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Semaine du 21 au 27 janvier 2002
Evolution de
l'angle irido-cornéen après mise en place d'un implant
de chambre postérieur (ICP) sur oeil phaque myope fort (J
Cataract refract Surg 2001 ; 27(12) : 1919-1925, C Abela-Formanek et
al)
Vingt patients phakes (34 yeux) ayant reçu un ICP en
correction de leur myopie forte, ont été suivis pendant
en moyenne 2,3 ans (extrêmes de 9 mois à 6 ans). Les
paramètres surveillés durant cette période
étaient : la gonioscopie, l'aspect de l'iris, la distance
entre : l'endothélium et la face antérieure de
l'implant d'une part et la capsule antérieure du cristallin
d'autre part, et la pression intra-oculaire (PIO) sur pupilles non
dilatées puis en mydriase. La puissance des ICP variait de -9
à -21 Dioptries. L'analyse de ces données a
montré que, dans cette série, il était
fréquent de constater une certaine pigmentation du
trabéculum après implantation, mais celle ci n'a pas
semblé avoir de retentissement sur le niveau de PIO (en
moyenne : 14,1 mmHg sans dilatation et 12,1 avec). Des études
complémentaires devront évaluer l'évolution de
la pigmentation de l'angle irido-cornéen à plus long
terme.
Flux sanguin
pulsatile oculaire et DMLA asymétriques (Br J Ophthalmol
2001 ; 85(12) : 1411-1415, SJ Chen et al)
Une des hypothèses physiopathogéniques de la DMLA fait
intervenir une augmentation des résistances ou une diminution
de la perfusion dans la circulation choroïdienne. Les auteurs
ont donc eu l'idée de comparer le flux sanguin pulsatile
oculaire (FSPO) chez 37 patients porteurs d'une DMLA exsudative
asymétrique. Etaient exclus de l'étude les myopies
fortes, les anisométropies, les antécédents
récents de photocoagulation et les glaucomes. Les analyses
statistiques ont montré que le FSPO était
diminué sur les yeux porteurs de drusen par rapport aux yeux
controlatéraux avec néovaisseaux choroïdiens
(NVC), mais qu'il était augmenté par rapport aux yeux
controlatéraux avec cicatrice disciforme. Ces résultats
peuvent faire penser que des différences d'ordre
hémodynamique joueraient un rôle dans l'apparition des
NVC et des cicatrices maculaires disciformes. Des études
complémentaires sont souhaitables.
Métastase
d'adénocarcinome simulant un mélanome choroïdien
(Am J Ophthalmol 2001 ; 132(6) : 943-5, RW Read et al)
Le cas d'une patiente de 62 ans d'origine espagnole est
rapporté. Ayant consulté pour baisse d'acuité
visuelle de l'oeil droit d'installation rapide, l'examen
ophtalmologique a montré une masse choroïdienne
compliquée d'un décollement de rétine.
L'échographie a révélé une lésion
saillante en aspect de bouton de chemise, compatible avec un
mélanome malin de la choroïde. Le bilan d'extension
initial est revenu négatif. D'importantes douleurs ont conduit
à pratiquer une énucléation. L'examen
anatomo-pathologique de la pièce d'exérèse a
révélé qu'il s'agissait en fait d'un
adénocarcinome et d'autres recherches ont permis de trouver la
tumeur pulmonaire primitive (carcinome non à petites
cellules). Cette observation illustre l'aspect trompeur que peut
revêtir une métastase choroïdienne.
