Retour à la page d'accueil du site snof.org
Semaine du 14 au 20 janvier 2002
Intérêt
de la toxine botulique en neuro-ophtalmologie (Curr Opin
Ophthalmol 2001 ; 12(6) : 419-422, J O'Day)
Les injections de toxine botulique ont initialement été
proposées pour diminuer la diplopie associée aux
strabismes d'origine paralytique. Elles permettent d'obtenir une
dénervation chimique mais ont une action limitée dans
le temps. La forme de toxine botulique utilisée est le
sérotype A, mais il se peut que dans l'avenir d'autres
sérotypes le soient aussi. Les autres indications habituelles
de cette thérapeutique sont les dystonies, dont les
hémispasmes faciaux et les blépharospasmes, mais on a
montré récemment que la toxine botulique pouvait
diminuer la douleur liée à certains troubles de la
motilité, aux céphalées de tension ou à
la migraine. Leur effet étant temporaire, les injections de
toxine doivent être répétées dans le temps
afin de maintenir le bénéfice pour le patient. Son mode
d'action et ses applications pratiques en neuro-ophtalmologie sont
développés par l'auteur.
Syndrome de
tubulonéphrite interstitielle avec uvéite (Surv
ophthalmol 2001 ; 46(3) : 195-208, JT Mandeville at al)
La fréquence du syndrome de tubulonéphrite
interstitielle avec uvéite est probablement
sous-estimée. Certaines uvéites chroniques ou
récidivantes "non étiquetées" pourraient lui
être dues. Pour sensibiliser les médecins à cette
maladie, les dossiers de 133 patients et la littérature ont
été passés en revue. Sont apparus : une
prédominance féminine, une élévation de
la VS et de la Bêta-2-microglobuline urinaire et une
insuffisance rénale persistante dans 11% des cas. Une fois sur
5 les symptômes oculaires précédaient l'atteinte
systémique. Les uvéites étaient le plus souvent
antérieures et bilatérales et se sont
chronicisées chez plus de la moitié des patients, avec
un pronostic visuel plutôt favorable, malgré des
complications une fois sur 5 (synéchies, cataracte,
élévation de la pression intraoculaire). Le traitement
a comporté des corticoïdes dans 80% des cas et des
immunosuppresseurs dans 9% des cas.
Greffe de
membrane amniotique en cas d'ulcérations cornéennes
persistantes avec ou sans amincissement stromal ou perforation
(Br J Ophthalmol 2001 ; 85(12) : 1455-63, P Prabhasawat et
al)
Des ulcérations cornéennes résistant au
traitement médical ont été traitées par
greffe de membrane amniotique en couches uniques ou multiples. Le
groupe A comportait 10 yeux, le groupe B 13 yeux (amincissement
stromal) et le groupe C, 5 yeux (perforation cornéenne). Les
causes étaient variées : kératopathie
neurotrophique, défaillance du limbe, kératopathie
d'exposition ou ulcère de Mooren. Le taux de succès a
atteint au moins 80% dans tous les groupes, moyennant parfois
plusieurs interventions, alors que 5 échecs ont
été notés. Le temps moyen de
réépithélialisation était d'environ 15
jours. La vision s'est améliorée dans 8 cas et s'est
détériorée dans un cas (cataracte). Ces
résultats semblent établir l'efficacité de la
greffe de membrane amniotique pour cicatriser les ulcérations
cornéennes persistantes, restaurer une épaisseur au
stroma aminci, ou éviter une kératoplastie en urgence
si la perforation n'a pas pu être évitée.
Artérite
à cellules géantes : diagnostic et prise en charge
(Curr Opin Ophthalmol 2001 ; 12(6) : 393-399, MT Bhatti et
al)
L'artérite à cellules géantes, ou maladie de
Horton, est une urgence médicale qui demande un diagnostic et
une corticothérapie par voie générale
précoces. En effet un retard diagnostique expose le patient
à de graves complications oculaires et
générales. Maladie systémique qui a pour cible
privilégiée les vaisseaux à destination
oculaire, sa physiopathogénie, complexe, est de mieux en mieux
comprise, en particulier grâce aux nouvelles techniques de
génétique et d'immunocytochimie. Du fait de la
découverte fréquente de cette pathologie à
l'occasion d'une atteinte visuelle, l'ophtalmologiste est au premier
plan pour faire en sorte que diagnostic et traitement soient rapides.
Certains cas nécessitent une immunosuppression
prolongée.
Chirurgie du
décollement de rétine chez l'enfant :
résultats (Br J Ophthalmol 2001 ; 85(12) : 1437-1439, TK
Butler et al)
Le décollement de rétine (DR) rhegmatogène
étant plus rare chez l'enfant que chez l'adulte, peu
d'études lui ont été consacrées. A la
recherche d'éléments objectifs pour expliquer aux
enfants atteints et à leurs parents les particularités,
les risques et le pronostic de cette affection, les auteurs ont
étudié rétrospectivement tous les dossiers des
enfants (de 0 à 16 ans) opérés dans leur service
sur une période de 5 ans. Seuls 15 cas ont été
retrouvés. L'âge moyen des patients était de 12,4
ans, et le suivi moyen dépassait un an (extrêmes de 3
à 57 mois). Dans la plupart des cas, le DR était total.
L'étiologie la plus fréquente était le
traumatisme oculaire (4 fois sur 10). La fonction visuelle en
post-opératoire a été améliorée
dans plus de la moitié des cas, s'est
détériorée dans un peu plus d'un cas sur 10, et
est restée stable dans le tiers des cas restants. L'article
détaille les résultats anatomiques et les complications
observées.
