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Semaine du 28 janvier au 3 février 2002
Etude de la
fixation par SLO, en présence d'une dystrophie maculaire
(Am J Ophthalmol 2001 ; 132(6) : 897-902, F Mori et al)
Ce travail a inclus 5 patients (10 yeux), 3 étant porteurs
d'une dystrophie des cônes et 2 d'une maladie de Stargardt. La
zone de fixation et les scotomes ont été
étudiés en micropérimétrie par SLO
(Scanning Laser Ophthalmoscope). Un scotome profond était
présent dans tous les cas mais il était soit de type
annulaire soit de type central. En cas de scotome annulaire, la
fixation est apparue stable, alors qu'elle ne l'était pas en
cas de scotome central. L'analyse logarythmique a montré que
le retentissement sur l'acuité visuelle du scotome
était significativement plus important lorsqu'il était
central. L'intérêt de cette étude est donc
d'avoir mis en évidence deux types de scotomes en cas de
dystrophie maculaire, qui retentissent de façon
différente sur la fixation et l'acuité
visuelle.
Trabéculectomie avec 5-FU pour glaucome primitif à angle ouvert : résultats à long terme dans une population japonaise (J Glaucoma 2001 ; 10(6) : 458-465, S Uchida et al)
Par le biais d'une analyse rétrospective, les auteurs rapportent leur expérience de la trabéculectomie avec application de 5-FU (de première intention chirurgicale), à propos d'une série de 117 yeux opérés (117 patients). Le suivi moyen a été de 6,2 +/- 3,6 ans. Après avoir défini leurs critères de succès, et leurs méthodes statistiques, ils détaillent leurs résultats. Selon eux, si au cours de ce travail la trabéculectomie avec 5-FU chez des sujets porteurs d'un glaucome à angle ouvert a permis de contrôler la pression intraoculaire à long terme, il est indispensable d'en signaler certaines complications. En effet, l'apparition retardée de troubles d'étanchéité et d'infections des bulles de filtration fonctionnelles s'est révélée fréquente. Il est donc indispensable, même de nombreuses années après l'intervention, de rechercher ces complications sytématiquement chez tout opéré.
Longueur axiale
et glaucome congénital (Am J Ophthalmol 2001 ; 132(6) :
926-8, SK Law et al)
Sur une série de 6 enfants (12 yeux) atteints de glaucome
congénital, les auteurs ont effectué des mesures de la
longueur axiale (LA) du globe à plusieurs reprises. Les
courbes de croissance de ces yeux, ainsi reconstituées, ont
ensuite été comparées à des courbes de
croissance normales. Initialement la LA était
supérieure à la normale dans seulement 2/3 des cas, le
tiers restant se situant à l'intérieur des limites de
la normale. Après chirurgie filtrante : si le contrôle
pressionnel était satisfaisant (10 yeux) la vitesse de
croissance du globe s'est stabilisée dans 7 cas (la courbe
devenant alors parallèle à la courbe normale), et a
même ralenti dans les 3 autres cas. Les deux yeux pour lesquels
le contrôle pressionnel était insuffisant ont maintenu
une vitesse de croissance excessive. Ce travail confirme
l'intérêt des mesures répétées de
la LA au cours du suivi des enfants porteurs de glaucome
congénital.
Ectasie
cornéenne après tentative de LASIK (Am J
Ophthalmol 2001 ; 132(6) : 920-1, WW Haw et al)
Des complications survenues chez une patiente de 47 ans qui devait
bénéficier d'une chirurgie réfractive par LASIK
sont rapportées. Lors de l'intervention, la découpe du
volet cornéen ayant été trop profonde
(atteignant 90% de l'épaisseur totale de la cornée), la
procédure a dû être abandonnée
prématurément. Au cours du suivi post-opératoire
s'est développée une ectasie cornéenne
progressive. La prise en charge de cette complication s'est faite par
lentilles rigides perméables au gaz, et une
kératoplastie transfixiante a été
discutée. A l'occasion de cette observation, les auteurs
rappellent que même si le risque d'ectasie cornéenne
après LASIK est connu de tous, la plus grande prudence reste
nécessaire pour l'éviter. En particulier, la
manipulation du microkératome doit être parfaitement
maîtrisée par le chirurgien.
Sténose
acquise des voies lacrymales : aspects physiopathogéniques
(Ophthalmology 2001 ; 108(12) : 2329-36, FP Paulsen et al)
Pour préciser la physiopathogénie de l'obstruction des
voies lacrymales (VL), des prélèvements de canal
lacrymo-nasal de 36 patients opérés de
dacryocystorhinostomie ont été analysés en
microscopies optique et électronique. Treize des
sténoses étaient fonctionnelles, franchies par sondage,
les autres étant totales. Les 6 échantillons
témoins provenaient de cadavres. Les sténoses
observées étaient d'importance variable : faibles
(inflammation chronique), moyennes (processus prolifératif
avec fibrose) ou sévères (fibrose sous
épithéliale totale). Selon ce travail, la chronologie
des lésions est la suivante. Une inflammation descendante
d'origine oculaire ou ascendante, d'origine ORL, entraîne un
oedème de la muqueuse avec hyperhémie et remaniements
du tissu conjonctif, d'où obstruction temporaire des VL. La
répétition des épisodes inflammatoires conduit
à des phénomènes cicatriciels d'où
sténose définitive.
