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Semaine du 7 janvier au 13 janvier 2002
Pronostic visuel
à long terme des enfants opérés de glaucome
(Acta Ophthalmol Scand 2001 ; 79(5) : 472-5, J O'reilly et
al)
Ces résultats sont issus de l'analyse rétrospective des
dossiers de 22 enfants (35 yeux) qui avaient
bénéficié d'une trabéculectomie entre
1980 et 1995. Un oeil sur 6 a atteint une acuité visuelle
finale au moins égale à 6/12. Les mauvais
résultats visuels ont été attribués, par
ordre de fréquence, soit à une amblyopie
(anisométropie myopique, fort astigmatisme...), soit à
une amputation du champ visuel, soit à une opacification
cornéenne, soit enfin à une hypertonie oculaire
irréductible. Dans cette série, le traitement de
l'amblyopie par occlusion s'est montré efficace sauf en cas de
déficit du champ visuel. Cette rééducation, qui
doit être stricte, conditionne le résultat visuel
à long terme. L'autre facteur pronostic majeur était le
contrôle précoce et prolongé de la pression
intra-oculaire. Enfin les résultats fonctionnels obtenus en
cas de glaucome primitif étaient meilleurs qu'en cas de
glaucome secondaire.
Tuberculose et
vascularites rétiniennes : aspects cliniques, diagnostic par
PCR et prise en charge (Retina 2001 ; 21(5) : 435-44, A Gupta et
al) {eyepgi@ch1.dot.net.in}
La tuberculose peut être responsable de vascularites
rétiniennes dont les auteurs exposent leur expérience,
à partir des cas de 13 patients. Les tableaux cliniques
observés associaient diversement : hyalite,
néovascularisation, hémorragie rétinienne ou
intra-vitréenne (HIV), foyer chorio-rétinien,
décollement séreux rétinien. Le diagnostic
positif a été obtenu à partir d'un
prélèvement de vitré ou d'humeur aqueuse
grâce à la mise en évidence de l'ADN de
mycobacterium tuberculosis par PCR. Tous les patients ont
été traités par antituberculeux, avec ou sans
corticothérapie. En cas de complications
néovasculaires, une photocoagulation panrétinienne
était associée. Une HIV a nécessité une
vitrectomie. Au terme d'un suivi moyen d'un an, toutes les atteintes
inflammatoires avaient régressé sans aucune rechute. Il
faut donc savoir évoquer le diagnostic de tuberculose en
présence de vascularites rétiniennes.
Kératoplasties
transfixiantes et complications sur sutures. Une étude
rétrospective sur 5 ans (Cornea 2001 ; 20(8) : 816-9, CG
Christo et al)
Ce travail présente l'évolution de 361
kératoplasties transfixiantes suivies pendant 5 ans, pour
analyser le comportement post-opératoire des sutures. Cinq
types de complications ont été
répertoriés et comptabilisés : érosions
cornéennes induites par les fils (10,8%), infiltrats au
voisinage des sutures (9,4%), lâchages de sutures
nécessitant une reprise chirurgicale de la cicatrice (8,3%),
déhiscences de la cicatrice à la suite d'une ablation
de fils (2,4%) et kératites infectieuses induites par les
sutures (3,3%). Ces événements indésirables
peuvent provoquer une diminution de la meilleure acuité
visuelle corrigée, d'origine cicatricielle, un rejet de
greffe, ou aggraver un astigmatisme préexistant. C'est
pourquoi les auteurs émettent des conseils pour prendre en
charge les sutures des kératoplasties transfixiantes, ce
d'autant que les complications qui leur sont liées sont
apparues fréquentes au cours de cette étude.
Maladies
générales associées aux sclérites et
épisclérites (Curr Opin Ophthalmol 2001 ; 12(6) :
471-478, CE Pavesio et al)
Les sclérites et épisclérites posent souvent
des problèmes de diagnostic étiologique. Si la plupart
sont dites "idiopathiques" et régressent sous
anti-inflammatoires, il existe des formes graves qui résistent
au traitement. Dans ces cas, et pour limiter au maximum les risques
de complications sévères ophtalmologiques (menace de la
fonction visuelle) et générales, des investigations
plus larges et une thérapeutique plus agressives sont
justifiées. Les associations connues, des sclérites en
particulier, concernent les connectivites et les vascularites, mais
aussi les maladies infectieuses et les cancers. Pourtant de
nouvelles étiologies sont régulièrement
découvertes, qu'il est important de bien connaître pour
améliorer le pronostic de ces inflammations oculaires,
puisque le traitement dépend de la cause. Les auteurs font le
point sur le sujet.
Traitement de
l'oeil sec par du sérum autologue : une étude
contrôlée (Cornea 2001 ; 20(8) : 802-6, N Tananuvat
et al)
Douze patients atteints d'une forme sévère et
bilatérale de sécheresse oculaire ont participé
à cette étude prospective contrôlée en
simple insu. Les yeux de chaque patient ont été
randomisés pour recevoir d'un côté du
sérum autologue, en tant que substitut des larmes, et de
l'autre côté du sérum physiologique en tant que
placebo. Le relevé des symptômes ("gène",
sensation de corps étranger, de sécheresse oculaire,
photophobie) et les examens cliniques (tests à la
fluorescéine, au rose bengal et empreintes conjonctivales)
ont été réalisés au début de
l'essai, à une semaine, puis à un et 2 mois. Au total,
même si une tendance à l'amélioration du syndrome
sec a été notée sous sérum autologue,
aucune différence statistiquement significative n'a pu
être mise en évidence entre les 2 groupes, quel que soit
le critère considéré. Des études
incluant un plus grand nombre de patients paraissent toutefois
souhaitables.