Chirurgie de la
cataracte avec implant de chambre postérieure (ICP) chez
l'enfant de moins d'un an : résultats et complications (J
Cataract refract Surg 2001 ; 27(12) : 2006-2011, M O'Keefe et al)
Les dossiers de 20 enfants opérés par le même
chirurgien de cataracte congénitale, bilatérale pour 7
d'entre eux et unilatérale pour les 13 autres, ont
été revus. La technique associait : capsulorhexis
antérieur et phacoémulsification, implantation dans le
sac capsulaire, avec ou sans capsulorhexis postérieur. Au
terme d'un suivi moyen dépassant 3 ans et demi (extrêmes
de 6 mois à plus de 7 ans) la modification réfractive
moyenne était de 6 Dioptries. La cataracte secondaire
était la complication la plus fréquente, atteignant 10
des 11 enfants qui n'avaient pas eu de capsulorhexis
postérieur. Ce dernier semble donc très utile chez
l'enfant, d'autant que dans cette série l'efficacité
des capsulotomies au laser Nd:YAG n'a pas semblé très
bonne. La vitrectomie antérieure a paru diminuer le nombre des
réintervention et l'ICP a paru protéger du glaucome.
Les cas de persistance du vitré primitif étaient les
plus compliqués.
Décompensation
cornéenne et échec de greffe dus à l'haptique
cassé d'un implant de chambre postérieure (ICP) en
PMMA (J Cataract refract Surg 2001 ; 27(12) : 2047-2050, H
Eleftheriadis et al)
Opéré de cataracte par extraction extracapsulaire avec
mise en place d'un ICP de type PMMA, un patient de 66 ans a
développé 7 ans plus tard une décompensation
cornéenne inexpliquée, nécessitant une
kératoplastie transfixiante (KPT). Deux ans après la
KPT, le greffon a décompensé à son tour,
à cause d'un fragment d'haptique de l'ICP, retrouvé
dans l'angle irido-cornéen. Une nouvelle KPT avec cette
fois-ci changement d'ICP a donc été
réalisée et l'ICP extrait a été
examiné en microscopie électronique. On a ainsi
émis l'hypothèse que l'haptique s'était
cassé secondairement à l'intérieur du sac
capsulaire, probablement fragilisé par une mauvaise manoeuvre
au moment de l'implantation. Les auteurs conseillent de
vérifier l'intégrité de l'ICP lors de toute
décompensation cornéenne inexpliquée du
pseudophake et d'avoir une technique irréprochable pour mettre
en place les implants intraoculaires.
Ciclosporine A
en cas de kératoplastie à risque : une étude
cas-témoin (Br J Ophthalmol 2001 ; 85(12) : 1464-69, AC
Poon et al)
Deux groupes de 49 patients opérés de
kératoplastie transfixiante en présence de facteurs de
risques de rejet de greffe sont comparés. Ces facteurs de
risques et la corticothérapie locale post-opératoire
étaient les mêmes dans les 2 groupes. Le 1er a
reçu de la ciclosporine A par voie systémique, puis les
rejets et échecs de greffe ont été
relevés. Le suivi a duré 22 mois dans le groupe
ciclosporine et 27 dans l'autre. La ciclosporine a
entraîné quelques effets indésirables graves
(insuffisance rénale, HTA) nécessitant son arrêt
dans 5 cas. D'autres effets indésirables ont été
observés : hypertrophie gingivale, dorsalgies, nausées,
hypersudation, sensation de malaise, candidose buccale, crampes,
paresthésies. Au vu de ces effets secondaires, du coût,
et l'étude n'ayant pas montré d'efficacité
notable de la ciclosporine en prévention du rejet de greffe,
un essai contrôlé randomisé complémentaire
semble souhaitable.
Hémorragie
intra-vitréenne au cours d'une maladie de Wegener (Am J
Ophthalmol 2001 ; 132(6) : 924-6, M Kamei et al)
La maladie de Wegener est une granulomatose qui atteint en
particulier le poumon, le rein et la sphère ORL, au cours de
laquelle des manifestations oculaires sont possibles. Chez une
patiente de 18 ans ayant une granulomatose de Wegener avec
localisation épisclérale, l'UBM (Ultrasound
BioMicroscopy) a mis en évidence une masse située au
niveau du corps ciliaire, en regard de la lésion
épisclérale. Une hémorragie
intravitréenne (HIV) a nécessité une
vitrectomie, au cours de laquelle la masse s'est
révélée être un granulome ciliaire au
voisinage duquel il existait un caillot dense et des
phénomènes exsudatifs sous rétiniens. Aucune
autre cause d'HIV n'a été retrouvée. A la suite
de cette observation, les auteurs conseillent de faire un examen
ophtalmologique très complet en cas d'inflammation
intra-oculaire persistante chez des patients atteints de maladie de
Wegener.