Devenir des
perles d'Elschnig de la capsule postérieure après
capsulotomie (J Cataract refract Surg 2001 ; 27(12) : 1979-1986,
A Caballero et al)
Les auteurs ont étudié l'évolution naturelle des
opacités capsulaires postérieures dues aux perles
d'Elschnig, après traitement de la cataracte secondaire par
capsulotomie au laser Nd:YAG. Le suivi des 173 yeux
enrôlés a comporté des photographies du segment
antérieur, réalisées au maximum 5 ans
après le laser. Au cours de la première année,
les perles d'Elschnig ont proliféré et ont
effectué une migration vers les bords de la capsulotomie,
aboutissant à la formation d'un anneau opaque dans plus de 8
cas sur 10. Au cours de la 2ème année leur
densité a augmenté dans 45% des cas mais a
diminué dans autant de cas (....). Enfin après 5 ans
les perles avaient disparu dans 67% des cas. L'opacification
capsulaire postérieure par perles d'Elschnig est donc apparue
être un processus autolimité, pouvant même aboutir
à l'éclaircissement des milieux avec le
temps.
Haute altitude
après LASIK (J Cataract refract Surg 2001 ; 27(12) :
1937-1941, DA Omura et al)
Deux médecins rapportent leur expérience de la haute
altitude, respectivement 8 et 14 semaines après avoir
été opérés de LASIK (non
compliqué) destiné à corriger une myopie. Durant
leur ascension de l'Aconcagua, point culminant de l'Argentine
(environ 7000 mètres d'altitude) ils ont mesuré leur
meilleure acuité visuelle sans correction (MAVSC) à
chaque pallier de 610 mètres. Les 2 alpinistes ont
constaté une baisse de leur MAVSC d'autant plus importante que
l'altitude et la durée de séjour augmentaient et que la
saturation en oxygène diminuait. La conservation de la vision
de près et de l'acuité visuelle au trou
sténopéique était compatible avec une myopie.
Une semaine après l'ascension, l'un des grimpeurs conservait
un certain degré de myopie, qui a par la suite
régressé. L'altitude en post-opératoire
précoce de LASIK semble donc pouvoir entraîner une
myopie transitoire.
Ligature
partielle du tube de silicone de la valve d'Ahmed en
prévention de l'hypotonie post-opératoire
précoce (J Glaucoma 2001 ; 10(6) : 466-69, C Kee)
Deux groupes de 16 patients glaucomateux (32 yeux) ont
été comparés après mise en place d'une
valve de dérivation de l'humeur aqueuse de type Ahmed. Les uns
ont eu en per-opératoire une ligature partielle du tube de
silicone de la valve, les autres non. Puis les taux de complications
et les résultats ont été confrontés. Le
nombre de patients (3/4 des cas) dont la pression intra-oculaire
était contrôlée (située entre 5 et 22
mmHg) était quasiment identique dans les 2 groupes qu'il y ait
ou non nécessité d'un traitement hypotonisant
complémentaire. En revanche, les complications
post-opératoires à type d'hypotonie n'ont
concerné qu'un patient parmi ceux dont le tube était
ligaturé, et 4 patients parmi les autres. Il semble donc que
la ligature partielle du tube des valves d'Ahmed ait un effet
protecteur relatif vis à vis du risque d'hypotonie
après l'intervention, sans pourtant compromettre le
succès de la chirurgie filtrante.
Comparaison de
cultures cornéennes sur différents milieux (Br J
Ophthalmol 2001 ; 85(12) : 1416-1420, J Bednarz et al)
L'utilisation de sérum d'origine bovine pour les cultures
d'organes doit être abandonnée à cause d'une part
de la variabilité de sa composition et d'autre part des
risques de transmission d'agents infectieux. Deux milieux (F99 et
SFM) ont été comparés avec le milieu de
référence MEM dans le cadre de la culture de cellules
endothéliales et de cornées de donneurs (pendant 3
semaines) avec ou sans ajout de sérum bovin. Puis les
cornées et les cellules ont été
étudiées en utilisant un colorant vital : le bleu
trypan. Les techniques et les résultats sont
détaillés. Au total, c'est après incubation sur
milieu SFM, même en l'absence de sérum bovin, que la
qualité des cornées s'est révélée
la meilleure avec respect : de l'endothélium, des membranes
cellulaires et de la densité des kératocytes. Les
auteurs suggèrent que ce milieu de culture remplace le MEM,
utilisé en Europe, mais qui nécessite l'adjonction de
sérum bovin.
Décollement
hémorragique de la membrane de Descemet après
sclérectomie profonde (J Glaucoma 2001 ; 10(6) : 497-500,
VP Kozobolis et al)
Les auteurs rapportent un cas de complication inhabituelle à
la suite d'une sclérectomie profonde (SP). Deux jours
après une SP sans incident (avec application de Mytomycine-C),
un patient diabétique âgé de 63 ans, dont le
glaucome chronique à angle ouvert avait résisté
au traitement médical maximal, a développé un
décollement hémorragique de la membrane de Descemet. La
régression de la collection sanguine a été assez
rapide les 15 premiers jours puis s'est ralentie. La membrane de
Descemet a demandé 6 mois pour se réappliquer, sans
qu'aucune reprise chirurgicale ne soit nécessaire, mais s'est
soldée par la persistance d'une cicatrice cornéenne
paracentrale. Le fonctionnement de la bulle de filtration n'en a pas
été altéré puisque la pression
intra-oculaire s'est maintenue entre 12 et 15 mmHg sans traitement
hypotonisant.