Toxocarose et
neurorétinite unilatérale subaiguë (Curr Opin
Ophthalmol 2001 ; 12(6) : 450-454, NA Sabrosa et al)
Nombreuses sont les parasitoses responsables de cécité
à travers le monde (toxocarose, oncocercose, taenia,
ankylostomiase, cysticercose). Toxocara canis et toxocara catis sont
des nématodes qui infectent en particulier les chiens et les
chats. Chez l'homme la toxocarose oculaire, typiquement
unilatérale, affecte habituellement les jeunes enfants. Elle
est due aux larves du parasite et provient de l'ingestion de terre
(géophagie), d'aliments contaminés par les oeufs du
nématode ou d'un contact avec des chiots. Les lésions
ophtalmologiques sont sévères (choriorétinite,
papillite et endophtalmie) et peuvent s'accompagner d'atteintes
systémiques. La réaction inflammatoire peut
entraîner la formation de membranes
épirétiniennes et de décollements de la
rétine par traction et rhegmatogènes. Une forme
particulière de l'infection peut être une
neurorétinite subaiguë, dont les auteurs décrivent
les caractéristiques.
Syndrome
d'histoplasmose présumée : épidémiologie,
physiopathogénie et traitements : état actuel des
connaissances (Curr Opin Ophthalmol 2001 ; 12(6) : 442-449, TA
Ciulla et al)
La triade typique du syndrome d'histoplasmose présumée
(SHP) associe de petites cicatrices atrophiques maculaires ou de la
moyenne périphérie du fond d'oeil, une atrophie
péripapillaire et des néovaisseaux choroïdiens
(NVC). Les cicatrices aux dépends desquelles les NVC se
développent sont inactives sur le plan inflammatoire, et il
semble que ce soient les défects localisés de la
membrane de Bruch qui favorisent les NVC. Les études montrent
l'intérêt de la photocoagulation des NVC classiques
extra ou juxtafovéolaires et péripapillaires. Elle peut
limiter le retentissement visuel mais ne s'applique pas aux NVC
rétrofovéolaires. En revanche la photothérapie
dynamique peut stabiliser les NVC rétrofovéolaires et
apporter un bénéfice visuel. Les traitements
antiangiogéniques développés par la recherche
sur la DMLA pourraient être utiles dans le SHP. Enfin,
l'exérèse chirurgicale des NVC semble prometteuse.
Atteinte
épithéliale cornéenne du diabète :
facteurs locaux et généraux associés(Cornea
2001 ; 20(8) : 798-801, K Inoue et al)
Différentes atteintes épithéliales
cornéennes ont été décrites chez le
diabétique. Les auteurs se sont interrogés sur leurs
facteurs favorisants et ont comparé 114 yeux de
diabétiques (1er groupe) à 59 yeux de patients non
diabétiques (2ème groupe). Sur le plan oculaire,
l'épithélium, la qualité de la couche lipidique
du film lacrymal, la sensibilité cornéenne, le BUT
(Break up Time) et le stade de la rétinopathie
diabétique ont été analysés. Sur le plan
général ont été pris en compte :
l'âge du patient, le taux d'hémoglobine glyquée
et l'ancienneté du diabète. Une
épithéliopathie a été observée
chez 22,8% des sujets du 1er groupe et 8,5% du second. Des
différences statistiquement significatives ont
été mises en évidence, parmi lesquelles les
anomalies des larmes ont paru associées à l'atteinte
cornéenne du diabète. L'analyse de leur composante
lipidique devrait renseigner sur la physiopathogénie et le
traitement de la kératopathie.
Les atteintes
ophtalmologiques de la syphilis(Curr Opin Ophthalmol 2001 ;
12(6) : 433-441, AJ Aldave et al)
Malgré la diminution de l'incidence de la syphilis primaire et
secondaire, cette infection reste une cause non négligeable
d'atteinte oculaire. Sa forme la plus fréquente est
l'uvéite, chez les sujets HIV positifs comme chez les HIV
négatifs, et la ponction lombaire a pour but d'éliminer
une neurosyphilis associée. De nouvelles techniques
permettent de mettre en évidence le tréponème
à partir de prélèvements oculaires, parmi
lesquelles la PCR (Polymerase Chain Reaction). Le traitement de
référence reste la pénicilline G, mais la
posologie et la durée d'administration sont variables, en
particulier selon le stade de la syphilis. Tout patient chez lequel
une syphilis oculaire est diagnostiquée doit avoir une
sérologie HIV, car les facteurs de risque des deux infections
sont les mêmes et parce que le chancre de la syphilis primaire
favorise la transmission du virus HIV.
Airbags et
blessures oculaires (Surv ophthalmol 2001 ; 46(3) : 234-242, JA
Pearlman et al)
Les airbags diminuent le risque de blessures et de
décès par accident de voiture, mais sont aussi
responsables de lésions dues à l'expansion rapide du
sac en cas de choc. Les auteurs en ont répertorié les
cas publiés sur medline entre 1991 et 2000 et ont noté
263 blessures par airbag (101 patients). Les traumatismes oculaires
étaient fréquents : atteintes de l'orbite, des annexes
et du globe, avec un pronostic visuel en général assez
bon. Les lésions du segment antérieur étaient
plus fréquentes que celles du segment postérieur, ces
dernières étant plus graves. On ne sait pas si le port
de lunettes ou les antécédents chirurgicaux
ophtalmologiques modifient le pronostic de ces traumatismes. Les
auteurs sensibilisent les équipes qui prennent en charge les
accidents de la route à rechercher précocement, pour
les traiter, les lésions dues aux airbags et estiment que ce
travail doit faire progresser la recherche automobile.