Perte cellulaire
endothéliale après kératoplasie transfixiante
chez les glaucomateux (J Glaucoma 2001 ; 10(6) : 446-51, T
Reinhard et al)
L'influence d'une pression intra-oculaire (PIO) élevée
sur la perte endothéliale après kératoplastie
transfixiante (KPT) a été analysée au cours de
ce travail. Trois groupes de patients ont été
comparés : 172 malades sans antécédent de
glaucome ni hypertonie post-opératoire (1er groupe), 15
patients ayant une histoire de glaucome mais dont la PIO est
restée normale après l'intervention (2ème
groupe) et 7 patients glaucomateux avec PIO post-opératoire
élevée (3ème groupe). Le suivi moyen
après KPT dépassait 2 ans et demi, pendant lesquels le
décompte des cellules endothéliales a été
noté à intervalles réguliers. La perte
endothéliale était significativement plus rapide
lorsque la PIO était élevée après
l'intervention, mais en raison de la petitesse de
l'échantillon, ces résultats demandent à
être vérifiés par des études
complémentaires. Les auteurs conseillent quand même de
contrôler la PIO après KPT.
Mélanome
choroïdien calcifié après thermothérapie
transpupillaire (TTP) (Am J Ophthalmol 2001 ; 132(6) : 939-41, H
Kiratli et al)
Les calcifications intratumorales au sein d'un mélanome malin
de la choroïde (MMC) sont rarissimes. Une observation
inhabituelle est rapportée : un patient de 66 ans porteur d'un
MMC qui mesurait initialement 10x8x4,4mm a été
traité par thermothérapie trans-pupillaire (TTP). Trois
séances ont été nécessaires,
réalisées à 12 semaines d'intervalle. La
délivrance du laser (Diode, infrarouge) s'effectuait
grâce à un spot de 3 mm de diamètre, sur une
durée d'une minute, la puissance utilisée variant de
450 à 500 mW. Deux mois après la fin du traitement, le
contrôle échographique a mis en évidence des
calcifications intra-lésionnelles, qui ont persisté par
la suite, malgré une régression tumorale. Au cours d'un
suivi de 14 mois, ni récidive ni localisation secondaire ne
sont apparues. Les auteurs concluent que la constitution progressive
de calcifications au sein d'un MMC pourraient être dues
à la TTP.
Sécheresse
oculaire par dacryoadénite due au virus EBV chez un enfant
(Am J Ophthalmol 2001 ; 132(6) : 922-3, J Merayo-Lloves et al)
Un enfant de 10 ans traité médicalement et sans
succès pour une sécheresse oculaire
sévère avec kératoconjonctivite très
invalidante (photophobie, douleur...), a été
exploré. L'examen anatomopathologique de la biopsie de glande
lacrymale était compatible avec un syndrome de Sjögren,
et les sérologies étaient en faveur d'une infection par
EBV (Epstein Barr virus). L'enfant a donc été
traité par aciclovir et ciclosporine A pour agir en même
temps sur les composantes infectieuse et inflammatoire de l'atteinte
oculaire. L'état ophtalmologique s'est alors
amélioré de façon spectaculaire, ce qui a permis
au patient de retrouver une vie normale. Les auteurs conseillent donc
de savoir évoquer une dacryoadénite virale à EBV
en cas de kératoconjonctivite sèche chez l'enfant,
d'autant que le traitement antiviral associé à un
immunosupresseur a semblé très efficace dans le cas
décrit.