
Aspects
ophtalmologiques des rhabdomyosarcomes (Ophthalmology 2001 ;
108(12) : 2284-92, CL Shields et al)
A partir d'une série de 33 patients, les auteurs rappellent
les différents aspects cliniques possibles des
rhabdomyosarcomes de la région orbitaire. L'âge de
découverte variait de 1 mois à 68 ans (moyenne 10 ans).
Exophtalmies, tuméfactions palpébrales et ptosis
étaient les signes d'appels les plus fréquents. La
localisation tumorale primitive était l'orbite dans 3/4 des
cas, mais aussi la conjonctive, les paupières ou
l'uvée. Le rhabdomyosarcome n'a été
évoqué précocement que dans 1/4 des cas, les
autres patients ayant été adressés, par exemple,
pour conjonctivite, cellulite orbitaire ou pseudotumeur
inflammatoire. Selon les cas, le traitement a associé
chirurgie (dont 3 énucléations et 2
exentérations), chimio et radiothérapie.
L'acuité visuelle finale variait d'une absence de perception
lumineuse (43% des cas) à 20/20. Au terme d'un suivi moyen de
plus de 8 ans, ont été notés : 6
récidives, 2 cas de métastases et un
décès.
Pronostic visuel
des maladies de Best compliquées d'hémorragies
sous-rétiniennes (Retina 2001 ; 21(6) : 575-80, MM Chung
et al)
La maladie de Best, ou dystrophie maculaire vitelliforme, est une
maladie héréditaire autosomale dominante. Les auteurs
se sont interrogés sur son pronostic visuel lorsqu'elle se
complique d'hémorragie sous rétinienne. Pour cela, ils
ont repris les dossiers de 78 patients, parmi lesquels 12 (14 yeux)
avaient développé un soulèvement maculaire
hémorragique. L'épisode hémorragique avait fait
chuter l'acuité visuelle (AV) dans tous les cas (moyenne
20/100, extrêmes de 20/30 à 20/400). Ensuite, seuls 11
yeux ont pu être surveillés, jusqu'à
résorption du sang. Leur AV finale moyenne était de
20/50 et pour 10 d'entre eux une amélioration fonctionnelle a
été notée. D'après ces résultats,
il semble que le pronostic visuel d'une maladie de Best
compliquée d'hémorragie sous maculaire soit assez bon
si l'AV initiale est relativement conservée. Cette
complication pourrait être due à un traumatisme
déclenchant minime.
Décollement
postérieur du vitré (DPV) et hémorragie
intra-vitréenne (HIV) dense : facteurs pronostiques
(Ophthalmology 2001 ; 108(12) : 2273-8, R Sarrafizadeh et al)
Au travers d'une étude rétrospective (36 yeux), les
auteurs ont cherché à connaître la
fréquence des déchirures et des décollements de
rétine (DR) en cas de DPV compliqué d'HIV dense. Dans
près d'un cas sur 7, il existait au moins une
déchirure, atteignant surtout la rétine
supérieure. Les DR, présents dans 14 cas (avec
prolifération vitréo-rétinienne une fois sur 2)
ont été traités par vitrectomie / cerclage, et
14 autres vitrectomies ont été décidées
en l'absence d'éclaircissement des milieux. Parmi les patients
qui avaient déjà eu un DR controlatéral, 3/4
avaient un DR associé à l'HIV. Dans cette série,
les HIV spontanées et denses dues à un DPV,
s'accompagnaient fréquemment de déhiscences
rétiniennes et de DR. Ces résultats confirment la
nécessité d'un suivi échographique
rapproché et amènent à renforcer cette
surveillance lorsqu'il existe une histoire de DR
controlatéral.
Douleur et
chirurgie vitréo-rétinienne, une étude
prospective (Retina 2001 ; 21(6) : 627-32, S Fekrat et al)
Dans le but d'évaluer le confort des patients à la
suite d'une chirurgie vitréo-rétinienne sous
anesthésie locale rétrobulbaire potentialisée,
185 opérés ont été inclus dans cette
étude. En post-opératoire étaient mis à
leur disposition différents types d'antalgiques.
Interrogés sur la douleur, la présence de
nausées et la sensation de somnolence, 2 puis 5 heures
après l'intervention, ils devaient quantifier ces
critères en utilisant une échelle visuelle analogique.
Leurs réponses ont fait l'objet d'une analyse statistique. Au
total, plus d'un patient sur 2 s'est plaint de douleurs, un peu moins
de la moitié ont dû recourir à des antalgiques
et 27% ont dû utiliser des morphiniques. L'intensité
douloureuse était corrélée à une
durée d'intervention dépassant 2 heures. Les
nausées et la sensation de somnolence étaient plus
fréquentes en cas d'utilisation de morphiniques.