Retour à la page d'accueil du site snof.org
Semaine du 31 décembre 2001 au 6 janvier 2002
Fréquence
des lésions rhegmatogènes chez le myope
mélanoderme (J Fr Ophthalmol 2001 ; 24(9) : 927-9,
Ndiaye et al)
La fréquence et le type des lésions
dégénératives du fond d'oeil ont
été relevés dans une population de 50 sujets
noirs, en distinguant 2 groupes selon que la myopie était
comprise entre -1 et -5,75 Dioptries ou dépassait -6 D. Une
fréquence élevée de mottes pigmentaires a
été notée, soit près de 20%, quelle que
soit la puissance de la myopie. Des palissades n'ont
été observées que dans le 2ème groupe,
et la fréquence des déchirures y était
comparable à celle que l'on trouve dans la
littérature. Les auteurs rappellent les
caractéristiques des principales lésions
dégénératives vitréo-rétiniennes
et chorio-rétiniennes. Pour certains,
l'épithélium pigmenté exercerait une protection
relative vis à vis du décollement de rétine chez
le mélanoderme. Pour vérifier cette hypothèse,
des études comparatives sont nécessaires. Elles
permettraient aussi de préciser le traitement préventif
des lésions rhegmatogènes chez les noirs.
Tumeurs issues
de remaniements de l'épithélium pigmenté
(Retina 2001 ; 21(5) : 487-92, JA Shields et al)
Deux observations inhabituelles de tumeurs du fond d'oeil sont
rapportées. A l'origine existait une simple hyperplasie
localisée de l'épithélium pigmenté (EP),
lésion plane, de petite taille et irrégulière,
correspondant dans le premier cas à un probable foyer de
toxoplasmose inactif et dans le second à une cicatrice de
photocoagulation (réalisée au cours d'une
choriorétinopathie séreuse centrale). Chez les 2
patients, la tumeur a envahi toute l'épaisseur de la
rétine et a fait saillie dans le vitré. La biopsie,
réalisée à l'aiguille par aspiration, a
prélevé des cellules pigmentaires en faible
quantité et n'a pas permis d'obtenir un diagnostic
précis. D'après l'aspect des lésions, les
auteurs pensent qu'il s'agissait de tumeurs malignes
consécutives à l'hyperplasie localisée de l'EP.
Leurs caractéristiques cliniques permettaient de les
différencier clairement d'un mélanome malin
choroïdien ou d'autres lésions pigmentées du fond
d'oeil.
Vitrectomie dans
les sites de sclérotomie et UBM (Ultrasound BioMicroscopy)
post-opératoire (Retina 2001 ; 21(5) : 464-8, K Sabti et
al)
L'incarcération de mèches de vitré dans les
cicatrices de sclérotomies expose l'oeil opéré
aux tractions rétiniennes et à leurs complications.
Pour les éviter, il est prudent de poursuivre la vitrectomie
jusque dans les sclérotomies en fin d'intervention. Les
auteurs ont cherché à démontrer ce principe,
images d'UBM à l'appui. Deux groupes de 11 yeux
vitrectomisés ont été comparés. Seuls
les patients du premier groupe ont bénéficié
d'une vitrectomie à l'éponge sous éclairage
co-axial, au niveau de toutes les portes d'entrée
sclérales. L'UBM a ensuite montré que le risque
d'incarcération vitréenne était
significativement réduit lorsque la vitrectomie était
complétée de cette façon. En revanche, aucune
différence n'a été notée selon le site de
la sclérotomie, ni selon que le chirurgien était
droitier ou gaucher. Il est donc recommandé de libérer
le vitré des sclérotomies à la fin d'une
vitrectomie.
Hémorragie
expulsive spontanée : à propos d'un cas(Cornea 2001
; 20(8) : 893-6, A Ophir et al)
Les auteurs rapportent une observation étonnante. Un patient
très âgé s'est présenté avec une
hémorragie oculaire et une extériorisation des tissus
de l'oeil, la cornée ayant subi une très large perte de
substance. L'examen anatomo-pathologique de la pièce
d'éviscération a montré une inflammation des
reliquats cornéens et des structures intra-oculaires, ainsi
qu'une nécrose des vaisseaux choroïdiens. Cette
vascularite a été tenue pour responsable de
l'hémorragie expulsive, qui par l'intermédiaire d'une
augmentation majeure de la pression intraoculaire a probablement
été à l'origine d'une rupture étendue de
la cornée inflammatoire. Outre une maladie inflammatoire
cornéenne connue, les antécédents du patient
associaient un diabète, une athérosclérose et un
glaucome.
Une
expérience de la tarsorraphie (Cornea 2001 ; 20(8) :
787-91, CB Cosar et al)
A partir d'une série de 77 patients dont les observations ont
été analysées rétrospectivement, le
point est fait sur les indications, les résultats et les
complications de la tarsorraphie. Les pathologies cornéennes
ayant fait l'objet de ce traitement étaient variées
(érosions cornéennes traînantes, ulcères
neurotrophiques, kératites d'exposition, sécheresse
oculaire, kératopathies radiques, pemphigoïde
cicatricielle, syndrome de Stevens-Johnson, entropions...) et avaient
duré en moyenne 3 mois (+/- un mois) avant l'intervention. En
post-opératoire la cicatrisation cornéenne, qui a
demandé environ 2 semaines et demi en moyenne, a
été obtenue dans plus de 90% des cas. Quelques
complications ont été observées : trichiasis,
synéchies palpébrales après ouverture de la
tarsorraphie, béance prématurée de la
tarsorraphie, infection et excès de cicatrisation de type
chéloïde. Au vu de ces résultats, les auteurs
recommandent la méthode.
Aspect
anatomo-pathologique d'une membrane néovasculaire
après PhotoThérapie Dynamique (PDT) dans le cadre d'une
DMLA (Retina 2001 ; 21(5) : 478-86, NG Ghazi et al)
La PDT, méthode récente indiquée en cas de DMLA
compliquée de néovaisseaux choroïdiens
rétro-fovéolaires, est encore en période
d'évaluation. Les conséquences anatomo-pathologiques de
ce traitement ont pu être étudiées chez une
patiente de 82 ans, dont la membrane néovasculaire (MNV),
après une phase de régression objectivée par
angiographie, a récidivé. Une indication
opératoire a alors été posée et
l'exérèse de la MNV a été
réalisée un mois après la PDT. L'examen
histologique de la périphérie de la MNV (microscopies
optique et électronique avec immunohistochimie) a mis en
évidence une dégénérescence des cellules
endothéliales, la présence de thrombus, d'occlusions
vasculaires et de macrophages au voisinage des vaisseaux occlus. Les
vaisseaux situés au centre de la membrane, quant à eux,
ne présentaient pas de particularités. Ce cas clinique
peut illustrer le mode d'action de la PDT.