Consommation
alimentaire de graisses et DMLA (Arch Ophthalmol 2001 ; 119(12)
: 1833-8, RA Heuberger et al)
Les résultats présentés sont ceux de la
3ème étude nationale "nutrition et santé"
réalisée aux Etats-Unis et qui a inclus plusieurs
milliers de personnes âgées de 40 ans ou plus. Chez les
sujets atteints de DMLA, le diagnostic a été
illustré par des photographies du fond d'oeil, puis la
consommation de graisses alimentaires de cette population a
été étudiée. Les auteurs
détaillent leurs méthodes statistiques et
précisent avoir tenu compte de l'âge, du sexe, de la
race, de la couleur des yeux, des habitudes de vie (en particulier de
sédentarité), du tabagisme, de l'index de masse
corporelle et des antécédents cardiovasculaires
éventuels (dont hypertension artérielle). Au total,
aucune relation significative n'a été mise en
évidence entre la consommation alimentaire de lipides et la
DMLA.
Abcès
orbitaire du nouveau-né (Ophthalmology 2001 ; 108(12) :
2316-20, AA Cruz et al)
Deux cas d'abcès orbitaire du nouveau-né sont
rapportés par les auteurs. Les enfants ont été
examinés sur les plans ophtalmologique, pédiatrique,
radiologique (scanner) et bactériologique. Ce bilan complet a
permis de retrouver la localisation initiale de l'infection : il
s'agissait d'une ethmoïdite aiguë dans les 2 cas. La
responsabilité du staphylocoque auréus n'a pu
être démontrée que dans un cas. Au travers d'une
revue de la littérature (8 observations similaires
publiées) les auteurs rappellent les caractéristiques
des cellulites orbitaires du nouveau-né, qui sont, le plus
souvent, d'origine staphylococcique.
Evolution de
l'acuité visuelle en cas de rétinopathie
pigmentaire (Retina 2001 ; 21(6) : 639-46, MF Flynn et al)
Les résultats d'une étude rétrospective
concernant 182 patients atteints de rétinopathie pigmentaire
(RP) sont détaillés. L'examen ophtalmologique initial
permettait de classifier les lésions rétiniennes en 3
groupes : 1) Absence, 2) atrophie en oeil de boeuf, 3) Atrophie de
type géographique. Les analyses statistiques, qui ont aussi
tenu compte du sous-type génétique de RP, ont
montré que l'aspect du fond d'oeil lors du premier examen
était associé de manière significative à
l'évolution de l'acuité visuelle (AV). En effet, les
probabilités à 5 ans étaient les suivantes :
perte d'une ligne d'AV en l'absence de lésion maculaire
initiale, et de 3 à 4 lignes en cas d'atrophie
pré-existante, quel qu'en soit le type. En revanche, ni
l'âge du patient ni le niveau d'acuité visuelle de
départ ne semblaient retentir sur l'AV finale. Ces
résultats pourraient servir de base pour donner un pronostic
visuel aux patients porteurs d'une RP.
Manifestations
oculaires des leucémies : infiltration tumorale ou infection
? (Ophthalmology 2001 ; 108(12) : 2293-300, KB Gordonn et al)
Les lésions rétiniennes survenant chez des patients
leucémiques peuvent être d'origine tumorale ou
infectieuse, et il est parfois difficile de distinguer les 2
étiologies. A la recherche d'éléments qui
pourraient aider le médecin à faire le diagnostic, les
auteurs ont étudié les dossiers de 6 patients qui
avaient développé des infiltrats rétiniens. Dans
cette série, les infiltrats d'origine néoplasique
n'ont été rencontrés que chez les sujets dont la
leucémie était en phase aiguë alors que les
infections atteignaient les malades qui étaient en
rémission après avoir bénéficié
d'une greffe de moelle. Il semble donc que le stade de la maladie
leucémique soit un élément qui permette
d'orienter le diagnostic en faveur de la nature tumorale ou
infectieuse des infiltrats rétiniens. Il est recommandé
de faire chez ces patients un bilan systémique et
neurologique complet avant de débuter un traitement à
visée ophtalmologique.
Facteurs de
risque et fréquence des ptérygions : une étude
à la Barbade (Arch Ophthalmol 2001 ; 119(12) : 1827-32, R
Luthra et al)
Cette vaste étude a inclus 4709 participants âgés
de 40 à 84 ans, habitants de la Barbade, parmi lesquels plus
de 2700 ont eu un examen ophtalmologique complet. Près d'un
quart des noirs (qui sont en majorité sur l'île) et des
métis présentaient des ptérygions, alors que la
maladie n'atteignait qu'environ un blanc sur 10. La présence
de ptérygions était par ailleurs associée de
façon positive à l'âge, à un faible
niveau d'études et à la pratique d'une activité
professionnelle d'extérieur. En revanche, d'autres facteurs
ont semblé être relativement protecteurs vis à
vis des ptérygions, comme l'utilisation systématique de
lunettes de soleil à l'extérieur ou le port de verres
correcteurs. Ces résultats pourraient servir de base pour
établir un projet de prévention vis à vis du
ptérygion, qui passerait par l'éducation des
populations exposées.